La Chaudière-Appalaches est une région administrative du Québec, située sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent à l'entrée de l'estuaire fluvial. Sa superficie est de dont sont terrestresInstitut de la statistique du Québec - Le Québec chiffres en main 2018, soit 1 % du territoire québécois. L'agglomération urbaine de Lévis, voisine de la ville de Québec, est son principal pôle économique. Le nom de la région fait référence à deux caractéristiques géographiques importantes : la Chaudière, rivière traversant le cœur de la sous-région beauceronne, et les Appalaches, une chaîne de montagnes située à cheval avec les États-Unis.
Géographie humaine
Elle est bordée au nord-est par la région du Bas-Saint-Laurent, au sud-est par les États-Unis (État du Maine), au sud par la région de l'Estrie, à l'ouest par la région du Centre-du-Québec et au nord par la région de la Capitale-Nationale, séparée de cette dernière par le fleuve Saint-Laurent. Elle est composée de dix municipalités régionales de comté (MRC) et de 136 municipalités.
Paliers supralocaux Nom Chef-lieu Population Superficie(km) Densité(h/km) Ref. Les Appalaches Montmagny L'Islet Lotbinière La Nouvelle-Beauce Lévis Les Etchemins Beauce-Sartigan Bellechasse Beauce-Centre Total
Sous-régions historiques et culturelles Région lévisienne vignette|Lévis est la plus grande ville de la Chaudière-Appalaches. La région de Lévis se situe à la rencontre du fleuve Saint-Laurent et de la rivière Chaudière, en face de la ville de Québec, avec qui elle forme la région de Québec.
La région de Lévis, avec près de , constitue le plus important pôle économique de la Chaudière-Appalaches. C'est aussi là que la croissance démographique de la Chaudière-Appalaches est la plus forte.
Lévis occupe depuis le tout début de la Nouvelle-France une position stratégique. Elle a été le lieu de nombreuses batailles et ce depuis les affrontements avec les Amérindiens jusqu'à la guerre de 1812. C'est à Lévis que les caisses Desjardins furent créées par Alphonse Desjardins.
Côte-du-Sud
vignette|gauche|Moulin de Beaumont
La Côte-du-Sud est une région historique et culturelle regroupant les MRC de Bellechasse, de Montmagny et de L'Islet mais aussi de Kamouraska dans la région voisine du Bas-Saint-Laurent. Elle compte plus de pour sa partie en Chaudière-Appalaches.
La Côte-du-Sud est une des premières régions à être colonisée au début de la Nouvelle-France. Effectivement, la première seigneurie sudcôtoise fut octroyée à Jean Pelletier à Saint-Roch-des-Aulnaies en 1656. Par la suite, d'autres colons s'établirent en Côte-du-Sud, portant à la fin du régime français la population à environ sur les que comptait la Nouvelle-France. Pendant le , le manque de terre pour la populeuse Côte-du-Sud força les habitants à l'émigration. Avec l'avènement du chemin de fer, l'ouverture de nouvelles terres de colonisation (par exemple au Lac-Saint-Jean au milieu du et en Abitibi vers les années 1930) fit que la région devint une terre d'émigration. De ce fait, la population cessa de croître et même diminua. Encore aujourd'hui, la région sudcôtoise a un bilan migratoire négatif.
Beauce
vignette|La Beauce occupe la vallée de la rivière Chaudière.
La Beauce est une région culturelle et historique de la vallée de la Chaudière qui possède une forte identité. Depuis le début de la colonie, cette région s'est différenciée par de fameuses expressions telles que les jarrets noirs (dû entre autres aux nombreux marécages au temps de la Nouvelle-France à cause desquels les pantalons des Beaucerons se salissaient pour aller à Québec), ou le royaume de la PME (la Beauce est reconnue pour la forte proportion de PME dans son économie).
Le territoire beauceron compte plus de répartis dans trois MRC : celles de Beauce-Sartigan, de La Nouvelle-Beauce et Beauce-Centre. La Beauce est une des régions les plus fécondes de la Chaudière-Appalaches ; la croissance sera d'autant plus soutenue par un solde migratoire relativement bon.
Lotbinière, Sainte-Croix et Beaurivage
vignette|gauche|La maison de Pointe-Platon
Le territoire de la MRC de Lotbinière contient les restants de trois seigneuries principales (Seigneurie de Lotbinière, Seigneurie de Sainte-Croix et Seigneurie de Beaurivage) qui ont été colonisées plus tard que d'autres régions de la Chaudière-Appalaches.
Les plus vieux points du territoire sont sur la rive du fleuve Saint-Laurent, où il existe des traces du passé.
Le territoire voit un plus grand attrait au , siècle où une grande partie des municipalités du territoire apparaissent, notamment par les nouvelles routes et nouveaux chemins de fer qui sont créés. L'attrait envers ce territoire se poursuivra également au et au . C'est par cet attrait envers la région que plusieurs entreprises phares sont créées et continuent de façonner l'histoire de la région.
Par sa situation géographique, la culture du territoire est influencée par les régions historiques avoisinantes, telles que la région Lévisienne, la Beauce, la région de Thetford et les Bois-Francs.
Thetford
vignette|Pierres près de Black Lake
La région de Thetford, liée à plusieurs territoires périphériques, retrouve une grande partie de son territoire dans la chaîne de montagnes des Appalaches. La ville de Thetford Mines et les anciennes municipalités qui y sont annexées de nos jours (Black Lake, Robertsonville, Pontbriand) forment le point central de cette région.
Au début de son histoire, cette région fait partie des Cantons-de-l'Est, ce qui explique en partie le découpage de son territoire et les noms qui y apparaissent. La découverte de gisements d'amiante à partir de 1877 dans la région crée un engouement économique important et y donne ainsi le toponyme de région de l'amiante. Depuis les années 1970, dû à des controverses sur l'industrie de l'amiante, la région voit un déclin économique important. Elle voit ainsi la fermeture de mines qui laissent des traces visibles et qui compliquent le futur de ce territoire.
À la recherche de nouvelles vocations économiques, cette région voit tout-de-même un certain intérêt qui réduit le déclin et qui a le potentiel de la faire revivre.
Géographie physique Sont répartis sur son territoire, en ordre d'importance : les forêts (63,6 %), les terres agricoles (19,2 %), les milieux humides (7,6 %), les eaux (6,5 %) et finalement les surfaces artificielles (3,1 %).
Relief
La région est constituée, d'une part, par la plaine agricole des basses-terres du Saint-Laurent, et d'autre part, par différents petits massifs reliés à la chaîne des Appalaches. L'altitude minimale est de 0 m au fleuve Saint-Laurent, tandis que l'altitude maximale est de 917 m au mont Saint-Magloire (massif du Sud). Elle est traversée en son centre par les monts Notre-Dame, une constituante des Appalaches.
La Chaudière-Appalaches est divisée en trois zones physiographiques principales :
Le littoral, mieux connu sous le nom de la région écologique de la plaine du Saint-Laurent, recouvre 20 % de l’aire de la région. Il est caractérisé par sa basse altitude (généralement moins de de hauteur) La vallée de la rivière Chaudière, dont le bassin hydrographique occupe approximativement 44 % du territoire. La totalité des plateaux appalachiens, également appelée région écologique des coteaux des Basses-Appalaches, recouvre la majorité du territoire régional. Quelques-uns de ses sommets peuvent mesurer de hauteur, allant parfois jusqu'à , mais l’altitude typique de cette zone se situe entre 150 et d’altitude.
Hydrographie
Outre le fleuve Saint-Laurent, la Chaudière-Appalaches est arrosée par de nombreuses rivières prenant leur source dans les Appalaches. La plus importante est sans conteste la rivière Chaudière, longue de 185 km, et prenant sa source dans le lac Mégantic. Elle est suivie par les rivières Etchemin, du Sud et Beaurivage. On y retrouve une concentration relativement faible de lacs. Elle partage cependant avec la région de l'Estrie, à sa frontière sud, deux vastes plans d'eau : le Grand lac Saint-François et le lac Aylmer. De plus petits lacs sont disséminés à travers son territoire : le lac Etchemin, le lac du Huit, le lac Trois Saumons, le lac Sainte-Anne, etc.
Climat et végétation
Malgré des hivers froids ainsi que de nombreuses précipitations, le climat continental humide de la région lui assure aussi des étés très doux et très agréables, propices à bon nombre d’activités extérieures. Quant à la végétation, elle est principalement constituée d’une forêt mixte qui recouvre 74 % de l’aire du lieu. Trois domaines bioclimatiques sont présents : celui de l’érablière à tilleul, celui de l’érablière à bouleaux jaune et celui de la sapinière à bouleaux jaune.
Histoire
Démographie
Principales villes et municipalités + Neuf villes les plus populeuses de la Chaudière-Appalaches (2021) centre|180pxLévis centre|180pxSaint-Georges centre|180pxThetford Mines Ville Municipalité régionale de comté Population centre|180pxSainte-Marie centre|180pxMontmagny centre|180pxBeauceville 1 LévisLévis 2 Saint-GeorgesBeauce-Sartigan 3 Thetford MinesLes Appalaches 4 Sainte-Marie La Nouvelle-Beauce 5 Montmagny Montmagny 6 BeaucevilleBeauce-Centre 7 Saint-Joseph-de-Beauce Beauce-Centre 8 Disraeli Les Appalaches 9 Saint-PamphileL'Islet + Dix municipalités les plus populeuses de la Chaudière-Appalaches (2021) centre|180pxSaint-Lambert-de-Lauzon centre|180pxSaint-Apollinaire centre|180pxSaint-Henri Municipalité Municipalité régionale de comté Population centre|180pxSaint-Agapit centre|180pxSaint-Anselme centre|180pxL'Islet 1 Saint-ApollinaireLotbinière 2 Saint-Lambert-de-LauzonLa Nouvelle-Beauce 3 Saint-HenriBellechasse 4 Saint-Agapit Lotbinière 5 Saint-Anselme Bellechasse 6 Lac-Etchemin Les Etchemins 7 L'IsletL'Islet 8 Saint-ProsperLes Etchemins 9 Sainte-Claire Bellechasse 10 Saint-Jean-Port-Joli L'Islet Suivi historique
Profil démographique
Population : (2021) Superficie : Densité : 26,5 /km Taux de natalité : (2010) Taux de mortalité : (2010) Indice synthétique de fécondité : 2,0 (2010)
Naissances : (2010) Décès : (2010) Accroissement naturel : (2010) Source : Institut de la statistique du Québec Croissances et décroissances À l'instar du regain de fécondité du Québec en 2006, la Chaudière-Appalaches n'échappe pas à cette remontée, affichant une fécondité supérieure à la moyenne québécoise. Même si certaines municipalités régionales de comté (MRC) affichent une décroissance de population, la population globale de Chaudière-Appalaches augmente grâce à la forte vitalité démographique de la région de Lévis et de la Beauce. Selon le scénario A de référence de l'Institut de la statistique du Québec, la population de la région administrative en 2011 devrait atteindre , or ce chiffre est déjà dépassé. Si la tendance se maintient, la région peut espérer une décroissance de la population repoussée au-delà de 2015.
Les MRC et territoires équivalents en croissance démographique (2006) : Lévis (+1,62 %) La Nouvelle-Beauce (+1,20 %) Beauce-Sartigan (+0,50 %) Lotbinière (+0,35 %)
Les MRC et territoires équivalents en décroissance démographique (2006) : Beauce-Centre (-0,13 %) Montmagny (-0,26 %) Bellechasse (-0,34 %) Les Appalaches (-0,53 %) Les Etchemins (-0,64 %) L'Islet (-0,85 %)
Cette réalité semble différente en 2021, alors que plusieurs MRCs qui étaient en décroissance sont maintenant en croissance. Les MRCs qui voient le plus de décroissance sont celles plus loin des grands centres urbains, ce qui peut démontrer un engouement à créer de l'étalement urbain parmi les MRCs et territoires équivalents en croissance.
Les MRC et territoires équivalents en croissance démographique (2021) : Lotbinière (+9,00 %) Lévis (+4,40 %) La Nouvelle-Beauce (+3,30 %) Les Appalaches (+2,50 %) Les Etchemins (+2,40 %) Bellechasse (+2,10 %) Beauce-Sartigan (+1,90 %) Beauce-Centre (+0,70 %)
Les MRC et territoires équivalents en décroissance démographique (2021) :