La Mauldre est une petite rivière française, de , affluent de rive gauche de la Seine, qui coule dans le département des Yvelines, dans la région Île-de-France.
Géographie vignette|300px|La Mauldre à Aulnay-sur-Mauldre.
Le cours de la Mauldre vignette|300px|Vallée de la Mauldre à La Falaise. La Mauldre prend source à d'altitude près du hameau de Maison Blanche Couches « Cartes IGN classiques », « Limites administratives » et « Hydrographie » activées. Vous pouvez bouger la carte (cliquer et maintenir, bouger), zoomer (molette de souris ou échelle de l'écran), moduler la transparence, désactiver ou supprimer les couches (= cartes) avec leurs échelles d'intensité dans l'onglet de "sélection de couches" en haut à droite, et en ajouter depuis l'onglet "Cartes" en haut à gauche. Les distances et surfaces se mesurent avec les outils dans l'onglet "Accéder aux outils cartographiques" (petite clé à molette) sous l'onglet "sélection de couches". à la limite des communes de Saint-Rémy-l'Honoré et de Coignières, et s'oriente vers le nord sur tout son parcours.
Elle arrose Beynes et Maule, avant de se jeter dans la Seine à Épône à d'altitude, vers la pointe amont de l'île de Rangiport. La pente moyenne est donc de (0,33 %).
Sa confluence avec le ru de Gally marque la limite entre les bassins de la Mauldre supérieure (qui peut généralement être traversée à gué) et de la Mauldre inférieure.
Dans le bassin inférieur, la Mauldre dessine quelques méandres et se subdivise en quelques endroits en bras secondaires, parfois appelés « chevreuses » comme à Maule et à Aulnay-sur-Mauldre.
La vallée de la Mauldre est encaissée entre les plateaux qui constituent la plaine de Versailles et le Mantois. Elle est empruntée par des axes de communication qui relient la vallée de la Seine au centre et au sud des Yvelines : RD 191, de Mantes à Corbeil et voie ferrée d'Épône-Mézières à Plaisir-Grignon.
Un peu en amont de Beynes, elle est traversée par un siphon de , par l'aqueduc de l'Avre, qui alimente Paris en eau potable captée dans la région de Verneuil-sur-Avre (Eure).
C'est une vallée riante, émaillée de nombreux villages qui ont gardé leur caractère rural malgré la proximité de l'agglomération parisienne. De nombreux moulins étaient autrefois en activité le long de son cours.
Communes traversées vignette|250px|Confluence de la Mauldre à Épône.
D'amont en aval, cours supérieur : Coignières, Saint-Rémy-l'Honoré, Le Tremblay-sur-Mauldre, Jouars-Pontchartrain, Neauphle-le-Vieux, Villiers-Saint-Frédéric, Beynes ; cours inférieur : Montainville, Mareil-sur-Mauldre, Maule, Aulnay-sur-Mauldre, Nézel, La Falaise, Épône.
Affluents La Mauldre reçoit vingt-cinq affluents et sous-affluents dont les principaux sont : en rive gauche, deux ruisseaux qui descendent de la forêt de Rambouillet et irriguent des zones rurales avant de rejoindre la Mauldre à Neauphle-le-Vieux : le Lieutel () et son affluent principal : la Guyonne () qui arrose Les Mesnuls et Mareil-le-Guyon le Guyon qui coule depuis le territoire de Saint-Rémy-l'Honoré et rejoint la Gyonne en aval de Bazoches-sur-Guyonne le ru de la Serpe s'écoule de Montainville et rejoint la Mauldre. en rive droite, trois ruisseaux venant de zones plus urbanisées (Versailles, Saint-Quentin-en-Yvelines) : le ru d'Élancourt () qui rejoint la Mauldre à Pontchartrain (commune de Jouars-Pontchartrain) le ru de Maurepas qui rejoint la Mauldre à Pontchartrain (commune de Jouars-Pontchartrain) le ru Maldroit () qui prend sa source à Trappes, traverse Plaisir où il est en partie canalisé et enterré, et rejoint la Mauldre à Beynes le ru de Gally () qui prend sa source dans le parc du château de Versailles au Grand Canal et arrose Thiverval-Grignon avant de rejoindre la Mauldre en aval de Beynes au lieu-dit la Maladrerie le ru de Riche s'écoule de Herbeville et rejoint la Mauldre à Mareil-sur-Mauldre. le ruisseau de Beulle qui prend sa source au hameau de Beulle, sur le plateau des Alluets-le-Roi et se jette dans la Mauldre à Maule (en conduit) La Rouase à Bazemont.
Hydrologie Outre le ruissellement, la Mauldre est alimentée par les nappes du tertiaire. dont le principal exutoire est au seuil de Cressay. À cet endroit, les estimations de débits sont très variables, de 90 à .
La Mauldre à Beynes À la limite du cours inférieur et supérieur de la Mauldre, la station H7913020 La Mauldre à Beynes (mairie) donne sur 46 ans depuis 1967 un module de 1,010 m/s, pour un bassin versant de .
La Mauldre à Aulnay-sur-Mauldre Le débit moyen annuel de la rivière à Aulnay-sur-Mauldre est estimé à . Il a tendance à augmenter au fil des années car il est renforcé par les rejets de populations urbaines de plus en plus importantes, notamment dans le sud-est du bassin (Versailles, Saint-Quentin-en-Yvelines…) et que l'on retrouve dans les stations d'épuration. Le débit maximum relevé à Épône est d'environ .
Malgré sa faible longueur, la Mauldre est sujette à des crues rapides. Les dernières inondations notables remontent à mars 1983 et janvier 2000. La crue historique, servant de référence, est celle de 1966. À sa suite, un recalibrage de la Mauldre, du ru de Gally et de certains tronçons des affluents en amont a été effectué dans les années 1970.
Bassin versant
Le bassin versant compte en tout 6 sous-bassins et 25 cours d'eau. Il est composé uniquement de cours d'eau non domaniaux, c'est-à-dire privés, dont le lit appartient aux riverains. Les limites du bassin versant de la Mauldre ont été définies par arrêté préfectoral du pour l'élaboration du SAGE (schéma d'aménagement et de gestion des eaux).
Le bassin versant de la Mauldre s'étend sur aux superficies très variées totalisant environ . Il est entièrement inscrit dans le département des YvelinesCarte du bassin versant de la Mauldre, sur le site du COBAHMA-EPTB Mauldre.. Sa taille est modeste à l'échelle de l'Île-de-France puisqu'il couvre à peine (), dont environ 20 % sont urbanisés ; mais il revêt une importance stratégique réelle pour le département des Yvelines, dont il couvre 30 % du territoire et concerne 30 % des habitants.
Contrairement aux cas les plus fréquents, le bassin versant s'est très fortement urbanisé d'abord dans ses extrémités amont (est et sud-est). Il l'est également, et de plus en plus, dans son extrême aval en vallée de Seine. Pour le reste, soit plus de 50 % de son territoire, il est essentiellement occupé par des zones de cultures sauf dans son amont ouest avec le massif forestier de Rambouillet. Les bourgs des communes de la Mauldre moyenne et aval sont principalement localisés en fond de vallée avec une occupation récente des espaces les plus proches des cours d'eau.
Les six sous-bassins bassin « Ru de Gally » : , ru de Gally, bassin « Lieutel » : - ruisseau le Lieutel, bassin « Guyonne » : - ru la Guyonne, bassin « Mauldre supérieure » : - ruisseau la Mauldre, bassin « Mauldre inférieure » : - rivière de la Mauldre, bassin « Maldroit » : - ru Maldroit,
Organisme gestionnaire Un des premiers schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE, document de planification institué par la loi sur l'eau du 3 janvier 1992) a été mis en œuvre par le COBAHMA, comité du bassin hydrographique de la Mauldre et de ses affluents de 2001 à 2015.. Le SAGE révisé de la Mauldre a été approuvé le par arrêté préfectoral ; il est aujourd'hui en phase de mise en œuvre. Le COBAHMA a été labellisé Etablissement Public Territorial de Bassin (EPTB) en 2012. Ce syndicat mixte a été créé en 1992, il est présidé en 2016 par Guy Muller, conseiller départemental et maire d'Epône.Cette structure est composée du Département des Yvelines et des syndicats intercommunaux œuvrant dans le domaine de l’eau (syndicats d’assainissement, d’eau potable et de rivière) sur le bassin versant de la Mauldre et ses affluents, soient 20 syndicats intercommunaux en 2015.
Histoire Étymologie Selon une hypothèse formulée par Jacques Tréton dans son ouvrage Histoire de Montainville en PinceraisJacques Tréton, Histoire de Montainville en Pincerais, 1998., et complétée par la découverte d'une forme ancienne du village de MauleTRETON (Jacques). Essai sur l'étymologie de Maule et Mauldre (Yvelines). Cahier de la Sté. Franç. d'Onomastique. 3(2011), p. 103-116. remontant au : MentelaricoJ.-P. Migne, Venantii Fortunati. Vita S. Paterni. Patrologiae cursus completus (1850), t. 88, p. 494, note m. bas de page : . Le village de Maule et la rivière auraient une origine commune.
Mentelarico, la forme la plus antique du village de Maule, serait composée de la racine celtique mantalo, signifiant « chemin, route, voie importante », et des suffixes celtes -ara qui signifie « cours d'eau, rivière », et de -ico qui signifie « village (au bord de l'eau), port (sur la rivière) ». Ce qui correspondrait assez bien à la position de la ville de Maule, au croisement d'une voie antique et d'un cours d'eau. Ce mot aurait évolué en Mantula ou Mautula au , puis Maulia au , et finalement en Maule, ou Maulle, au .
La forme la plus ancienne de la rivière Mauldre est issue du préceltique *MaularaRevue de l'histoire de Versailles et de Seine-et-Oise, Société des sciences morales, des lettres et des arts de Seine-et-Oise, Académie de Versailles, des Yvelines et de l'Ile-de-France, L. Bernard (Versailles), H. Champion (Paris), 1899-1976Dauzat (A.), Les noms de lieux, Paris, 1926, p. 197., Mandra au , puis Mandre au , Maudre au et Mauldre au . Mandra serait issu de l'évolution normale de *Mantalara, puis *Mantlara. Il dériverait aussi du terme gaulois, mantalo, signifiant « chemin » et du suffixe -ara, signifiant « cours d'eau, rivière ».
Tréton propose donc que la signification de 'Maule' serait « le port sur la rivière qui coupe le grand chemin », et 'Mauldre' serait « la rivière qui coupe le grand chemin » et donc ne s'appliquait que sur la partie aval de cette rivière, comme certains l'ont suggéréPATTOU Etienne : Notes sur la Mauldre... Ainsi le nom de la rivière (Mantalara) aurait précédé le nom du village de Maule (Mantalara-ico) et aurait été donné par de locuteurs gaulois, il y a près de deux mille ans.
Une longue occupation humaine vignette|250px|Pont de la RD 191 à Mareil-sur-Mauldre. La vallée de la Mauldre est une région d'occupation humaine très ancienne. Des vestiges préhistoriques ont été retrouvés en de nombreux points, notamment des allées couvertes de l'époque néolithique près de sa confluence avec la Seine, à Épône et Aubergenville.
À l'époque gauloise, la région se trouvait dans le territoire des Carnutes qui s'étendait entre la Loire et la Seine, avec Chartres comme capitale.
Sous les Mérovingiens, elle appartenait au pagus du Pincerais dont le chef-lieu se trouvait à Poissy et qui s'étendait depuis la Seine au nord jusqu'à l'orée de la forêt d'Yveline (actuelle forêt de Rambouillet) au sud.
Plus tard, la Mauldre s'est trouvée à la limite occidentale du domaine royal face à de puissants seigneurs locaux, dont les comtes de Montfort-l'Amaury.
Le prieuré Grandmontain des Hautes-Bruyères a été fondé proche de sa source.
L'utilisation de la Mauldre vignette|gauche|200px|Roue d'un ancien moulin à Maule. L'artificialisation de certains tracés (portions très rectilignes de cours d'eau) est très antérieure à la dernière guerre mondiale. Au début du , la plaine de la Mauldre supérieure n'était qu'un vaste marais. La création principale du réseau hydrographique (petits canaux, fossés) daterait de l'époque des disciples de Saint-Martin (fin du et durant le ) dans un objectif d'utilisation plus intensive des sols (assainissement des terres…). Une grande partie du réseau hydrographique serait d'origine anthropique. Au sud du bassin versant, le réseau des rigoles et d'étangs a été créé sous Louis XIV pour les grandes eaux du château de Versailles.