La collégiale Saint-Pierre de Douai est une ancienne collégiale située à Douai, qui est l'une des rares villes à avoir eu deux collégiales avec la collégiale Saint-Amé.

La collégiale Saint-Pierre, la plus longue au nord de Paris avec , fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le .

Historique

Ancienne église paroissiale érigée en collégiale sans doute en 1113Marc Antoine René de Voyer de Paulmy d' Argenson - Mélanges tirés d'une grande bibliothèque, Volume 50 - Chez Moutard, 1785 - Alire par le comte de Flandre Baudouin VIIJean Baptiste Christyn - Histoire Generale Des Pais-Bas: Contenant la Description Des XVII…, Volume 2- Foppens, 1743 - 411 pages- A lire surnommé à la Hache, elle a sous sa juridiction l'ensemble des paroisses de la rive droite de la Scarpe.

Jean Rayne, échevin de la ville en 1364 et victime d'une erreur judiciaire, fut enterré dans la chapelle Sainte-Croix par arrêt du conseil du Roi.

Le clocher est rebâti de 1513 à 1687 en style gothique, puis classique ; son couronnement est refait en 1904-1905. Le vaste édifice actuel date de 1735-1750. vignette|left|185px|Statue de N.-D. des Miracles. L'église précédente, menaçant ruine, fut interdite au culte et démolie en 1734.

La collégiale serait à l'origine une commande des membres du Parlement vers 1740 à l'initiative de son président M. Charles-Joseph de Pollinchove. L'église est en croix latine à trois nefs avec un transept arrondi aux extrémités. La chapelle axiale est coiffée d'un dôme qui date du .

Cet édifice est tout à fait remarquable pour l'harmonie qu'il inspire et s'inscrit dans le style classique, il contient de nombreux tableaux de l'école française du , un retable du début du et des sculptures en marbre des . L'ensemble du mobilier (chaire, autels, grille…) date du . Sous l'autel de la coupole, une chasse en argent doré du .

Dimensions La collégiale est la plus grande église du Nord-Pas-de-Calais et une des plus grandes au nord de Paris. Elle est plus petite que la cathédrale d'Amiens. (, de long, sous les voûtes)

Longueur totale hors œuvre120 mLongueur totale dans œuvre112 mLargeur42 mHauteur sous voûtes25 mHauteur sous voûtes de la rotonde27 mSurface totale au solVolume total

L'édifice thumb|upright=0.8|La nef. L'édifice primitif date du puis au un autre bâtiment est construit puis en 1248 Pierre Honoric bâtit la chapelle Magdeleine.

Le bâtiment actuel a pour dimensions une longueur de sur de largeur et une hauteur des voûtes à . Il a été dessiné par Antoine-Joseph Lefebvre, architecte de la ville, mais certaine source attribue les plans à Brissy, architecte à Bruxelles.

L'église est de style gothique flamand allié au classicisme des .

Base de la tour

L'édification de la tour carrée date de 1512 pour se terminer en 1686. Sur l'énorme pilier qui reçoit les arcades gothiques on lit la date de 1518 (fin de l'époque gothique flamboyant). La tour résiste au siège de Douai des années 1710 et 1712 mais la flèche prévue à la construction ne fut jamais élevée.

La tour carré était rattachée à un autre édifice qui a été remplacé par la collégiale construite de 1735 à 1750Voix du Nord du 8 août 2009. Lors de la révolution Française les six cloches de la tour sont déposées et la collégiale devient le Temple de la déesse Raison. Le voit la dégradation de la tour. Elle est donc restaurée dans sa partie supérieure en 1903 et 1904. Balustrade classique, clochetons et vases Médicis.

L'occupation allemande en 1917 enlève à nouveau les cloches qui seront à nouveau fondues au nombre de trois dans les années 1920 par les établissements Wauthy de Sin-le-Noble.

Sous la tribune

La tribune supporte les orgues monumentales.

Les orgues

L'orgue de tribune

thumb|left|150px|Les orgues de l'abbaye d'Anchin transférés en la collégiale Saint-Pierre de Douai. 1732 : construction de l'orgue pour l'abbaye d'Anchin par Cornil Cacheux d'Arras, puis Charles Dallery d'Amiens et Antoine Gilis de Valenciennes. Le buffet d'orgue représentait deux statues David et sainte-Cécile et fut sculpté en 1760. 1792 : transfert de l'orgue en la collégiale Saint-Pierre par Louis Péronard de Reims. 1807 : première restauration par Carlier père et fils de Douai. 1839 : deuxième restauration par Carlier fils de Douai. 1836 : relevage par Merklin de Paris. 1878 : relevage par Lequien de Douai. 1894 : relevage par Vandeville de Douai. 1917 : orgue victime du pillage de Douai par les troupes d'occupation allemandes avant leur départ ; les tuyaux furent démontés et les mécanismes brisés ; seul le buffet subsiste. 1920 : L'orgue Cavaillé-Coll / Mutin construit en 1910–14 pour le Conservatoire de Saint-Pétersbourg (mais jamais livré à cause du déclenchement de la Première Guerre mondiale en 1914, puis de la Révolution russe en 1917) est racheté par Douai et installé dans la Collégiale en 1922 par Charles Mutin (dans le buffet existant). Cet instrument possède quatre claviers et 69 jeux ; c'est un des derniers grands représentants du style symphonique français. 1954–57 : relevage par Jean Pascal de Lille. 2002 : classement aux Monuments historiques.

Avec ses 4400 tuyaux, cet orgue de facture romantique est l'un des plus grands et des plus beaux du nord et peut se comparer à d'autres grandes orgues de la maison Cavaillé-Coll comme celui de Saint-Sulpice à Paris, de la cathédrale de Nancy ou de Saint-Ouen à Rouen.

Les titulaires actuels de cet orgue sont Marc Carlier, Denis Tchorek et Henri Vitté.

Composition L'orgue possède 4 claviers de 61 notes et un pédalier de 32 notes. I. Grand orgueII. Récit expressifIII. Positif expressifIV. Echo expressifV. PédaleMontre 16  Bourdon 16 

Montre 8 

Bourdon 8

Flûte harmonique 8 

Violoncelle 8 

Prestant 4 

Flûte octaviante 4

Quinte 2 2/3 

Doublette 2 

Tierce 1 3/5

Plein-Jeu 4 rgs 

Bombarde 16  

Trompette 8 

Clairon 4Bourdon 16  Diapason 8 

Flûte traversière 8 

Quintaton 8

Viole de Gambe 8 

Voix céleste 8 (ut2)

Principal 4 

Flûte octaviante 4 

Octavin 2

Plein-Jeu 4-5 rgs

Basson 16 

Trompette harmonique 8

Soprano harmonique 4

Basson - Hautbois 8Quintaton 16  Principal 8 

Flûte conique 8 

Cor de nuit 8

Salicional 8 

Flûte douce 4 

Viole d'amour 4 

Nasard 2 2/3

Flageolet 2 

Tierce 1 3/5 

Trompette 8

Clarinette 8 

Voix humaine 8Bourdon 16  Montre 8 

Bourdon 8 

Flûte 8 

Salicional 8

Éoline 8 (ut2)

Quinte 5 1/3 

Viola 4 

Tierce 3 1/5 

Octave 2  

Plein-Jeu 3-4 rgs 

Bombarde 16 (ut3)

Trompette harmonique 8Principal 16 (GO)   Flûte 16

Violonbasse 16 

Soubasse 16 (GO) 

Quinte 10 2/3

Principale grande 8 

Violoncelle 8

Bourdon 8 (GO) 

Flûte 8

Principal 4 

Flûte 4 

Tuba 16

Trompette 8

Clairon 4 Il est équipé d'un système de transmission mécanique avec 4 machines Barker (système à dépression), de sommiers à registres avec un appel des jeux pneumatiques, 4 tirasses, 7 accouplements à l'unisson, 1 accouplement à l'octave aiguë, 1 accouplement à l'octave grave, trémolos Récit et Positif, de 4 combinaisons ajustables mécaniques à effet visible (système Veerkamp-Mutin), un Appel Flûte 16 Pédale et 4 appels d'Anches.

L'orgue de chœur vignette|390px|L'orgue de chœur. L'orgue de chœur de la Collégiale Saint-Pierre a été construit en 1856 par la Maison Merklin de Paris. Le buffet en chêne a été construit par les établissements Buisine de Lille et porte les lettres S et P pour Saint Pierre. Restauré en 1952 par Jean Pascal, l'instrument très robuste, possède un excellent matériel et une harmonisation ample et généreuse sans être forcée. Il est constitué de 11 jeux, d'un seul clavier de 54 notes et d'un pédalier de 30 notes pour environ 570 tuyaux.

Composition de l'orgue I. Grand orgueII. PédaleBourdon 16 Bourdon 8

Montre 8

Salicional 8

Prestant 4

Doublette 2

Plein-Jeu 3 rgs

Basson 8 (basses)

Hautbois 8 (dessus)

Trompette 8Soubasse 16

Le mémorial et le reliquaire

À gauche de l'entrée principale, sous la tour, existe un mémorial et un reliquaire de Saint John Southworth rappelant que pendant 125 ans Douai offrit refuge aux catholiques anglais qui avaient fui les persécutions d'Henri VIII et d’Élisabeth.

Monument commémoratif de l'université de Douai thumb|left|150px|Monument commémoratif de l'université de Douai. Peu de temps après le transfert de suzeraineté sur le comté de Flandre du Royaume de France à l'Empire, une bulle papale autorisa la création de la première université de Douai en 1559. D'autres sources attribuent à Philippe II d'Espagne, roi d'Espagne et des Pays-Bas l'autorisation de la fondation de cette université (facultés de théologie, de droit et de médecine).

Celle-ci ouvre ses portes en 1562 et comprend cinq facultés.

L'université compta jusqu’à huit collèges, dix-huit refuges d’abbayes et vingt-deux séminaires, associés aux facultés des arts, théologie, droit canon et droit civil, médecine. La renommée de l'université attira de nombreux professeurs et étudiants français et flamands, mais aussi anglais, écossais et irlandais. .

Transept de gauche

L'autel de marbre et les chandeliers proviennent de l'Abbaye de Marchiennes (bas-relief de marbre par Pierre Schleiff de Valenciennes (1689)). La toile centrale est attribuée à Lagrenée (1760) et représente la Résurrection accompagnée de chaque côté de deux tableaux de l'Abbaye d'Anchin, l'un de Jean Berthelemy (1870) le Martyre de Saint-Pierre et l'autre de Jean Bardin (1770) le Martyre de Saint-André.

Trois mausolées y sont présents, celui d'Antoine-Joseph Mellez, d'Édouard-Nicolas-Joseph Deforest de Lewarde par M. FacheAdolphe Laurent Joanne - Itinéraire général de la France: le Nord - alir et celui du président du Parlement de Flandres M. Charles-Joseph de Pollinchove, sculpté par Christophe-Gabriel Allegrain.

Chapelle de Notre-Dame des Miracles thumb|La chapelle. En 1523 démarre sa construction dans le cimetière de l'ancienne égliseStatistique archéologique du département du Nord, Volume 2 - Quarré, 1867 - A lire.

Le déambulatoire nous amène au dôme après le chemin de croix de Jean-Paul Blanc, prix de Rome de 1867 et le médaillon du Chanoine Joleaud par Houssin.

La statue de la Madone est du , au-dessus les guirlandes de feuillage sont de Nicolas Brenet (1768) enfin 6 tableaux agrémentent la chapelle et son vestibule.

La statue de la madone se trouve rue Saint-Christophe dans une niche extérieure d'une église démolie en 1734. vignette|Chef de Ste Marguerite d'Écosse. Le , le chef de sainte Marguerite d'Écosse est reçu et déposé dans l'autel privilégié de la chapelle..

Chapelle Saint-Laurent

Dans la chapelle de Saint-Laurent sont présents un buste de Saint-Roch et la résurrection de Lazare de Abraham Janssens (1567-1632).

Maître-autel

Le maître-autel est du (style Louis XV) avec de chaque côté une statue de plâtre de Théophile Bra (1797-1863) représentant saint Pierre et saint Paul.

Transept de droite

Dans le transept droit un calvaire venant de l'Abbaye de Flines et six panneaux de marbre blanc de l'abbaye de Saint-Amand dus à SchleiffBase Mémoire Ministère de la Culture (NUMP) MH0010696.

L'autel vient de l'abbaye de Marchiennes avec en bas-relief l'évanouissement de la Vierge. Au-dessus de Jean-Baptiste Deshays de Colleville le Mariage de la Vierge et de Saint-Joseph posé en 1763. De chaque côté de François-Guillaume Ménageot (1779) La justification de la chaste Suzanne et la Peste de Jérusalem qui proviennent de l'abbaye d'Anchin.

Dans la partie droite deux tableaux de Serin l' Investiture de Saint-Maurand et la Mort de Saint-Vaast provenant de l'ancien collège des bénédictins Anglais. vignette|283x283px|Reliquaire de l'arcade soucillière de S. Jacques le Majeur.

Relique de Jacques dit le Majeur