Les Campagnes d'Afrique, du Moyen-Orient et de Méditerranée de la Seconde Guerre mondiale se déroulent de 1940 à 1945 ; elles regroupent l'ensemble des opérations militaires s'étant déroulées sur le continent africain, au Moyen-Orient, dans le bassin méditerranéen et dans les pays d'Europe du Sud occupés après la victoire de l'Axe sur le front de l'Ouest en 1940.

Présentation Le théâtre d'opérations transversal et transcontinental compte des prolongements de la bataille de l'Atlantique, ainsi que des opérations en commun avec d'autres phases du conflit, comme le front d'Europe de l'Ouest, le front d'Europe de l'Est et dans une moindre mesure la guerre du Pacifique.

En 1940, le théâtre d'affrontements en Europe se prolonge sur le continent africain. Tandis que la France libre prend le contrôle d'une partie de l'Empire colonial français, le Royaume-Uni affronte également l'Italie fasciste sur le terrain colonial, d'abord en Abyssinie en battant les Italiens au nord tandis que les Belges du Congo les défont au sud. L'invasion de la Grèce par Mussolini en octobre 1940 force Hitler à venir à son aide et à ouvrir un front supplémentaire dans les Balkans, retardant l'invasion de l'URSS. Après la victoire de l'Axe dans les Balkans, les opérations des Alliés en direction d'Europe du Sud sont dirigées depuis le quartier général britannique du Middle East Command au Caire, où se trouve également le gouvernement en exil du royaume de Grèce et d'où sont contrôlées des opérations menées en direction des Balkans. La mer Méditerranée est un théâtre d’opérations essentiel, chaque camp tentant d’y interrompre les réseaux de ravitaillement de l'autre ; les mouvements de résistance dans les Balkans contribuent également à perturber les transports italiens et allemands en direction du théâtre d'opérations africain.

Les opérations en Afrique du Nord débordent sur le Proche-Orient et plus largement le Moyen-Orient quand les territoires tenus par Vichy au Levant sont attaqués par les Alliés et quand le Royaume-Uni intervient pour neutraliser l'Irak, dont le nouveau gouvernement s'était allié à l'Allemagne, puis quand l'Iran est envahi pour garantir son soutien aux Alliés durant le conflit et permettre le ravitaillement de l'URSS.

Les Italiens, mis en difficulté partout en Afrique, perdent en 1941 le contrôle de l'Abyssinie, vaincus, au nord, par les Anglais et, au sud, par les Belges venus du Congo belge. Finalement, en 1943, après la perte de la Libye sous les coups de l'armée anglaise d'Égypte, l'Italie perd le contrôle de la totalité de son Empire colonial, malgré l'aide des Allemands venus en renfort en Libye. Fin 1942, le débarquement allié en Afrique française du Nord permet de prendre tout à fait le contrôle de la quasi-totalité des colonies françaises, fournissant des bases supplémentaires pour un débarquement en Europe. À l'été 1943, après avoir longtemps envisagé l'ouverture d'un second front dans les Balkans, les Alliés débarquent finalement depuis l'Afrique sur le sol italien, rouvrant le front d'Europe de l'Ouest.

Dans les Balkans occupés (Grèce, Yougoslavie), la lutte des résistances locales contre les occupants dégénèrent en guerres civiles entre factions locales et les combats en Yougoslavie se terminent une semaine après la fin officielle du conflit mondial.

Bataille d'Albanie

En , avant même le déclenchement officiel du conflit mondial, et en prélude à la campagne des Balkans, le royaume d'Italie envahit et annexe le Royaume albanais. La monarchie est maintenue, mais Victor-Emmanuel III est proclamé souverain du nouveau protectorat italien.

Afrique du Nord, première phase : la guerre du désert

thumb|left|Colonne de l'armée allemande en Afrique du Nord. Dès le , à la suite de la déclaration de guerre du royaume d'Italie contre la France et le Royaume-Uni, les forces italiennes de Libye et les forces britanniques d'Égypte commencent à s'affronter. En septembre 1940, les Italiens tentent de reprendre l'initiative en réalisant une invasion de l'Égypte, qui tourne court. En décembre 1940, c'est au tour des Britanniques de réaliser l'invasion de la Libye, avec l'opération Compass, qui est un succès. L'Allemagne nazie vient alors en aide aux Italiens en envoyant le général Erwin Rommel qui, à la tête du Deutsches Afrika Korps, met les Alliés en sérieuse difficulté. À la fin 1942, la seconde bataille d'El Alamein finit par assurer la victoire des Alliés en Libye.

Batailles en Méditerranée et dans l'Adriatique

thumb|left|Des U-Boot. Dès l'entrée de l'Italie dans la bataille de France, les opérations dans la région Méditerranée prennent de l'ampleur. Les troupes italiennes pénètrent au sud de la France, qui bombarde de son côté des villes côtières d'Italie. À partir du , le Royaume-Uni déclenche l'opération Catapult et attaque la flotte française pour éviter qu'elle ne puisse être utilisée par les Allemands. Le 1940, les flottes italiennes, britanniques et australiennes s'affrontent au large de la Calabre.

En , les Britanniques effectuent une attaque massive de sur la flotte italienne, avec la bataille de Tarente. En mars 1941, la bataille du cap Matapan, au large de la Grèce, est une nouvelle victoire pour la Royal Navy.

À partir de , les U-Boots mènent une intense campagne de harcèlement contre les navires britanniques, puis américains, en mer Méditerranée, afin d'isoler Malte, Gibraltar et le canal de Suez. Entre 1941 et 1944, 95 navires marchands et 24 navires de guerre sont touchés, sans réussir à briser l'effort naval des Alliés.

Après septembre 1943, avec l'effondrement du régime de Benito Mussolini, les opérations militaires en Méditerranée se réduisent aux attaques d'U-Boots et à des manœuvres moins importantes en mer Adriatique et en mer Égée.

Afrique de l'Est

thumb|left|Carte des opérations en Érythrée. Menée dès le , la campagne dans l'Est de l'Afrique aboutit à la fin de l'année 1941 à la défaite des italiens sous les coups des Anglais, au nord, et des Belges au sud avec pour conséquence le démantèlement de l'Afrique orientale italienne. L'occupation italienne de l'Éthiopie prend fin en et l'empire d'Éthiopie est restauré, le Négus remontant sur le trône à Addis-Abeba.

Malte

Malte, point de jonction entre les théâtres d'opération européens et nord-africains et alors territoire britannique, est un point stratégique pour les Alliés. Dès le , l'île est bombardée par les forces de l'Axe, d'abord italiennes, puis allemandes. L'île fait l'objet d'une campagne de convois de ravitaillement de la part des Alliés. Le siège de Malte se prolonge jusqu'à l'été 1943, période où la défaite de l'Axe en mer Méditerranée est consommée.

Gibraltar Gibraltar, place forte britannique, sert de base d'opérations à la Force H et permet au Royaume-Uni de conserver un avantage en mer tout en organisant le ravitaillement de Malte. Le , le gouvernement de Vichy ordonne un bombardement de l'île en représailles à l'attaque de Mers-el-Kébir, réalisant une nouvelle campagne aérienne le . À partir d', et jusqu'à l'été 1943, la Xe Flottiglia MAS italienne mène une série d'opérations contre Gibraltar. Un plan allemand d'invasion de Gibraltar est abandonné, du fait du déclenchement de l'attaque contre l'Union soviétique.

Afrique de l’Ouest

À compter de , les Alliés tentent de prendre le contrôle des possessions françaises en Afrique, dont l'administration coloniale est fidèle au gouvernement de Vichy. Si l'opération au Sénégal menée par une flotte composée de navires Anglais, Français, Belges et Canadiens est un échec, celle du Gabon réussit au mois de novembre. L’ensemble de l’Afrique-Occidentale française (AOF) se rallie finalement aux Alliés en 1942, après leur débarquement en Afrique du Nord.

Lorsque le général de Gaulle lance l'appel du 18 Juin, le Guyanais Félix Éboué administrateur colonial, petit-fils d'esclaves né en 1884, occupe depuis deux ans la fonction de gouverneur du Tchad. Accueillant tel un ultime recours , il prend le parti de la France libre contre le régime de Vichy et prépare en secret le ralliement du Tchad et du reste de l'Afrique-Équatoriale française (AEF).

Dès le , le gouverneur insoumis annonce officiellement l'appartenance du Tchad à la France libre, provoquant un effet domino : entre le , le Cameroun, le Congo-Brazzaville et l'Oubangui-Chari (l'actuelle République centrafricaine) annoncent à leur tour leur ralliement. Le suivant, Félix Éboué reçoit de Gaulle à Fort-Lamy. Ce dernier le nomme au Conseil de défense de l'empire et en fait, un mois plus tard, le gouverneur de l'AEF. La France libre dispose désormais d'un territoire, donc d'une légitimité. Elle pourra bientôt compter sur une armée.

Désormais basé à Brazzaville, devenue capitale de la France libre, Éboué - qui sera condamné à mort par Vichy - prend une part prépondérante dans la constitution d'une force militaire de , tout en accélérant la production de guerre. La capitale congolaise devient le pivot à partir duquel s'organisera la libération du territoire métropolitain. C'est de là que partiront les premières forces armées de la France libre, et c'est grâce aux routes qu'Éboué a faites construire que la colonne Leclerc pourra gagner l'Afrique du Nord via le Tibesti.

Irak

Au royaume d'Irak, le Premier ministre Rachid Ali al Gaylani, qui vient de reprendre le pouvoir par un coup d'État, s'allie avec l'Allemagne nazie, la situation amenant au milieu du mois d' à une intervention britannique. En deux semaines, les Alliés viennent à bout de la résistance irakienne et le gouvernement nationaliste de Rachid Ali al Gaylani doit prendre la fuite. Le , le régent Abdul Illah, renversé fin mars par al Gaylani, revient au pays et installe un gouvernement sanguinaire et autoritaire favorable au Royaume-Uni.

Syrie et Liban

thumb|Troupes de transports australiennes en Syrie. La Syrie et le Liban, alors sous mandat français, sont utilisés comme base d'opérations par la Luftwaffe avec l'assentiment des autorités vichystes. Afin de priver l'Axe de cet avantage, les Alliés envahissent les deux pays en . Les combats contre les troupes vichystes durent jusqu'au et sont suivis d'un armistice, les Alliés prenant le contrôle de la région. Le haut-commissaire Henri Dentz est destitué. La France libre assure l'administration de la Syrie et du Liban, et doit gérer les revendications indépendantistes locales.

Iran

thumb|left|Positions alliés en 1942 dans le golfe Persique. Le chah Reza Pahlavi, souverain officiellement neutre de l'État impérial d'Iran, s'est rapproché de l'Allemagne nazie : les Britanniques craignent que l'Allemagne ne mette la main sur les ressources pétrolières du pays. Le passage par l'Iran est par ailleurs nécessaire pour accroître l'aide des États-Unis à l'Union soviétique. Le chah ayant refusé aux Alliés le passage sur son sol, une invasion conjointe est réalisée à la fin du mois d' par les armées britannique et soviétique. Le chah est détrôné et remplacé par son fils Mohammad Reza Pahlavi, lequel se rallie aux Alliés. Le contrôle de l'Iran, et celui de l'Irak, permettent d'établir le corridor Perse.

Balkans

Grèce

En , sans en avertir l'Allemagne au préalable, l'Italie envahit la Grèce. La résistance inattendue des Grecs conduit l'Allemagne à intervenir le , perdant un temps précieux et retardant pour ce faire l'invasion de l'URSS.

thumb|left|Panzer allemand en Grèce.