Marian Teofan Dragoș Munteanu, né le , à Grădiștea (județ de Giurgiu, Roumanie), est un ethnologue et homme politique roumain.
Membre du Parti communiste roumain sous la dictature de Nicolae Ceaușescu, Marian Muntenanu milite pour les droits civils et l'instauration de la démocratie en Roumanie, en particulier lors de la Golaniade, mouvement de protestation ayant lieu en sur la place de l'Université de Bucarest.
En , il est désigné candidat du PNL aux élections municipales à Bucarest, avant de renoncer lorsque sont révélés son passé communiste et sa collaboration avec la Securitate.
Biographie
Éducation Marian Munteanu est le disciple du philosophe Petre Țuțea..
En , il devient docteur de l'université de Bucarest, avec la spécialisation d'ethnologie et de folklore., avec une thèse intitulée Le folklore de la détention - L'idée de la liberté dans la culture roumaine traditionnelle.
Activité professionnelle et scientifique En tant qu'ethnologue, Marian Munteanu effectue ses travaux de recherche dans les județe de Suceava, Neamţ, Hunedoara, Timiș et Vrancea (dans les deux derniers, en tant que membre des équipes de recherche de l'ethnologue Mihai Pop.).
Engagements militants et politiques Avant 1989 Dans les dernières années du régime de Ceaușescu, il participe à des rencontres autour du philosophe Petre Țuțea.., ancien membre de la Garde de fer, connu pour être un adversaire du régime communiste. La Securitate met Țuțea sous surveillance rapprochée et interroge les étudiants qui le fréquentent. Dans ce cadre, Marian Munteanu est amené à signer en un contrat de collaboration avec la Securitate, contre rémunération... En , il nie toutefois avoir collaboré avec la police secrète et réaffirme l'avoir combattue ..
Révolution de décembre 1989 Il est membre de l'association ..
Ligue des étudiants (1989-1991) À partir de , il est président d'honneur de l'association nationale la ligue des étudiants.
Place de l'université (1990) Il est l'initiateur et le coordinateur des manifestations des étudiants de la Place de l'Université, auxquelles il veut donner un caractère pacifique et non-violent...
Marian Munteanu promeut la non-violence comme une attitude civique dans la Roumanie post révolutionnaire...
Marian Munteanu est arrêté à le matin du et libéré dans l'après-midi. Le lendemain, il est séquestré et brutalement frappé dans l'université, par les mineurs participant à la minériade. Il est transporté à l'hôpital en état de mort cliniqueTad Szulc, Dispatches From Eastern Europe (Messages de l'Europe de l'Est) - article publié dans le National Geographic, mars 1991 ; Alin Alexandru, Témoin oculaire, Expres, 22-28 juin 1990 ; Alin Rus, Les actions des mineurs, entre manipulation politique et solidarité entre les travailleurs, Maison d’Édition Curtea Veche, Bucarest, 2007 ; Liviu Iolu, Le mineur qui a tenté de prendre la tête de Marian Munteanu - article publié dans Evenimentul Zilei, (L’Événement du Jour), le 27 juin 2005., puis il est à nouveau arrêtéLidia Popeangă, Al. Racoviceanu, Le dossier de Marian Munteanu a été contrefait par SRI - article publié dans National, , le 4 septembre 1997 ; Lidia Popeangă, Al. Racoviceanu, Le dossier de Marian Munteanu, contrefait par SRI - article publié dans Gardianul (Le Gardien), le 17 juin 2005. et détenu comme prisonnier politique dans le pénitencier de JilavaSimion Buia Jr., Arrestations, România liberă (Roumanie libre), le 20 juin 1990..
Il est libéré après deux mois de détention, à la suite de pressions nationales et internationalesAppel pour la défense de Marian Munteanu, România liberă (Roumanie libre), le août 1990 ; parmi les signataires : Eugen Ionesco, Bertrand Poirot-Delpech, Jacques Soustelle (membres de l'Académie Française), E. M. Cioran, Paul Goma, Corneliu Coposu, Ioan Alexandru, Ștefan Augustin Doinaș, Alexandru Paleologu, Horia Bernea, Sorin Dumitrescu, Monica Lovinescu et d'autres.Frank Wolf, membre du Congrès américain, La violation continuelle des droits de l’homme en Roumanie - discours sur la répression de la Place de l'Université et l'arrestation de Marian Munteanu soutenu dans le Congrès américain, le 20 juillet 1990 ; Florian Mihalcea, Amnesty International défend Marian Munteanu, Timișoara, le 14 juillet 1990..
Alliance civique (1990) En , il participe à la fondation de l'Alliance civique, dont il est élu présidentFlorin Gabriel Mărculescu, Conférence de presse de l'Alliance civique, România liberă le 18 décembre 1990.. Bientôt, cependant, étant en désaccord avec la plupart des membres du conseil d'administration, il démissionne du poste de présidentMarian Munteanu a démissionné du poste de président de l'Alliance Civique, Evenimentul le 28 décembre 1990. et quitte l'Alliance civiqueIlinca Cioculescu, Marian Munteanu démissionne de l'Alliance Civique, Cotidianul, (Le Quotidien), le 8 juin 1991.. En 1991, l'Alliance civique devient un parti politiqueEntretien avec Mona Musca, Evenimentul zilei, le 27 février 2007. et fusionne en 1998 avec le Parti national libéralSorin Roşca Stănescu, L'Alliance Civique meurt. Or a déjà trouvé la mort. Tandis qu'Ana Blandiana proteste, Ziua (Le Jour), , le 24 mai 1999. Voir aussi Marian Munteanu, Révolution et Restauration, le chapitre Vatra civică..
Mouvement pour la Roumanie (1992-1995) En 1992, Munteanu fonde l'organisation « Mouvement pour la Roumanie » (Mișcarea pentru România). D'après lui, ce mouvement entend former, à terme, un parti politique se réclamant du parti national démocrate fondé par Nicolae Iorga et Alexandru C. Cuza en 1910 et sa doctrine est inspirée des partis conservateurs français et britanniques. Il la qualifie de ou .
En 1992, le Mouvement pour la Roumanie se présente aux élections législatives
En , dans la revue du Mouvement, Mișcarea, Munteanu signe un article intitulé La lutte souterraine (Lupta subterrană) dans laquelle il préconise pour la Roumanie une transition sous forme de militarisation sectorielle.
En , il publie un communiqué dans la même revue dans lequel il conteste le nombre de juives des répressions antisémites de Roumanie, affirmant qu'il a été surestimé par les organisations juives afin de « gagner de l'argent illicite en escroquant le peuple roumain [...] avec la complicité de traîtres infiltrés dans les structures institutionnelles roumaines ». En 1995, il ajoute .
En 2016, Munteanu dément une quelconque affinité du mouvement pour la Roumanie avec la Garde de Fer, également appelé mouvement légionnaire, et affirme qu'il s'agit de rumeurs lancées à l'époque par le Front de Salut National de l'ancien président Ion Iliescu auquel il s'était fortement opposé au début des années 1990.
PUNR – Alliance nationale (2000) Munteanu développe une plate-forme politiqueMarian Munteanu, Notre mission - sauver la Roumanie, programme politique, septembre, 2000. qui proposait, parmi d’autres idées, la régénération et la revitalisation de la classe politique par la promotion de la nouvelle génération de professionnels formés après 1989, déclarant publiquement que, si le Congrès du parti accepte ce projet, il deviendra un membre de PUNR et posera sa candidature sur les listes de ce parti, avec l'intention de participer à la construction d'un nouvel édifice politiqueRoland Cătălin Pena, La Roumanie a besoin de l'énergie et la compétence de ses jeunes, Entretien avec Marian Munteanu, Ziua, , le 21 octobre 2000..
Bien que le Congrès de l’Alliance soutienne d’abord le projet de programme préparé par Marian Munteanu, la direction exclut tous les jeunes candidats des listes électorales pour les élections législatives. Dans ces conditions, Munteanu refuse l'accès au parti, retire sa candidature et ne participe pas aux électionsIon Cristoiu, Gestul exemplar al lui Marian Munteanu, (Le geste exemplaire de Marian Munteanu), - éditorial publié dans Azi (Aujourd'hui) , le 25 octobre 2000..
Alliance Nationale obtient un score électoral décevant (1 %) et se dissout, les principaux dirigeants (Valeriu TabărăValeriu Tabară est devenu membre du PD, mais il vient de démissionner du PUNR, Adevărul (La Vérité) le 2 octobre 2002, Mircea DrucRomulus Georgescu, Sergiu Rusu, Petre Roman en PNL, Mircea Druc en PDL, Evenimentul Zilei, le 11 octobre 2008., Dorin IacobM.S., Băsescu et Dorin Iacob - les négociateurs de la fusion PNR - PD, dans Les explications présidentielles ont les jambes courtes, Gândul (La pensée) le 26 novembre 2005 ; Le secrétaire exécutif du PD est pris dans les cordes, Ziua , le 4 novembre 2006. et d’autres) entrant dans le Parti Démocratique dirigé par Traian Băsescu.
Bref candidat du PNL à la mairie de Bucarest (2016) Le , Ludovic Orban, candidat du Parti national libéral aux élections municipales de juin 2016 à Bucarest retire sa candidature du fait de l'enquête menée à son encontre par la direction nationale anticorruption. Le lendemain, Marian Munteanu est désigné comme son remplaçant.
Sa candidature suscite de nombreuses critiques, venant notamment de la part d'ONG, qui lui reprochent sa sympathie pour le mouvement légionnaire, incompatible, selon elles, avec les valeurs européennes et démocratiques. La presse évoque aussi sa collaboration passée avec la Securitate. Les contestations viennent également de l'intérieur même du PNL, en particulier de l'ancien Premier ministre Petre Roman, qui lui reproche ses prises de position passées, en désaccord, selon lui, avec les valeurs libérales.
Le , moins de deux semaines après l'annonce de sa candidature, il annonce qu'il renonce à se présenter. Munteanu et la direction du PNL invoquent des tensions internes au parti. Il est alors remplacé par Cătălin Predoiu, qui devient le quatrième candidat désigné par le parti pour ces élections municipales.
Publications
Volumes, études, dialogues (sélectif) Le folklore de la détention. Les formes de la privation de liberté dans la littérature poporaniste, Étude, typologie, anthologie de textes et glossaire, Maison d’Édition Valahia, 2007-2008Iordan Datcu, Le folklore de la détention, compte rendu publié en România literarã, (« Roumanie littéraire »), , le 29 août - le 5 septembre 2008.. La poésie de la résistance, Maison d’Édition Clio, Bucarest, 1999 ; Étude critique d'histoire de la littératureThèse de licence, Faculté des Lettres, Université de Bucarest, 1991, publié à l'origine (fragments), dans le magazine Noua Revistă Română (Nouveau magazine roumain), Bucarest, 1996.. L'orthodoxie est l'avenir de l'humanité, conseils et appel adressés aux jeunes par le père Stăniloae lors d'une conversation avec Marian Munteanu, Maison d'Édition Valahia, 2000. Révolution et restauration, étude publiée dans le journal Ziua en - .
Éditions, préfaces, études (sélectif) Tache Papahagi, Anthologie aromânească (Anthologie aroumaine), Maison d'Édition Scrisul Românesc, Craiova, 2008 (préface) Nicolae Iorga, Caracterul commun al instituţiilor din Sud-Estul Europei (Le caractère commun des institutions de l'Europe du Sud-est), Maison d'Édition Valahia, Bucarest, 2008 Dionisie Fotino, Istoria Daciei (Histoire de la Dacie), Maison d’Édition Valahia, Bucarest, 2008 CERC - Cercetări Etnologice Româneşti Contemporane (Recherches Roumains Contemporaines d'Ethnologie), magazine de l'ethnologie, de 2005 à 2008 Dragoş Nicolescu, Morala medicului (Tratat de etică medicală) (La morale du médecin - Traité de l'éthique médicale), Maison d’Édition Valahia, Bucarest, 2006 Prea Fericitul Teoctist, Patriarhul românilor de pretutindeni (Sa Béatitude Théoctiste, Patriarche des Roumains de partout), Euxinus, 2005 (postface) Gavrilă Filichi, Ziua a cincisprezecea (15 Noiembrie 1987, Braşov, România. O mărturie) (Le quinzième jour, , Brasov, Roumanie, Témoignage), Lamura, Bucarest, 1994 Petre Țuțea, Între Dumnezeu şi neamul meu (Entre Dieu et mon peuple), Fondation Anastasia – Maison d’Édition Arta Grafica, Bucarest, 1992 (préface et postface)
Notes et références
Bibliographie