L'assassinat du pasteur Martin Luther King, l'un des principaux meneurs du mouvement américain des droits civiques aux États-Unis et prix Nobel de la paix, a lieu au Lorraine Motel à Memphis dans le Tennessee, le . Martin Luther King est transporté à l'hôpital Saint-Joseph de la ville, où sa mort est prononcée. Le lendemain démarrent les émeutes de 1968 à Chicago qui durent plusieurs jours et causent la mort de onze personnes, en plus de s'étendre à 125 villes des États-Unis.

L'assassinat a lieu en pleine campagne de l'une des deux élections présidentielles les plus serrées de l'histoire, le président démocrate Lyndon B. Johnson s'étant retiré malgré le raz-de-marée dont il avait bénéficié à la précédente, gagnant par le score les plus élevé de l'histoire de l'après-guerre.

Connue pour son utilisation de la non-violence et de la désobéissance civile, la victime avait été le plus jeune lauréat du prix Nobel de la paix en 1964 pour sa lutte non-violente contre la ségrégation raciale et pour la paix.

James Earl Ray, un fugitif du situé à Jefferson City dans le Missouri, est arrêté le à l'aéroport de Londres-Heathrow. Extradé vers les États-Unis, il est accusé du crime. Le , Ray plaide coupable et est condamné à de prison dans le Tennessee. Plus tard, il fait de nombreuses tentatives pour retirer ses aveux et demande à être jugé devant un jury, sans succès. Il meurt en prison le .

La famille de Martin Luther King, parmi d'autres, estime que l'assassinat est le fruit d'une conspiration impliquant le gouvernement des États-Unis, comme le prétend Loyd Jowers en 1993, et que Ray n'est donc qu'un bouc émissaire.

En 1999, la famille de Martin Luther King intente un procès pour homicide contre Jowers pour la somme de de dollars. Au cours du procès, des preuves alléguant d'une conspiration sont présentées. Des organismes gouvernementaux accusés ne peuvent pas se défendre car ils ne sont pas désignés comme défendeurs. Le jury conclut que Jowers et « d'autres » faisaient partie d'un complot visant à tuer Martin Luther King.

Contexte vignette| Martin Luther King, Jr, prononçant son célèbre discours lors de la Marche de Washington en 1963. Dans les années 1950 et 1960, Martin Luther King, pasteur baptiste afro-américain, et militant non-violent est le principal responsable du mouvement afro-américain des droits civiques.

Il organise et dirige des actions telles que le boycott des bus de Montgomery pour défendre le droit de vote, la déségrégation et l'emploi des minorités ethniques. Il prononce un discours célèbre le devant le Lincoln Memorial à Washington durant la marche pour l'emploi et la liberté : « I have a dream ». Il est soutenu par le président des États-Unis John Fitzgerald Kennedy dans la lutte contre la ségrégation raciale aux États-Unis ; la plupart de ces droits seront promus par le « Civil Rights Act » et le « Voting Rights Act » sous la présidence de Lyndon B. Johnson.

Martin Luther King est connu pour son utilisation de la non-violence et de la désobéissance civile. Il devient le plus jeune lauréat du prix Nobel de la paix en 1964 pour sa lutte non-violente contre la ségrégation raciale et pour la paix. Il commence alors une campagne contre la guerre du Vietnam et la pauvreté, qui prend fin en 1968 avec son assassinat.

En raison de cette importance dans le mouvement des droits civiques, il a reçu des menaces de mort fréquentes. Il fait face au danger de mort et fait de cette reconnaissance une part de sa philosophie. Il a déclaré que le meurtre ne pouvait pas arrêter la lutte pour l'égalité des droits civiques.

Assassinat vignette|Le balcon du Lorraine Motel où a été assassiné Martin Luther King. Le bâtiment abrite désormais le musée national des droits civiques. Fin , Martin Luther King se déplace à Memphis dans le Tennessee, pour soutenir les éboueurs noirs locaux qui sont en grève depuis le afin d'obtenir un meilleur salaire et un meilleur traitement. Les Afro-Américains étaient payés de l'heure et n'étaient pas payés quand ils ne pouvaient pas travailler pour raison climatique, contrairement aux travailleurs blancs... Des violences éclatent autour des marches pacifiques, un jeune Afro-Américain est tué..

Le , au Mason Temple (Church of God in Christ, Inc. – siège mondial), Martin Luther fait le discours prophétique (« J'ai été au sommet de la montagne ») devant une foule euphorique. :

vignette|L'arme utilisée pour assassiner Martin Luther King. Le à , alors qu'il se trouve sur le balcon du Lorraine Motel à Memphis, Martin Luther King est assassiné par balle au moyen d'une carabine Remington Model 760 .30-06 Springfield. Entendant les coups de feu, ses amis qui se trouvaient à l'intérieur de la chambre du motel, accourent aussitôt sur le balcon et trouvent Martin Luther King étendu au sol dans une mare de sang, abattu d'une balle dans la gorge. Ses dernières paroles sont pour le musicien Ben Branch qui devait se produire ce soir-là lors d'une réunion publique à laquelle assistait Martin Luther. :

Il est déclaré mort au St. Joseph's Hospital à .

Réactions et conséquences

vignette|gauche|Le 6 avril 1968, surlendemain de l'assassinat, marche en hommage à Martin Luther King à Amsterdam, aux Pays-Bas : l'émotion après sa mort est internationale. thumb|Soldat montant la garde à Washington D.C. après des émeutes raciales à la suite de la mort de Martin Luther King. L'assassinat provoque une vague d'émeutes raciales dans soixante villes des États-Unis (125 au total.) qui fait de nombreux morts et nécessite l'intervention de la Garde nationale.. vignette|Carte des émeutes de 1968 à travers les États-Unis. Cinq jours plus tard, le président Johnson déclare un jour de deuil national, le premier pour un Afro-Américain, en l'honneur de Martin Luther King. assistent à ses funéraillesPap Ndiaye, « La voix noire de l'Amérique », L'Histoire, , . le même jour, ainsi que le vice-président Hubert Humphrey. Johnson était à une réunion sur le Vietnam à Camp David et il y avait des craintes que la présence du président provoque des manifestations des pacifistes. Des émeutes de colère éclatent dans plus de cent villes faisant Pap Ndiaye, « La voix noire de l'Amérique », L'Histoire, , .. À la demande de sa veuve, Coretta Scott King, Martin Luther fit sa propre oraison funèbre avec son dernier sermon « Drum Major » enregistré à l'Ebenezer Baptist Church. Dans ce sermon, il demande qu'à ses funérailles aucune mention de ses honneurs ne soit faite, mais qu'il soit dit qu'il avait essayé de , , et . À sa demande, son amie Mahalia Jackson chante son hymne favori, Take My Hand, Precious Lord.

La ville de Memphis négocie la fin de la grève d'une manière favorable aux éboueurs après l'assassinat...vignette|Tombe de Martin Luther King et de son épouse Coretta au Martin Luther King, Jr. National Historical Park à Atlanta sur laquelle on peut lire : Free at last (« Enfin libre »).D'après le biographe Taylor Branch, l'autopsie de King révéla que bien qu'il ait seulement , son cœur paraissait celui d'un homme âgé de soixante ans, montrant physiquement l'effet du stress de treize ans dans le mouvement des droits civiques « Citizen King » sur American Experience.. , parlé en public plus de , été arrêté par la police plus de vingt fois et agressé physiquement au moins quatre fois Site officiel du prix Nobel, biographie de Martin Luther King..

Enquêtes et procès

Procès et condamnation de James Earl Ray vignette|Photographie de James Earl Ray datant de 1955.|367x367px vignette|Avis de recherche du FBI pour James Earl Ray. Deux mois après la mort de Martin Luther King, James Earl Ray, un ségrégationniste blanc qui a des antécédents judiciaires de droit commun et est d'ailleurs évadé de prison, est capturé à l'aéroport de Londres-Heathrow alors qu'il essaie de quitter le Royaume-Uni avec un faux passeport canadien au nom de Ramon George Sneyd. Ray est très vite extradé au Tennessee et accusé du meurtre de Martin Luther King, ayant avoué l'assassinat le , avant de se rétracter trois jours après. Sur le conseil de son avocat Percy Foreman, Ray choisit de plaider coupable afin d'éviter la peine de mort. Il est condamné à de prison.

Ray renvoie son avocat, clamant que les coupables du meurtre sont un certain « Raoul » et son frère Johnny qu'il a rencontré à Montréal au Canada. Il raconte de plus qu' mais qu'il pouvait , indiquant une piste de conspiration. Il passe alors le reste de sa vie à tenter vainement de faire rouvrir son procès sur la base de sa non-culpabilité.

Le , peu après avoir témoigné devant une Commission du congrès sur les assassinats qu'il n'avait pas tué Martin Luther, il s'évade avec six autres condamnés du au Tennessee. Il est repris le et retourne en prison..

En 1997, Dexter Scott King, le fils de Martin Luther King, rencontre Ray et soutient publiquement les efforts de Ray pour obtenir un nouveau jugement..

Loyd Jowers En 1999, un an après la mort de Ray, Coretta Scott King, veuve de Martin Luther et dirigeante des droits civiques elle aussi, et le reste de la famille King gagnent un procès civil contre Loyd Jowers (propriétaire d'un restaurant non loin du Motel) et « d'autres conspirateurs ». En , Jowers était apparu dans le Prime Time Live d’ABC News et avait révélé des détails d'une conspiration impliquant la mafia et le gouvernement pour tuer Martin Luther. Jowers raconte lors du procès avoir reçu pour organiser l'assassinat de Martin Luther King. Le jury de six Noirs et six Blancs juge Jowers coupable et mentionne que au complot de l'assassinat .. William F. Pepper, ancien avocat de Ray, représente la famille de King lors du procès et produit 70 témoins.. . À l'issue de celui-ci, la famille de Martin Luther King ne croit pas que Ray ait quelque chose à voir avec l'assassinat « Déclaration de la famille King sur « l'enquête limitée » de la justice sur l'assassinat », King Center..

En 2000, le département de la Justice des États-Unis termine une enquête sur les révélations de Jowers, mais ne trouve aucune preuve qui pourrait démontrer une conspiration. Le rapport d'enquête recommande qu'il n'y ait aucune nouvelle recherche tant que de nouveaux faits fiables ne seraient pas présentés..

Théories et allégations de conspiration

Certains spéculent que Ray n'était qu'un pion, de la même façon que l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy par Lee Harvey Oswald. Les preuves avancées par ses partisans sont : La confession de Ray a été obtenue sous la pression, et il a été menacé de peine de mort .. ; Ray était un petit voleur et cambrioleur, il n'avait aucun casier judiciaire mentionnant un crime violent avec détention d'arme. ; Deux tests balistiques conduits sur l'arme du crime, une Remington Gamemaster, n'ont jamais prouvé que Ray avait été l'assassin ni que cette arme était vraiment celle qui avait servi au meurtre.. ; Des témoins du meurtre de King disent que le coup de feu ne provenait pas de la pension mentionnée par l'enquête, mais d'un buisson à côté d'elle. Un buisson enlevé quelques jours après l'assassinat ..

Le , le New York Times rapporta qu'un pasteur, le révérend Ronald Denton Wilson, déclarait que c'était son père Henry Clay Wilson qui avait assassiné Martin Luther King, Jr., et non James Earl Ray. Il dit que ses motifs n'étaient pas racistes mais politiques, pensant que King était communiste..

En 2004, Jesse Jackson, qui était avec King au moment de son assassinat, nota. :

Un ami et collègue de King, James Bevel, résume plus abruptement :

Les biographes David Garrow et Gerald Posner s'opposent au contraire aux conclusions de William F. Pepper qui a amené le jugement de 1999 accusant le gouvernement d'implication dans le meurtre de Martin Luther King, Jr..

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Articles connexes

Assassinat de Malcolm X Décret présidentiel 14176

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