Un corps de bâtiment est composé de sous-parties d’une nature architecturale plus ou moins fonctionnelle que l’on dénomme en architecture les membres.
Contexte culturel Après les conceptions au Moyen Âge européen de l'architecture sacréeEn reprise des éléments « feu, air, eau, terre (associée antiquement au cube géométrique) » du Cosmos antique devenu Univers par la relecture religieuse, la nature de la matière a pu être déterminante de la nature de l'édifice construit, église en pierre indestructible, habitat en bois vivant, etc., classiquement, un corps de bâtiment est composé de sous-parties, membres qui ne sont pas obligatoirement seulement distingués par l’aspect de leurs matériaux constitutifs hétérogènes.
Ils sont surtout visibles et apparents par la forme prise, qui est employée à plusieurs fins « utiles et agréables ». L'utilité portée par l'objet reste claire pour la plupart des membres : porte, fontaine, balcon… Mais de tout temps l'agrément apporté par l'objet dont la seule fonction est la décoration a pu poser problème dans la considération de ce qui est beau, en exemple celui des colonnes jumelées d'origine médiévale dans la Querelle des Anciens et des Modernes du .
Ces parties définies lors du projet sont des éléments constituant la modénature et forment donc le style reconnaissable de l'édifice, ce qui peut être primordial pour le maître d'ouvrage.
Les membres sont donc parfois plus esthétiques et porteurs de philosophie que fonctionnels dans l'étape de base de leur conception. Ils participent à ce qui est montré par l'édifice qui est un fait du droit institutionnel de la commande entre le maître d’ouvrage et le maître d’œuvre (pouvant faire l'objet d'une affaire jugée compréhensible à l'époque de réalisation de l'ouvrage par l'« état de l'art »). Ils retracent l'immatérialité contenue dans le bâtiment (religion, institution, puissance, grandeur)Dans les théories validées à la Renaissance (Leon Battista Alberti), par analogie au corps humain symétrique et la proportion mathématique de ses parties centrées sur le nombril, les membres sont rattachés au corps. Mais comme continuation de ce qui était la base de l'harmonie grecque dans l'architecture, les membres sont aussi les composants, ils sont considérés comme des « organes » (non externes) qui « organisent » l'espace.. Ils suivent des idées conductrices abstraites selon une tradition historique et respectent les bases de la mise en évidence au regard avec une mise en détail parfois poussée à l'extrême de chaque élément bâti, par exemple une fenêtre, donnant la finesse architecturale par rapport à la construction rudimentaire; Et ces arts tenus par les ouvriers évoluent dans le temps, par exemple dans l'art de la charpente, pour calculer (sans errements) un chevêtre recevant un escalier, on verra en période moderne s'établir des normes selon les essences de bois.
Suivant l'objet de la construction de l'édifice, certains de ces membres paraissent obsolètes un moment par leur attachement symbolique, ils ne sont plus utilisés dans l'architecture qui est en progrès avec la technologie de l'époque (sauf en rappel volontaire symbolique par exemple user du béton brut au , faire un rappel volontaire d'une façade en briques moulées au reproduisant l'architecture antique).
Mais s'il est clair par exemple que l'architecture qui utilise des structures gonflables et tendues ne peut que difficilement justifier fonctionnellement dans le débat public de l'usage d'éléments d'entablement de maçonnerie en couronnement, il n'en reste pas moins que la plasticité possible des formes donnée par les structures métalliques ou en béton s'accommode aussi de la méthode et du vocabulaire traditionnel architectural en prononçant ou en oubliant ses détails; comme l'ont montré en exemple au la colonne en fonte moulée détaillée d'ornements antiques, puis au le pilier cylindrique, (une pile simplifiée d'un élément coulé dans les tubes de carton—peu orné— entre deux dalles en béton), le tout accompagné du retour en grâce de la pyramide (par exemple en métal et verre au Louvre).
Ceci montre la quasi dissociation de l'expression architecturale comportant des membres d'avec l'état de la technique constructive. Depuis la RenaissanceRenaissance des valeurs de l'Antiquité avec pour vecteur, entre autres, L'Art d'édifier de Leon Battista Alberti., la mise en symboles du monde visible constitue la recherche sans chimère du Beau avec un aspect abouti dans la construction d'édifice qui englobe les autres arts. L'aspect novateur est présent comme autre caractère important. La profondeur de ce qui est proposé dispose de critères d'appréciation (méthode et analyse) jusqu'au , même si les architectures modernes fonctionnalistes ont parfois pour projet de se détourner des articles de la beauté jugée conventionnelle et de re-poser la beauté « intrinsèque » des matériaux-matières physiques et beauté intellectualisée de leur usage constituant l’ouvrage, par exemple le pavillon japonais en tubes de carton de l'expo 2000 à Hanovre par Otto Frei et Shigeru Ban« Le «Pavillon en carton » du Japon à l’Exposition universelle de Hanovre 4 mars 2015. Quelle histoire se cache derrière l'étonnante architecture du pavillon japonais lors de l'Exposition universelle de Hanovre ? En l'observant on découvre une structure originale faite de tubes en papier carton. En quelques chiffres, il s'agit d'un bâtiment sur deux étages, long de 74 mètres et constitué de 80% de papier recyclé et recyclable. » selon le Bureau International des Expositions (BIE est l’organisation intergouvernementale qui encadre et réglemente les Expositions Universelles depuis 1931), 2015, (voir en ligne, consulté le 3 février 2023). .
Toutefois, quelques radicalisations dans les démarches architecturales ont eu pour objet d'oublier les membres « trop » classiques et ont systématisé la rupture esthétique avec le patrimoine historique, par exemple le musée Phaeno de Wolfburg conçu par Zaha Hadid en 2005.
La composition en éléments d'un corps de bâtiment Les membres ont eu à l’origine pour base d’identification et de distinction entre eux l’habileté de métier nécessaire pour œuvrer sur telle ou telle partie devenue noble ou banale, composée de tel ou tel matériau précieux ou banal. À partir de la pierre et du bois travaillés, fondamentalement sont apparus les métiers rudimentaires à la portée de tous et partagés avec une autre activité (agricole) ou élaborés en savoir-faire jalousé et exclusif constituant la maçonnerie et la charpente du gros œuvre. Chacun des constituants de la bâtisse est développé séparément soit en ouvrage peu valorisé (fondation, gros du mur non appareillé, parpaings montés, gros béton coulé, poutre juste équarrie posée, etc.), soit en ouvrage fin (baie, parement de façade, escalier, charpente visible, etc.).
Par extension, ces parties membres sont aussi appelées « corps » lorsqu’elles sont assurément distinctes de la bâtisse principale et qu’elles sont elles-mêmes composées de sous-éléments, par exemple une cage d'ascenseur est un élément « autour duquel » on construit le bâtiment dans le même temps dans ses étages, sa fosse est en général plus profonde que le reste du radier, sa machinerie dépasse la toiture terrasse typique du . Ceci s’applique à toute partie conçue de façon homogène comme un tout et surtout réalisée hors-place. Au cours du temps, les éléments fins sont passés de l’art de la maçonnerie ou de la charpente à l’art d’aménager du second-œuvreVoir par exemple le potager, au départ constitué d’un massif de maçonnerie construit dans la salle où la cuisine était faite, et qui a abouti à l’aménagement de la cuisine, avec des éléments industriels rapportés après le . Ces éléments sont devenus du mobilier au .. Cela rend dans la plupart des cas l'intégration au bâti faisable par un ouvrier (ou un groupe d'ouvriers) dont le métier n'est pas celui qui a servi à la fabrication qui a été faite hors-place ou sur le chantier mais pas in-situ : le métier du grutier et du poseur en nacelle qui mettent en place les éléments de façade légère en glace n'est pas celui du menuisier ou du miroitier qui les ont fabriqué, de plus le poseur n'est pas un façadier qui pose l'enduit final sur les parties pleines.
L’unité de conception de l’ouvrage bâti se retrouve présentée dans les éléments disposés, les murs, les baies et la toiture. La combinatoire utilisée des éléments architecturaux donne le style pour le plaisir de soi et des autres et elle est modélisée afin de procurer du bien-être c'est-à-dire « être une source d'agrément, de satisfaction pour quelqu'un, être agréable à quelqu'un ».
Les membres
Sont des membres de la structure porteuse et non porteuse : les murs, constitués de leurs pans de mur (partie du mur restant contenue dans un plan vertical), le soubassement, les perrons, les , les parapets, les baies, les arcs, les voûtes, les contreforts, les piliers, les colonnes, les poutres apparentes ou non, les planchers et dalles porteuses, les cloisons, les cages d’escalier et d’ascenseur, les terrasses, les balcons, les galeries ouvertes ou couvertes, les toursUne tour comporte plusieurs étages à usage autre que de circulation entre des corps de bâtiment, ce qui la distingue d’une galerie entre corps et d’une cage d’escalier (puis d’ascenseur). Les tours sont elles-mêmes composées de sous-parties et sont formulées par un bâti distinct du reste de l’édifice comprenant leurs fondations. La hauteur de faîte est plus importante que les corps auxquels elles sont éventuellement adjointes. Elles sont dites « montant de fond » en architecture classique., la charpente de toiture dont les fermes de comble.
Sont des membres purement d’ornement : en corps renfoncés : les décrochements ornementaux en creux de murLe décrochement d’un mur est la construction d’un pan (une partie aussi bien importante que peu développée) de celui-ci situé dans un plan en retrait (arrière) ou en saillie (avant) d’au moins une vingtaine de centimètres par rapport au plan de la majeure partie du mur, il ne concerne pas forcément une simple différence d’épaisseur (allège)., les baies aveugles, les niches ; en corps dépassants : les décrochements ornementaux en saillant de mur, les pilastres, certaines colonnes engagées ou colonnes-statues, les frontons et les tympans, les tables, les ailerons, les gargouilles, les bornes, les clochetons, les obélisques, les pyramides pleines.
(N.B. Pour la clarification du texte, les corps composants des membres seront pour la suite aussi appelés « sous-parties »).
Le corps de bâtiment est « flanqué » s’il comporte des membres disposés en symétrie sur ses pans de mur latéraux. Le corps de bâtiment est « corps de passage » s’il comporte un membre (portique ancien, galerie moderne) ou une disposition de portail permettant le passage en le traversant totalement.
La travée qui s’assemble à l’horizontale à d’autres est un système suivant la verticale de combinatoire de membres dans le style défini à partir de l'architecture gréco-romaine. La travée est au départ l’aire portée ou définie par deux supports longilignes ou par quatre supports ponctuels. La travée permet la définition de niveau comme repère en hauteur en associant la structure et l'aspectVoir l'assemblage des niveaux par travée dans le pont du Gard.. La combinatoire des travées est dite « rythmée » lorsqu’elle est répétitive formellement. On obtient alors des modules assemblés en succession et en superposition. Ces modules sont composés d’un seul membre, deux membres accolés (accostés) identiques, les jumeaux, donnant le rythme binaire, trois membres identiques accolés, mais aussi un membre principal flanqué de deux membres de plus petites proportions, donnant le rythme ternaire.
L’alternance est une répétition utilisant deux modules distincts.
La travée est le départ du système de l'ossature avec remplissage.