Louis Victorin Cassagne ou Louis Victorin, baron de CassagneL'usage alternatif de la particule fut décidé par le duc d'Angoulême, afin d'éviter la confusion entre les deux généraux Cassagne (Louis Victorin et Pierre), de famille différente., né le à Alan (Haute-Garonne) et mort le à Toulouse (Haute-Garonne), est un général de division du Premier Empire.

Armée des Pyrénées-Orientales Il entre au service en qualité de sous-lieutenant dans une compagnie franche le , il est nommé lieutenant le , et devient capitaine dans le de volontaires de la Haute-Garonne le , alors qu'il n'a pas encore 19 ans. Il se distingue cette même année le au passage de la Têt au village de Corneilla (Pyrénées-Orientales).

Le , à Fontarrabie, il contribue à prendre avec ses soldats 250 canons, 5 drapeaux, ou boulets, et 200 prisonniers. Le , avec La Tour d’Auvergne, il enlève Saint-Sébastien et le 5, Tolosa. Il contribue le , à la prise de Bellegarde, puis à Roncevaux, à la conquête des fonderies d’Orbaïcel et à la prise de 50 canons et de . Sous les ordres de Marbot, il fait partie du corps qui s’empare de Pampelune le . Le , à la bataille de Saint-Laurent de la Mouga, il réussit avec son bataillon, à prendre aux ennemis 30 canons, 2 drapeaux, 10 redoutes et . Il fait partie du siège de Figuières, pris par le général Dugommier le .

Armée d'Italie Fin 1795, il fait partie de l'armée d'Italie sous le commandement en chef du général Schérer. Il est blessé d’un coup de feu à la main gauche à l’affaire de Roca Barbena (Piémont) le . Il est incorporé avec son bataillon, le , dans le de ligne composé des débris de plusieurs corps qui devient le de ligne le . Il franchit les Alpes et passe le mont Saint-Bernard, début à la tête d’un corps d’éclaireurs que le général de brigade André Masséna lui a confié. Il participe à la bataille du pont de Lodi le .

Le , il est au siège de Vérone. Son bataillon qui s'est établi sur les hauteurs de Sega à Rivoli, est attaqué le . La demi-brigade se replie pour rejoindre le reste des forces à Lonato. À la bataille de Lonato, le , Masséna, l’envoie avec son bataillon léger d’éclaireurs sous les ordres du général Perrin à Castiglione poursuivre les Autrichiens en fuite. Il y fait merveille et reçoit un coup de feu au côté droit à la poitrine, près du lac de Garde (Italie). On le retrouve le où il se distingue avec le capitaine Bart et le lieutenant Fasse parmi les plus braves à Garde.

À la tête de ces mêmes éclaireurs, il fait mettre bas les armes à un corps de cavaliers ennemis, le , près de Mantoue. Le lors de l’offensive de Bonaparte vers l’Autriche (victoire du Tarvis et prise de Trieste), à la tête de son bataillon, il est blessé par un coup de feu le 3 germinal an V, qui lui traverse la jambe gauche, et il est pansé à côté de 3 canons et de 2 drapeaux qu’il a pris à l’ennemi. Il fait ensuite un bref passage dans l'armée de Suisse en l'an VI.

Armée d'Orient Pendant la campagne d'Egypte, il commande les éclaireurs de la division Bon, et combat à leur tête aux batailles de Chebreiss le et des Pyramides le . En , il participe au siège de Saint-Jean-d’Acre (Syrie) contre les Turcs et les émigrés français. Avec ses éclaireurs il s’élance aux avant-postes à l’assaut de la cité, et se retrouve blessé sous les débris des remparts de la forteresse. Quelques semaines plus tard, la nuit du , dans un combat acharné lors de la prise de la tour de Saint-Jean-d’Acre, il est atteint de 2 coups de poignard à la cuisse gauche, 2 aux bras gauche et un à la main. Lors de cet assaut il portait un cachet(sceau néo-babylonien du , reçu de la main du général Bonaparte) attaché à la dragonne de son sabre et qui lui fut apparemment bénéfique (Lettre du général Cassagne – www.cabinet-revel.com). Cette action lui vaut le grade de chef de bataillon de la d’infanterie de ligne le suivant. vignette|Le commandant Cassagne coiffé du turban. Dessin à la plume. Portrait-charge fait par le général Caffarelli durant la campagne d’Égypte. Il participe au combat d'Alexandrie le , sous le commandement de Menou. Il combat à la bataille d'Héliopolis le , il pénètre dans le camp des Anglais et y reçoit un coup de feu qui lui traverse la cuisse.

Armée de Bruges À son retour d'Égypte, on le retrouve en garnison à Maubeuge sous le commandement de Davout à l'armée des côtes. Il est promu colonel du de ligne le . Il est en 1803, colonel du d’infanterie de Ligne de la du général Gauthier de la du général Joseph Augustin Fournier, marquis d’Aultanne, du d’armée du maréchal de Lannes.

Armée des Côtes de l'Océan Le Premier Consul Bonaparte, appréciant son courage, son abnégation et son attachement au devoir et à la patrie, le fait chevalier de la Légion d'honneur le . Il est stationné au camp de Rosendal en date du . Avec son régiment il est employé au camp de Bruges à l’armée des côtes de l'Océan de 1804 à 1805 (acte du ) et fait partie de la du camp de Rosendal sous les ordres du général de brigade Gauthier.

Grande Armée d'Autriche Il fait partie avec son régiment de la du général Gauthier de la du général Charles Étienne Gudin de la Sablonnière au de la Grande Armée le sous le commandement en chef du maréchal Louis Nicolas Davout, et sert en Autriche, en Prusse et Pologne.

Grande Armée de Prusse Le , à la bataille d'Auerstaedt, pendant que Napoléon livre bataille à Iéna, à la tête des deux bataillons de son régiment, il enlève 2 canons à l’ennemi, reçoit une balle au front qui le blesse légèrement et voit une de ses montures emportée par un boulet de canon.

Armée d'Espagne devenue Armée du Midi En récompense de sa haute valeur et de ses beaux faits d'armes, l'Empereur le fait à 33 ans général de brigade le , et baron de l'Empire avec une dotation le . Durant la campagne d’Andalousie de à , il commande la de la d’Infanterie du général Dominique Honoré Antoine Vedel faisant partie du 2e corps d'observation de la Gironde sous le commandement du Général Pierre Antoine Dupont de l'Étang. Le sur ordre du Général Dupont, il quitte Bailen pour Jaen afin de trouver du ravitaillement. Il se met en marche à la tête de sa Brigade, il disperse victorieusement un corps d’insurgés de Grenade, et s’empare de Jaen le .

Le dans l’après-midi, son régiment se retrouve devant une armée de plus de composée de troupes espagnoles escortées par des paysans haineux et renforcés par quelques troupes régulières du régiment suisse du général Reding. Un combat furieux s’engage sur tous les fronts et oblige Victorin Louis à se replier vers un plateau où il fait former le carré de manière à présenter de toutes parts une forêt de baïonnettes. Encerclé sur tous les fronts, perdant ses hommes les uns après les autres (une trentaine d'après les mémoires du comte et capitaine de frégate Pierre Baste, futur contre-amiral et général de brigade), et voyant le désordre et la peur qui règnent dans ses rangs, Victorin Louis les parcourt et harangue les quelques soldats lui restant, au cri de : « Enfants, la victoire est à nous ! sus aux ennemis, et vive l’Empereur ». À ce nom magique, les soldats, blessés et mourants se relèvent et chargent les Espagnols. Victorieux, mais blessé assez sérieusement par un coup de feu à la hanche gauche et sa brigade ayant subi de lourdes pertes, dont celle du commandant Molard, commandant de la , il préfère évacuer vers 11 heures du soir Jaen après avoir chargé les blessés sur l’artillerie, ainsi que les caissons. Il rejoint Baylen et sera remplacé à la tête de sa brigade par le général Liger-Belair.

Sa brigade se trouve à Mengibar le . Il est fait prisonnier le du fait de la capitulation du général Dupont à Baylen contre laquelle il a protesté véhémentement. Il est embarqué le sur le Minerve, avec les généraux Vedel, Cavrois, Chabert, Lagrange, Liger-Belair et Marescot, et débarque à Marseille le . Il est mis en quarantaine au Lazaret.

Il reçoit l’ordre de se rendre à Bayonne le avec les généraux de brigade Boussart, Lagrange et Liger-Belair. Il est envoyé à Madrid au grand quartier général de Napoléon le . Il rejoint la du Général Villatte du Corps de l’armée d’Espagne le . Il sert à Talavera le , puis en Andalousie en 1810.

En , il est à Madrid et en 1811 il est chargé de couvrir la gauche du blocus de Cadix (blocus instauré à partir de ). Il force alors un corps anglais à la retraite, combat les guérillas de la Sierra de Ronda, bat les Espagnols à Medina Sidonia le et leur enlève un drapeau. Puis il commande alors la du Corps d’Armée d’Espagne. Il est maintes fois victorieux du général suisse Théodore de Reding. Il est nommé commandeur de la Légion d’honneur en date du .

Commandant de Ronda en , il est à Olbera en , et il commande la de la de réserve du Général Barrois à l’armée d’Andalousie le . Il occupe le camp de Saint-Roch du au et observe la place de Gibraltar (Siège de Tarifa). L’Empereur le nomme gouverneur de la Sierra de Ronda dans la province de Malaga où il reste jusqu’en 1812. Durant cette période une municipalité lui offre à titre de souvenir une magnifique collection de médaillons en or (grecs, romains et du ) qui représentait une véritable fortune. Le général considère les médailles et dit simplement : « Hé bien ! il faut avec cela acheter des capotes pour les soldats qui en manquent aux hôpitaux ». Il ne conserve aucune des médailles. Il est incorporé à l’armée du Midi en Espagne le avec sa brigade.

Armée du Centre Il est détaché de l'armée du midi de l’Espagne pour commander sous les ordres du général Jean-Baptiste Drouet d'Erlon la de l’armée du Centre le , alors sans officier général. L'Empereur est si satisfait de ses services qu’il le nomme général de division le , et l’appelle à la Grande Armée d'Allemagne, qu’il ne rejoint que début août. Chargé de l’arrière-garde de l’armée à la bataille de Vitoria le , il perd sa voiture, son fourgon, son argenterie, ses douze malles, ses 8 chevaux, la totalité de ses effets, ses économies de 6 années ( en numéraires) et autres biens personnels pour sauver l’artillerie et les caissons de l’armée. Il est à Toulouse le pour y réparer ses pertes (qu’il estime à plus de cent mille francs) et racheter des chevaux.

Grande armée en Saxe À la bataille de Dresde le , il prend aux Russes 5 canons, un équipage de pont et fait un grand nombre de prisonniers. Le , deux jours après cet exploit, il est fait chevalier de la Couronne de fer. Il participe à la bataille d’Ulm ce même jour. Il prend le commandement de la première division du d’observation de Bavière de la Grande Armée sous le commandement du général Georges Mouton, comte de Lobau à la place de Philippon de Saxe le . Le , il est nommé commandeur de l’ordre de la Réunion. Après la capitulation de la Grande Armée à la bataille de Leipzig le , le Maréchal Gouvion Saint-Cyr dépose les armes à Dresde le et avec lui les états majors des et d'armée, soit 32 généraux dont 18 de division et 14 de brigade. Victorin Louis est alors interné en Hongrie dans les prisons autrichiennes : « ma détention fut adoucie par un geste rare qui honore la fierté militaire : j'ai pu conserver mon épée ».

Première Restauration Il rentre en France début , après huit mois de captivité à la suite de la montée sur le trône en de Louis XVIII. Il sollicite le commandement de la militaire de Toulouse (ce poste sera donné au Baron Travot), sans chef, mais n’obtient que le commandement d’une subdivision en date du . Il est alors lieutenant-général.