Robert Seymour ( – ) est un dessinateur humoristique et illustrateur anglais, très connu pour ses caricatures et ses illustrations des œuvres de Charles Dickens.

Biographie Environnement familial

Robert Seymour, né en 1798, dans le comté de Somerset en Angleterre, est le cadet des fils de Henry Seymour et d'Elizabeth Bishop. Peu de temps après avoir déménagé à Londres, son père meurt, laissant sa femme, deux fils et une fille dans une extrême pauvreté. Sa mère meurt en 1827, la même année du mariage de Robert Seymour avec sa cousine Jane Holmes, avec qui il aura deux enfants, Robert et Jane.

Formation artistique Après la mort de son père, Robert Seymour est apprenti menuisier chez Vaughan, rue Duke dans le quartier de Smithfield à Londres. Influencé par le peintre Joseph Severn de la Royal Academy, qu'il rencontre lors des fréquentes visites qu'il fait à son oncle Thomas Holmes de Hoxton, l'ambition de Robert, à devenir peintre professionnel s'accomplit à l'age de 24 ans quand, en 1822, la peinture d'une scène de La Jérusalem délivrée de Torquato Tasso avec plus d'une centaine de visages, qu'il a réalisée, est exposée à la Royal Academy.

Premiers succès

Premières illustrations Plus tard, il est chargé de faire l'illustration des œuvres de Shakespeare, de Milton, de Cervantes et de Wordsworth. Il effectue également d'innombrables portraits, de miniatures, de paysages, et des études sur les visages Il est possible de voir ses productions dans deux de ses carnets de croquis, visibles à Windsor, à Eaton et au musée de Victoria and Albert Museum. Après le rejet de sa deuxième demande d'admission auprès de la Royal Academy, il continue à peindre des huiles, à chercher à maîtriser la gravure sur cuivre et à illustrer des livres pour subsister.

De 1822 à 1827, Seymour produit, alors des dessins pour l'illustration de divers écrits comme la poésie, le mélodrame, les histoires d'enfants, des travaux scientifiques et topographiques. La fourniture constante d'un tel travail lui permet de vivre confortablement, de bénéficier de sa bibliothèque, de s'offrir des sorties de pêche et de tir, avec ses amis dont l'éditeur Lacey et l'illustrateur George Cruikshank. En 1827, les éditeurs de Robert Knight et Lacey font banqueroutes, lui devant une considérable somme d'argent.

Premières gravures La même année, Seymour trouve un travail régulier quand ses gravures et ses estampes sont acceptées par l'éditeur Thomas McLean. Apprenant à graver sur les plaques en acier nouvellement modelées, requérant une technique différente de la gravure sur cuivre, Seymour commence à se spécialiser dans la caricature et d'autres sujets humoristiques. En 1830, ayant maîtrisé l'art de la gravure, il s'essaye à la lithographie d'imprimés séparés et les illustrations de livres. Il est alors invité par McLean à faire la caricature d'un magazine de 1830, appelé "The Northern Looking Glass", gravé partout par l'artiste William Heath, pour lequel Seymour doit réaliser en une seule page, quatre grandes feuilles d'illustrations lithographiées, normalement dessinées sur plusieurs pages. Il le fera tous les mois jusqu'à sa mort en 1836.

Le conflit avec le Figaro En 1831, Seymour commence un travail pour un nouveau journal comique hebdomadaire appelé Figaro in London (pre-Punch), produisant 300 dessins humoristiques et des caricatures politiques pour accompagner les sujets de politiques usuels et les textes de Gilbert à Beckett. Ce travail hebdomadaire et bon marché réfléchissait l'intelligence du propriétaire et éditeur à Beckett, un ami de Charles Dickens et l'éditeur de George Cruikshank. En 1827, il s'était disputé avec Seymour sur sa parodie de travail et sur son nom de plume Shortshanks. Gilbert à Beckett, plus tard, en 1834 insulta Seymour en le remplaçant par le frère de Cruikshank comme illustrateur. Ce partenariat ne dura que quelques mois, car à Beckett souffrit d'une lourde perte financière et refusa de payer Seymour qui dû subir une cruelle campagne médiatique de calomnie de sa part amenant Seymour à démissionner. Seymour ne revint au journal seulement quand Henry Mayhew remplaça à Beckett, à la tête du magazine, comme éditeur du Figaro in London.

Illustrateur populaire et reconnu Seymour était devenu, malgré tout, un illustrateur important comme l'était George Cruikshank, l'un des plus grands artistes de l’époque de William Hogarth. Richard Phillips lui avait prédit, que s'il vivait assez longtemps, il deviendrait Président de la Royal Academy. En 1834, au plus haut de sa prospérité, Seymour se lança seul, dans une nouvelles séries de lithographies, de croquis, toutes dépeignant des expéditions d'animaux comme des chats poursuivant des Cockneys sur-équipés et sous-entraînés, des oiseaux et des porcs errant à pied et à cheval, autant d’expériences issues de ses sorties de pêche et de tir avec son ami Cruickshank.

« Les Papiers posthumes du Club de Pickwick »

Les personnages de Seymour étaient très populaires mais tous étaient de joviales sportifs ou des personnages politiques supportant des thèmes sociaux. Les petits et grands personnages qu'il développa, continuèrent leurs vies dans les illustrations des Papiers de Pickwick, le premier roman de Dickens. A cette époque, il était d'usage de publier des extraits sous forme de feuilleton dans les journaux avant de se lancer dans la publication d'un livre. Il y a cependant une polémique concernant la personne qui est intellectuellement responsable de la création des Papiers de Pickwick. Il est entendu entre la veuve de Seymour, la maison d'édition Chapman and Hall et Charles Dickens que l'idée originale initiant la commande écrite de Dickens est venue de Seymour qui avait suggéré à ses éditeurs, l'idée de créer un magazine de séries d'illustrations sportives avec des écrits courts venant supporter les dessins.

La méthode habituelle était alors, des histoires anecdotiques où le texte était directement incorporé dans l'illustration. Plus tard, à la recherche d'un cadre de travail susceptible d'accueillir à la fois les croquis, les illustrations et le texte, il développa l'idée du «Club de Nimrod» dans lequel des gens sportifs auraient toutes sortes d'aventures, très ressemblant en fait aux croquis de Seymour déjà publiés. Les croquis du projet Gutenberg, en l’occurrence, sont très révélateurs du ton engagé, du style populaire et permettent de comprendre le point de vue de Seymour.Seymour's Sketches on Project Gutenberg.

Edward Chapman de la maison d'édition convenait que le travail devait être remis en cours du mois avec les textes descriptifs de Dickens. C'était une méthode très populaire à cette époque. Cependant Charles Dickens, à 22 ans, n'était pas l'écrivain de premier choix. Ces points de différence d'opinions sont très fréquents. La veuve de Seymour soutient que Dickens avait été choisi, parce que pauvre, il ne rechignerait pas à écrire les textes des liens des croquis. Cependant une opinion fiable, celle du senior des éditeurs de la maison d'édition, révèle qu'ils n'avaient pas de temps pour terminer le travail et qu'il avait ainsi recommandé Dickens sur les bases de son récent succès, publié sous le titre Sketches, dans un format périodique mensuel par Boz : le nom de plume de Dickens à ses débuts.

Dickens avait aussi écrit les deux premiers chapitres pour que Seymour travaille dessus. D'après les faits connus, il semble logique alors que "Mr Pickwick" fut envisagé finalement figurant un homme mince et rejeté. Il fut donc redessiné sur les recommandations d'une de leurs connaissances et les écrits de Dickens retravaillés en conséquence.

Dickens est supposé avoir dit qu'il avait «fait de lui une réalité». "Mr pickwick" semble être, en fait, un amalgame d'idées de toutes ces sources et que, par conséquent, il n'est pas la création exclusive de Seymour. Toutes les caractéristiques des personnages et de leurs noms semblent appartenir à Dickens.

alors qu'il est de notoriété que la grande majorité des illustrations des Papiers de Pickwick sont le fruit de Seymour.

Il est évident que Seymour ne contrôlait plus le processus de création des Papiers de Pickwick et était en fait peu rémunéré pour quatre créations illustrées par magazine édité. Ce nombre n'inclut pas la page de reliure qui pouvait être sans cesse réutilisée. Il semble qu'il ait reçu aucun paiement pour son idée et ses droits d'auteur pour ses illustrations semblent avoir été discutés. L'illustration de la page de reliure qui était issue de la première édition du magazine, était titrée «Les Papiers posthumes du Club de Pickwick - contenant un enregistrement des pérégrinations, des voyages, des aventures et des épreuves sportives de leurs membres», édité avec des illustrations. Quelles idées sportives devaient avoir été reconnues comme une idée originale de Seymour qui n'aient pas été exploitées dans les séries du magazine. Le nom de Seymour n'apparut même pas comme nom de collaborateur. La page de reliure inclut toutes les sortes de références sur les sports dont la pêche et le tir. Elle aurait plutôt convenu aux besoins d'illustrations du "Club de Nimrod" qu'à ceux du "Club de Pickwick".

L'arrivée de Dickens Des rapports suggèrent que Dickens n'était pas engagé avant le avec une date limite de publication située au de la même année. La plage temporelle affectée à la réalisation du projet était courte compte tenu qu'il y avait de sérieux contentieux sur la manière avec laquelle serait organisé le projet après la nomination de Dickens.

Quand Dickens fut mandaté, il fit clairement observé qu'il n'était pas un homme sportif et qu'en conséquence, il ne pourrait pas écrire ce genre de saynètes. Mais il aimait l'idée du "Club de Pickwick" et écrirait quelque chose à partir duquel des illustrations pourraient être créées, renversant ainsi, l'ordre de la création. Son histoire aurait des illustrations et non l'inverse. Ce ne serait pas une série d'illustrations avec des morceaux de textes les liant tous ensemble. "Mr Winkle", le seul personnage principal réellement intéressant en sport, serait créé pour promouvoir la collaboration de Seymour mais laisserait à Dickens, l'écriture et le choix des personnages. Cet arrangement était fait pour apaiser Seymour.

« Le Club de Nimrod » Seymour avait un ensemble de dessins préliminaires pour illustrer le "Club de Nimrod". Il devait les utiliser pour promouvoir son projet auprès des éditeurs. Cette idée semblait appartenir à un projet de la période de 1834 qui, à cause de sa charge de travail, n'avait pas été mené jusqu'à son terme. Il travailla dessus jusqu'à la fin de 1835 ou début de 1836, date qui semble plus vraisemblable.

En effet, Seymour devait vendre ses anciennes illustrations pour illustrer Les Papiers de Pickwick mais la création du modèle du personnage de "Mr Pickwick" impliquait de révéler à Dickens qu'il y avait, déjà, un prototype pour lui, réalisé par Seymour.

Le modèle proposé semble avoir été un homme mince mais il fut rejeté tant par l'éditeur que par Dickens. Le mérite de la version finale du personnage aux formes arrondies fut attribué à Dickens par Edward Chapman bien que quelques semaines plus tard ils aient été amenés à choisir la silhouette initiale de Seymour. Seymour avait de plus, d'autres personnages sans trop de personnalité, gravitant autour de "Mr Pickwick", issu de sa réserve personnelle d'illustrations, présentant des détails assez génériques, ils apparaissent malgré tout dans bon nombre des séries. Ces croquis ont l'air d'être plus simples dans l'observation caricaturale alors que "Mr Pickwick" apparaît être dessiné avec des formes plus aigües avec une image visuelle impressionnante. Il semble aussi raisonnable de penser que Seymour a réussi à imposer ses anciennes illustrations pour aider à structurer les personnages.