Le régiment Royal des Vaisseaux est un régiment d'infanterie du royaume de France, créé en 1638 sous le nom de régiment des Vaisseaux, devenu sous la Révolution le d'infanterie de ligne.
Création et différentes dénominations : création du régiment des Vaisseaux : devient le régiment des Vaisseaux-Richelieu de Poli, : régiment des Vaisseaux-Mazarin : régiment des Vaisseaux-Candale de Poli, : régiment des Vaisseaux-Mazarin de Poli, : régiment des Vaisseaux-Provence : renommé régiment Royal des Vaisseaux (alias Royal-Vaisseaux) : renommé d’infanterie de ligne
Colonels et mestres de camp : Henri d'Escoubleau de Sourdis† : Armand-Jean du Plessis, cardinal de Richelieu † : Jules, cardinal de Mazarin † : Louis-Charles de Nogaret de Foix, duc de Candale † 1658 : Louis de Vendôme, duc de Mercœur puis duc de Vendôme en 1665, commandant de l’Armée_de_Provence le , commandant de l’Armée_de_Lombardie le , † : Alexandre Le Bret : Louis Potier de Gesvres, marquis de Gandelusné le , mestre de camp du régiment de Gandelus le 9 août 1678, brigadier le , † : Louis, comte de Mailly brigadier le , mestre de camp général des dragons le , maréchal de camp le , † (âgé de 37 ans 5 mois) : René, marquis de Nevet : Hyacinthe de Montvalat, chevalier d'Entragues Tué durant la défense de Crémone en 1702 : Isaac Charles de La Rochefoucaud, comte de MontendreLe mars 1702 : on sut que Sa Majesté avoit donné le régiment des Vaisseaux au marquis de Montendre. Voir Mémoires du marquis de Souches sur le règne de Louis XIV tome 7.brigadier le , il est blessé à Crémone et tué à la bataille de Luzzara le . : Louis de Régnier, marquis de Guerchybaptisé le , brigadier le , maréchal de camp le , lieutenant général des armées du roi le , † : Thomas Le Gendre de Collandrebrigadier le , maréchal de camp le , † (âgé de 65 ans) : Pierre Aimé de Guiffrey, chevalier puis comte de Marcieubrigadier d’infanterie le , maréchal de camp le , lieutenant général des armées du roi le . Il est blessé à la bataille de Clausen : Claude Louis François de Régnier, comte de Guerchyné le , brigadier le , maréchal de camp le , lieutenant général des armées du roi le : Jean-Baptiste Charles Hubert Bouchard d'Esparbès de Lussan, chevalier d'AubeterrePrécédemment colonel du régiment d'Aubeterre, Jean-Baptiste Charles Hubert d'Esparbès de Lussan, chevalier d'Aubeterre est tué le , lors du siège de Bruxelles, à la Porte de Schaerbeek : Louis Henri Bouchard d'Esparbès de Lussan, comte d'Aubeterre-La-SerreIl est tué le , à la bataille de Lauffeld : François Emery de Durfort, comte de Civracbrigadier le , déclaré maréchal de camp en par brevet du : Anne Pierre, marquis de Montesquiouné le , † : Charles Pierre Hyacinthe, comte d'Ossun : Frédéric Séraphin de La Tour du Pin-Paulin, marquis de Gouvernet : Louis Joseph Marie Rogon de Carcaradec : Anselme de Sicard : François Vergès
Historique des garnisons, combats et batailles du régiment Régiment des Vaisseaux (1638-1640)
Guerre de Trente Ans Ce régiment est levé par commission du sous le nom de « régiment des Vaisseaux » et pour le service de mer, par Henri d'Escoubleau de Sourdis, archevêque de Bordeaux, l'un de ces prélats à moustaches de l'époque de Richelieu, qui réunissait à ses fonctions sacrées la charge de lieutenant général des armées navales.
À peine formé, il sert, dans le cadre de la guerre de Trente Ans sur la flotte de l'archevêque, qui était chargé de concourir avec le prince de Condé à une attaque de l'Espagne par les côtes de la Biscaye. Embarqué à La Rochelle, où, suivant toute apparence, il avait été organisé, il arriva, le , devant le port du Passage, se trouva, le 22, à la bataille navale de Gattari Map of Guéthary, 1638 (Guéthary, Aquitaine, France) 43°25ʹ22ʺN 01°36ʹ39ʺW 1638 or later., et descendit à terre pour faire le siège de Fontarabie. Rembarqué après cette opération, il participa à l'attaque de deux galions dans la rade de Laredo : 3 batteries de 6 pièces et hommes défendaient la côte. Les furent mis en fuite et les galions pillés. La le . Deux jours après, le régiment contribuait à la prise du fort Sant'Ogno. Rentré peu après à La Rochelle, le régiment passa l'hiver dans cette ville.
Le , il partit de la rade de Saint-Martin-de-Ré pour se rendre devant La Corogne. Arrivé le en vue de ce port, il se trouva le même jour à un grand combat livré à quarante-cinq vaisseaux espagnols.
Régiment des Vaisseaux-Richelieu (1640-1644)
Guerre de Trente Ans Au début de 1640, Richelieu, jaloux des succès maritimes de Henri d'Escoubleau de Sourdis l'archevêque de Bordeaux, disgracia ce prélat et le relégua à Carpentras. Il prit pour lui le régiment, qui devint alors « régiment des Vaisseaux-Richelieu », et l'envoya dans la Méditerranée. Arrivé au mois de juillet à Toulon, le régiment demeura le reste de l'année dans cette ville.
En 1641, il s'y embarque pour passer à Tarragone. Il prit part à quelques expéditions sur les côtes de Catalogne, puis il vint, en juin, contribuer à la prise d'Elne, en Roussillon.
En 1642, après la mort de Richelieu, il est réduit, par ordre du , à une compagnie franche.
Régiment des Vaisseaux-Mazarin (1644-1650)
Guerre de Trente Ans le , Jules Mazarin le rétablit pour lui, sous le nom de « régiment des Vaisseaux-Mazarin » , avec des compagnies tirées des vieux régiments, et l'organise à Perpignan, où était restée la compagnie franche de la première formation. Le régiment a constamment tenu garnison à Perpignan jusqu'à l'année 1654. Deux membres de la maison de Noailles, le comte François de Noailles et son fils le baron Anne, le commandèrent successivement en qualité de mestres de camp lieutenants, le premier du au , le second depuis cette dernière date jusqu'au . En 1648, on y incorpore le régiment du Breuil, qui tenait également garnison à Perpignan.
Régiment des Vaisseaux-Candale (1650-1658)
Guerre franco-espagnole Lorsque Mazarin, battu un instant par la Fronde, quitta le royaume, en 1650, le régiment fut donné au duc de Candale, fils du duc d'Épernon, colonel général de l'infanterie. Louis-Charles de Nogaret de Foix, duc de Candale. Sous ce nouveau chef, il prit le nom « régiment des Vaisseaux-Candale » et l'attache du colonel général. Par la suite, il eut une compagnie colonelle, un lieutenant-colonel et un drapeau blanc. Ce premier lieutenant-colonel fut Georges du Breuil, qui avait été mestre de camp du régiment incorporé en 1648. Le duc de Candale, qui possédait déjà un régiment, levé en 1649, en réunit les compagnies au régiment des Vaisseaux.
En 1654, le régiment sorti enfin de Perpignan et prit une part active aux guerres du Roussillon et de la Catalogne. Dans cette campagne, il se trouva à la prise de Villefranche, au ravitaillement de Roses et au siège de Puycerda.
En 1655, le corps est à la prise du cap de Creus, aux et de Castillon et à la .
Régiment des Vaisseaux-Mazarin (1658-1661)
Guerre franco-espagnole À la mort du duc de Candale, survenue en , le cardinal Mazarin avait repris le régiment, y avait redonné son nom, « régiment des Vaisseaux-Mazarin », et y avait établi, le de la même année, en qualité de colonel-lieutenant, Le BretIl fut d'abord capitaine dans le régiment de Piémont, puis il était passé dans celui-ci avec sa compagnie, le 10 mars 1644, et était devenu lieutenant-colonel en 1654..
En 1659, à son retour d'Espagne, il est placé dans les garnisons de la Provence.
Régiment des Vaisseaux-Provence (1661-1669)
Affaire de la garde corse - Expédition de Djidjelli A la mort du cardinal Mazarin, en 1661, l'unité prit le nom de « régiment de Vaisseaux-Provence », en raison, sans doute, de la province dans laquelle il stationnait, et dont son nouveau chef, le duc de Mercœur, était lieutenant général pour le roi.
A la fin de 1662, après la fameuse affaire du duc de Créquy à Rome, le « régiment de Vaisseaux-Provence » fut porté de 10 à 12 compagnies, et l'année suivante il passa en Italie avec le maréchal du Plessis-Praslin pour appuyer la demande de réparation que le roi Louis XIV exigeait du pape Alexandre VII. Ce démêlé s'arrangea par le traité de Pise et le régiment revint en Provence.
En 1664, le régiment fournit 8 compagnies pour l'expédition de Djidjelli. Le régiment était rentré à Toulon avant la fin de l'année .
Guerre de Dévolution En 1667, le « régiment de Vaisseaux-Provence » quitta la Provence pour se rendre à l'armée de Flandre. Il prit part aux sièges de Tournai, de Douai et de Lille, et resta en garnison à Douai. Un détachement de 250 hommes fut chargé d'escorter un convoi de bateaux, portant des munitions qui devaient descendre par la Scarpe et l'Escaut jusqu'à Tournai. Cette escorte est attaquée, à la hauteur de Saint-Amand, par des forces supérieures. Elle tint ferme, cependant, jusqu'à l'arrivée du colonel Le Bret, qui la suivait, avec de la cavalerie pour la soutenir. Après un combat fort vif, l'ennemi fut obligé de se retirer sans avoir pu enlever un seul bateau. Louis XIV , informé d'une si belle conduite, en marqua sa satisfaction à Le Bret, par une lettre qu'il eut ordre de lire au corps assemblé. Le roi y annonçait qu'en considération de ce fait d'armes et du service rendu en sauvant le convoi, il voulait être le colonel du régiment. Il lui accordait le grand état-major et ordonnait à son trésorier de compter sur-le-champ une gratification de 100 louis à chaque capitaine de l'escorte, 50 à chaque lieutenant, 3 à chaque sergent et 1 à chaque soldat. C'est ainsi que le régiment « régiment des Vaisseaux-Provence » devint « régiment Royal des Vaisseaux ».
Régiment Royal des Vaisseaux (1669-1791)
Le brevet de ce titre ne fut expédié que le , après la mort du duc de Mercoeur, qui était devenu le cardinal de Vendôme, et qui était le que le régiment compta parmi ses colonels. C'est à ce moment que les drapeaux du corps, qui présentaient un quartier aurore, un quartier rouge, un quartier vert et un quartier noir, et probablement la figure d'un vaisseau au centre de la croix, reçurent l'ornement additionnel du semis de fleurs de lis d'or qui couvrait les branches de la croix. Quant au vaisseau de guerre, flottant sur une mer verte, au centre de la croix blanche, soit qu'il date de la création du régiment des Vaisseaux en 1638, soit qu'il ait été ajouté quand le corps est devenu royal en 1669, il donne lieu à une remarque importante : chacun de ses 5 mâts porte un pavillon, les pavillons de poupe, de beaupré et de misaine sont rouges; ceux du grand mât et du mât d'artimon sont bleus : aucun n'est blanc.
Le « régiment Régiment Royal des Vaisseaux », qui avait continué d'occuper la garnison de Douai, et qui avait eu l'honneur de manœuvrer devant le roi le , fut porté, en 1671, à 70 compagnies, comme les vieux corps.
Guerre de Hollande Toutes ces compagnies prirent part à la campagne de 1672, en Hollande, et firent tous les sièges que le roi commanda en personne. Elles servirent aussi, sous le commandement du duc d'Orléans, à , et, pendant l'hiver, elles suivirent Turenne en Westphalie.
En 1673, on trouve le régiment devant Maastricht.
Au début de 1674, le régiment contribua à la conquête de la Franche-Comté, et fut ensuite dirigé sur l'armée du prince de Condé et formait brigade avec le régiment du Roi à la bataille de Seneffe durant laquelle il eut de lourdes pertes. Le régiment alla se rétablir en Lorraine, rentra bientôt en campagne, contribua à la prise de Remiremont et au succès de la journée d'Ensheim.
En , il combattit à Turckheim avec les régiments de La Marine et d'Orléans, et fut un des 4 régiments qui déterminèrent la déroute de l'ennemi, en passant audacieusement la Fecht sous un feu épouvantable. Il acheva cette campagne sur la Meuse et se trouva aux prises de Dinant, d'Huy et de Limbourg. Un de ses bataillons fut alors mis en garnison à Saint-Trond.