Jean Prat, né le à Lourdes (Hautes-Pyrénées) et mort le à Tarbes, est un joueur de rugby à XV international français, devenu ensuite entraîneur. Il évolue durant sa carrière de joueur, de 1944 à 1959, au poste de troisième ligne aile, où il est régulièrement buteur.
Entre 1945 et 1955, il compte cinquante-et-une sélections en équipe de France, au cours desquelles il marque . Il est un des acteurs de la victoire française lors de deux Tournois des Cinq Nations (1954 et 1955), ce sont les premières victoires françaises de son histoire. Il est capitaine de l'équipe de France à seize reprises de 1953 à 1955.
Il est fidèle au Football club lourdais de 1944 à 1959. Il est champion de France en 1947-1948, 1951-1952, 1952-1953, 1955-1956, 1956-1957 et 1957-1958. Il est finaliste en 1944-1945, 1945-1946 et 1954-1955.
Il met fin à sa carrière de joueur en 1959 pour devenir entraîneur du club de Lourdes, puis le premier entraîneur officiel de l'équipe de France de 1963 à 1967.
Biographie vignette|droite|upright|alt=Pèlerinage de Lourdes en été avec vue des sanctuaires à droite, du château fort en fond et du gave de Pau.|La ville de Lourdes est étroitement associée à la carrière et à la vie de Jean Prat. Le FC Lourdes connaît son âge d'or pendant sa carrière de joueur et de dirigeant. Fils d'un cultivateur de Lourdes et d'une aubergisteJean Prat, avec la collaboration de Renaud de Laborderie, Mêlée ouverte, Calmann-Lévy, 1968, Jean Prat s'éveille très tôt au rugby à Lourdes. En 1939, avec son club, le FC Lourdes (il rencontre alors Soustons) il joue son premier match officiel avec l'équipe première, bien qu'il n'ait pas encore l'âge requis : 15 ansJean Prat, avec la collaboration de Renaud de Laborderie, Mêlée ouverte, Calmann-Lévy, 1968, 24 : "Je ne possédais pas encore de licence enregistrée à la F.F. Rugby ; je n'avais pas atteint en effet l'âge minimum légal (15 ans à l'époque) pour devenir un rugbyman en bonne et due forme.". Il en deviendra le titulaire indiscutable à , et le capitaine dès 1947. Il remporte avec son club le titre de champion de France à six reprises, en 1948, 1952, 1953, 1956, 1957 et 1958 (et finaliste en 1945, 1946 et 1955, demi-finaliste 1954), la Coupe de France en 1950 et 1951 (et finaliste en 1948), et le Challenge Yves du Manoir en 1953, 1954 et 1956 (et demi-finaliste en 1955 et 1958). Il est le capitaine indiscutable de la formation lourdaise, où évolue également son frère Maurice Prat qu'il n'hésite pas à gifler lors d'un match après avoir estimé que ce dernier avait commis une faute de jeuJean Prat, avec la collaboration de Renaud de Laborderie, Mêlée ouverte, Calmann-Lévy, 1968, p.40 : "Fou de rage, je m'avance vers Maurice, hébété, et lui donne une formidable claque. Sa faute aurait pu nous coûter très cher.".
Le statut de capitaine rassemble à cette époque les prérogatives du capitaine actuel mais aussi celles de l'entraîneur moderne. C'est Jean Prat qui fut ainsi l'une des pierres d'angle du système de jeu lourdais réputé pour son attaque. thumb|left|120px|Prat champion de France 1948. vignette|droite|upright|alt=Buste d'un homme portant le costume cravate, en noir et blanc, une deuxième personne est masquée derrière lui.|Jacques Chaban-Delmas, ici en 1969, joue avec Jean Prat en équipe nationale le 28 avril 1945. Il rejoint ensuite rapidement (le , contre l'équipe de l'armée britannique - victoire française ; la dernière rencontre officielle face à une équipe unifiée de la couronne remontant à 1940, après des années de brouille) le XV de France ( français). Avec Moga, Soro et Dauger, entre les et 1946, il est titularisé pour les quatre premiers matches de l'équipe nationale d'après-guerre: contre l'Army Rugby Union, puis l'Empire Britannique, puis le pays de Galles, et enfin contre le (de nouveau victoire française au Parc des Princes, par cette fois). Le premier match se dispute donc au Parc des Princes devant le général Marie-Pierre Kœnig alors gouverneur militaire de Paris et le tout fraîchement également promu général Jacques Chaban-Delmas. Licencié au CASG Paris, ce dernier est sélectionné (l'unique fois) pour le voyage à Richmond du , contre l'Empire Britannique (défaite ).
Prat participe à sa première tournée internationale en Argentine en 1949. Il devient ensuite capitaine du XV tricolore de 1953 à 1955 : il prend ainsi part au renouveau du rugby français après la guerre, en signant quelques performances de premier plan, comme battre pour la première fois les Anglais à Twickenham (1951). Il participe aussi à la victoire contre les à Colombes (1954) en marquant l'unique essai à trois points... En 1951, grippé, il ne participe pas au seul match perdu par l'équipe de France durant ce tournoi (face à l'Irlande - de 1947 (dès le premier match de reprise du tournoi) à 1955, ce fut son seul match de tournoi non honoré). En 1952, il devient le recordman de sélections de l'équipe de France, après Aimé Cassayet à .
Prat affichera au total (record français jusqu'en 1964, et un temps aussi recordman mondial : , un nul, ) pour seize capitanats (inscrivant , sur dix années, dont , , et . Ceci est alors un record mondial et qui le reste, pour un avant, jusqu'en 2000, où il dépassé par l'Australien John Eales.. Il fut le premier en France à remporter le Tournoi des cinq Nations à deux reprises, en 1954 (avec Galles et Angleterre) et en 1955 (avec Galles), finissant second en 1948, 1949 et 1951. Il fut aussi le meilleur réalisateur de la compétition en 1951 et 1952. Ses coéquipiers principaux en troisième ligne étaient Guy Basquet et Jean Matheu-Cambas, mais il y côtoya également ses amis de club Roger Martine (arrière) et Henri Domec. Il quitta la scène internationale quinze jours après le dernier match du tournoi 1955, alors qu'il se disputait un Grand Chelem à Colombes devant René Coty, le suivant face aux Italiens. La même année 1955, il remporta également les Jeux méditerranéens de Barcelone.
Resté fidèle au FC Lourdes durant tout son périple rugbystique, il arrête définitivement la compétition à la fin de la saison 1958-1959, après la demi-finale de championnat perdue contre le Racing club de France. Son frère Maurice Prat, bien que plus jeune de cinq années, arrête également le rugby cette année-là, alors que Jean Barthe et Pierre Lacaze partent pour le XIII. François Labazuy migre à Tarbes, et Rancoule à Toulon. L'effectif du club est chamboulé, à l'aube de son avant-dernière finale victorieuse, en 1960. Jean Prat, par ailleurs excellent skieur et cycliste (Pyrénées obligent), ainsi que redoutable coureur de fond, se consacre alors à son café lourdais, le , tout en restant directeur technique du FC Lourdes, poste auquel lui succède son frère en 1963. vignette|droite|upright|alt=Un homme en costume sourit.|Jean Gachassin est recruté par Jean Prat en 1960 pour jouer à Lourdes. Il est ensuite en équipe nationale de 1963 à 1967 sous sa direction. Il devint ensuite le sélectionneur-homme de terrain de l'équipe de France de 1963 à 1967, avec à son actif une victoire à l'extérieur contre l'Afrique du Sud en 1964 à Springs, et la victoire dans le tournoi des cinq nations 1967, l'équipe obtenant au passage le Prix Emmanuel Rodocanacchi de l'Académie des sports comme Meilleure équipe sportive française pour l'année écoulée Prix Emmanuel Rodocanachi.
En 1968, il publie avec la collaboration de Renaud de Laborderie ses souvenirs de joueurs de rugby sous le titre Mêlée ouverte.
Marié avec Christiane Labourdette, père de famille, il meurt le . à à Tarbes, des suites d'une longue maladie, alors que avant sa mort il préface encore l'ouvrage 100 ans de rugby en bleu de Richard Escot, d'une lettre-"testament" (dixit Escot) intitulée Avec l'équipe de France, on vibre toujours, datée du en page 4 de l'ouvrage, lui-même paru fin février (éds. Eurosport/Solar).
Palmarès Joueur En club Vainqueur du Championnat de France en 1948, 1952, 1953, 1956, 1957 et 1958 Vainqueur de la Coupe de France en 1950 et 1951 Vainqueur du Challenge Yves du Manoir en 1953, 1954 et 1956 Finaliste du championnat de France en 1945, 1946 et 1955 Finaliste de la coupe de France en 1948 Demi-finaliste du championnat de France en 1954 Demi-finaliste de la coupe de France en 1945 et 1947 Quart de finaliste du championnat de France en 1947 Premier match éliminatoire du championnat en 1949
En équipe nationale Jean Prat a remporté deux Tournois en 1954 et 1955. Il termine deuxième d'une édition, troisième à quatre reprises et seulement deux fois au-delà de la troisième place.
Jean Prat est l'homme des premières : première victoire (3-11) au pays de Galles en 1948, premier succès (3-11 également) en Angleterre en 1951, première victoire (3-0) à Colombes, contre les en 1954 où il marque le seul essai du match, enfin première victoire finale (partagée) dans le Tournoi cette même année.
+ Détails du parcours de Jean Pratdans le Tournoi des Cinq Nations Édition (année) Rang Résultats France Résultats Jean Prat Matches Jean Prat 1947 3 2 v, 0 n, 2 d 2 v, 0 n, 2 d 4/4 1948 3 2 v, 0 n, 2 d 2 v, 0 n, 2 d 4/4 1949 3 2 v, 0 n, 2 d 2 v, 0 n, 2 d 4/4 1950 3 1 v, 1 n, 2 d 1 v, 1 n, 2 d 4/4 1951 2 3 v, 0 n, 1 d 3 v, 0 n, 0 d 3/4 1952 4 1 v, 0 n, 3 d 1 v, 0 n, 3 d 4/4 1953 4 1 v, 0 n, 3 d 1 v, 0 n, 3 d 4/4 1954 1 3 v, 0 n, 1 d 3 v, 0 n, 1 d 4/4 1955 1 3 v, 0 n, 1 d 3 v, 0 n, 1 d 4/4 Légende : v = victoire ; n = match nul ; d = défaite.
Coupe d'Europe FIRA de rugby à XV 1952; Coupe d'Europe FIRA de rugby à XV 1954; Jeux méditerranéens de 1955 (Barcelone);
Sélectionneur Vainqueur du Tournoi des Cinq Nations en 1967
Statistiques en équipe nationale De 1945 à 1955, Jean Prat dispute 51 matches avec l'équipe de France au cours desquels il marque 144 points, neuf essais, 27 transformations, six drops et quinze pénalités. Il participe notamment à neuf Tournois des Cinq Nations de 1947 à 1955, soit 35 rencontres ; il en manque une seule à cause d'une grippe lors d'Irlande-France en 1951 et la France perd le seul match de cette édition d'un point.. Il remporte deux Tournois.
Jean Prat débute en équipe nationale à l'âge de 21 ans le et joue régulièrement jusqu'à la fin du mois d'. Il devient capitaine en 1953 et il l'est à seize reprises jusqu'à la fin de sa carrière.
Il détient alors le record du plus grand nombre de capes au niveau mondial et avec l'équipe de France (51). Le record national tient jusqu'en 1964, battu par Michel Crauste... Son total de points n'est dépassé par un autre avant qu'en 2000, par l'Australien John Eales.
Détails des matches de Jean Prat en équipe de France Année Compétition Matches Points Essais Drops 1945 Test matches 3 7 - 2 1 - 1946 Test matches 4 5 1 1 - - 1947 Cinq Nations 4 8 1 1 1 - 1948 Cinq Nations 4 6 1 - 1 - Test match 1 - - - - - 1949 Cinq Nations 4 10 - 2 2 - Test matches 2 11 1 1 1 1 1950 Cinq Nations 4 2 - 1 - - 1951 Cinq Nations 3 18 1 3 2 1 1952 Cinq Nations 4 20 2 4 2 - Test matches 2 8 - 1 2 - 1953 Cinq Nations 4 - - - - - Test match 1 5 - 1 - 1 1954 Cinq Nations 4 14 - 4 1 1 Test matches 2 21 1 6 2 - 1955 Cinq Nations 4 9 1 - - 2 Test match 1 - - - - -Totaux51144927156
Vainqueur de la Coupe d'Europe FIRA de rugby à XV 1952 Vainqueur de la Coupe d'Europe FIRA de rugby à XV 1954 Vainqueur des Jeux méditerranéens en 1955
Style Jean Prat était un compétiteur et un meneur d'hommes né. Il allait au bout de lui-même, par exemple il faudra une fracture du péroné pour le faire quitter le champ de jeu contre le pays de Galles en 1950. Il possédait également le sens de la formule. La France mène ainsi de deux petits points face au pays de Galles en 1949 à Colombes à cinq minutes du coup de sifflet final, et Prat sent bien que les Bleus commencent à flancher. Il délivre alors l'une de ses phrases qui réveillerait des morts : « Ces Britanniques vous ont emmerdés pendant cent ans, vous pouvez bien tenir cinq minutes ». Et le XV de France remporte le match.
Reconnaissances, impact médiatique et populaire