La Bretagne Classic, dénommée Bretagne Classic CIC depuis 2025, est une course cycliste française. Créée en 1931 sous le nom « Circuit international de Plouay », elle devient progressivement durant les années 1960 le « Grand Prix de Plouay » (GP Plouay) et prend son nom actuel en 2016. Sponsorisée par le journal Ouest-France en 1982, elle prend le nommage de la banque CIC en 2025.

Organisée par le comité des fêtes de Plouay, depuis son origine, puis par sa filiale Plouay Cyclisme Organisation dès 2020, l'épreuve voit son parcours débuter et finir dans cette même ville dans le Morbihan, chaque année à la fin du mois d'août. Courue depuis ses débuts sur un tracé en circuit à parcourir plusieurs fois jusqu'en 2015 inclus, son parcours est dorénavant tracé à travers la région Bretagne (d'où elle tire son nom), évoluant à chaque édition.

La classique bretonne fait partie des cinq épreuves World Tour situées en France, la seule course d'un jour avec Paris-Roubaix ; c'est également la seule à ne pas être organisée par ASO.

Histoire

Une course paroissiale

La course tire son origine par les fêtes patronales de "Saint-Ouen", organisées sur un week-end de quatre jours et sa course cycliste, créée en 1908. Sous l'impulsion du docteur René Berthy, président du comité des fêtes entre 1930 et 1932 et qui deviendra médecin du Tour de France entre 1952 et 1954, l'épreuve est créée en 1931 sous le nom de « Circuit international de Plouay », en soutien du Nouvelliste du Morbihan, titre de presse qui perçoit le cyclisme comme un bon support marketing efficace pour accroitre ses ventes tel que l'a fait L'Auto avec le Tour de France.

Dès sa première édition ayant lieu le et accueillant une cinquantaine de coureurs amateurs et professionnels, le circuit de Plouay connait un grand succès populaire qui s'est renforcé à la fin des années 1930 avec les victoires de Pierre Cogan, Jean-Marie Goasmat et Pierre Cloarec, alors grandes vedettes du sport dans la région. L'édition de 1939 est annulée quelques jours avant en raison des prémices de la seconde guerre mondiale.

Des difficultés à un nouvel élan

Les années d’après-guerre sont plus difficiles, le nombre d'engagés est en baisse en raison des critériums qui rémunèrent les coureurs. Devenu le « Grand-Prix de Plouay », dont le nom émerge à partir des années 1960., la course connait des années difficiles dans les années 1970, souffrant du déclin du nombre de participants (seulement 17 coureurs en 1975).

L'épreuve prend en 1982 l’appellation officielle « Grand Prix Ouest-France de Plouay » incluant le nom du journal Ouest-France qui parraine la course, notamment utilisée par l'Union cycliste internationale (UCI). et par l'organisation elle-même. ainsi que par divers journaux (Ouest-France, L'Équipe, etc.). Toutefois l’appellation historique « Grand Prix de Plouay » reste fréquemment celle qui est retenue dans les médias. Au cours des années 1990, le succès ne se désemplit pas et on dénombre jusqu'à autour du circuit. En 1992, suivant les recommandations de la télévision, l'épreuve délaisse le traditionnel jour du mardi pour le dimanche; la course s'internationalise et le nombre de coureurs étrangers augmente. La course est inscrite cette même année au calendrier de la première édition de la coupe de France jusqu'en 1999.

Accession au plus haut niveau et passage de la course en ligne

L'épreuve accède à l'élite mondiale du cyclisme en 2005 en obtenant le label Pro Tour, étant inscrite sans discontinuité au calendrier depuis cette date.

En 2016, les organisateurs décident de changer de nom pour prendre l'appellation Bretagne Classic Ouest-France. Cette modification de nom s'effectue également par un changement de format. L'UCI incitant à montrer davantage le patrimoine breton dans les retransmissions télévisées, la course en circuit évolue vers une course en ligne à travers la Bretagne..

En , les organisateurs annoncent l'arrêt de la course consécutivement au retrait du diffuseur France Télévisions. À la suite de cette annonce, le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian intervient auprès de France Télévisions, qui revient sur sa décision au bout de quelques jours. La Bretagne Classic est finalement maintenue.

La saison 2020 de cyclisme, connaissant des difficultés à la suite de nombreux reports et d'annulations d'épreuves dus à la pandémie de Covid-19, la classique prend place le mardi précédant le départ du Tour de France 2020. Elle est programmée la même semaine que les championnats d'Europe de cyclisme sur route, organisés également à Plouay.

Logotype

Parcours

Course en circuit

Le GP de Plouay est une épreuve qui se court depuis son origine en circuit, d'où sa première appellation, le circuit de Plouay. L'épreuve se compose d'un circuit à parcourir plusieurs fois, d'une longueur variable (jusqu'à lors des années 1970), et composé de différentes côtes. La côte du Pont-Neuf est notamment montée entre 1956 et 1975. En 1976, la côte du Lézot ( à ) est escaladée pour la première fois, elle sera juge d'arrivée dès 1983 en préparation du championnat de France de cyclisme sur route en 1984. La côte de Ty Marrec ( à ), qui deviendra célèbre dû aux nombreuses attaques les années suivantes, est ajoutée au circuit en 1989. À la suite de l'organisation des championnats du monde de cyclisme sur route en 2000 qui a lieu quelques semaines plus tard, le Grand-Prix Ouest-France 2000 emprunte le circuit Jean-Yves Perron long de . Exit l'arrivée au Lézot, le départ et l’arrivée se font dorénavant sur le bien-nommé Boulevard des championnats du monde.

vignette|droite|Le Scorff, qui longe le circuit. La côte du moulin, qui précède celle du Lézot, est remis au goût du jour lors de l'édition 2003. En 2006, le circuit est prolongé pour atteindre , dans le but de rendre le parcours plus sélectif. En conséquence, les coureurs doivent désormais escalader une nouvelle ascension, celle de Kérihuel ( à ). Pour répondre aux souhaits des diffuseurs, en 2012, l'équipe organisatrice allonge le tracé pour atteindre . Arrivés à Pont-Neuf, les coureurs longent alors le Scorff, en passant proche du moulin de Coat-Cren, l'auberge et le château de Pont-Calleck et sa chapelle Sainte-Anne. Le circuit revient vers Pont-Neuf avant d'emprunter le Minojenn du Calvaire (variante de la première partie d'ascension de la côte de Ty-Marrec), route étroite de trois mètres de large et une pente maximale de , pour rendre le circuit plus difficile. Le parcours dans le centre-ville est légèrement modifié l'année suivante pour des raisons de circulation, ne passant plus par la côte du Moulin et empruntant des rues parallèles. Lors des éditions 2014 et 2015, le tour final est celui utilisé entre 2003 et 2005.

Passage en ligne

Pour éviter le schéma traditionnel (échappée dès les premiers tours, puis reprise dans les derniers tours, suivi d'attaques ou d'un sprint), casser la monotonie de la course, ainsi que de répondre favorablement à une demande de l'UCI concernant les images pour la diffusion internationale, les organisateurs décident à la suite de l'édition 2015 d'innover ; le parcours empruntera dorénavant un tracé à travers la région Bretagne, tout en gardant un tour de circuit traditionnel. Dès 2016, l'itinéraire de la nouvelle nommée Bretagne Classic emprunte les routes du Morbihan, des Côtes-d'Armor et du Finistère, avec un passage par les monts d'Arrée, sur une distance de avant de finir par un tour du circuit Jean-Yves Perron de . L'année suivante, le parcours voit une double ascension de la côte de Mûr-de-Bretagne. La côte de Cadoudal à Plumelec, escaladée à deux reprises, le golfe du Morbihan, ainsi qu'un passage à Vannes sont au programme en 2018 avec la présence d'un ribin (traduction chemin en breton), qui s'avèrera décisif. Le circuit final est légèrement modifié : la côte du Moulin fait son retour alors que la côte du bois de Kerlucas est attaqué par les coureurs d'un autre angle. L'édition suivante voit la course prendre direction du Finistère jusqu’à la presqu'île de Crozon, avec un passage sur le pont de Térénez et deux secteurs empierrés proches de Saint-Goazec. Le tour final revient à la boucle traditionnelle.

En 2020, après un passage une nouvelle fois par Mûr de Bretagne puis à Saint-Brieuc, préfecture des Côtes-d'Armor, et à Yffiniac, patrie de Bernard Hinault, la classique finit par un tour de circuit des épreuves en ligne des championnats d'Europe qui ont lieu la même semaine, long de . L'ascension de Ty-Marrec est supprimée du parcours, une première depuis trente ans, et deux côtes la remplacent, la montée de Lann Payot ( à ) et la côte du Pont-Neuf, dit aussi Restergal, ( à ), qui fait office de juge de paix. En 2022, après un parcours en ligne intégralement dans le Morbihan et le passage par deux secteurs gravel, le circuit final change une nouvelle fois. Exit la côte du Pont-Neuf remplacée par celle de Rostervel, toujours accompagné par l'ascension du Lézot et celle de Kerscoulic.

En 2026, l'équipe d'organisation décide du retour de Ty-Marrec dans le circuit final long de 16 km, qui est à parcourir à trois reprises.

Edition Départements traversés Tracé en ligne Circuit Total D+ 2016 Côtes-d'Armor, Finistère, Morbihan 2017 Côtes-d'Armor, Morbihan 2018 Morbihan 2019 Finistère, Morbihan 2020 Côtes-d'Armor, Morbihan 2021 Finistère, Morbihan 2022 Morbihan 2023 Côtes-d'Armor, Finistère, Morbihan 2024 Côtes-d'Armor, Finistère, Morbihan 2025 Finistère, Morbihan 2026 Côtes-d'Armor, Morbihan (x3)

Palmarès

| colspan=4 align=center| Circuit international de Plouay puis Grand-Prix de Plouay |- |style="text-align:center;"| 1931 | François Favé | Pierre Le Doaré | André Godinat |- |style="text-align:center;"| 1932 | Philippe Bono | Paul Le Drogo | Ferdinand Le Drogo |- |style="text-align:center;"| 1933 | Philippe Bono | Raymond Louviot | Julien Grujon |- |style="text-align:center;"| 1934 | Lucien Tulot | Jean Keriel | René Durin |- |style="text-align:center;"| 1935 | Jean Le Dilly | Emile Le Gallo | Raymond Drouet |- |style="text-align:center;"| 1936 | Pierre Cogan | François Lucas | Jean Le Dilly |- |style="text-align:center;"| 1937 | Jean-Marie Goasmat | Robert Oubron | Amédée Fournier |- |style="text-align:center;"| 1938 | Pierre Cloarec | Robert Tanneveau | Jean-Marie Goasmat

| colspan=3 align="center"|Non disputé à cause de la Seconde Guerre mondiale |- |style="text-align:center;"| 1945 | Éloi Tassin | Christophe Taeron | François Gouyette |- |style="text-align:center;"| 1946 | Ange Le Strat | Roger Chupin | Pierre Cogan |- |style="text-align:center;"| 1947 | Raymond Louviot | Albert Bourlon | Roger Chupin |- |style="text-align:center;"| 1948 | Éloi Tassin | Francis Chretien | Raymond Louviot |- |style="text-align:center;"| 1949 | Amand Audaire | Guy Butteux | René Haugustaine |- |style="text-align:center;"| 1950 | Amand Audaire | André Ruffet | Germain Mercier |- |style="text-align:center;"| 1951 | Émile Guérinel | Guy Butteux | Jean Erussard |- |style="text-align:center;"| 1952 | Émile Guérinel | François Mahé | Jean Bobet |- |style="text-align:center;"| 1953 | Serge Blusson | Louis Gillet | Raymond Scardin |- |style="text-align:center;"| 1954 | Ugo Anzile | Jean Le Guilly | Jean Cadras |- |style="text-align:center;"| 1955 | Jean-Jacques Petitjean | Jacques Dupont | Joseph Le Cadet |- |style="text-align:center;"| 1956 | Valentin Huot | René Fournier | Joseph Morvan |- |style="text-align:center;"| 1957 | Isaac Vitré | Joseph Morvan | Joseph Groussard |- |style="text-align:center;"| 1958 | Jean Gainche | André Ruffet | Fernand Picot et Joseph Thomin |- |style="text-align:center;"| 1959 | Emmanuel Crenn | Jean Gainche | Félix Le Buhotel |- |style="text-align:center;"| 1960 | Hubert Ferrer | André Foucher | Joseph Velly |- |style="text-align:center;"| 1961 | Fernand Picot | Émile Le Bigaut | Max Bleneau |- |style="text-align:center;"| 1962 | Jean Gainche | Georges Groussard | Joseph Morvan |- |style="text-align:center;"| 1963