Fleury-sur-Orne est une commune française, située dans le département du Calvados en région Normandie, peuplée de Population municipale . (les Fleurysiens). Originellement nommée Allemagne, la commune a été rebaptisée Fleury-sur-Orne par décision du conseil municipal le 23 août 1916, validée par le conseil des ministres le 12 avril 1917, en hommage au village Fleury-devant-Douaumont situé dans le département de la Meuse, qui a été détruit en 1916 pendant la bataille de Verdun.

Géographie Localisation La commune est en plaine de Caen et est limitrophe au sud-est de Caen, son centre, autour de l'église Saint-Martin de Haute-Allemagne, est à du centre de la capitale régionaleDistance routière la plus courte selon Viamichelin.fr. Elle est desservie par la ligne T3 du tramway de Caen. vignette|centré|Carte de la commune.

Hydrographie La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par l'Orne.

L'Orne, d'une longueur de , prend sa source dans la commune d'Aunou-sur-Orne et se jette dans l'embouchure de l'Orne à Merville-Franceville-Plage, après avoir traversé .

Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : le Grand Marais ()..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique et est dans la région climatique Normandie (Cotentin, Orne), caractérisée par une pluviométrie relativement élevée () et un été frais () et venté. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet.

Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Carpiquet à à vol d'oiseau., est de , l'amplitude thermique annuelle est de 12,7 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme Typologie Au , Fleury-sur-Orne est catégorisée grand centre urbain, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Caen, une agglomération intra-départementale dont elle est une commune de la banlieue.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Caen, dont elle est une commune du pôle principalLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (60,7 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (75,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (38,2 %), zones urbanisées (27,8 %), zones agricoles hétérogènes (22,2 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (11,3 %), prairies (0,3 %), forêts (0,2 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie La commune est mentionnée sous la forme latinisée en 1077., en français Allemagnes puis Allemagne jusqu'en 1916.

Elle doit sans doute ce nom d'Allemagnes à une garnison d'Alamans de l'armée romaine préposée à la garde du gué d'Athis qui franchissait l'Orne à l'époque du Bas-Empire dans le cadre du .

Un village de l'Orne, près de Mortrée, s'appelle Almenêches, issu d'une forme *Alemanniska qui désigne également un établissement d'AlamansAlbert Dauzat et Charles Rostaing citent les toponymes de ce type à l'entrée Alamands (les) de leur ouvrage, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Librairie Guénégaud, 1989 .. La proximité dans l'espace ( à vol d'oiseau) et le temps de deux toponymes se référant aux Alamans laisse penser qu'il existe une relation entre les deux communautés, mais on ignore selon quelles modalités.

L'Orne est un fleuve côtier. C'est le deuxième plus important des cours d'eau normands, après la Seine, par sa longueur et son débit.

Histoire Préhistoire En 1817, on découvre des fossiles de teleosaurus, à l'origine de la controverse entre Georges Cuvier et Étienne Geoffroy Saint-Hilaire sur les « crocodiles de Caen »Arnaud Brignon, L'étude inachevée d'Étienne Geoffroy Saint-Hilaire sur les crocodiles fossiles (Thalattosuchia) de Normandie à la lumière de documents inédits, Annales de Paléontologie, - , juillet 2013, ..

Le site de Fleury-sur-Orne est célèbre pour ses monuments d'une longueur impressionnante Maïté Rivollat, Aline Thomas, Emmanuel Ghesquière et al., Ancient DNA gives new insights into a Norman Neolithic monumental cemetery dedicated to male elites, pnas.org, 119 (18) e2120786119, 21 avril 2022, doi.org/10.1073/pnas.2120786119 : un ensemble de tombes néolithiques a été découvert, composé d'une série de tombes monumentales de construites avec les plaques de gazon et allant de de long sur de large, entourées de fossés allant de à , et qui recelaient des hommes armés d'arc ainsi que leurs femmesFrançois Savatier, « Des tombes néolithiques monumentales à Fleury-sur-Orne », Pour la science, août 2014, . Le site comprend 32 monuments de tailles variables, contenant les sépultures de 19 individus de la période néolithique.

Le cimetière de Fleury-sur-Orne fait partie des premières manifestations funéraires monumentales en Europe et est antérieur aux sociétés mégalithiques atlantiques. Créée au cours du deuxième quart du cinquième millénaire avant notre ère, Fleury-sur-Orne est constituée de longs tumulus en terre, certains mesurant jusqu'à 300 m de long. Ces monuments appartiennent au phénomène « Passy », du nom du site éponyme. Ils font partie de la culture de Cerny qui trouve son origine dans l'Yonne et la haute vallée de la Seine vers 4700 cal. BCE au début du Néolithique moyen local. Les datations directes au radiocarbone des éléments squelettiques de 15 individus indiquent une phase d'utilisation principale de 4 600 à 4 300 cal. avant notre ère. Trois individus néolithiques datent d'après 4 000 cal. BCE, tous les trois enterrés à l'intérieur d'un monument existant. Au cours de la première moitié du quatrième millénaire avant notre ère, de nouveaux monticules de pierre ont été construits, tandis que des sépultures occasionnelles ont été ajoutées dans des périodes plus récentes (âge du bronze et antiquité classique) à l'intérieur des monuments existants.

On a également mis au jour une nécropole datant de l'âge du fer comprenant une centaine de sépultures ainsi que des enclos de pierres. Le site a livré un mobilier diversifié d'une cinquantaine d'objets (outillage, parure, serrurerie et quincaillerie)..

Moyen Âge Sur la commune, il fut trouvé un couvercle de sarcophage d'époque mérovingienne, de la seconde moitié du , marqué d'une croix. Il est conservé au musée de Normandie à Caen..

Le massacre du gué d'Athis En 1047, le jeune Guillaume, duc de Normandie (qui n'est pas encore Guillaume le Conquérant), aidé par roi des Francs, et grâce à la soumission in extremis de l'un des insurgés, Raoul Tesson fondateur de l'abbaye Saint-Étienne de Fontenay à Saint-André-sur-Orne, mit fin à la révolte des barons normands à la bataille de Val-ès-Dunes, près des villages de Chicheboville, Secqueville et Bourguébus. Peu d'informations nous sont parvenues sur cette bataille, mais il semblerait qu'il n'y ait eu ni infanterie ni archers, seuls des groupes de cavaliers se seraient affrontés de manière désordonnés.

À l'issue de ces échauffourées, les barons rebelles s'enfuirent. Ils tentèrent de franchir l'Orne au gué d'Athis entre Saint-André-sur-Orne et Fleury-sur-Orne (« entre Fontenay et Allemagnes », comme il est raconté dans le Roman de Rou en 1160) et y furent décimés. Emportés en grand nombre par le courant, les corps des chevaliers massacrés bloquèrent le moulin de Bourbillon au niveau de l'actuelle « Île enchantée ». Guillaume devint alors le maître incontesté du duché de Normandie.

Les carrières Au , le « carreau d'Allemagnes » était l'un des principaux lieux d'extraction de la pierre de Caen. L'exploitation se faisait alors à ciel ouvert. Elle servit à la construction de nombreux édifices en Normandie, comme les abbayes de Caen, ou en Angleterre, la tour de Londres.

Dans un premier temps, l'exploitation s'est faite à partir de boyaux à flanc de coteaux. Puis à partir du , on exploita les carrières souterraines ; on creusa plus profondément grâce à des puits creusés à l'est de la route d'Harcourt vers la Grâce de Dieu.

Époque contemporaine Première Guerre mondiale Le , en pleine guerre entre l'Allemagne et la France, le conseil municipal décide un remplacement du nom pour celui de Fleury, en commémoration de Fleury-devant-Douaumont, commune martyre de la Meuse intégralement détruite cette même année lors de la bataille de Verdun. Par décret du , le nom de Fleury-sur-Orne devient officielDécret du , attribuant à la commune d'Allemagne (Calvados) la dénomination de Fleury-sur-Orne, publié au Journal officiel de la République française du , dans Bulletin des lois de la République française, nouvelle série, 1917, , (lire en ligne , consulté le juillet 2015)..

Seconde Guerre mondiale Pendant la Seconde Guerre mondiale, les habitants de l'agglomération caennaise trouvèrent refuge dans ces carrières souterraines pendant les bombardements. L'activité des carrières exploitant la pierre de Caen cessa à la fin des années 1950, après la reconstruction de Caen, le béton étant alors le matériau le plus utilisé dans la construction.

Aujourd'hui, ces carrières sont fermées au public sauf pour les journées du patrimoine. Certaines sont utilisées pour la culture du champignon de ParisPour plus d'informations, notamment photographiques, voir le site de la Lithothèque de Normandie..

Libération de Fleury-sur-Orne en 1944 Durant la nuit du 18 au 19 juillet, les neuf régiments des trois brigades de la d'infanterie canadienne se préparent à libérer le Sud de Caen avec pour objectif la .