Caterine Ibargüen Mena, née le à Apartadó, est une athlète colombienne spécialiste du triple saut, du saut en longueur et du saut en hauteur.

Double championne du monde du triple saut en 2013 à Moscou et en 2015 à Pékin, elle devient championne olympique en 2016 à Rio de Janeiro. Elle est la seule sportive de Colombie à avoir remporté un titre mondial et un titre olympique en athlétisme.

Depuis 2011, elle détient le record d'Amérique du Sud de la spécialité, qu'elle porte à 15,31 m le 18 juillet 2014 à Monaco, pour devenir la cinquième meilleure performeuse de l'histoire.

Sa carrière fait d'elle l'une des personnalités les plus appréciées en Colombie, où elle est considérée comme une idole.

Biographie

Enfance et débuts en athlétisme Caterine Ibargüen Mena naît le 12 février 1984 à Apartadó, dans le département Antioquia, de William Ibargüen Rivas et Francisca Mena. Au divorce de ses parents, son père quitte la Colombie pour le Venezuela, et sa mère travaille en tant que cuisinière dans les mines d'or d'Antioquia. Elle est élevée par sa grand-mère, Ayola Rivas. Elle découvre l'athlétisme à l'âge de 12 ans, et déménage rapidement à Medellín pour s'entraîner au Villa Deportiva, un centre de haute performance, à l'âge de 16 ans. Elle y est entraînée par le Cubain Jorge Luis Alfaro, ancien sauteur en hauteur qui détient un record à 2,28 m dans la discipline, et médaillé de bronze aux Jeux panaméricains de 1983.

Entre 1999 et 2002, la jeune colombienne décroche diverses médailles aux compétitions régionales juniores et séniores, notamment la médaille de bronze du saut en hauteur aux championnats d'Amérique du Sud 1999. En 2002, elle établit un record national junior au triple saut avec 13,38 m malgré un fort vent défavorable (- 1,8 m/s), ce qui lui permet de se qualifier pour l'épreuve aux championnats du monde juniors de Kingston. Néanmoins, à ces mondiaux, elle ne passe pas le cap des qualifications (12,69 m).

Le 27 juin 2004, à Barquisimeto, Ibargüen améliore son record du saut en hauteur en effaçant une barre à 1,91 m, lui permettant de réaliser les minimas pour les Jeux olympiques d'Athènes. Tout juste âgée de 20 ans, elle participe ainsi le aux qualifications du saut en hauteur des Jeux, mais ne passe pas le stade des qualifications (1,85 m, moins bon résultat de sa saison). L'année suivante, elle confirme son potentiel à la hauteur et remporte le titre aux championnats d'Amérique du Sud à Cali, à domicile, en améliorant de deux centimètres son record de Colombie, 1,93 m. Elle remporte également les médailles de bronze du saut en longueur et du triple saut. Aux championnats du monde d'Helsinki, elle ne franchit qu'1,84 m et n'atteint pas la finale mondiale. En , elle réalise sa première (et unique) compétition en salle de sa carrière; les championnats du monde en salle de Moscou, mais ne réalise qu'1,81 m (dernière place).

Abandon de la hauteur pour le triple saut (2009) gauche|vignette|275x275px|Caterine Ibargüen en 2012.|alt= Si Caterine Ibargüen continue de remporter une multitude de médailles au niveau régional entre 2006 et 2008, que ce soit en hauteur, longueur ou au triple saut, la Colombienne échoue à se qualifier pour les Jeux olympiques de Pékin. Cet échec la pousse à quitter la Colombie pour vivre à Porto Rico et s'inscrire à l'Université Métropolitaine de San Juan. Elle décide alors de laisser le saut en hauteur pour le triple saut et l'heptathlon, s'entraînant désormais avec Ubaldo Duany, ancien sauteur en longueur cubain ayant un record à 8,32 m.

Elle participe tout de même en aux championnats du monde de Berlin sur l'épreuve du saut en hauteur, mais échoue à nouveau en qualifications (1,85 m). À l'heptathlon, elle totalise 5 472 points à San Germán le . Au triple saut, la Colombienne porte le record national à 13,88 m (+ 0,7 m/s) le , puis à 13,93 m les 7 et , et à 13,96 m le à l'occasion des Jeux bolivariens, où elle gagne la médaille d'argent.

Le 16 mai 2010, aux championnats nationaux, Caterine Ibargüen franchit pour la première fois de sa carrière la barre des 14 mètres, retombant exactement à 14,01 m, et ce avec un fort vent de face (- 2,0 m/s). Près d'un mois plus tard, elle confirme sa performance aux championnats ibéro-américains de San Fernando en sautant 14,29 m (+ 2,0 m/s), pour remporter la médaille d'argent derrière la championne du monde Yargelis Savigne. Le , elle remporte une nouvelle médaille d'argent avec 14,10 m, à l'occasion des Jeux d'Amérique centrale et des Caraïbes.

Éclosion internationale et médaille aux championnats du monde (2011) En 2011, elle franchit un nouveau palier en réalisant toutes ses compétitions au-delà de 14,29 m, son record personnel avant le début de la saison. Pour sa première compétition, à Ponce le , elle saute 14,30 m (+ 1,1 m/s). Le , dans cette même ville, elle améliore sa meilleure marque personnelle à 14,45 m (+ 1,9 m/s). Le , elle remporte les championnats nationaux avec 14,63 m, mais le vent est toutefois trop fort pour homologuer la performance (+ 2,2 m/s). Elle réalise néanmoins son record personnel dans cette compétition avec un saut homologué à 14,50 m (+ 1,1 m/s). Les 22 et , elle remporte deux compétitions au Brésil, la première lui permettant d'améliorer de nouveau sa meilleure marque avec 14,59 m. Le , elle remporte le titre aux championnats d'Amérique du Sud avec 14,59 m (trop venté) et remporte la médaille de bronze du saut en longueur avec 6,45 m.

Mi-juillet, la Colombienne de 27 ans effectue sa première tournée européenne, dont elle sort vainqueure à Castres avec 14,66 m (record personnel) et à Lapinhalti (14,59 m). Le , elle participe à son premier meeting de ligue de diamant à l'occasion du Bauhaus-Galan de Stockholm : elle y améliore le record d'Amérique du Sud en réalisant successivement puis (+). Elle termine à cette occasion du concours. Début août à Bogota, pour sa dernière sortie avant les mondiaux, elle frappe un grand coup en égalant la meilleure performance mondiale de l'année de (+) jusqu'alors détenue par la Cubaine Yargelis Savigne.

Figurant parmi les prétendantes au podium des championnats du monde de Daegu, elle remporte la médaille de bronze du concours en réalisant à son essai. Elle s'incline face l'Ukrainienne Olha Saladukha (14,94 m) et la Kazakhe Olga Rypakova (14,89 m). Elle devient la première athlète colombienne à remporter une médaille aux championnats du monde d'athlétisme, et la au total pour la Colombie, après Luis López, bronzé quelques jours plus tôt sur la marche. La Colombienne participe fin aux Jeux panaméricains de Guadalajara. Troisième du concours de la longueur avec un nouveau record personnel à , elle remporte la médaille d'or du triple saut en signant la deuxième meilleure marque de sa carrière assortie d'un nouveau record de la compétition avec .

Vice-championne olympique à Londres (2012) vignette|Caterine Ibargüen ( en partant de la gauche) en 2012 lors du défilé des médaillés olympiques colombiens|281x281px Désormais partie intégrante du gratin mondial de la discipline, Caterine Ibargüen a désormais des ambitions pour les Jeux olympiques de Londres 2012. Pour sa première sortie estivale, fin , à Medellín, elle établit la marque de au triple saut (+), puis améliore son record personnel au saut en longueur, le à Bogota, avec (record de Colombie). Le , la Colombienne se classe du Golden Gala de Rome avec 14,71 m dans un concours relativement serré, remporté par Olha Saladukha (14,75 m) devant Olga Rypakova (14,73 m).

En juillet, pour ses quatre compétitions avant les Jeux, elle réalise une belle série de victoires : 14,58 m à Reims, 14,38 m à Bottrop, 14,66 m à Londres et 14,85 m à Monaco, son second meilleur saut personnel de l'année.

Aux Jeux olympiques de Londres, elle passe sans encombre le cap des qualifications avec un saut à 14,40 m. Le , au terme d'une compétition serrée, elle remporte la médaille d'argent du triple saut avec la marque de (+), devancée finalement par la vice-championne olympique en titre Olga Rypakova, titrée avec 14,98 m. Devançant pour la médaille de bronze la championne du monde Olha Saladukha, elle devient la deuxième athlète colombienne à remporter une médaille olympique, vingt ans après Ximena Restrepo, troisième du 400 m des Jeux olympiques de Barcelone.

Premier titre mondial à Moscou, invincibilité durant la saison (2013) vignette|Caterine Ibargüen lors des Championnats du monde de 2013 où elle remporte son mondial.|gauche En 2013, Caterine Ibargüen commence sa saison par le Meeting International Guadeloupe de Baie-Mahault, le , où elle s'impose avec 14,22 m (0,0 m/s). Également vainqueure du Shanghai Golden Grand Prix quatre jours plus tard avec 14,69 m (- 1,1 m/s), elle remporte le meeting de Medellín, dans son pays, avec 14,53 m (+ 1,7 m/s), le . Le , elle s'impose au Prefontaine Classic de Eugene, étape de la ligue de diamant, en établissant la meilleure performance mondiale de l'année avec 14,93 m, performance toutefois non-homologable à cause d'un vent trop élevé (+ 2,1 m/s). Elle obtient tout de même la MPMA avec 14,83 m (+ 1,4 m/s) dans ce concours. Après Eugene, elle s'impose dans deux autres meetings de ligue de diamant : les Bislett Games d'Oslo (14,81 m) et le Meeting de Paris (14,69 m), pour sa dernière sortie avant les mondiaux de Moscou.

Le 15 août 2013, en finale des championnats du monde de Moscou, Caterine Ibargüen décroche le titre mondial grâce à un saut à 14,85 m (meilleure performance mondiale de l'année), devançant sur le podium la Russe Ekaterina Koneva () et l'Ukrainienne Olha Saladuha (). Elle rentre dans l'histoire de son pays en devenant le premier représentant colombien à remporter un titre mondial en athlétisme.

À l'image de sa saison, elle enchaîne les victoires en ligue de diamant avec le Dagens Nyheter Galan de Stockholm avec 14,61 m puis remporte le Mémorial Van Damme de Bruxelles, finale de la ligue de diamant (14,49 m). Invaincue durant la saison, elle remporte logiquement le trophée pour la première fois de sa carrière. Elle est à nouveau le premier sportif du pays à réaliser une telle performance.

Barrière des 15 mètres à Monaco (2014) En 2014, la Colombienne réalise une saison similaire à celle précédente. En l'absence d'Olga Rypakova sur les pistes depuis fin 2012 pour cause de maternité, Ibargüen affirme sa domination sur le triple saut féminin. Elle remporte un nouveau titre national à Medellín le avec 14,98 m (+ 3,8 m/s), s'impose au Ponce Grand Prix pour sa seconde sortie de la saison (14,87 m) et aux FBK Games d'Hengelo (14,63 m), compétitions appartenant aux IAAF World Challenge.

En ligue de diamant, elle remporte les six des sept meetings proposés pour le triple saut féminin, ayant fait l'impasse à l'étape de New York : Doha (14,43 m), Rome (14,48 m), Lausanne (14,87 m), Birmingham (14,52 m) et Bruxelles. Le , elle remporte l'étape de Monaco en dépassant pour la première fois de sa carrière la barre des 15 mètres : à son dernier essai, elle profite des conditions météorologiques optimales (pas de vent, temps favorable) pour s'envoler à 15,31 m (0,0 m/s). En un saut, la Colombienne améliore son propre record d'Amérique du Sud, bat sa propre meilleure performance mondiale de l'année, réalise le saut le plus long depuis 2008. femme de l'histoire à dépasser la barre des 15 mètres en plein air, elle devient la meilleure performeuse mondiale de l'histoire de la discipline derrière Inessa Kravets (15,50 m), Françoise Mbango Etone (15,39 m), Tatyana Lebedeva (15,34 m) et Chrysopiyí Devetzí (15,32 m).

En fin de saison, elle remporte la coupe continentale à Marrakech et les Jeux d'Amérique centrale et des Caraïbes à Veracruz (14,57 m).

Second titre mondial à Pékin (2015) vignette|Caterine Ibargüen lors des championnats du monde 2015 de Pékin, où elle remporte son second titre mondial.