L'élection présidentielle gabonaise de 2009 a lieu le afin d'élire le président de la république Gabonaise« Gabon : André Mba Obame, Candidat à la présidentielle anticipée du 30 août prochain », Gabonews, 17 juillet 2009.. Elle fait suite à la mort du président en exercice, Omar Bongo, le . La constitution du pays dispose alors que l'élection doit avoir lieu sous , mais la Cour constitutionnelle permet un délai compte tenu des circonstances , AFP, 8 juillet 2009..
Ali Bongo, fils du défunt président et candidat du Parti démocratique gabonais, est élu président avec 41,73 % des voix.
Contexte
Omar Bongo est considéré comme un homme politique ayant largement œuvré à la stabilité de la région jouxtant le Gabon. La fin de son règne autoritaire mais pacifique de fait craindre aux autres pays africains l'apparition de troubles..
De par leur carrière et leurs rôles politiques, l'ensemble des candidats à l'élection est considéré par le journaliste sénégalais Abdul Bah comme étant « les fils de Bongo Ondimba », dans le sens où ils ne pourront, d'après Abdul Bah, que pérenniser les méthodes politiques d'Omar Bongo. Seuls Pierre Mamboundou, Bruno Ben Moubamba et Bernard Oyama n'ont pas collaboré avec le régime Bongo ..
L'inflation du nombre de candidats (23 au total) fait dire à certains commentateurs que, rapporté à la population du Gabon, cela équivaudrait à une élection présidentielle française à ..
Précampagne
Date du scrutin
Après la mort d'Omar Bongo, la plupart des observateurs suggéraient que l'élection ne pourrait se tenir sous , comme le prévoyait la constitution, les listes électorales nécessitant d'être profondément révisées Coumba Sylla, , AFP, 18 juin 2009.. Le , la présidente par intérim, Rose Rogombé, a affirmé que la préparation se ferait sous le triptyque « Constitution, Concertation, Consensus »« Gabon : Rose Francine Rogombé place ses fonctions à la tête de l'État sous le triple sceau de la “Constitution, de la Concertation et du Consensus” », Gabonews, 20 juin 2009..
Rogombé s'est entretenue de la préparation de l'élection avec les leaders de la majorité présidentielle le , puis avec ceux de l'opposition le 24. L'un des principaux opposants, Zacharie Myboto, de l'Union gabonaise pour la démocratie et le développement, a déclaré à cette occasion qu'il était « physiquement impossible » de préparer une élection en . Il a souhaité que le scrutin ait lieu 5 à plus tard« Gabon : “Avec au minimum et au maximum, on doit pouvoir organiser une élection libre et transparente”, Zacharie Myboto », Gabonews, 24 juin 2009..
Le , le gouvernement a demandé officiellement à la cour constitutionnelle de repousser l'élection au-delà du délai légal de . La Cour, reconnaissant que les funérailles d'Omar Bongo pouvaient être apparentées à un cas de force majeure, a accepté de repousser l'élection au plus tard le .
Le , tous les candidats, à l'exception de Maganga Moussavou et d'André Mba Obame, participent à une réunion à l'invitation de la présidente par intérim. 11 candidats s'unissent pour demander un report de l'élection. Selon eux, dans le climat actuel, les irrégularités sont trop flagrantes. Ils font état, par exemple, de dupliqués sur les listes électorales , AFP, 12 août 2009..
Le , alors que quelques candidats tiennent leurs premiers meetings de campagne, Bruno Ben Moubamba commence une grève de la faim devant l'Assemblée nationale du Gabon pour exiger que l'élection soit repoussée.Gabon : Bruno Ben Moubamba entame une grève illimitée de la faim, Afrik.com, 16 août 2009..
Nomination du candidat du PDG
Daniel Ona Ondo, premier vice-président du Parlement du Gabon, a déclaré à Radio France internationale le qu'il essaierait d'obtenir la nomination du Parti démocratique gabonais, le parti d'Omar Bongo« Gabon : La candidature d'Ona Ondo sonne-t-elle le glas du PDG ? », GabonEco, 26 juin 2009.. Il était le premier candidat à la candidature du PDG à se déclarer officiellement, même si Jean Eyeghe Ndong et le ministre Casimir Oyé Mba avaient déjà émis le souhait de se présenter« Gabon: Présidentielle anticipée - Daniel Ona Ondo premier candidat à la candidature du PDG », Gabonews (allAfrica.com), 25 juin 2009.. Le Directeur Régional de la Santé dans le nord, Sany Megwazeb, a également déclaré qu'il chercherait à obtenir la nomination du PDG« Gabon: “L'élection primaire est exclue à l'heure à actuelle” Faustin Boukoubi (le Secrétaire général du PDG parti au pouvoir) », Gabonews, 4 juillet 2009..
Finalement, le , 10 candidats cherchaient à obtenir la nomination du PDG« Gabon: Dix candidats dont une femme pour la candidature du PDG à la prochaine présidentielle », Gabonews, 5 juillet 2009., parmi lesquels le fils d'Omar Bongo, Ali. Le , Faustin Boukoubi, secrétaire général du PDG, a annoncé que le candidat officiel du parti ne serait pas connu avant le , comme il était initialement prévu« Gabon : Le PDG fait monter le suspense pour désigner son candidat », GabonEco, 8 juillet 2009..
Le secrétaire général adjoint du PDG, Angel Ondo, a annoncé le que le parti avait choisi Ali Bongo comme candidat, « par consensus , , 16 juillet 2009. ». Dans une interview à France 24, le candidat a reconnu ne pas avoir obtenu l'unanimité du parti, niant cependant avoir « volé » la nominationInvité : Ali Ben Bongo Ondimba, RFI, 23 juillet 2009. Bongo a été officiellement désigné candidat en congrès extraordinaire, le .
Cela étant, des membres importants du PDG n'ont pas renoncé à se présenter. Jean Eyeghe Ndong a ainsi annoncé le qu'il démissionnait de son poste de premier ministre pour se lancer dans l'élection sans étiquette. Le , Casimir Oyé Mba s'est également présenté sans étiquette, affirmant qu'il voulait être « le vrai candidat du consensusGabon : « Je veux être le candidat du vrai consensus », Casimir Oyé Mba, Gabonews, 21 juillet 2009. ».
Le , trois ministres sont renvoyés du gouvernement, alors que ces derniers avaient annoncé leur intention de se présenter à l'élection présidentielleGabon : Trois ministres candidats à la présidentielle écartés du gouvernement, Afrique Avenir, 23 juillet 2009.. Certains analystes voient dans ce geste une tentative pour Ali Bongo d'exhiber son pouvoir , Afrik.com, 24 juillet 2009. après une nomination difficile, qui, contrairement à ce que veut faire croire l'intéressé, ne résulte pas d'un consensus , Afrik.com, 18 juillet 2009..
Campagne vignette|Affiche de campagne d'Ali Bongo à Libreville (Ali'9 ; Agir ensemble). Le , la Commission électorale nationale et autonome permanente (CENAP) a rendu publique la liste des 23 candidats autorisés à se présenter..
Le , 8 candidats ont réclamé la démission des 2 candidats, Ali Bongo et Pierre Claver Maganga Moussavou. Ils ont notamment critiqué la position d'Ali Bongo, à la fois ministre de la Défense et candidat, qu'ils soupçonnaient de vouloir utiliser à son profit les services de renseignement militaire..
En réponse à ces critiques, le PDG d'Ali Bongo a simplement déclaré qu'aucune loi ne les obligeait à démissionner, considérant la polémique comme un « faux débat »..
Le , Bruno Ben Moubamba a demandé l'interruption du processus électoral et la rédaction d'une nouvelle constitution..
Le , Pierre-Claver Maganga Moussavou, jusque-là ministre de l'Enseignement technique, a démissionné du gouvernement, laissant Ali Bongo seul ministre-candidat..
Le lendemain, , de violentes manifestations ont eu lieu à Libreville. Environ se sont réunies pour réclamer la démission d'Ali Bongo. Interdite par les autorités, la manifestation a été la cible de jets de gaz lacrymogènes de la part des forces de l'ordre..
Le , cinq des vingt-trois candidats, dont Jean Eyeghe Ndong et Paul Mba Abessole, se désistent en faveur d’André Mba Obame.. Ces ralliements de dernière minute laissent clairement apparaître une candidature fang autour d'André Mba Obame, une coalition qui prend le nom de « Bloc uni des forces du changement ». Seul Casimir Oyé Mba maintient sa candidature.
À la veille de l’élection, trois camps se dessinent donc assez distinctement : les pro-Ali, les gens du sud unis autour de Pierre Mamboundou et les Fang, partisans d’« AMO », André Mba Obame.
Résultats +Résultats de la présidentielle gabonaise de 2009Rapport de la Mission d’information et de contacts de la Francophonie (page 32)..Candidats Partis Voix %Ali BongoPDG41,73André Mba ObameIndépendant25,88Pierre MamboundouUPG25,22Zacharie MybotoUGDD3,94Casimir Oyé MbaSe retire le jour du scrutinIndépendant0,92Pierre Claver Maganga MoussavouPSD0,76Bruno Ben MoubambaIndépendant9630,28Bruno Ngoussi GeorgesIndépendant9150,27Jules Aristide Bourdes-Ogouliguende6950,20Albert Ondo OssaIndépendant6740,20Yvette Ngwevilo RekangaltIndépendant3670,11Ernest TomoIndépendant3080,09Victoire Lasseni DubozeIndépendant3040,09Bienvenu Mauro Nguema2930,09Luc Bengono NsiMorena2500,07Marcel Robert Tchoreret2480,07Jean-Guy KombenyIndépendant1520,04Bernard OyamaIndépendant1060,03 Votes valides 95,12 Votes blancs et nuls 4,88 Total 100 Abstention 55,71 Inscrits / participation 44,29
Notes et références
Gabon 2009 Catégorie:2009 au Gabon Catégorie:Politique en août 2009 Gabon