La classe Olympic est une classe de paquebots transatlantiques britannique mis en service pour la White Star Line de 1911 à 1915. Elle comprend l’Olympic (qui donne son nom à la classe), le Titanic, et le Britannic (qui devait à l'origine se nommer Gigantic). Les deux premiers portent, l'un après l'autre, le titre de plus gros paquebot du monde, que ce soit par le tonnage, ou par la longueur. Conçus pour traverser l'océan Atlantique en proposant à leurs passagers un luxe inégalé, ils connaissent un sort bien différent.
Des trois navires, seul le premier réussit à achever une traversée commerciale, et à connaître une longue carrière avant d'être démoli en 1937. Le deuxième heurte un iceberg et fait naufrage le , durant son voyage inaugural. Le troisième est quant à lui réquisitionné avant même d'être achevé et est converti en navire-hôpital, fonction qu'il conserve jusqu'à son naufrage en mer Égée le .
Si deux des trois navires n'ont pas connu de carrière florissante, les paquebots de la classe Olympic sont cependant au nombre des plus célèbres paquebots. Les éléments décoratifs de l’Olympic ornent de nombreux lieux (et même un paquebot, le Millennium), le Titanic a fait l'objet d'une quinzaine de films et de nombreux ouvrages, et le Britannic a lui aussi inspiré un téléfilm.
Histoire Origine et construction La classe Olympic tire ses origines de la rude concurrence qui oppose le Royaume-Uni et l'Allemagne au sujet de la construction de navires. La Norddeutscher Lloyd et la HAPAG, les deux plus grandes compagnies allemandes, prennent en effet part à la course à la vitesse et au gigantisme à la fin du . La première met en effet en service le Kaiser Wilhelm der Grosse, qui remporte le Ruban bleu en 1897 avant d'être battu par le Deutschland de la seconde en 1900. Suivent ensuite les trois sister-ships du Kaiser Wilhelm der Grosse : le Kronprinz Wilhelm, le Kaiser Wilhelm II et le Kronprinzessin Cecilie. Pour répondre à cela, la Cunard Line britannique met en service deux navires dont la vitesse leur vaut le surnom de « lévriers des mers » : le Lusitania et le Mauretania. Ce dernier conserve le Ruban bleu pendant plus de vingt ans, à partir de 1907.
Face à cette concurrence, la White Star Line, compagnie battant pavillon britannique tout en appartenant au trust américain de John Pierpont Morgan, l'International Mercantile Marine Company (IMM), se doit de répondre. Elle a déjà mis en service, de 1901 à 1907 les Big Four, un quatuor de paquebots axés non pas sur la vitesse, mais sur le luxe et la sécurité. C'est en 1907 que Joseph Bruce Ismay, président de la White Star et de l'IMM, et William James Pirrie, directeur des chantiers navals Harland & Wolff décident de la construction de trois navires aux proportions inégalées et aux noms évocateurs : Olympic, Titanic et Gigantic « Origins Of The Olympic Class », RMS « Olympic » Archive. Consulté le 8 août 2009. Les trois navires sont conçus par Thomas Andrews et Alexander CarlisleCarlisle, notamment chargé des questions de sécurité, prend sa retraite durant la construction.. Leur coût individuel est d'environ l'équivalent de 7,5 millions de dollars américains de 1912 ( millions actuels).
La construction de l’Olympic débute en , et celle du Titanic en . Les deux navires sont construits côte à côte, dans un portique construit pour l'occasion. La construction du troisième navire débute en , après la mise en service de l’Olympic et le lancement du Titanic. Le troisième géant est finalement renommé Britannic, et les deux navires restants subissent de nombreux changements dans leurs dispositifs de sécurité à la suite du naufrage du Titanic.
Paquebots Olympic
thumb|L’Olympic L’Olympic est lancé le et mis en service le . Le suivant, il entre en collision avec le croiseur dans le port de Southampton, ce qui entraîne son retour aux chantiers Harland & Wolff pour des réparations. Après le naufrage du Titanic, l’Olympic subit une importante refonte pour améliorer sa sécurité. Il reprend ensuite son service commercial en .
Durant la Première Guerre mondiale, le paquebot est placé sous le commandement du Capitaine Bertram Hayes et sert comme transport de troupes. En , il éperonne et coule le sous-marin allemandPaul Chack, Jean-Jacques Antier, Histoire maritime de la Première Guerre mondiale, France - Empire, 1992, U-103. De retour à la vie commerciale en 1920, il sillonne l'Atlantique avec deux paquebots saisis à l'Allemagne, le Majestic et l’Homeric. Sa carrière est troublée en 1934 par une collision avec un bateau-feu de Nantucket qui entraîne la mort de 7 marins sur les 11 à bord « Le RMS Olympic », L'Histoire du RMS « Olympic », RMS « Titanic » et HMHS « Britannic ». Consulté le 8 août 2009.
À la suite de la fusion de la White Star Line et de la Cunard Line en 1934, l’Olympic est retiré du service en pour être finalement démoli jusqu'en 1937.
Titanic
thumb|left|Le Titanic lors de ses essais en mer le 2 avril 1912 Le Titanic est lancé le , et sa mise en service est légèrement repoussée à la suite des travaux de réparation de l’Olympic. Le navire quitte finalement le port de Southampton le , évitant de peu une collision avec le New York, un paquebot amarré dans le port attiré par le déplacement d'eau généré par le Titanic. Après une escale à Cherbourg et une autre à Queenstown, le navire s'engage dans l'Atlantique avec à son bord personnes (pour une capacité de ), sous le commandement d'Edward Smith. La traversée se passe sans incident majeur jusqu'au dimanche à « Chronologie d'un naufrage », Le Site du « Titanic ». Consulté le 10 août 2009.
Frederick Fleet, veilleur à bord du Titanic, aperçoit alors un iceberg. Malgré une manœuvre d'évitement, la collision ne peut être évitée. Le choc avec la glace fait sauter certains rivets du navire. L'eau commence à envahir les cinq compartiments étanches à l'avant du navire, qui ne peut rester à flot qu'avec quatre d'entre eux envahis. Le naufrage est de fait inévitable. Le commandant donne l'ordre d'évacuer le navire. Les canots de sauvetage ne peuvent contenir que personnes, et ne sont, de plus, pas entièrement remplis. Au total, un peu plus de 700 personnes réussissent à embarquer. Les autres, dont le capitaine Smith et Thomas Andrews, meurent dans le naufrage. Le Titanic disparaît à 2 h 20, le matin du , emportant avec lui certains des hommes les plus riches du monde, comme John Jacob Astor IV.
Les survivants sont récupérés par le Carpathia, arrivé sur les lieux du désastre vers 4 heures. Deux commissions d'enquête suivent le naufrage « Les enquêtes sur le naufrage », Le Site du « Titanic ». Consulté le 10 août 2009, qui entraîne une prise de conscience générale, et le renforcement des mesures de sécurité à bord de tous les navires « Les recommandations Mersey », Le Site du « Titanic ». Consulté le 10 août 2009.
Britannic
La rumeur populaire, véhiculée par les médias d'époque, voudrait que le nom Gigantic ait d'abord été attribué au navire. Selon cette même rumeur, le naufrage du Titanic aurait forcé la White Star Line à renommer le paquebot en construction. Cependant, aucun document officiel ni aucun communiqué de la White Star ou bien des chantiers Harland & Wolff ne viennent corroborer cette théorie.
Si la construction du Britannic a débuté en , elle est cependant retardée par le naufrage du Titanic. Les concepteurs du navire décident en effet de nombreux changements (dont celui du nom du navire en BritannicIl a longtemps été admis que le Gigantic a été renommé en Britannic à la suite du naufrage du Titanic. Cependant, des documents retrouvés en 2007 montrent que le nom Britannic a été envisagé dès octobre 1911.) qui entraînent un allongement des travaux « Britannic », L'Histoire du RMS « Olympic », RMS « Titanic » et HMHS « Britannic ». Consulté le juin 2009. Le navire est finalement lancé le , et sa mise en service est prévue pour le printemps 1915. Cependant, la Première Guerre mondiale entraîne sa réquisition par l'Amirauté et sa reconversion en navire-hôpital. Il effectue sa première traversée à destination des Dardanelles le . Après six mois de service, il est renvoyé à Belfast pour subir les travaux nécessaires à sa transformation en transatlantique. Il est cependant rappelé dès la fin du mois d'. Après deux autres traversées sans histoires, il entame sa sixième traversée en novembre.
Le , alors qu'il se trouve au large de l'île de Kéa, le Britannic est secoué par une explosion, probablement causée par une mineL'hypothèse de la mine est celle qui a été retenue par l'enquête suivant le naufrage. Il est cependant possible que celui-ci ait été causé par une torpille. La thèse d'une explosion due au charbon est écartée, l'intérieur des soutes étant intact.. Le navire commence à sombrer et le commandant Charles Bartlett tente de l'échouer sur l'île de Kéa, assez proche. Cependant, le navire prend l'eau trop rapidement, et les hélices sont rapidement inutiles. Deux canots sont lancés sans autorisation, et leurs trente occupants sont tués par les hélices qui ont aspiré leurs embarcations. Les machines sont ensuite stoppées, et le navire évacué, sans que d'autres morts ne soient à déplorer. La proue du navire heurte finalement le fond de la mer (à une centaine de mètres de la surface), et le Britannic se couche sur son flanc tribord. Les rescapés sont récupérés par plusieurs navires alliés proches du lieu du drame<ref> « Britannic », Titanic-titanic.com. Consulté le 12 juillet 2009</ref>.
Caractéristiques Aspects techniques Les navires de la classe Olympic sont des navires à vapeur. Leur propulsion se fait grâce à trois hélices : les deux hélices latérales possèdent trois pales, l'hélice centrale en possède quatre. Les deux premières sont actionnées par des machines alternatives à vapeur à quadruple expansion, tandis que la troisième est mue par une turbine à vapeur. Le tout est alimenté en vapeur par 29 chaudières réparties dans six salles. Cependant, l’Olympic voit ses chaudières adaptées à un fonctionnement au mazout à la fin de la Première Guerre mondiale, ce qui permet une économie importante, le nombre de mécaniciens nécessaires au fonctionnement du navire passant de 350 à 60 « « Olympic » Returns To Passenger Service », RMS « Olympic » Archive. Consulté le 8 août 2009.
Les deux premiers navires mesurent , et le troisième 275Cet allongement s'explique par la présence d'une double coque et les mesures de renforcement appliquées au Britannic après le naufrage de son sister-ship.. Leur tonnage environne les tonneaux de jauge brute (l’Olympic, au départ le moins volumineux des trois, devient le plus gros paquebot de construction anglaise après sa refonte de 1912, et ce jusqu'à la mise en service du Queen Mary). Tous trois sont pourvus de quatre cheminées, la quatrième étant factice (elle sert cependant à l'aération) « Histoire d'une cheminée », Le Site du « Titanic ». Consulté le 8 août 2009.