Le massif forestier de Fontainebleau, ou plus simplement et moins précisément la forêt de Fontainebleau, et anciennement la forêt de Bière (dérivé de bruyère), est un important massif boisé situé dans le Sud de la Seine-et-Marne et une partie de l'Essonne, en France. Le massif couvre environ , dont sont publics et administrés en trois forêts domaniales : la forêt domaniale de Fontainebleau, centrale, ainsi que la forêt domaniale des Trois-Pignons à l'ouest et la forêt domaniale de la Commanderie au sud, connexes à la première, le reste étant constitué de forêts privées.
Ce massif, au centre duquel se trouvent la ville de Fontainebleau avec son château et sa voisine Avon, est entouré de plusieurs villages artistiques. La forêt domaniale proprement dite couvre ; elle a une altitude variant de (Seine à Bois-le-Roi) à (carrefour du Banc du Roi, au nord de Fontainebleau). Elle est fragmentée et traversée par l'autoroute A6 (1964), les nationales 6 et 7, ainsi que la ligne de Paris-Lyon à Marseille-Saint-Charles. Chaque année, des millions de visiteurs viennent s'y promener ou y pratiquer l’escalade.
La forêt de Fontainebleau est célèbre dans le monde entier pour avoir inspiré les artistes du , notamment les peintres de l'École de Barbizon et les impressionnistes, ainsi que des photographes, des écrivains et des poètes. Premier massif labellisé Forêt d'Exception en 2012, il comprend de réserves biologiques, dont l'origine de la protection sous forme de « réserves artistiques » remonte à 1853, et dont certaines parties n'ont pas subi de coupes rases depuis 1372.
Histoire
Préhistoire et antiquité La forêt de Fontainebleau est autrefois appelée forêt de Bière (dérivé de bruyère)Jean Loiseau, Le Massif de Fontainebleau, éd., 1970, tome 1, ..
Il y a ans, des populations nomades s'installèrent aux abords de cette forêt. On en a découvert divers témoignages : outils de pierre taillée, ossements d'animaux : ours, éléphants, rhinocéros, cerfs géants. Durant cette période, la forêt était sauvage et hostile. L'homme y pénétrait donc rarement. Plus de comportant des gravures rupestres sont disséminés dans le massif forestier ; ils forment l'ensemble rupestre du massif de Fontainebleau. Elles sont attribuées à toutes les périodes entre le Paléolithique supérieur (vers ) et l'époque moderne, mais la plupart d'entre elles sont attribuées au Mésolithique (entre 9000 et )La mémoire dans la pierre, la restauration et la préservation des gravures rupestres, vidéo sur le site onf.fr.. Avec le Néolithique, l'homme développa la culture et l'élevage. Des villages se formèrent autour de la forêt, le centre de celle-ci manquant d'eau ne fut pas habité. On cite entre autres des sites du bronze moyen avec dans le sud-est près de Montigny l'abri du Croc-Marin et surtout l'habitat de Marion des Roches Couches « Cartes IGN classiques », « Limites administratives » et « Hydrographie » activées. Vous pouvez bouger la carte (cliquer et maintenir, bouger), zoomer (molette de souris ou échelle de l'écran), moduler la transparence, désactiver ou supprimer les couches (= cartes) avec leurs échelles d'intensité dans l'onglet de «sélection de couches » en haut à droite, et en ajouter depuis l'onglet « Cartes » en haut à gauche. Les distances et surfaces se mesurent avec les outils dans l'onglet « Accéder aux outils cartographiques » (petite clé à molette) sous l'onglet « sélection de couches »., ., l’abri de la Gorge-aux-Loups, l’abri de la Grande Vallée, l’abri de la Touche aux Mulets (dit abri des Orchidées).…
À l'époque gauloise, les Ligures et les Celtes établirent d'autres bourgades mais toujours autour de la forêt : à Avon, à Larchant.
Du au début du Vers l'an 1000, la forêt était formée d'enclaves que se partageaient de petits seigneurs et de riches propriétaires terriens.
En 1067, le capétien acquiert le comté du Gâtinais, ce qui permet au pouvoir royal de maîtriser l'ensemble du territoire de l'actuelle forêtUne forêt exploitée depuis longtemps, site onf.fr.. En 1137, sous , l'existence d'une demeure royale est attestée. Pour les rois de France, la forêt avait en effet plusieurs usages dont la chasse mais aussi un intérêt militaire. Elle fournissait ainsi le bois qui servait à la construction et au chauffage. Fontainebleau représentait également une place stratégique sur la route de Sens et de la Bourgogne.
En 1400, ordonne la première réformation de la forêt, c'est-à-dire la fermeture complète de l'espace forestier pour quelques mois, afin de vérifier les droits et usages de chacun sur le gibier et les bois. Cette procédure exceptionnelle va se renouveler de nombreuses fois sous l'Ancien Régime. Le château est rebâti à partir de 1527 par , afin de venir chasser « les bêtes rousses et noires » qui abondent dans la forêt qui ne comprenait alors que , mais les rois vont ensuite l'étendre par des acquisitions et des confiscations. Toujours sous , fut créée la charge de Grand Forestier, responsable des officiers et des gardes à cheval ayant chacun la surveillance et la gestion d'un canton de la forêt. C'est à cette époque, au cours de ce , que l'administration chargée de la gestion de la forêt prend forme et la gardera jusqu'à la Révolution.
À l'époque de , moins de 20 % de la superficie est boisée. Colbert lance une nouvelle réformation de juin à ainsi que des chantiers de plantation. Le roi parcourt alors la forêt chaque année en automne pour la chasse. En 1716, à la suite du terrible hiver de l'année 1709, un nouvel aménagement de la forêt est promulgué : sont plantés de feuillus, mais cela s'avère un échec presque total. En 1750, un nouvel aménagement est relancé et le pourtour de de la forêt est délimité par encore visibles de nos jours. En 1786, une timide introduction de pins sylvestres est tentée. Après la Révolution, à la suite de nombreuses coupes sauvages et de la prolifération du gibier faute de chasse, réforme en 1807 l'administration forestière et celle du château. En 1830, la plantation de autres ha de pin provoque la colère des artistes qui viennent chercher l'inspiration en forêt. Par ailleurs, la mare aux Evées est drainée et réaménagée en 1837.
Les peintres de l’École de Barbizon, emmenés par Théodore Rousseau, critiquent les plantations de résineux qui sont effectuées sur plusieurs centaines d'hectares par an depuis 1830, les accusant de dénaturer les paysages, et s'opposent à des coupes de régénération projetées dans les vieilles futaies en 1837. Ils fondent la Société des amis de la forêt de Fontainebleau pour la protéger.
En 1839, Claude-François Denecourt fait paraître son premier guide de promenade en forêt et aménage les premiers sentiers en 1842. Dès 1849, le chemin de fer arrive à Fontainebleau, ce qui va permettre aux Parisiens de visiter Fontainebleau par des excursions à la journée.
En 1852, Théodore Rousseau écrit, avec son ami le critique d’art Alfred Sensier, une lettre-pétition au ministre de l’Intérieur, le duc de Morny, au nom de « tous les artistes qui peignent la forêt ». Ils demandent que « les lieux soient mis hors d’atteinte de l’administration forestière qui les gère mal, et de l’homme absurde qui les exploite »..
Grâce aux peintres de l'École de Barbizon, les coupes de feuillus sont suspendues dans certains cantons appréciés des artistes.
En 1853, des « sanctuaires de la nature » sont ainsi soustraits à l'action des forestiers sur de vieilles futaies et de zones rocheuses (Bas Bréau, Cuvier Châtillon, Franchard, Apremont, la Solle, mont Chauvet), par dérogation aux règles d'exploitation habituelles, en faisant appel au caractère artistique exceptionnel des lieux. Pour la première fois en France, le souci de « protection de la nature », sous l'angle esthétique et paysager, va être associé à la gestion forestière.
Puis par le décret impérial du , la « réserve artistique » est portée à et enfin à de 1892 à 1904. Le directeur général des forêts, Henri Faré, expliqua que la neutralisation de revenait à perdre un revenu de . Cependant elle constitue la première réserve naturelle au monde, avant même la création du parc national de Yellowstone aux États-UnisLa création de la Hot Springs reservation en 1832 aux États-Unis n'avait initialement pour but, jusqu'en 1880, que de protéger des sources chaudes pour créer une station thermale de récréation publique..
alt=Pétition à l'empereur Napoléon III pour la sauvegarde de la forêt de Fontainebleau, dédicacée de Denecourt à Rosa Bonheur en 1864|vignette|Pétition à l'empereur pour la sauvegarde de la forêt de Fontainebleau, dédicacée de Denecourt à Rosa Bonheur en 1864.
En , Claude-François Denecourt publie une pétition à destination de l'empereur pour la conservation du côté artistique et pittoresque de la forêt de Fontainebleau, signée entre autres par Rosa Bonheur.
En 1872, le gouvernement d'Adolphe Thiers souhaite, pour y planter des résineux de façon intensive, couper une partie des arbres de ce site pourtant protégé par décret impérial. Une pétition d'opposition est signée par les artistes mais sans succès. Le Comité de protection artistique de la forêt de Fontainebleau est créé et s'oppose au projet. Amoureuse du lieu, George Sand apporte son soutien aux opposants et se révèle pionnière de la future écologie. Elle convoque les sciences naturelles (biologie, entomologie, géologie) et les sciences de l'ingénieur pour rédiger un plaidoyer de douze pages dans Le Temps où elle écrit : « Si on n’y prend garde, l’arbre disparaîtra et la fin de la planète viendra par dessèchement, sans cataclysme nécessaire, par la faute de l’homme ». Elle initie ainsi les règles d'une exploitation forestière respectueuse et sauve la première réserve naturelle au monde.
Le premier Comité de protection artistique de la forêt de Fontainebleau, auquel adhère, entre autres, Victor Hugo, vote, avant l'intervention de George Sand, la résolution suivante : « Que la forêt de Fontainebleau doit être assimilée aux monuments nationaux et historiques qu'il est indispensable de conserver à l'admiration des artistes et des touristes, et que sa division actuelle en partie artistique et non artistique ne doit être acceptée que sous toutes réserves ».
En 1907, l'Association des amis de la forêt de Fontainebleau succède au Comité. Puis, par arrêté du , est créée la Commission consultative des réserves artistiques et biologiques.
Après être restée intacte durant cent ans, la forêt a souffert avec les tempêtes de mars et mai 1967. Elles détruisirent la réserve qu’il fallut régénérer par plantation sur des centaines d’hectares.
Terrain militaire Un décret de 1875 affecte au Département de la Guerre un terrain situé dans la forêt domaniale. L’École d’application de l’artillerie et du génie située à Metz avait été transférée à Fontainebleau après le traité de Francfort de 1871. Deux champs de tir avaient été aménagés dans la forêt, l'un au nord et l'autre au sud-ouest de la ville.. Ce dernier est localisé sur la carte topographique de Denecourt datant de 1895.
Réserves biologiques En 1953, les premières réserves biologiquesLa création des « réserves biologiques » forestières, qui relèvent aujourd'hui des articles L. 212-2-1 et suivants du code forestier, précède donc la loi n°57-740 du 1er juillet 1957, qui autorisa le classement d'un site, cette fois en « réserve naturelle », par l'ajout d'un article 8 bis à la loi du 2 mai 1930, auquel s'est ensuite substitué l'article 16 de la loi n°76-629 du 10 juillet 1976 relative à la protection de la nature, aujourd'hui codifié à l'article L. 332-2 du code de l'environnement. intégrales () et dirigées () sont créées en remplacement de d'une partie des réserves artistiques, qui sont réduites à .
Les arrêtés des et délimitent d'abord les réserves biologiques à Évolution du paysage de la forêt de Fontainebleau, La Tribune Libre 2 Bleau et Cie, site tl2b.com., parmi lesquelles :