La troisième bataille de Gondelour a eu lieu le entre les marines française et britannique pendant la guerre d'indépendance des États-Unis près de Gondelour au large de la côte Carnatique au sud de l'Inde.

Situation Gondelour, aussi connu sous le nom de Cuddalore, est un port indien situé à environ au sud de Madras (actuellement Chennai), soit au sud de Pondichéry (Pondicherry). La ville est l'ancienne capitale des comptoirs français de l'Inde, sur la côte de Coromandel. Le nom de « Gondelour », consacré par les historiens français du , est dû à une ambiguïté d'écriture du .

Une situation française désespérée Les survivants des différentes batailles navales gagnées par le bailli de Suffren reviennent à Gondelour, souvent blessés.

Le vieux major commandant de la place, Louis Victor Villon, marquis de FécampDictionnaire généalogique et armorial de l'Inde française (1560-1962) - Lucien Jean-Bord et Michel Gaudart de Soulages., est inquiet. La mort du nabab est une catastrophe pour les Français. Ils sont à peine 800 survivants de la force armée débarquée à Porto Novo et ne pourraient repousser les Britanniques alliés aux Indiens.

Le retour de Suffren, le , le rassure. L'amiral s'empresse de négocier avec le nabab Tipû Sâhib, fils du prince précédent. Les Britanniques se font menaçants sur terre. Après avoir pris Mangalore, le général James Stuart et les renforts partis de Madras convergent vers Gondelour.

Arrivée des renforts Les Français voient leur situation s'améliorer lorsque Charles Joseph Patissier de Bussy-Castelnau arrive le à Gondelour avec Sur les envoyés par le roi, le reste est malade, mort ou planqué. Certains historiens parlent de de guerre., et 5 millions de fonds. Ses troupes prennent garnison dans le fort. Les survivants de la de volontaires étrangers de la marine et du régiment d'Austrasie, les volontaires de l'île Bourbon et le régiment de Pondichéry constituent une force de et à la disposition de Bussy-Castelnau, mais 700 hommes et officiers sont malades.

Comme Bussy-Castelnau ne reçoit pas de bœufs d'attelage pour son artillerie, les arrivants sont condamnés à une immobilité relative. C'est la seule artillerie de la troisième légion de volontaires étrangers de la Marine, commandée par le capitaine Benoît de Rambaud et celle du régiment d'Austrasie qui vont participer aux escarmouches et essayer de ralentir l'avance du corps d'armée britannique. Cette armée britannique du général Stuart compte , parfaitement adaptés au climat, , et noirs.

Malgré les combats d'arrière-garde des volontaires, James Stuart engage le combat contre une partie de l'armée française dès le . Le lendemain, une partie des Britanniques tourne les positions françaises et affronte les unités du régiment d'AustrasieCertains historiens parlent de la brigade d'Austrasie, il s'agit tout au plus de , en incluant dans ce chiffre les malades. qui se dégagent à la baïonnette. Le général Bussy-Castelnau croit à une diversion et ne soutient pas les volontaires de l'île Bourbon qui se surpassent et contiennent l'ennemi.

vignette|centre|upright=2|Carte de la bataille terrestre de Gondelour, le 13 juin 1783. (Archives de l'outre-mer)

Âgé et malade, Bussy-Castelnau se fait porter en litière. Atteint de la goutte, affaibli par les suites de l'épidémie qui l'avait atteint à l'île de France (l'actuelle île Maurice), ce n'est plus l'infatigable compagnon de Joseph François Dupleix (1697-1763), gouverneur général des comptoirs français en Inde. Il ne lui reste guère que son courage. Sa garnison est abondamment pourvue de vivres sur ordre du nabab. Mais si les Français restent maîtres du terrain, le lendemain les Indiens qui « faisaient la droite du camp, ayant mal soutenu l'effort des Britanniques » se débandent et entraînent avec eux le reste des cipayes ; en sorte que les Français, malgré les pertes qu'ils infligent aux Britanniques dans cette journée, sont contraints d'abandonner les ouvrages extérieurs.

Toutefois, les artilleurs réussissent à convaincre les Indiens de continuer à se battre. D’ailleurs, si les Britanniques ne conquièrent pas la place forte, c'est du fait d'un déluge de feu. Aux tirs de mortiers et de canons, les artilleurs ajoutent une pluie de fusées indiennes qui anéantissent les troupes ennemies.

Flottes en présence thumb|200px|Le général Stuart dirige le siège de Gondelour avec une forte armée. thumb|200px|Suffren vient secourir avec son escadre la petite troupe de Bussy enfermée dans Gondelour. Musée de la Marine, Toulon Le , Edward Hugues et son escadre est devant la côte, et sa flotte est nettement supérieure en puissance de feu, en nombre de vaisseaux, de troupes embarquées et matelots à celle de Suffren. Royaume de FranceRoyaume de Grande-Bretagne Annibal, 74 canons - navire-amiral Héros, 74 canons Argonaute, 74 canons Fendant, 74 canons Illustre, 74 canons Artésien, 64 canons Ajax, 64 canons Brillant, 64 canons Hardi, 64 canons Sévère, 64 canons , 64 canons Vengeur, 64 canons Saint Michel, 60 canons Flamand, 54 canons commandé par Éléonor Jacques de Perier de Salvert Petit Annibal, 50 canons

Soit 15 navires et Gibraltar, 80 canons , 74 canons Cumberland, 74 canons , 74 canons , 74 canons Sultan, 74 canons , 70 canons Monarca, 70 canons , 64 canons Eagle, 64 canons Exeter, 64 canons Inflexible, 64 canons Magnanime, 64 canons Monmouth, 64 canons , 64 canons , 64 canons , 50 canons Isis, 50 canons

Soit 18 navires et

Bataille navale thumb|left|Un engagement lors du siège de Gondelour. L'armée de Stuart est tenue en échec devant la place, et la victoire navale de Suffren lui ôte tout espoir de s'en emparer. (Peinture anglaise, fin ) thumb|Une vue imaginaire de la bataille de Gondelour à la gloire de Suffren. Gravure hollandaise reprenant des modèles de vaisseaux du . Aucun navire n'a non plus été détruit par explosion pendant cette campagne.

Cette flotte britannique apporte du ravitaillement, de l'artillerie de siège et est prête à écraser, sous le feu de son artillerie, le fort de Gondelour.

Suffren, qui était reparti à Trinquemalay, revient d'urgence pour tenter de sauver la ville. Il monte tirés de la garnison sur ses quinze vaisseaux, et cherche dès lors l'occasion d'écarter les dix-huit vaisseaux de l'amiral britannique Edward Hughes. Malgré le délabrement avancé de sa flotte, Suffren repousse à nouveau Hugues, dans ce qui peut être considéré comme son plus beau combat. Débarquant des renforts, il sauve alors Bussy-Castelnau. En effet, Stuart, privé du ravitaillement que devait lui apporter Hughes, n'est plus guère entreprenant. L'amiral britannique revient au large de Gondelour, mais n'ose plus attaquer. Il aurait dû le faire quand les troupes françaises étaient parties se battre à terre contre Stuart.

Victoire terrestre française Le bailli de Suffren remet à terre les qui lui avaient été prêtés. Il y ajoute encore de marine. Suffren et les officiers demandent alors à Bussy-Castelnau d'écraser les forces ennemies et Suffren propose au général de diriger lui-même l'attaque. Mais Bussy-Castelnau est un vieil homme qui, par sa jalousie envers le marin, va faire que cette affaire ne se termine pas par un écrasement des forces anglaises.

Les Britanniques commencent à perdre tout espoir de conquérir Gondelour. Ils sont attaqués sur leurs arrières par les Indiens. « Malgré l'habileté et le courage du général Stuart chargé de conduire les opérations de siège, la place, vaillamment défendue par le marquis de Bussy-Castelnau, résiste jusqu'au boutHume, David (1711-1776), Histoire d'Angleterre, Tome douzième, p. 359. ».

Le , la frégate parlementaire Médée apporte la nouvelle de la paix, entre la France et la Grande-Bretagne, dont les préliminaires ont été signés à Versailles le . La suspension d'armes est immédiate.

Notes et références

Sources et bibliographie Charles Cunat, Histoire du bailli de Suffren, Roger Glachant, Suffren et le temps de Vergennes, éditions France-Empire, 1976

Claude des Presles, Suffren dans l'océan indien (1781-1783), Economica, 1999 Charles-Armand Klein, Mais qui est le bailli de Suffren Saint-Tropez ? - Mémoires du Sud - Éditions Équinoxe, 2000. Joseph Siméon Roux, Le Bailli de Suffren dans l'Inde, Pierre André de Suffren, Journal de bord du bailli de Suffren dans l'Inde (1781-1784), avec une préface par le vice-amiral Edmond Jurien de La Gravière, Henri Moris, Paris : Challamel, 1888 Raymond d'Unienville, Hier Suffren, Mauritius Printing 1972

Annexes

Articles connexes Escadre Suffren dans l'océan Indien : Bataille de Gondelour Histoire de la marine française Louis Alexandre d'Albignac de volontaires étrangers de la marine

Liens externes Combat naval en vue de Gondelour Battle of Gondelour Un combattant de Gondelour : General Georg Carl von Döbeln (1758-1820)

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