L'Armée de l'air et de l'espace (AAE) est l'une des quatre composantes des Forces armées françaises ; les autres composantes étant l'Armée de terre, la Marine nationale et la Gendarmerie nationale.
L'Armée de l'air française est la plus ancienne force aérienne au monde (l'aéronavale française a été créée en 1911). Les cinq premières escadrilles ont été créées début 1912 et dépendaient alors de l'Armée de terre française. L'Armée de l'air est devenue une armée à part entière par la loi du .
En 2023, elle compte (dont ) et servent dans ses rangs. Elle totalise de vol par an. Son budget annuel est de d'euros en 2020, soit 20 % du budget du ministère des Armées.
Elle est la force aérienne d'Europe occidentale. Elle jouit par ailleurs d'une longue expérience du combat..
Historique
vignette|Un North American T-28 Trojan aux couleurs de l'Armée de l'air française. Ces appareils furent engagés dans la lutte antiguérilla durant la guerre d'Algérie. Le "Fennec" était une version du T-28 modifiée par l'Aérospatiale (moteur plus puissant, blindage de protection, points d'emport sous voilure). vignette|Mirage IIIC de l'escadron de chasse 2/10 Seine en 1980, avec 2 réservoirs de dits "supersoniques" et armé d'un Matra R530 C EM d'entrainement (autodirecteur Electro Magnétique semi-actif; il existait aussi en version à autodirecteur Infra Rouge passif). vignette|Un Mirage F1 de l'escadron de chasse 2/30 Normandie-Niemen et un de l'escadron de chasse 3/30 Lorraine en 1986 armés de missiles d'entrainement Matra : R 550 "MAGIC" 1 en extrémité de voilure à droite (avec normalement un R 550 maquette à gauche), et un R 530 F EM en interne voilure droite (possibilité avec aussi à gauche). Depuis la fin des années 1950, la production Dassault Aviation forme l'ossature de la force de combat de l'armée de l'air française.
L'aviation militaire française naquit le , inscrivant ainsi la France comme le premier pays à s'équiper d'avions de combat. L'Air Battalion Royal Engineers est créé en 1911 ; il est l'ancêtre de la Royal Air Force (1918). Après le vote d'une loi à l'Assemblée nationale française le ., l'Aéronautique militaire faisait officiellement partie de l'Armée de terre française, aux côtés des quatre autres armes traditionnelles de cette époque : l'infanterie, la cavalerie, l'artillerie et le génie.
Lors de l'entrée dans la Première Guerre mondiale, la France dispose d'un total de (dont 8 de l'aéronautique navale) et de . À l'armistice en , sont en service.. et observateurs sont tués sur les dans le conflit, soit 31 % de pertes..
La loi du érigea l'Aéronautique militaire en « arme spéciale »., restant une force de l'Armée de terre. Elle devint une armée à part entière et indépendante par la loi du ... Ses unités sont, pour la plupart, héritières des traditions (insignes) des escadrilles de la Première Guerre mondiale où s'illustrèrent nombre d'aviateurs devenus célèbres.
Elle fut également le berceau du parachutisme militaire français, avec la mise sur pied de « l'infanterie de l'air » à compter de 1935, dont les commandos parachutistes de l'air descendent directement.
La bataille de France de 1940 et l'engagement des aviateurs français libres (FAFL) de 1940 à 1943, puis de ceux de l'armée de la libération (1943/1944) , sont également des épisodes marquants de l'histoire de l'Armée de l'air. Les sacrifices du commandant René Mouchotte , qui était avant guerre un sous-officier affecté sur la base de Cambrai-Epinoy ou, plus anonymement, du lieutenant Marcel Beau illustrent le dévouement de cette armée.
La nouvelle Armée de l'air succède le au Commandement en chef des forces aériennes d'Afrique du Nord, par une décision du Comité de libération d'Alger. Le général Bouscat est nommé au poste de chef d'état-major.
Depuis 1945, l'Armée de l'air a notamment été engagée en Indochine (1945-1954), à Suez (1956), en Algérie (1952-1962), en Mauritanie et au Tchad, dans le golfe Persique (1990-1991), en ex-Yougoslavie, en Afghanistan, au Mali et en Irak.
En 1964, l'Armée de l'air est la première équipée de l'arme nucléaire française : moyens pilotés (Dassault Mirage IV, Dassault Mirage IIIE, SEPECAT Jaguar) ou missiles sol-sol balistique stratégiques (SSBS) de la base aérienne 200 Apt-Saint-Christol du plateau d'Albion.
Depuis sa création, en 1953, la patrouille de France reste l'unité de l'Armée de l'air la plus connue du grand public français, par ses démonstrations de voltige aérienne. Depuis , elle est complétée par l'Équipe de voltige de l'Armée de l'air (EVAA) sur la base aérienne de Salon-de-Provence pour constituer les équipes de présentations de l'Armée de l'air (EPAA) qui depuis a remporté un très grand nombre de victoires dans les compétitions nationales ou mondiales. Lors des derniers championnats du monde en , les pilotes de l'EVAA ont remporté les titres champions du monde par équipe et champion du monde individuel..
En , le président Emmanuel Macron annonce vouloir la renommer « Armée de l'air et de l'espace » et créer en son sein un Commandement de l'espace.. Cette nouvelle dénomination est présentée par la ministre des Armées, Florence Parly, le à Salon-de-Provence. Le changement de dénomination officielle est effectif le .
vignette|Membres des forces aériennes américaines et françaises devant un Rafale de l'Armée de l'air française à la base aérienne de Langley de l'USAF.
Missions L'Armée de l'air reçoit principalement cinq attributions de défense. : connaissance et anticipation ; prévention ; dissuasion ; (frappes pré-stratégiques) intervention ; protection.
Organisation vignette|Exercice Garuda avec la Force aérienne indienne.
Organisation générale L'Armée de l'air et de l'espace est organisée conformément au du du de la troisième partie du code de la Défense, qui remplace le décret du .
Sous l'autorité du chef d'état-major de l'Armée de l'air et de l'espace (CEMAAE), du chef d'état-major des armées (CEMA), du ministre des Armées qui la contrôle par l'intermédiaire d'un Inspecteur général des armées (Air et Espace) (IGAAE), elle est organisée selon le schéma suivant. : l'état-major de l'Armée de l'air et de l'espace (EMAAE) est composé du chef d'état major de l'Armée de l'air et de l'espace, de l'inspecteur de l'Armée de l'air et de l'espace (IAAE), du major général de l'Armée de l'air et de l'espace (MGAAE) qui commande les directions, centres et forces de l'Armée de l'air et de l'espace, d'un sous-chef d'état-major Plans-Programme (SCPP), d'un sous-chef d'état-major Activité (SCAc), d'un sous-chef d'état-major Performance-Synthèse (SCPS), d'un Officier Général Délégué aux Relations Extérieures (OGDRE), d'un officier général Nucléaire et Sécurité (OGNS) ; les forces sous l'autorité du MGAAE sont organisées historiquement autour de trois commandements par nature de forces, le commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA), le Commandement des forces aériennes stratégiques (CFAS), le commandement territorial de l'Armée de l'air et de l'espace (CTAAE). S'y ajoute, à compter du , un quatrième grand commandement, le commandement de l'espace (CDE). Le CFAS, le CDAOA et le CDE sont subordonnés organiquement à l'EMAAE, mais pour leur emploi sont subordonnés à l'état-major des armées (EMA)..
État-major de l'Armée de l'air et de l'espace (EMAAE)
L'état-major de l'Armée de l'air et de l'espace est implanté, comme l'état-major des armées, l'état-major de l'Armée de terre et l'état-major de la Marine, sur le site de l'Hexagone Balard, plus communément appelé le « Pentagone à la française » ou « Balardgone », dans le de Paris. Il est composé d'environ , principalement officiers.
Les travaux de l'EMAAE sont dirigés par le major général de l'Armée de l'air et de l'espace (MGAAE), chargé de faire appliquer la politique générale de l'Armée de l'air et de l'espace.
Il dispose : d'un sous-chef d'état-major Plans-Programme (SCPP) chargé de conduire les études de préparation de l'avenir, du plan d'équipement, de la conception et de la conduite des programmes d'armement; d'un sous-chef d'état-major Activité (SCAc) chargé de la politique de préparation opérationnelle d'emploi et de soutien, des directives d'entraînement et d'instruction du personnel; d'un sous-chef d'état-major Performance-Synthèse (SCPS) pour la supervision des projets transverses Air, le management de l'information, le pilotage de la performance et la maîtrise des activités de l'Armée de l'air; d'un officier général délégué aux Relations extérieures (OGDRE) pour la coopération bilatérale avec les armées de l'air étrangères et le soutien aux exportations; d'un officier général Nucléaire et Sécurité (OGNS) responsable de la politique de l'Armée de l'air dans la maîtrise et la prévention des risques nucléaires, radiologiques, biologiques et chimiques (NRBC). d'un médecin adjoint Santé auprès du MGAAE, de deux commandements opérationnels (CDAOA et CFAS), d'un commandement organique (CFA), du commandement de l'espace (CDE) de la Direction des ressources humaines de l'Armée de l'air et de l'espace (DRHAAE), du Service industriel de l'aéronautique (SIAé), du Centre d'expertise aérienne militaire (CEAM), du Centre d'études stratégiques aérospatiales (CESA).
Commandements L'Armée de l'air et de l'espace répartit ses forces et moyens entre quatre commandements : deux grands commandements opérationnels (CDAOA et CFAS), un commandement organique (CFA)Depuis , les anciens commandements organiques CFA et CSFA ont été fusionnés au sein d'un commandement unique qui a repris l'appellation de CFA., un commandement de l'espace (CDE) : 2 commandements opérationnels : CDAOA, ou Commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (Base aérienne 942 Lyon-Mont Verdun), qui est responsable de la surveillance H24 de l'espace aérien national, ainsi que du suivi de toutes les opérations aériennes au décollage de la France métropolitaine ; il ne dispose pas d'aéronefs en propre ; CFAS, ou Commandement des Forces aériennes stratégiques (base aérienne 921 de Taverny), qui est responsable des avions de combat à capacité nucléaire (Rafale B armés du missile ASMP-A), ainsi que des ravitailleurs en vol (A330 MRTT PHENIX, anciennement KC-135R) ; l'ordre d'engagement nucléaire est reçu directement du président de la République, chef des armées ; 1 commandement organique, le CFA, ou commandement des forces aériennes (base aérienne 106 Bordeaux-Mérignac), qui prépare les bases aériennes (BA) et unités pour qu'elles soient prêtes à remplir les missions de dissuasion, de protection, de prévention et de projection ; le CFA est organisé en sept brigades : BAAC, ou Brigade aérienne de l'aviation de chasse, est responsable de tous les avions de combat conventionnels de défense aérienne, d'assaut et de reconnaissance (Rafale, , , Alphajet…) ; BAAP, ou Brigade aérienne d'appui et de projection, est responsable de tous les aéronefs de transport et de liaison (avions et hélicoptères : Hercules C-130, Falcon 50/900, Puma, Fennec, Cougar, TBM700…) ; BACE, ou Brigade aérienne de contrôle de l'espace, est responsable des moyens aériens (AWACS E-3F) et terrestres (radars implantés au sol, systèmes de défense sol-air et antimissile, réseaux de communication) de surveillance de l'espace aérien constituant le système de commandement et de conduite des opérations aérospatiales; la maîtrise des réseaux et des systèmes d'information relèvent depuis 2007 de la direction interarmées des réseaux d'infrastructure et des systèmes d'information (DIRISI) ; BFSA, ou Brigade des forces spéciales air rassemble : l'escadron de formation des commandos de l'air, le commando parachutiste de l'air , le commando parachutiste de l'air , l'escadron de transport 3/61 Poitou et l'escadron d'hélicoptères 1/67 Pyrénées.