vignette|Peinture de David Hume, 1754. La loi de Hume, aussi appelée guillotine de Hume, est une proposition méta-éthique qui interdit l'inférence d'un « être » (is) à un « devoir-être » (ought). Ou comme le formule Raymond Boudon .

Énoncé de la loi de Hume

La réflexion originale de David Hume se situe dans le Traité de la nature humaine :

La loi de Hume a été interprétée et parfois confondue avec la réfutation par George Edward Moore de ce qu'il qualifiait de « sophisme naturaliste » dans son Principia Ethica paru en 1903. La loi de Hume semble en effet fournir un fondement théorique irréfutable pour qui est convaincu que les croyances relatives aux normes et aux valeurs réglant les conduites morales ne peuvent être objectivement fondées. Cependant, selon Raymond Boudon, l'énoncé correct de la loi de Hume est Il suffit donc dans un raisonnement visant à énoncer un principe moral que l'une des prémisses soit à l'impératif pour que la conclusion puisse être correcte. Raymond Boudon estime que la loi de Hume est mal interprétée si l'on considère qu'elle permet de tenir pour faux les jugements normatifs soutenus par des arguments relevant de croyances ou de jugements de valeur. Par exemple le théorème de Hume n'invalide pas un raisonnement aussi simple que : Selon Raymond Boudon :

La discussion de la loi de Hume a été une constante du débat philosophique du de la philosophie morale anglophone. Savoir si l'on peut passer de l'être au devoir, c'est s'interroger sur la manière dont les faits moraux surviennent sur les faits physiques (question métaphysique) et sur les règles logiques régissant le raisonnement moral (question logique). Cette interrogation est en amont de toute philosophie morale particulière et relève ainsi de ce que l'on nomme la méta-éthique et plus précisément d'une épistémologie morale.

Ce texte a dû attendre le avant d'être considéré comme une Loi. Les recherches en cours se penchant sur le sujet tendent maintenant à penser qu'il s'agit là d'une interprétation en partie anachronique.

Critiques Le philosophe écossais Alasdair MacIntyre, à plusieurs reprises, remet en cause la validité de cette loi. Dans Après la vertu, il reprend un exemple du philosophe et logicien Arthur Prior: de la proposition "il est capitaine au long cours", on peut faire l'inférence suivante : "il devrait faire tout ce que doit faire un capitaine au long cours". Ce jugement, montre-t-il, est en réalité assez courant : d'une montre qui ne donne pas l'heure exacte, on dit sans problème qu'elle est une "mauvaise montre". Maintenir la loi de Hume demande donc d'en exclure d'emblée les concepts fonctionnels, autrement dit les concepts dont la définition provient de la fonction qu'ils sont censés remplir (ainsi de la montre, qui se définit par sa fonction de donner l'heure). Pour que la loi de Hume soit valable sur le plan méta-éthique, il faut donc que l'homme ne soit pas considéré comme un concept fonctionnel : c'est ce que remet en cause MacIntyre, qui défend en cela une conception prémoderne, aristotélicienne de l'homme, qui est "doté d'une nature essentielle et d'une fonction ou but essentiel"

Annexes Références

Articles connexes Traité de la nature humaine Méta-éthique Neutralité axiologique

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