Lindry est une commune française située dans le département de l'Yonne en région Bourgogne-Franche-Comté. Ses habitants sont appelés les Lindrycois.

Géographie

Situation Lindry est une commune péri-urbaine située à huit kilomètres à l'ouest d'Auxerre et à quinze kilomètres à l'est de Toucy. Comprise entre la vallée de l'Yonne, à l'est, et la vallée de l'Ouanne, à l'ouest, Lindry est limitrophe des communes de Poilly-sur-Tholon et Charbuy au nord, de Villefargeau à l'est, d'Égleny et Beauvoir à l'ouest, et de Pourrain et Chevannes au sud.

Sa proximité avec la ville d'Auxerre, où travaillent chaque jour de nombreux Lindrycois, explique en partie sa forte croissance démographique, avec un gain de plus de 200 habitants entre 2000 et 2008. Elle compte ainsi un peu plus de en 2009, retrouvant sa population du .

La commune de Lindry est considérée comme l'une des portes de la Puisaye. Elle doit avant tout cette appellation au fait que, sur le plan géologique, elle se trouve aux confins d'une région où prédominent les sables dits de Puisaye. Mais elle le doit aussi, sur le plan administratif, au fait qu'en 1801 elle a été détachée du canton auxerrois de Saint-Georges-sur-Baulche, créé en 1790 et supprimé en 1801, pour être rattachée au canton poyaudin de Toucy.

Sur le plan historique, Lindry est la seule et unique commune de l'Yonne à être passée ainsi, en 1801, de l'Auxerrois à la Puisaye. Partagée depuis lors entre Auxerre, qui lui procure son renouveau économique, et la ville de Toucy, à laquelle elle est reliée par son sol et son affiliation cantonale, elle a rejoint la communauté d'agglomération de l'Auxerrois le ..

Communes limitrophes

Composition left|vignette|Extrait de la carte de Cassini (1756) centrée sur Lindry.

En 2000, la commune se composait du bourg de Lindry et de vingt hameaux : douze hameaux figurant sur la carte de Cassini de 1756 (Alpin, Riot, Chazelles, Le Marais, La Rue-Neuve, Le Fonteny, Le Bréau, Les Houches, Les Bretons, Les Bachelets, Château-Gaillard et La Métairie, autrefois appelée Nancré) et huit hameaux ne figurant pas sur cette carte (Angrain, L'Enchâtre, La Cave, La Moinerie, Le Tremblay, Les Loups, Les Séguins et La Rue du Cul-d'Oison). Un autre hameau noté sur ladite carte a disparu après 1895 : Champ-du-Puits.

Dans un manuscrit de 1663Bibliothèque municipale, Auxerre, fonds ancien, manuscrit 141, le chanoine d'Auxerre Louis Noël-Damy, curé de Lindry de 1659 à 1686, signale sept autres hameaux disparus avant la réalisation de la carte de Cassini : Binansiau, Montaubrat, Villefareau, Pignat, La Boulassière, La Dominière et Faultrier-l'Étang (les cinq premiers hameaux figurent uniquement comme lieux-dits dans le cadastre de 1980, tout comme l'ancien hameau de Champ-du-Puits).

Le chanoine Louis Noël-Damy décrit ainsi la paroisse de Lindry : « À l’entrée orientale de cette paroisse, le fond est sablonneux mais, dans le lieu des Houches, le sable est doux et mêlé de bonne terre. Ainsi Lindry, sur terrain, est très bon fond qui a diverses qualités, et Lindry, souterrain, est diversifié en bonne terre, sable et marne. Dans l’étendue de ladite paroisse sont vingt-cinq fontaines ou environ, de très bonne eau, mais celles des Houches et du Marais font des ruisseaux qui coulent dans les biefs des moulins. »

Le nombre élevé de hameaux à Lindry est dû à la profusion des anciens points d'eau dans toute la commune. Dans une étude publiée par le géologue Raulin en 1858., sont dénombrés les principaux puits existant à Lindry au : celui de Champ-du-Puits, déjà très ancien à l’époque et profond de , ceux du Marais et des Houches, profonds de , et ceux de La Rue, des Bachelets, de Chazelles et du Bréau, de de profondeur. Sont signalées aussi de belles sources au bourg de Lindry et dans presque tous les hameaux. Avec l’arrivée de l’eau courante au , la plupart des puits disparaissent à Lindry. Ne restent que les sources et quelques puits gardés à titre décoratif.

Géologie À la fin de l’ère secondaire, lors de la période géologique du crétacé, les Alpes et les Pyrénées n’existaient pas encore. Le Bassin parisien était entouré d’un long chapelet de montagnes, composé des Ardennes, des Vosges, du Morvan, du Massif central et du Massif armoricain. Un fleuve géant, ancêtre de la Loire, dévalait les pentes du Massif central pour se jeter dans une mer aujourd’hui disparue, la mer Crétacique, ceci quelque part à portée de la Puisaye, au nord-ouest du Morvan. C’est l’action successive, parfois conjuguée, de ce large fleuve à très gros débit et de cette mer préhistorique recouvrant tout ou partie du Bassin parisien qui engendra les cinq terrains géologiques différents qui affleurent au à la surface de Lindry..

Ère secondaire : la sédimentation fluviale Dans un premier temps du crétacé, celui de l’albien inférieur, ce fut uniquement le fleuve qui modela le sol de Lindry. Le territoire de cette localité était encore à l’air libre, dans la zone inondable du puissant cours d’eau. Au gré des crues, celui-ci déversa sur toute la Puisaye, jusqu’à Lindry, des flots de boue et de fins débris rocheux, provenant de l’érosion du Massif central. Ces alluvions formèrent une couche épaisse de sables verts et d’argile noire, contenant des fossiles végétaux amenés par le fleuve.

Dans un deuxième temps du crétacé, celui de l’albien moyen, la mer Crétacique submergea tout le territoire de Lindry, qui se vit noyé dans une baie aux eaux peu profondes. Le grand fleuve préhistorique, toutefois, continua d’agir sur toute la Puisaye en déposant au fond de la mer de grosses quantités de petits grains de roche broyée, charriés depuis le Massif central. Ces alluvions formèrent une épaisse couche de sables jaunes ou ferrugineux, abritant de nombreux fossiles de mollusques marins.

Dans un troisième temps du crétacé, celui de l’albien supérieur, la mer Crétacique se retira quelque peu. Le finage de Lindry se retrouva alors sur la bande côtière, soumise à l’action des vagues qui brassaient le sable et l’argile apportés par le fleuve. Cette action du ressac, mélangeant les dépôts organiques marins aux alluvions fluviales, produisit une grosse couche de marnes, avec quelques traces de phosphates..

Ère secondaire : la sédimentation marine Dans un quatrième temps du crétacé, celui du cénomanien inférieur, la mer Crétacique haussa à tel point qu’elle engloutit la presque totalité du territoire de l’Yonne, jusqu’au pied du Morvan. Cette fois, le finage de Lindry se trouva enfoui sous environ d’eau marine, hors de portée du puissant fleuve préhistorique qui l’avait recouvert jusque lors de sables et d’argiles. Sous la formidable pression de l’eau, dans les profondeurs abyssales de la mer, les dépôts organiques marins furent écrasés et mêlés à la partie superficielle des marnes de l’albien supérieur, formant ainsi une couche de marnes crayeuses.

Dans un cinquième et dernier temps du crétacé, celui du cénomanien supérieur, les dépôts organiques qui continuaient de s’accumuler au fin fond de la mer Crétacique, sur le finage de Lindry comme ailleurs, cessèrent de se mélanger aux marnes devenues trop profondes. Les fonds marins se recouvrirent alors peu à peu d’une épaisse couche de craie, renfermant les fossiles de tous les mollusques de l’époque.

Ère tertiaire : l'érosion pluviale Au tout début de l’ère tertiaire, la mer Crétacique de l’ère secondaire ayant disparu à jamais, le finage de Lindry se retrouva à l’air libre. Ce n’était alors qu’un immense plateau de craie recouvrant toutes les couches de marnes, d’argile et de sable superposées pendant les deux phases de sédimentation fluviale puis marine. Peu à peu, cependant, le finage prit le relief que nous lui connaissons au , ceci par l’érosion lente mais régulière du plateau crayeux initial.

Ce fut l’eau de pluie qui façonna le paysage de Lindry. S’infiltrant dans la craie, puis la rongeant et la dissolvant sur presque tout le territoire, elle ne laissa en place que deux hauteurs situées à l’ouest et au sud-ouest du finage : le Thureau de La Borde, qui culmine à d'altitude, et l'Epine à la Chèvre, qui domine quant à elle à . Partout ailleurs, le sol fut creusé au fil du temps jusqu’aux couches de sable les plus anciennes, ceci par la pluie et quatre ruisseaux évacuant les eaux pluviales.

Grâce à leur chapeau de craie perméable, les deux hauteurs de Lindry sont au cœur de l'ensemble du système hydrographique de la commune. Elles fonctionnent comme deux grosses éponges qui captent l’eau de pluie, qu’elles acheminent ensuite par voie souterraine jusqu’aux sources des quatre ruisseaux environnants, à savoir : les rus de Remuen et de l’Enchâtre à l’est, puis le Ravillon et le ru de Pré-Long au nord. Les trois premiers cours d’eau ont creusé leur lit jusqu’à la couche sédimentaire la plus ancienne, alors que le dernier coule encore sur une couche plus récente. Bien que de faible débit, ce sont ces quatre rus fort paisibles qui emportent au loin, peu à peu, les matières rocheuses arrachées par la pluie, issues des deux massifs crayeux de Lindry qui se désagrègent lentement..

Ère quaternaire : les terrains géologiques Au , quelque deux millions d'années après le début de l'ère quaternaire, la commune de Lindry repose sur cinq terrains géologiques différents, formés par sédimentation fluviale et marine à la fin de l’ère secondaire, puis, à partir de l’ère tertiaire, ramenés un à un à la surface par l’érosion pluviale : Le terrain le plus ancien remonte à l’albien inférieur. Il n’apparaît que dans deux endroits boisés : aux Grands Vernes, où coulent les rus de l’Enchâtre et de Remuen, et aux Vernes des Houches, où le Ravillon prend sa source. On y trouve des sables verts, de l’argile noire et des fossiles végétaux. Le deuxième terrain, abritant le ru de Pré-Long, date de l’albien moyen. Il prédomine largement à Lindry, ceci autour de Chazelles, des Houches et du Marais, et dans la plupart des autres hameaux. On y trouve des sables jaunes et ferrugineux, dits sables de Puisaye, et des fossiles de mollusques marins. Le troisième terrain s’est formé à l’albien supérieur. Il apparaît au pied des deux massifs crayeux de Lindry, notamment au bourg de la commune. Composé d’argile et de marnes imperméables, il retient l’eau de pluie et alimente les sources, les rus, les puits, les pâtures et les prairies. Le quatrième terrain date du cénomanien inférieur. Il n’affleure que sur les pentes des deux hauteurs de Lindry et, parmi tous les hameaux, seul le Fonteny y repose entièrement. On y trouve de la gaize et des marnes crayeuses, mélange de sédiments d’origine fluviale puis marine. Le terrain le plus récent remonte au cénomanien supérieur. C’est lui qui recouvre les deux massifs à l’ouest et au sud-ouest de Lindry, sur lesquels aucun hameau n’a été construit. Il se compose de craie compacte et d’argile à silex et contient de nombreux fossiles de mollusques marins..

Climat

En 2010, le climat de la commune est de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans une zone de transition entre les régions climatiques « Lorraine, plateau de Langres, Morvan » et « Centre et contreforts nord du Massif Central »..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Aillant », sur la commune de Montholon à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . ...