Joseph Fouché est une biographie de Joseph Fouché écrite par Stefan Zweig à la fin des années 1920. Elle fait référence à l'ouvrage de base de Louis Madelin particulièrement bien documenté, que l'écrivain autrichien qualifie de monumental. Stefan Zweig est tour à tour émerveillé par l'attitude de marbre que gardera le plus souvent Fouché devant ses déboires et les avanies que lui a fait subir Napoléon et épouvanté par la rouerie dont il fait souvent preuve.

Présentation générale vignette|gauche|redresse|Stefan Zweig Stefan Zweig présente Joseph Fouché comme un homme politique dont les multiples talents n'ont jamais été reconnus, ni par ses contemporains, ni par la postérité. Ce sont les multiples facettes de Fouché qui intéressent Stefan Zweig. vignette|redresse|gauche|Côte d'Otrante

Fouché reste néanmoins un fonctionnaire arriviste, « jamais même quand il deviendra duc d'Otrante, malgré son uniforme étincelant d'or, Joseph Fouché ne sera réellement un aristocrate. » « Pendant que Napoléon guerroie en Espagne, Fouché et Talleyrand se réconcilient de façon spectaculaire. ». Violente réaction de Napoléon qui rentre en trombe à Paris, pourfend ces deux comploteurs et sanctionne Talleyrand. Mais contre Fouché, rien ; les courtisans en sont pour leurs frais. De plus, voilà Fouché débarrassé de son plus dangereux rival. Et Stefan Zweig de conclure : « Seul un homme demeure toujours à la même place, sous tous les maîtres et sous tous les régimes : Joseph Fouché. »

Quand il est évincé du pouvoir, il attend son heure, « il ne bouge pas et souffle comme un lutteur avant le combat. ». Il refuse les offres alléchantes de la Restauration qui préfère le faire arrêter. Mais l'opération échoue et Fouché s'enfuit de son domicile par le jardin, à l'aide d'une échelle. L'empereur, à peine réinstallé, le nomme de nouveau ministre de la police pendant les Cent-Jours. Remarque de Stefan Zweig : « C'est Prothée, dieu des métamorphoses » et Fouché aurait pu lui rétorquer ces mots qu'il dira plus tard : « Ce n'est pas moi qui ai trahi Napoléon, c'est Waterloo. »

Stefan Zweig décrit ce qui sera pour lui le début de la fin : ministre temporaire, ambassadeur éphémère à Dresde puis banni. Exilé de France, il va errer pendant trois ans de Prague à Linz puis s'éteindre à Trieste en 1820. À travers la fin de Fouché, Stefan Zweig dépeint l'inconséquence et la mesquinerie d'hommes qui voudraient faire oublier leur petitesse, leurs reniements ou en profitent pour accabler cet homme déchu.

Éditions

Le Livre de Poche historique , 1973

Notes et références

Annexes Bibliographie Bernard Hautecloque, Stefan Zweig, biographe de Fouché, Dictionnaire Fouché, Éditions Sutton, 2019,

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