L'Autorité environnementale (Ae) (anciennement dénommée en France « autorité de l'État compétente en matière d'environnement » dans les textes réglementaires.) est une entité indépendanteBadré, M. (2009). Évaluation environnementale, autorité environnementale, des objets juridiques nouveaux ? Revue Droit de l'environnement, (173), 13-17., chargée de l'évaluation environnementale et récemment établie dans divers pays (dont la France et les autres États membres de l'Union européenne, mais également dans d'autres régions du monde, telles que l'Australie). En Europe, . : « AE Ministre », au service du ministre chargé de l’environnement, c'est l'autorité environnementale pour les projets portés par les ministères autres que le sien (ou leurs établissements publics), elle est portée par le Commissariat général au développement durable (CGDD) ; « Ae nationale », présidée par un Inspecteur général et constituée de membres de l’Inspection générale à l’environnement et au développement durable (IGEDD) et de membres associés, avec l’appui d’une équipe permanente ; les vingt « missions régionales d’autorité environnementale » (ou « MRAe »), présidées par un Inspecteur général, constituées de membres de l’IGEDD et de membres associés ; appuyées par les pôles des DREAL chargés de l’évaluation environnementale, exerçant à ce titre sous l’autorité fonctionnelle des présidents de MRAe.

. Elle veille à la juste compensation du dommage environnementalBas, A., Gastineau, P., Hay, J., & Levrel, H. (2013). Méthodes d'équivalence et compensation du dommage environnemental. Revue d'économie politique, 123(1), 127-157.. Elle peut aussi répondre à des « demandes de cadrage préalable » (demande encore rares en France : 8 en 2023)..

Références réglementaires En France la fonction d'Autorité environnementale est exercée, selon les cas, par : la formation d'autorité environnementale de l'inspection générale de l'environnement et du développement durable (IGEDD) du ministère chargé de l'environnement (présidée par Philippe Ledenvic de 2014 au ) ; les « Missions régionales d'autorité environnementale » (MRAe présidée chacune par un membre de l'IGEDD). L'Autorité environnementale du CGEDD (dénomination de l'IGEDD avant 2022.) a été créée à l'été 2009, conformément au droit européen de l'environnement, qui prescrit à chaque État membre d'instituer une autorité environnementale indépendante (voir ses rapports annuels depuis 2009)CGEDD Rapports annuels de l'Autorité environnementale. Sa mise en place a été assurée par Michel Badré qui l'a présidé de 2009 à 2014. Les missions régionales d'autorité environnementale (sous le sigle MRAe) ont quant à elles été créées en et ont repris une partie des missions d'autorité environnementale antérieurement confiées aux préfets de région.

L'Autorité environnementale chargée d'émettre un avis sur l'évaluation environnementale des plans et programmes diffère de celle chargée d'un avis sur les projets du fait des transpositions réglementaires différentes. Elle publie un rapport annuel sur son activitéAutorité environnementale (2010). Rapport annuel de l'Autorité Environnementale. Rapport, Conseil général de l'Environnement et du Développement durable..

Pour les plans et programmes Pour les plans et programmes, la notion d'Autorité environnementale a été introduite par la directive 2001/42/CE du Parlement européen et du Conseil du relative à l'évaluation des incidences de certains plans et programmes sur l'environnement. L'Autorité environnementale correspondante a été désignée par des décrets de 2005 et 2012 qui correspondent aux contenus des articles R. 121-15 du code de l'urbanisme et R.122-19 du code de l'environnement.

Pour les plans et programmes à caractère national, l'Autorité environnementale est le ministère chargé de l'environnement ou l'inspection générale de l'environnement et du développement durable (IGEDD). Quant aux plans et programmes à caractère local (SCoT, PLU, PDU, Sraddet, SAGE, etc.), ils relèvent depuis d'une « Mission régionale d'autorité environnementale » ou « MRAe ». de l'IGEDD. Auparavant, les avis étaient donnés par les préfets, autorité prenant aussi les décisions. L'indépendance de l'Ae avait été demandée par les ONG (dont FNE) et la Commission européenne..

Pour chaque plan et documents devant être soumis à évaluation environnementale, une autorité environnementale est désignée par la réglementation. Elle donne un avis (mis à disposition du maître d'ouvrage et du public), qui ne Avis délibéré n°2018-42 de l'Autorité environnementale, adopté lors de la séance du 11 juillet 2018 (voir encart page 2)..

Pour les projets Pour les « projets », la notion d'Autorité environnementale a été introduite par la Directive 85/337/CEE du concernant l'évaluation des incidences de certains projets (publics ou privés) sur l'environnement. Après plusieurs recours en manquement à la directive de 1985, perdus par la France, ce n'est que tardivement, par le décret du relatif à l'autorité administrative de l'État compétente en matière d'environnement, que l'État français a achevé sa transposition en droit français.

Pour les projets à caractère national, l'Autorité environnementale désignée est le ministre chargé de l'environnement ou l'inspection générale de l'environnement et du développement durable (IGEDD). Pour les projets locaux, l'Autorité environnementale est le préfet de région qui s'appuie sur la Dreal et éventuellement sur un conseil scientifique et d'autres groupes d'experts. Cette dernière pratique a toutefois été jugée non conforme aux règles du droit européen par un arrêt du , arrêt qui a également abrogé les dispositions du code de l'environnement désignant le préfet de région comme autorité environnementale pour les "projets". Les missions régionales d'autorité environnementale ont été chargées de reprendre ces missions. L'ensemble des dispositions modificatives du code de l'environnement entérinant ce transfert devaient être publiées au début de l'année 2019.

Pour mieux , la Directive sur les incidences environnementales de certains projets publics ou privés, notamment dans les contextes transfrontaliersDirective 2011/92/UE du Parlement européen et du Conseil du 13 décembre 2011 concernant l'évaluation des incidences de certains projets publics et privés sur l'environnement (Texte du 13/12/2011), paru au Journal Officiel le 28/01/2012. a été modifiée en 2014. Les États ont 3 ans pour la transcrire dans leur droit nationalActu-Environnement (2014) La directive sur les incidences environnementales de certains projets publics ou privés a été modifiée, brève du 15 avril 2014..

Les projets concernés sont tous ceux qui donnent lieu à étude d'impactcf. Décret du 29 décembre 2011., qui en France est obligatoire dans un certain nombre de cas précisés par la loi ou pour des travaux dépassant une certaine somme.

Cadre juridique Dans l'UE, le cadre législatif de l'évaluation environnementale est créé par deux directives clés de l'Union européenne, transposées dans le droit national. : la Directive 2014/52/UE du modifiant la Directive 11/92/UE concernant l'évaluation des incidences de certains projets publics et privés sur l'environnement (Directive EIE) : la Directive 2001/42/CE du relative à l'évaluation des incidences de certains plans et programmes sur l'environnement (Directive SEA). Ces directives ont été adoptées dans le but de promouvoir un développement durable en intégrant les considérations environnementales dans les processus de planification et de prise de décision.

Missions L'Ae permet de disposer d'un avis circonstancié d'une instance désignée et qui se veut indépendante du maître d'ouvrage.

Cette instance donne en effet des avis qui portent sur les évaluations des impacts des projets et programmes sur l'environnement ; ces avis sont rendus publics sur le site internet de l'Autorité ; les juges ..

Cette autorité environnementale intervient à deux niveaux : elle joue un rôle de conseil auprès des maîtres d'ouvrage ou responsables de plans, programmes ou projets qui sont soumis à évaluation environnementale. Ces maîtres d'ouvrage ou responsables ont la faculté de saisir l'Ae pour obtenir un cadrage préalable sur le niveau de précision qui est attendu de cette évaluation environnementale ; elle donne ensuite, lorsque le projet, plan ou programme est arrêté, un avis sur la qualité de l'évaluation des incidences sur l'environnement et sur les mesures visant à éviter, atténuer ou compenser leurs impacts sur l'environnement.

Cet avis doit être établi dans un délai de 3 mois (2 mois dans certains cas) ; il est publié sur le site internet de l'Ae. Il doit également figurer dans le dossier d'enquête publique du projet, plan ou programme.

Organisation La DREAL prépare pour le compte du préfet de département ou du préfet de région le cadrage préalable et l'avis de l'Autorité environnementale pour les plans, programmes et projets à caractère local.

L'IGEDD traite en tant qu'Autorité environnementale des plans, programmes et projets à caractère national et pour lesquels le ministre chargé de l'Écologie ne peut jouer son rôle d'Autorité environnementale car il est impliqué dans la décision. On peut citer par exemple, la décision d'un tracé d'autoroute, la construction d'une ligne TGV ou d'une ligne à haute tension, mais aussi d'un projet local, dès lors qu'il dépend du Ministère de l'Écologie et qu'il est soumis à Étude d'impact. Par exemple un rond-point de route nationale ou une ZAC sous maîtrise d'ouvrage d'un établissement public sous la tutelle du ministère.

Le Conseil général de l'environnement et du développement durable en tant qu'autorité environnementale

Gouvernance En France, la fonction d'autorité environnementale est assurée par des entités distinctes selon le type de plan, programme et projet et/ou des maîtres d'ouvrage concernés.

Au niveau national L'Autorité environnementale, présidée par Laurent MICHEL, ingénieur général des minesArrêté du 21 juillet 2023 portant nomination du président de la formation d'autorité environnementale, basée dans la Tour Séquoia (92055 La Défense Cedex), est composée de : 10 personnes issues du CGEDD 5 personnalités qualifiées externes, choisies pour leur compétence en environnement. ..

Au niveau régional Chaque Mission Régionale d'Autorité environnementale (MRAe) comporte 4 membres dont 2 permanents du CGEDD, pour 18 régions françaises soit un total en régions de 70 personnes. Sur les 18 régions françaises, Martinique et Guadeloupe sont regroupées en une seule mission et une MRAe est ajoutée pour Saint-Pierre-et-Miquelon avec seulement 2 membres.

Ces 3 niveaux d'Ae sont indépendants, mais coopèrent via un lieu de gouvernance commun dit Conférence des autorités environnementale, sous la présidence du chef de l’IGEDD.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Gouvernance Évaluation environnementale Autorité Convention d'Aarhus

Liens externes

Les rapports de conseil et d'expertise du CGEDD, avis et audits publiés

Le site du Conseil général de l'environnement et du développement durable Le site du Ministère de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire

Bibliographie . Michel Badré, « L'autorité environnementale du Conseil général de l'environnement et du développement durable », La Régulation environnementale, Paris, LGDJ, collection « Droit et Économie », 2012, p. 21-25. Anne Roué Le Gall et Michèle Legeas, « De nouvelles obligations règlementaires en France en matière d'évaluation environnementale : une opportunité à saisir pour promouvoir une approche systémique de la santé ? », Vertigo, hors-série n° 19, .

Catégorie:Organisme relevant du ministère de l'Écologie (France) Catégorie:Service d'inspection * Catégorie:Pilotage du développement durable