Le comportementalisme ou béhaviorisme est un paradigme de la psychologie scientifique selon lequel le comportement observable« Béhaviorisme : Approche qui met l'accent sur l'étude du comportement observable et du rôle de l'environnement en tant que déterminant du comportement. » selon Carol Tavris et Carole Wade, Introduction à la psychologie - Les grandes perspectives, Saint-Laurent, Erpi, 1999, . est essentiellement conditionné soit par les mécanismes de réponse réflexe à un stimulus donné, soit par l'histoire des interactions de l'individu avec son environnementLe behaviorisme, ou comportementalisme : définition, sur cours-de-psychologie.fr., notamment les punitions et renforcements par le passé. L'approche comportementaliste vise à mettre au jour des relations statistiquement significatives entre les variables de l'environnement et les mesures du comportement étudié sans faire appel au psychisme comme mécanisme explicatif. Le béhaviorisme émerge à la fin du et au début du en réaction à la difficulté des courants mentalistes, subjectivistes et introspectifs à produire des énoncés scientifiques empiriquement testables. Après avoir exercé une influence très forte sur la recherche en psychologie en Amérique du Nord et en Europe, le comportementalisme, en particulier dans sa forme radicale défendue par des chercheurs comme B. F. Skinner, qui cherche à rendre compte aussi des processus mentaux selon les mêmes lois, régresse au profit d'approches cognitivistes.

Le comportementalisme trouve son application aujourd'hui dans l'analyse appliquée du comportement, ou ABA (), et plus généralement sous une forme largement transformée, dans les thérapies cognitivo-comportementales (TCC). Les méthodologies d'intervention de type ABA sont utilisées pour divers troubles mentaux et auprès des personnes avec trouble du neurodéveloppement (TND), dont l'autisme et les addictions, mais elles peuvent avoir des applications dans d'autres domaines tels que la sécurité industrielle..

Étymologie « Comportementalisme » est la traduction du terme anglais « », qui provient du mot (orthographe américaine) ou (orthographe britannique) qui signifie « comportement ». Le terme anglais est également couramment francisé en « béhaviorisme ».

Histoire du comportementalisme Travaux théoriques et expérimentaux Comportementalisme Stimulus-Réponse de Watson vignette|redresse|John Broadus Watson à Hopkins. Historiquement, le comportementalisme est apparu au début du , en réaction aux approches dites « mentalistes » qui faisaient de la psychologie une branche de la philosophie. Aux États-Unis, le concept de conscience est alors de plus en plus remis en cause. L'article de William James de 1904 « Does consciousness exist? » (« La conscience existe-t-elle ? ») pose le problème de manière explicite.

En 1913, John Broadus Watson établit les principes de base du béhaviorisme, dont il invente le nom, en affirmant, dans un article intitulé « La psychologie telle que le béhavioriste la voit » (1913). Watson, John B., , 20, . : . Watson considère que la psychologie doit faire des comportements son sujet d'étude et non pas les états mentaux. Si la psychologie veut être perçue comme une science naturelle, elle doit se limiter aux événements observables et mesurables en se débarrassant, sur le plan théorique, de toutes les interprétations qui font appel à des notions telles que la conscience et en condamnant, sur le plan méthodologique, l'usage de l'introspection « aussi peu utile à la psychologie qu'elle l'est à la chimie ou la physique ».

L'objectif de la science du comportement est pour Watson d'étudier les relations entre les stimuli (S) de l'environnement et les comportements réponses (R) qu'ils provoquent. Dans un système psychologique abouti, une réaction donnée permet de prédire le stimulus ; et un stimulus étant donné, il est possible de prédire la réponse. Cette position de principe défendue par Watson correspond à ce qu'on a appelé par la suite le « béhaviorisme méthodologique » pour le différencier des autres courants auxquels il donnera naissance.

Il fait de l'apprentissage un objet central pour l'étude du comportement, qui doit être approché uniquement sous l'angle des comportements mesurables produits en réponse à des stimuli de l'environnement. Watson était persuadé que son nouveau béhaviorisme permettrait à terme la prédiction et le contrôle du comportement. Certaines de ses affirmations extrêmes en la matière. ont été utilisées pour discréditer Watson et le béhaviorisme moderne par extension, même si ce dernier est fondamentalement différent du paradigme S-R de Watson.

Le modèle Stimulus-Réponse-Conséquence, ou comportement opérant vignette|Burrhus Skinner à Harvard en 1950. La branche expérimentale du comportementalisme naît formellement en 1938 avec la publication de l'ouvrage de Burrhus F. Skinner : The behavior of organisms (Le comportement des organismes). L'ouvrage résume les travaux menés en laboratoire entre 1930 et 1937. Il met en perspective deux types de comportements : le comportement répondant et le comportement opérant ou conditionnement opérant sur la base des observations qu'il effectue sur les animaux placés dans des dispositifs expérimentaux appelés boîtes de Skinner, au cours desquels ils apprennent par essai-erreur les actions à effectuer pour obtenir le résultat souhaité.

Le premier ensemble de données présentées par Skinner dans Le comportement des organismes est un graphe qui présente la mesure d'un changement de comportement lorsque de la nourriture est donnée à un rat qui presse un levier. Skinner note que les trois premières fois où la nourriture est donnée en lien avec le comportement, aucun effet n'est observé, mais que la quatrième fois est suivie d'une augmentation appréciable du taux d'actionnement du levier jusqu'à atteindre un maximum.

Ivan Pavlov avait mis en évidence les comportements répondants qui sont suscités par le stimulus qui les précède immédiatement. Le stimulus antécédent (la lumière vive par exemple) et le comportement qu'il suscite (la contraction de la pupille) forment une unité fonctionnelle, appelée réflexe. Les comportements répondants sont essentiellement involontaires et apparaissent dès que le stimulus de déclenchement est présenté.

Comme beaucoup d'autres psychologues de l'époque, Skinner considère que ni le comportement répondant de Pavlov, ni le paradigme S-R de Watson ne permettent d'expliquer la majorité des comportements, en particulier les comportements pour lesquels il n'y a pas de causes antérieures apparentes dans l'environnement. En comparaison du comportement réflexe, la plupart des comportements des organismes apparaissent spontanés ou volontaires. Skinner cherche dans l'environnement plus large les déterminants de comportements qui n'ont pas de causes antérieures apparentes. Avec des expériences sur les animaux, il accumule la preuve, contre-intuitive, que le comportement est moins changé par ce qui le précède que par ce qui le suit. La formulation de ce modèle est S-R-C (Stimulus - Réponse - Conséquence), aujourd'hui plus connu sous le terme de « comportement opérant » tandis que le modèle S-R de Pavlov et Watson est généralement appelé « comportement répondant ».

Contrairement à Watson qui la rejetait, Skinner s'appuie sur la loi de l'effet de Thorndike qui établit que le comportement est fonction de ses conséquences, pour développer les notions de renforcement, de façonnement, d'apprentissage programmé. Ces principes marquent une divergence profonde avec le béhaviorisme méthodologique de Watson en acceptant l'idée que des variables internes à l'individu puissent intervenir dans l'analyse du comportement.

Ce modèle de comportement opérant ne remplace pas le modèle du comportement répondant puisque le réflexe est une réalité physiologique. Il permet de mieux rendre compte de la façon dont l'environnement influe sur le comportement.

Le comportementalisme radical de Skinner En parallèle de ses travaux expérimentaux, Skinner écrit de nombreux ouvrages sur la philosophie et l'épistémologie du béhaviorisme. En 1948, Skinner publie Walden Two., une fiction explorant un monde utopique appliquant les principes du béhaviorisme. Cet ouvrage est suivi de Science et comportement humain (1953), considéré comme l'un des textes principaux de Skinner, dans lequel il réfléchit sur une possible application des principes du comportement à des domaines complexes tels que l'éducation, la psychothérapie.

L'ouvrage de Skinner About Behaviorism (1974) s'ouvre sur ces mots :

Les questions théoriques sous-jacentes de la pensée de Skinner sont. : une science du comportement est-elle possible ? peut-elle rendre compte de tous les aspects du comportement humain ? quelles peuvent être ses méthodes ? ses lois sont-elles aussi valides que les lois de la physique et la biologie ? sur quelles techniques peut-elle déboucher ?

En incorporant les processus internes, comme les pensées ou les émotions, sous la qualification d'« événements privés ». Skinner fait trois hypothèses concernant les événements privés : les pensées et sentiments sont des comportements ; le comportement qui a lieu sous la peau d'un organisme se distingue d'un événement public uniquement par son inaccessibilité ; l'événement privé est influencé par les mêmes types de variables que les événements publics.

Dans cette conception du comportementalisme, les principes de la psychologie opérante peuvent s'appliquer à tout ce qui concerne l'humain, ce qui revient à dire « tout est du comportement », y compris les événements mentaux, d'où le terme de « béhaviorisme radical ».

Le comportement verbal

En 1957, Skinner publie Verbal Behavior, dans lequel il analyse le langage comme un comportement. Celui-ci obéit selon lui aux mêmes règles que les autres comportements mais s'en distingue cependant par le fait qu'il ne peut être renforcé par l'environnement physique, mais seulement indirectement par le comportement des autres personnes.

Selon Skinner, le langage est un comportement social. Il peut être renforcé ou éteint par les interlocuteurs comme tout autre comportement. L'originalité de l'approche et son efficacité thérapeutique viennent de son approche fonctionnelle et non pas formelle du langage. La linguistique et la psycholinguistique s'intéressent à la structure du langage, son vocabulaire, sa grammaire et ses liens avec la structure du psychisme. Dans l'approche du comportement verbal au contraire, le langage est considéré comme un moyen d'obtenir ou d'éviter une conséquence à l'instar des autres comportements et également de modifier l'environnement. Si initialement l'ouvrage fut ignoré par la communauté scientifique, y compris béhavioriste, cette position a progressivement changé au cours des années 1980 et 1990..

Les théories développées dans cet ouvrage sont incorporées aux techniques ABA pour aider les personnes atteintes de TED à substituer le langage à des comportements non verbaux pour interagir avec les autres personnes..

Applications du comportementalisme Analyse appliquée du comportement

L'analyse appliquée du comportement ou (ABA) a relancé l'intérêt et la recherche dans le domaine du comportementalisme. Elle en est la continuation contemporaine et sa mise en œuvre pratique. Les travaux de Skinner sont parfois qualifiés de EBA pour (Analyse Expérimentales du Comportement) pour les distinguer de ceux de l'ABA.