La fontaine de la Croix-du-Trahoir est une fontaine publique située au carrefour des rues de l'Arbre-Sec (à hauteur du ) et Saint-Honoré (à hauteur du 111), dans le de Paris. Elle est inscrite au titre des monuments historiques depuis le ..
Bâtiment Construit en par l'architecte Jacques-Germain Soufflot, comme l'indique une plaque apposée sur la façade nord, c'est un bâtiment technique faisant office de répartiteur d'eau pour les services du Palais-Royal et des hôtels des ministres. Il était alimenté par la pompe de la Samaritaine située sur le Pont-Neuf. Les locaux ont été occupés par les fontainiers jusqu'au milieu du , puis restaurés en sur ordre de Raymond Haas-Picard, alors préfet de la Seine.. Le général de Gaulle, président de la République, y a inauguré le . la Maison de l'Andorre.., qui abritait des bureaux touristiques. et un musée consacrés à la principauté.
Inoccupé de à , le bâtiment a ensuite été squatté par un collectif d'artistes, Le Laboratoire de la création, qui est aujourd'hui conventionné par la ville de Paris et parrainé par Gao Xingjian, prix Nobel de littérature. Il compte une galerie d'art au rez-de-chaussée, ouverte au public, un studio de musique au sous-sol, et quatre ateliers de plasticiens et cinéastes dans les étages.
Place de la Croix du Trahoir vignette|gauche|redresse|La croix (en haut et à gauche) sur le plan de Braun et Hogenberg (vers ) ; la muraille dessinée correspond à l'enceinte de Philippe Auguste avec la première porte Saint-Honoré.
vignette|redresse|gauche|Emplacement actuel de cette ancienne place au carrefour des rues Saint-Honoré et de l'Arbre-Sec, vue ici en direction de la Seine.
Ce carrefour se situait au croisement des principales voies nord-sud et est-ouest d'entrée dans Paris. Pendant plusieurs siècles, il a été un des carrefours les plus animés de Paris.
Il doit son nom, « trahoir », anciennement « tiroir », à ce que l'on tirait les étoffes sur la place.
Les exécutions capitales de la juridiction de Saint-Germain-l'Auxerrois. y ont eu lieu jusqu'en . Y ont notamment été exécutés les faux-monnayeurs, la maison où l'on fabriquait la monnaie étant toute proche. Des luthériens y ont aussi été brûlés vifs le . Elle est mentionnée ("in platea crucis Tiroueri") par le juriste Jean de Mille dans sa Pratique criminelle (1541) comme le lieu (fictif) d'un assassinat, sans doute en raison de la connotation judiciaire très forte du lieu. Le marquis de Bonnesson, meneur de la révolte des sabotiers et huguenot normand, y fut décapité le .. Jusqu'en , on y coupait les . Elle comportait une roue de supplice pour servir d'exemple aux passants et une potence, parfois assimilée à l'« arbre sec ». C'est toutefois une erreur, car l'arbre sec est un arbre mythique des récits de Marco Polo, parfois assimilé au Chêne de Mambré de l'Ancien Testament.
La place comportait une croix d'origine très ancienne pour favoriser les dernières prières des condamnés. Elle a été détruite en . Son soubassement en pierre avec des degrés servait d'étal à des bouchers et marchands de légumes.
Lorsque, en vertu de l'édit de en date du , les effectifs du guet ont été augmentés, plusieurs nouveaux postes ont été créés, dont un à la « croix du Tiroir »..
Une station de chaises à porteurs y a été créée en . C'est là qu'a eu lieu l'arrestation de Pierre Broussel, conseiller au Parlement de Paris, surnommé le « père du peuple », le . C'est un épisode marquant du début de la Fronde. Ce carrefour a aussi été le centre d'une répression sanglante, puis des barricades élevées jusqu'à la libération du conseiller. C'est la Journée des barricades du ..
Le , les trois assassins du baron de Saint-Eglan y ont été exécutés, deux semaines après l'homicide commis le lors de l'attaque du carrosse du duc de Beaufort..
Fontaine de la Croix-du-Trahoir vignette|redresse|La fontaine vers (photographie de Jean-Eugène Durand).
La première fontaine de la Croix-du-Trahoir a été construite par le sculpteur Jean Goujon à l'initiative de en . En 1606, le prévôt des marchands François Miron fait construire un réservoir, situé à l’emplacement actuel, pour alimenter la fontaine. En 1635, celle-ci est déplacée de quelques mètres et accolée au réservoir pour améliorer la circulation dans la rue. Une « chambre de justice » est aménagée, dans la partie supérieure. Elle est destinée à recevoir les aveux des condamnés et à établir le procès-verbal de la sentence.
Jacques-Germain Soufflot, chargé de la rebâtir en , hérita d'une fontaine en très mauvais état. Il l'inscrivit dans un édifice polygonal situé à l'intersection des rues de l'Arbre-Sec et Saint-Honoré. Il confia à Louis-Simon Boizot la sculpture de la nymphe qui apparaît rue Saint-Honoré. Elle est inspirée des nymphes réalisées par Jean Goujon pour la fontaine des Innocents. On remarque l'utilisation d'un bossage en stalactites, similaire à celui de la fontaine Médicis.. Un mascaron permet à l'eau de la fontaine de s'écouler.
Inscription La fontaine porte l'inscription suivante : LUDOVICUS ANNO PRIMO REGNI UTILITATI PUBLICÆ CONSULENS CASTELLUM AQUARUM ARCUS JULI VETUSTATE COLLAPSUM FUDAMENTIS REÆDI- -FICARI ET MELIORE CULTU ORNARI JUSSIT. CAROL. CLAUD. D'ANGIVILLER. COM REGIS ÆDIFICIIS PROEPLouis , la première année de son règne, ordonne pour le bien public que le château d'eau de l'arc de Julien, vétuste et en mauvais état, soit complètement réédifié avec plus d'élégance par Charles Claude d'Angiviller surintendant des Bâtiments du Roi. Fontaine rue de l'Arbre-Sec
Bas-relief Bas-relief rue Saint-Honoré
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie . . .
Articles connexes Place Paul-et-Marcelle-Vergara
Liens externes
Croix Trahoir Croix Trahoir Catégorie:Monument historique dans le 1er arrondissement de Paris Catégorie:Monument historique inscrit en 1925 Catégorie:Patrimoine du XVIIe siècle Catégorie:Voie citée dans le Dit des rues de Paris Catégorie:Édifice construit en 1776