Amanita muscaria, L'Amanite tue-mouches, est une espèce de champignons basidiomycètes de la famille des Amanitaceae. Toxique et psychotrope, caractérisée par son chapeau rouge à verrues blanches, c'est l'un des nombreux représentants du genre des amanites, et certainement le plus connu. Originaire des régions tempérées de l'hémisphère nord, elle s'associe différents feuillus et conifères. Elle a également a été introduite accidentellement dans de nombreux pays de l'hémisphère sud, principalement comme symbiote des pins cultivés, et est devenue cosmopolite.

L'intoxication par Amanita muscaria n'est que très rarement mortelle. Cette espèce est surtout connue pour être hallucinogène. Son principal constituant psycho-actif est le muscimole. Le champignon a donné son nom à la muscarine, poison du système nerveux parasympathique qu'il contient en très faible quantité, et à un type de récepteurs cellulaires, les récepteurs muscariniques.

Nomenclature vignette|279x279px|Deux sporophores de A. muscaria au Royaume-Uni. Le nom correct complet (avec auteur) de ce taxon est Amanita muscaria (L.) Lam. 1783.

Le champignon fut classé dans le genre amanite par Jean-Baptiste de Lamarck en 1783, et reçut sa dénomination actuelle par Elias Magnus Fries en 1821.

Synonymes Amanita muscaria a pour synonymes :

Phylogénie vignette|redresse|Dictionnaire de botanique, 1891. Depuis 1987Les noms officiels des champignons comportent les initiales des mycologues qui les ont décrits. Jusqu'à l'édition de 1987 du code international de nomenclature botanique, le nom complet du champignon était Amanita muscaria (L.:Fr.) Hooker (L. pour Linné, Fr. pour Fries) car seuls les travaux postérieurs au janvier 1821, date de publication des travaux du naturaliste suédois Elias Magnus Fries, faisaient autorité. c'est la date du , à laquelle les travaux de Linné ont été publiés, qui fait autorité, dès lors Linné et Lamarck, les premiers à avoir classé Amanita muscaria, sont donc devenus les pères officiels de la dénomination Amanita muscaria (L.) Lam. On peut encore trouver dans certains ouvrages la dénomination Amanita muscaria (L. ex Fr.) Hooker. Amanita muscaria est l'espèce-type du genre Amanita. Par extension, c'est aussi l'espèce-type du genre Amanita sous-genre Amanita ainsi que de la section Amanita au sein de ce sous-genre. Le sous-genre Amanita comprend toutes les amanites à spores inamyloïdes. La section Amanita comprend les spécimens porteurs de résidus pelucheux du voile général (volve) sous forme d'anneaux concentriques sur le pied et de verrues blanches sur le chapeau. La plupart des espèces de ce groupe ont également une base en forme de bulbe. Ses apparentés Amanita pantherina (« l'amanite panthère »), Amanita gemmata (« l'amanite jonquille »), Amanita farinosa, et Amanita xanthocephala appartiennent tous au genre Amanita sous-genre Amanita section Amanita.. Les mycologues taxinomistes modernes ont classé Amanita muscaria et ses apparentés sous cette nomenclature à partir la morphologie du champignon et de l'absence de spores amyloïdes. Deux études récentes de phylogénie moléculaire ont validé cette classification . L'Amanite tue-mouches connaît de nombreuses variantes morphologiques classées en variétés ou sous-espèces. Le mycologue allemand Rolf Singer a listé trois sous-espèces sous les appellatifs Aamanita muscaria ssp. muscaria, A. muscaria ssp. americana, et A. muscaria ssp. flavivolvata.

En 2006, dans une étude réalisée à grande échelleon va utiliser des séquences d'acides nucléiques représentant six gènes des régions de dans 146 genres en vue d'explorer les regroupements phylogénétique au sein des Agaricales, l'analyse va montrer que la plupart des espèces testées peuvent être regroupées en six clades qui ont été nommés Agaricoïde, Tricholomatoïde, Marasmioïde, Pluteoïde (V) dans lesquels vont se retrouver la famille des Amanitaceae, Hygrophoroïde et le clade Plicaturopsidoïde.. En 2006, une étude de phylogénie moléculaire a mis en évidence trois clades distinctes dAmanita muscaria représentant, globalement, les populations eurasiennes, eurasiennes « subalpines » et nord-américaines. Des spécimens appartenant à ces trois clades ont été découverts en Alaska; ce qui pourrait conduire à penser que l'espèce se serait diversifiée à partir de cette région. L'étude s'est intéressée aussi à quatre variétés de cette espèce : var. alba, var. flavivolvata, var. formosa (dont var. guessowii), et var. regalis. Des spécimens de ces quatre variétés ont été identifiés à la fois dans les clades eurasienne et nord-américaine, donnant la preuve que ces différentes formes ne sont que de simples polymorphismes d'une même espèce et non des variétés ou sous-espèces distinctes. En 2008 une étude moléculaire plus récente publiée montre que ces trois groupes génétiques, augmenté d'un quatrième clade associé à une forêt de pins du Sud-Est des États-Unis, de trois autres clades sur l'île Santa Cruz en Californie et d'un au Japon, sont suffisamment éloignées génétiquement pour être considérées comme des espèces à part entière. Aussi les amanites tue-mouches forment-elles un complexe d'espèces de huit clades majeurs. Ce complexe comprend également au moins trois autres taxons génétiquement proches, classés actuellement comme des espèces séparées : Amanita breckonii, qui est un champignon au sporophore massif vivant en symbiose avec des conifères du nord-ouest de la côte pacifique aux États-Unis., et les espèces au chapeau marron Amanita gioiosa et Amanita heterochroma qui poussent respectivement en région méditerranéenne et en Sardaigne. Ces deux dernières espèces vivent en symbiose avec des arbres du genre Eucalyptus et Cistus. On ignore si elles sont natives de ces régions ou si elles ont été importées d'Australie... gauche|vignette|Carl Von Linné, qui décrivit officiellement l'espèce selon la nouvelle nomenclature. Bien que nous ne puissions pas estimer le temps géologique de la séparation des clades avec certitude en raison du manque de fossiles et la grande variance des taux de substitution de nucléotides dans les champignons, il apparaît comme probable que les grandes lignées se sont séparées bien avant les cycles glaciaires du Pléistocène. D'autre part, les groupes phylogéographiques intraspécifiques (clades mineurs très localisés) peuvent représenter des groupes qui ont été isolés du reste de l'espèce au Pléistocène et/ou ont survécu à des maxima glaciaires dans des refuges locaux.

Étymologie Le nom vernaculaire du champignon dérive du latin fungus muscarum, « champignon des mouches ». Il est commun à plusieurs langues européennes en anglais, Fliegenpilz en allemand, Matamoscas en espagnol, Buretele muștelor en roumain ou encore Vliegenzwam en néerlandais et découle de son utilisation comme insecticide : placé sur le bord d'une fenêtre ou dans une assiette contenant du lait sucré (ou d'autres liquides) et des fragments de ce macromycète, ou séché, réduit en poudre et saupoudré dans les lits pour repousser les poux et les punaises, il permettrait de se débarrasser des insectes, pratique à l'efficacité relative car les composés actifs de cette amanite endorment bien ces insectes qui finiraient par se noyer dans le liquide. Ce champignon a bien un effet soporifique puissant mais uniquement lorsqu'il est absorbé en grande quantité, ce qui n'est pas le cas des insectes qui entrent juste en léthargie temporaire simulant la mort, d'où son appellation populaire. Cette pratique médiévale aurait été employée en Allemagne, dans certaines cultures slaves, dans la région des Vosges en France, et en Roumanie. Le botaniste flamand du Charles de L'Écluse rapporta à Francfort en Allemagne la pratique de sa dilution dans le lait, tandis que Carl von Linné, le « père de la taxinomie », rapporta son existence dans le sud de la Suède, à Småland, où il avait passé son enfance. Il en fit la description officielle dans le second volume de son Species Plantarum en 1753 et le baptisa Agaricus muscarius, l'épithète muscarius dérivant du latin musca, « mouche ». Le mycologue britannique John Ramsbottom rapporte l'utilisation d'''Amanita muscaria comme répulsif pour punaises en Angleterre et en Suède, et bug agaric (« agaric des punaises ») en est une ancienne dénomination, mais cette hypothèse selon laquelle le champignon doit son nom à des propriétés insecticides n'est pas toujours fondée. Le mycologue français Pierre Bulliard tenta sans succès de reproduire ses propriétés tue-mouches dans son ouvrage Histoire des plantes vénéneuses et suspectes de la France, et proposa alors le nouveau nom Agaricus pseudo-aurantiacus..

Noms vulgaires et vernaculaires Ce taxon porte en français les noms vernaculaires ou normalisés suivants : Amanite tue-mouches, Fausse Oronge, en référence à sa Ce nom vernaculaire pourrait aussi faire . L'hypothèse alternative suggère donc que le terme « mouche » ne désigne pas l'insecte, mais plutôt l'état délirant résultant de la consommation du champignon, une croyance médiévale expliquant les affections mentales par l'entrée de mouches dans la tête du malade. Cette connotation transparaît dans plusieurs dénominations régionales, signifiant plus ou moins « oronge folle »Ainsi trouve-t-on oriol foll en catalan, mujolo folo à Toulouse, concourlo fouolo dans l'Aveyron, ovolo matto dans la province de Trente en Italie. Un dialecte local à Fribourg en Suisse l'appelle tsapi de diablhou, littéralement « chapeau du diable »..

Description du sporophore vignette|300x300px|Sporophore d'A. muscaria en Écosse. L'Amanite tue-mouches développe un sporophore de grande taille facilement identifiable. L'amanite tue-mouches émerge du sol sous l'apparence d'un œuf, enveloppé dans le tissu pelucheux du voile universel. La dissection du champignon à ce stade révèle une couche jaune sous le voile, caractéristique qui aide à l'identifier. Au cours de la croissance, la couleur rouge apparaît à travers le voile rompu, et les verrues deviennent moins proéminentes ; elles ne changent pas de taille mais semblent peu à peu rétrécir par rapport à la surface de chair rouge. Le chapeau, initialement globuleux, change de forme pour devenir hémisphérique, puis de plus en plus plat à mesure de la maturation.

Le chapeau mesure généralement entre 8 et de diamètre à maturité. La couleur rouge s'atténue sous l'effet de la pluie et chez les champignons les plus vieux. Après avoir émergé du sol, le chapeau est couvert de nombreuses verrues blanches en forme de pyramides. Ce sont des vestiges du voile universel, enveloppe qui protège le jeune champignon avant son émergence.

L'hyménophore, la partie fertile du champignon, est constitué de lames, libres, sont blanches, de même que l'empreinte de spore. Les spores ovales mesurent 9-13 par 6,5-, et sont non-amyloïdes, ce qui signifie qu'elles ne prennent pas la coloration bleue lorsqu'on leur applique du réactif de Melzer..

Le stipe (ou pied) est blanc, il mesure 5 à de haut pour 1 à de diamètre, et a la texture fibreuse et légèrement friable typique de la plupart des grands champignons. À sa base, la volve (ou bulbe) porte des résidus du voile universel sous la forme d'un ou deux anneaux concentriques. Entre ceux-ci et les lames, des vestiges du voile partiel (qui recouvre les lames durant le développement) prennent la forme d'un anneau blanc (ou annulus). Celui-ci devient assez large et lâche avec le temps.

La chair est blanche. Elle ne dégage généralement pas d'autre odeur que celle de la terre.

Caractéristiques microscopiques Les spores mesurent 10 x 8 µm, elles sont elliptiques, non amyloïdes.

Galerie

Variétés et formes

Europe