Le Petit Spirou est une série de bandes dessinées belge, créée par Tome et Janry. Sa publication a commencé en 1990, racontant les exploits du Petit Spirou principalement sous forme d'histoires brèves (d'une à six pages). Tome le scénariste, et Janry le dessinateur ont d'abord imaginé le personnage en 1987, pour une courte histoire publiée dans l'album de la série classique La Jeunesse de Spirou.
Les auteurs ont été aidés par Stéphane De Becker aux couleurs et Bruno Gazzotti d'abord, puis Dan Verlinden aux dessins. Les recueils des récits sont publiés sous forme d'albums dès aux Éditions Dupuis. Tout en étant sur le plan artistique une création originale, le « Petit Spirou » est présenté, à la fois dans ses albums et sur le site des Éditions Dupuis, comme étant Spirou lorsqu'il était enfant. Entre autres distinctions, la série a été récompensée par deux Alph'Art au Festival d'Angoulême 1992 (Humour et Jeunesse), pour son deuxième tome.
Histoire Le Petit Spirou est initialement créé pour le magazine Spirou. Lors d'une entrevue, Janry, le dessinateur, confie qu' Janry explique également qu'il s'inspire de la vie de ses deux petites filles, Clémence et Léonie, leurs amis, mais aussi de son enfance personnelle.. Pour la création du personnage, les auteurs se devaient d'oublier intégralement les traits physiques du principal protagoniste de Spirou et Fantasio et tenter, selon Janry, de
Des compilations d'histoires impliquant principalement certains des personnages secondaires vedettes de la série (Mon prof de gym, Mon super Grand-Papy, Ma prof de calcul, Mes amis à poils, Mon tendre amour, Mon prof de Zumba, Presque tout sur ma mère, etc.) font sous le label Le Petit Spirou présente… l'objet d'une nouvelle collection séparée éditée depuis 2009 .. Il existe également deux collections dites (au moment de leur publication) intitulées Un point c'est tout ! et On aura tout vu !
En 2005, le premier album Le Petit Spirou est traduit en espéranto sous le titre de Salutu la sinjorinon ! par les membres d'une association espérantophone (Esperanto-Jeunes), en s'aidant d'un wiki pour faciliter leur travail collaboratif. L'ensemble des titres a été édité dans une dizaine de langues; des livres au format poche de nouvelles illustrées inspirés des albums sont édités chez Pocket Jeunesse, avec huit tomes en date de 2013.
En 2010, un quinzième tome est annoncé pour le . Selon Janry, le dessinateur : Un seizième tome est annoncé pour ... Sorti le , tiré à 240.000 exemplaires en deux mises en place successives (novembre et janvier) le titre enregistre 45 à 49.000 ex. de ventes fermes sur le seul territoire français en quelques semaines, chiffres partiels arrêtés en . Le reste de la francophonie, dont la Belgique, équivaut à au moins 40 % (supplémentaires) des ventes totales en France.
Univers
Tout comme l'univers de la série Spirou et Fantasio, le Petit Spirou vit ses aventures dans un monde contemporain qui se modernise au fil du temps. Alors que Spirou fut le plus souvent représenté en héros exemplaire, sans désavouer les qualités morales qui caractérisent son incarnation adulte, le Petit Spirou, lui, est un enfant en avance sur son âge, souvent turbulent et volontiers provocateur. Poussant à l'extrême la logique des vêtements de groom (rouges) porté par Spirou devenu adulte, le Petit Spirou porte une version pour enfant du costume de chasseur hôtelier.. Toute sa famille est d'ailleurs revêtue de vêtements rouges similaires.
Le sujet dominant de la série est l'évocation humoristique de partiellement liés à l'enfance comme : l'éducation sentimentale et l'éveil aux de la sexualité ; les vertus mitigées de l'éducation physique (quand dispensée par un professeur fumeur et grand consommateur de bière) ; le statut des animaux dans le monde humain, entre objets d'affection et denrées alimentaires ; le respect de l'environnement ; l'usage de la religion, de l'histoire et de la (bonne) morale dans l'éducation ; le sort des personnes âgées et leur occasionnelle infantilisation dans la société moderne ; d'une façon générale, les petits et grands paradoxes du monde adulte telles qu'observés par un enfant.
Les petites misères des supposés éducateurs font donc partie des thèmes récurrents de cette création qui, dans les années 1990 a ouvert la voie à l'émergence d'un courant florissant de bandes dessinées plus ou moins inspirées par la même observation : préférant préserver l'image d'une enfance innocente, les adultes oublient volontiers quels petits chenapans ils furent dans leur propre passé. La plupart des albums de la série (dont les ventes cumulées se comptent sur les seuls marchés francophones en millions d'exemplaires) portent un titre constituant une injonction (Dis bonjour à la dame !, T'as qu'à te retenir !, Bien fait pour toi !, etc.) que nombre de lecteurs se rappellent avoir entendu de la bouche de leurs éducateurs. Parfois ramenée à ses seuls côtés les plus anticonformistes, cette série semble néanmoins, par la variété et le caractère universel des sujets abordés, se concentrer sur un objectif principal : offrir un moment de détente humoristique où la fantaisie et la caricature servent de prétextes à une réflexion légère sur un monde moderne un peu chamboulé. Le cadre temporel de la série peut sembler flou : les premiers tomes se situaient à une époque antérieure, parce qu'ils étaient censés représenter l'enfance d'un personnage adulte contemporain. Dans les derniers tomes, de plus en plus d'éléments du monde moderne apparaissent alors que des éléments de décor restent plus traditionnels : les jeux vidéo, téléphones portables, émissions de télé-réalité cohabitent avec une atmosphère plus traditionnelle.
Commentant cette observation, Tome et Janry ont expliqué qu'ils ne souhaitaient plus se priver des marqueurs contemporains dans leur série. Pour rester cohérents, alors qu'ils animaient encore les aventures de Spirou (adulte, la série classique) ils situèrent Spirou et Fantasio non plus dans le présent, mais dans une légère anticipation. Cette version un peu futuriste de Spirou, amorcée par l'album Machine qui rêve, fut abandonnée quand les auteurs cessèrent de réaliser les albums de la série mèreInterview des auteurs dans Spirou hebdo du 9 novembre 2011. Le Petit Spirou se déroule dans un univers plus ou moins contemporain de celui de la série classique Spirou et Fantasio. Malgré l'animation de Spirou par différents auteurs qui s'affranchirent parfois de la ligne classique, le Petit Spirou est resté officiellement l'incarnation de l'enfance de Spirou, comme l'affirment l'avant-propos des albums de la série et le site Dupuis sur la page dévolue au personnage.
Personnages
Enfants Antoine Vertignasse ou Vert’ : Le meilleur ami du Petit Spirou, complice, un peu timoré de ses "exploits". Il a une grande sœur et "possède deux papas": l'un voleur (son géniteur), et l'autre policier, qui pourchasse le premier tout en étant le nouveau compagnon de sa mère. Suzanne Berlingot ou Suzette : C'est la fille d'un pâtissier, une amie un peu peste, très franche et directe, qui est amoureuse du Petit Spirou (ce qui est réciproque). Elle incarne le troublant mystère féminin de l'âge enfantin. Cyprien Futu ou Cassius : Un autre ami de Spirou, originaire de Ouagadougou, doué pour la boxe (référence à Cassius Clay) et la magie africaine grâce à un oncle marabout. Il arbore, dans les albums plus récents, une coiffure de dreadlocks sous son bonnet jamaïcain. Son père est le cuisinier de l'école des enfants. Nicolas Ponchelot surnommé Boule-de-gras : Ami du Petit Spirou, gros gourmand, encombré de quelques kilos en trop et d'une dentition affaiblie par les sucreries. Il déteste les dentistes. Jean-Henri, surnommé Masseur : Copain du Petit Spirou, au caractère lymphatique et pas très fin mais physiquement précoce car redoublant récurrent, souffre-douleur habituel de toute la bande. André-Baptiste Deperinconu : Élève modèle de l'abbé Langelusse, à qui il ressemble nettement, que ce soit dans sa tenue et sa physionomie, sans que rien pourtant ne soit jamais venu confirmer une possible filiation (en dehors d'une affection particulière que lui porte l'abbé). Raoulette : Élève blonde, c'est la meilleure amie de Suzette. Le grand-père du Petit Spirou est amoureux de sa grand-mère. Attentionnée et sensible, elle semble amoureuse de Vert'. Marie-Fernande : Élève porteuse de lunettes, peste et rapporteuse. Éléonore : Élève aux cheveux roux, au long nez et au caractère difficile"Mais qu'est-ce que tu fabriques ?", Le Petit Spirou, Tome 3, page 22, gag 86. Jimmy "Jim" Brioul : Grand gaillard hâbleur et braillard, brute de l'école, continuellement habillé en cow-boy et ses bulles sont d'ailleurs raturées et parfois remplies de fautes d'orthographe. Il se fait parfois avoir par le Petit Spirou.
Adultes Famille Firmin Spirou (aussi appelé Grand-Papy ou Pépé) : Grand-père maternel et adulte préféré du petit Spirou. Il est resté très "vert" malgré son âge, accumule les bêtisesIl continue à boire, ignorant les conseils de son médecin et multiplie les escapades avec son amoureuse, malgré l'interdiction de sa fille. et est parfois infantilisé par ses propres enfants comme par son médecin. Il déroule, avec une philosophie un peu résignée mais sans rancœur, le cours de ses principes de vie fondés sur une expérience (la guerre…) que l'on devine douloureuse. Tout comme sa famille, il continue à porter le costume de groom rouge familial. Madame Spirou (Alice Rebecca dans le film) : Mère du Petit Spirou, seule à garder tant bien que mal les pieds sur terre au milieu de cette famille de petits et grands garnements (elle doit régulièrement surveiller les écarts de conduite de son propre père et les bêtises du Petit Spirou). Léontine Calot (aussi appelée Grand-Mamy) : Grand-mère paternelle du Petit Spirou. Veuve acariâtre et un peu pingre de 89 ans, apparemment atteinte d'une maladie d'Alzheimer à géométrie variable selon son humeur et les circonstances (elle arrive à se souvenir de détails précis de la Seconde Guerre mondiale alors qu'elle ne reconnaît parfois plus son petit-fils et le prend pour un intrus). Elle fait, elle aussi, l'objet d'une protection particulière du Petit Spirou. Sans doute victime de sa mémoire défaillante, elle est parfois bruyante, rude, insolente, insultante, grossière et outrageuse envers certaines personnes, représentants des forces de l'ordre compris (il lui arrive même d'insulter et de battre des policiers sans être inquiétée). Elle est convaincue, à tort, qu'on rêve de lui voler la combinaison de son coffre-fort (qu'elle est censée avoir oublié) et n'hésite pas à se munir d'une arme à feu. Son mari s'appelait Ferdinand Spirou et il l'a apparemment abandonnéeIl a, de mauvaise grâce et sous la pression de son épouse, descendu la poubelle et n'est jamais remonté., probablement à cause de son caractère difficile. Elle eut de lui six enfants (quatre garçons et deux filles). Monsieur Spirou : Père du Petit Spirou. On ne sait pas grand-chose de lui sinon qu'il surveille le bulletin de son fils et brille souvent par son absence. On ne voit jamais son visage (il est soit de dos, soit hors cadre. Même en photo un reflet empêche de le voir.). Il apparaît, à cet égard, une sorte d'incarnation de l'absence physique ou affective de la figure paternelle dans certaines histoires familiales, sans pour autant que ce thème ait été jusqu'ici directement formulé dans la série. On peut aussi expliquer cette absence par la volonté de ne pas le faire ressembler au Grand Spirou, même s'il partage sa coiffure, certains éléments permettent de penser qu'il a une moustache.
École