La guerre de Laponie (, et en ) est un conflit qui s'est déroulé entre et , à la fin de la Seconde Guerre mondiale, opposant la Finlande et l'Allemagne pour le contrôle des , de la région de Petsamo. Pour les Finlandais, il s'agit d'un conflit distinct, similaire à la guerre de Continuation. Du point de vue allemand, la retraite, à travers la Laponie, faisait partie de la Seconde Guerre mondiale dans le cadre de leurs deux campagnes d'évacuation du nord de la Finlande et du nord de la Norvège : l' et l'opération Nordlicht. L'armée finlandaise devait démobiliser ses forces tout en luttant pour forcer l'armée allemande à quitter la Finlande. Les forces allemandes se retirent en Norvège et la Finlande parvient à s'acquitter des obligations qui lui incombaient en vertu de l'armistice de Moscou, bien qu'elle fût officiellement en guerre avec l'Union soviétique, le Royaume-Uni et les dominions britanniques jusqu'à ce que la fin officielle de la guerre de continuation fût ratifiée par le traité de paix de Paris, en 1947.

Contexte

Après la guerre d'Hiver, la Finlande avait conclu, le , un accord de coopération économique et militaire avec l'Allemagne, qui permettait aux troupes du Reich de stationner sur le territoire finlandais, dans le cadre de la guerre de Continuation. Constatant le retournement de la situation militaire, pendant l'été le haut-commandement allemand se prépare à une possible paix séparée entre la Finlande et l'URSS. Il déplace ses troupes au nord afin de protéger les mines de nickel près de Petsamo.

Au cours de l'hiver 1943-1944, les Allemands améliorent les routes entre le nord de la Norvège et le nord de la Finlande en faisant un usage intensif du travail des prisonniers de guerre dans certaines régions. Les pertes, parmi ces prisonniers de guerre, sont élevées, en partie parce que beaucoup d'entre eux ont été capturés dans le sud de l'Europe et qu'ils sont toujours en uniforme d'été. Par ailleurs, après avoir examiné leurs positions défensives, les Allemands prévoient d'évacuer autant de matériel que possible de la région et préparent méticuleusement leur retraite. Le , la première phase de l' est lancée. En , les Allemands commencent à construire des fortifications pour contrer une avance ennemie du sud. Le , la mort accidentelle du Generaloberst Eduard Dietl conduit le Generaloberst Lothar Rendulic au commandement de la de montagne.

Un changement au commandement finlandais, au début du mois d' conduit les Allemands à croire que la Finlande tenterait de conclure un accord séparé avec l'Union soviétique. L'annonce finlandaise du cessez-le-feu déclenche des efforts frénétiques dans la de montagne allemande, qui démarre, le , la seconde phase de l' ainsi que d'autres évacuations matérielles de la Finlande. De grandes quantités d'équipements sont évacués du sud de la Finlande et des sanctions sévères sont prévues, en cas d'entrave à la retraite. Les forces finlandaises, qui incluent les , et , la blindée ainsi que la et les , sont déplacées pour faire face aux Allemands.

Déroulement Malgré des tentatives bilatérales pour parvenir à un retrait pacifique de la Wehrmacht, des combats ont lieu entre les forces allemandes et finlandaises avant même la signature du traité de paix soviéto-finlandais. Les combats s'intensifient après l'exigence soviétique de voir toutes les troupes allemandes expulsées de Finlande. Les Finlandais sont ainsi placés dans une situation semblable à celle des Italiens et des Roumains qui, après s'être rendus aux Alliés, ont dû combattre pour libérer leur territoire des forces allemandes. La tâche des forces finlandaises est compliquée par l'exigence soviétique que la plus grande partie de l'armée finlandaise soit démobilisée et ce, avant même la fin de campagne contre les Allemands.

Baltique

Le , après que les Finlandais ont informé les Allemands du cessez-le-feu, entre la Finlande et l'Union soviétique, les Allemands commencent à s'emparer des navires finlandais. Toutefois, comme cette mesure entraîne une réaction finlandaise de ne pas autoriser les navires à quitter la Finlande pour l'Allemagne et que cela risque de compromettre les évacuations matérielles de l', elle est annulée. Après l'annulation de l'ordre, les Finlandais, à leur tour, autorisent le chargement d'un navire finlandais pour hâter les évacuations allemandesKijanen 1968, p. 220. Les premières mines navales allemandes sont posées dans les voies maritimes finlandaises, le , sous prétexte d'être destinées contre les navires soviétiques, et bien que la Finlande et l'Allemagne ne soient pas encore en conflit ouvert à l'époque, les Allemands avertissent les Finlandais de leur intentionKijanen 1968, p. 221..

Le , la marine allemande tente de s'emparer de l'île de Hogland, dans le cadre de l'. En réponse, la Finlande retire immédiatement son navire de l'opération d'évacuation conjointe. Le dernier convoi allemand quitte Kemi, le et est escorté par deux sous-marins et, en outre, (au sud d'Åland) par des croiseurs allemands. Après la tentative de débarquement, un fort d'artillerie côtier finlandais empêche les militaires allemands de passer dans la mer Baltique, à Utö, le , car ils ont reçu l'ordre d'intercepter les forces allemandes. Cependant, le , un détachement naval allemand, composé du croiseur lourd Prinz Eugen, escorté par cinq destroyers, arrive à Utö. Le croiseur allemand reste hors de portée des canons finlandais de calibre et menace d'ouvrir le feu avec son artillerie. Afin d'éviter une effusion de sang, les Finlandais laissent passer les artilleursKijanen 1968, pp. 229–230..

Une opération de débarquement finlandaise commence, le , lorsque trois navires de transport (SS Norma, SS Fritz S et SS Hesperus) partent sans escorte d'Oulu, en direction de Tornio. Ils arrivent le et parviennent à débarquer leurs troupes sans aucune réponse. Une deuxième vague de quatre navires arrive le et une troisième vague - trois navires puissants - réussissent à débarquer avec un seul navire légèrement endommagé par les bombardiers allemands. Le , les conditions météorologiques défavorables empêchent la couverture aérienne finlandaise d'atteindre Tornio, ce qui rend la quatrième vague de débarquement vulnérable aux bombardiers allemands Junkers Ju 87 qui jettent leurs bombes en piqué, et coulent le SS Bore IX et le SS Maininki, le long de la jetée. La cinquième vague, du , ne reçoit que des éclats d'obus légers, bien qu'elle ait été bombardée de la côte et par les airs. Les premiers navires de guerre finlandais, Hämeenmaa, Uusimaa, VMV 15 et VMV 16, arrivent avec la sixième vague, juste à temps pour voir les bombardiers allemands Focke-Wulf Fw 200 attaquer la flotte à Tornio avec des bombes planantes Henschel Hs 293 A, mais sans résultat. L'arrivée des moyens navals permet aux Finlandais de débarquer en toute sécurité du matériel lourd ce qui va jouer un rôle important pendant la bataille de TornioKijanen 1968, p. 226–227.

Des marins à bord de navires finlandais, dans des ports allemands, dont la Norvège, ont été interpellés, et des sous-marins allemands ont coulé plusieurs navires civils finlandais. Les sous-marins allemands ont également connu un certain succès contre les navires militaires finlandais, notamment lors du naufrage de la navette Louhi. L'une des conséquences importantes de l'armistice finlandais avec l'Union soviétique a été que les forces navales soviétiques pouvaient désormais contourner les barrières de mines navales allemandes, larguées dans le golfe de Finlande, en utilisant les voies maritimes côtières finlandaises. Cela a permis aux sous-marins soviétiques, basés dans l'archipel finlandais, d'atteindre les navires allemands dans le sud de la mer Baltique.

L'accord de cessez le feu

L'accord de cessez-le-feu entre la Finlande et l'Union soviétique oblige les Finlandais à rompre leurs relations diplomatiques avec l'Allemagne et à exiger publiquement le retrait de toutes les troupes allemandes de la Finlande avant le . Les troupes restantes après la date limite doivent être désarmées et remises à l'Union soviétiqueLunde 2011, p. 317. Même avec les efforts massifs des Allemands, lors de l', cela s'avère impossible, les Finlandais estimant qu'il faudrait trois mois aux Allemands pour évacuer complètement les lieuxLunde 2011, p. 327. La tâche est encore plus compliquée par la demande soviétique, de démobiliser la majeure partie des forces armées finlandaisesLunde 2011, p. 319, alors même qu'elles tentaient de mener une campagne militaire contre les Allemands. À l'exception des habitants de la région de Tornio, la majeure partie de la population civile de Laponie ( au total) est évacuée vers la Suède et le sud de la Finlande. L'évacuation est effectuée dans le cadre d'une coopération entre l'armée allemande et les autorités finlandaises, avant le début des hostilités.

Avant de décider d'accepter les demandes soviétiques, le président finlandais Carl Gustaf Emil Mannerheim écrit une lettre directement à Adolf Hitler. : .

Les manœuvres d'automne Comme les Finlandais voulaient éviter la dévastation de leur pays et que les Allemands voulaient éviter les hostilités, les deux parties souhaitent que l'évacuation se fasse le plus harmonieusement possibleLunde 2011, p. 337–338. Le , un accord secret est conclu par lequel les Allemands informent les Finlandais de leur calendrier de retrait et qui permet alors aux Allemands de détruire routes, chemins de fer et pontsLunde 2011, p. 338–339. Dans la pratique, les frictions naissent rapidement, tant en raison de ces destructions causées par les Allemands que de la pression exercée sur les Finlandais par les Soviétiques. Il y eut plusieurs incidents entre les arméesLunde 2011, p. 339–341.. Les Finlandais déploient leurs , et sur la zone côtière, la et les divisions blindées à Pudasjärvi et la à l'est du pays.

Premiers affrontements

La première opération violente se produit entre les forces finlandaises et la de montagne, à au sud-ouest de Pudasjärvi, vers 8 heures, le , lorsque les unités d'avant-poste finlandaises lancent d'abord une demande de reddition, puis ouvrent le feu sur un petit contingent d'arrière-garde allemande. Cela prend les Allemands par surprise, puisque les Finlandais avaient préalablement accepté de les avertir s'ils étaient forcés de prendre des mesures hostiles contre eux. Après l'incident, le contact partiel est rétabli : les Allemands indiquent aux Finlandais qu'ils n'ont aucun intérêt à les combattre, mais qu'ils ne se rendraient pas. L'incident suivant se produit le à un pont traversant la rivière Olhava entre Kemi et Oulu. Les troupes finlandaises, qui avaient reçu l'ordre de prendre le pont intact, tentent de désarmer les explosifs installés sur le pont, lorsque les Allemands les font exploser, démolissant le pont et tuant le commandant de la compagnie des Finlandais, entre autres. Le , les Finlandais tentent d'encercler les Allemands à Pudasjärvi par des mouvements de flanc à travers les forêts et réussissent à couper la route qui mène vers le nord. Mais à ce moment-là, la majeure partie des forces allemandes à Pudasjärvi est déjà partie, ne laissant derrière elle qu'un petit détachement qui, après avoir averti les Finlandais, fait sauter un dépôt de munitions<.