vignette|La danseuse classique de ballet Alicia Alonso sur pointes - 1955 Le travail sur pointes est une technique en danse classique qui consiste à danser sur l'extrémité distale, aplatie, du chausson de danse ou pointes (par opposition aux chaussons de danse en demi-pointes appelés « plats »). Par métonymie, le mot désigne aussi les ballerines de danse à semelles renforcées utilisés en danse classique.

La technique 250px|thumb|Une paire de ballerine ou pointes. Le travail sur pointes est une technique de ballet dans laquelle l'artiste se positionne en pointant son pied dans le chausson. Cela est rendu possible par l'utilisation de chaussures particulières dont l'extrémité aplatie est rigidifiée par une coque (que les ballerines appellent la « boîte ») actuellement en matériau composite. La ballerine se tient en appui la cambrure de son pied posé sur la tranche de la partie rigide du chausson et le maintient dans cette position. Elle donne l'impression de porter le poids du corps sur la pointe du pied alors qu'elle est en appui sur la cambrure du pied.

Les ballerines doivent posséder une force musculaire de la cheville et du pied ainsi qu'une technique suffisante avant de travailler sur pointes. L'acquisition de cette technique peut prendre entre six mois et trois ans ou plus. Il est également important pour les jeunes débutantes de ne pas aborder cette technique de ballet avant l'âge de dix ans pour ne pas altérer le développement du pied. En effet, avant cet âge, les os des pieds n'ont pas atteint la fin de leur croissance. Ils sont, en outre, insuffisamment calcifiés et peuvent être gravement endommagés par le travail sur les pointes. Les déformations qui en résultent sont définitives quelles que soient la force et l'adresse de la danseuse. De plus, ce ne sont pas que les os des pieds qui sont touchés par les déformations, et monter sur pointes avant d’avoir terminé de grandir peut déplacer le bassin et blesser les genoux. Enfin, la ballerine doit posséder des chevilles extrêmement solides. Les danseuses adultes qui viennent de commencer ne peuvent pas non plus faire des pointes tout de suite car il faut avoir acquis une certaine préparation musculaire auparavant.

Historique

Amalia Brugnoli danse sur pointes dès 1823Balletto.net - articolo: La tecnica delle punte: da virtuosismo a mezzo di espressione (Parte II). On lui attribue la maternité de la technique moderne des pointes. En France, Geneviève Gosselin fait de même en 1813 mais meurt prématurément. En 1832, la ballerine Marie Taglioni danse une petite partie du ballet La Sylphide sur pointes. mais il est probable que d'autres ballerines soient montées sur pointes avant elle. Au début, Taglioni monte sur pointes avec des chaussons souples dont la pointe était simplement renforcée par une piqûre de l'extrémité et des côtés du chausson et n'avait rien de comparable aux chaussons modernes armés d'une coque rigide qui enveloppe l'extrémité du pied, y compris le métatarse, mais laissant libre la cheville et le tarse. De fait, la position sur pointes était brève et consistait surtout en des « équilibres » et des « relevés ». D'autres types de danse que le ballet romantique font appel à de courtes montées sur pointes : danse hip-hop, danse jazz, street dance, step dance irlandaise, claquettes...

Au cours des décennies 1920 et 1930, Harriet Hoctor, un danseur du registre burlesque et du vaudeville, utilisait des chaussures à semelles renforcées de métal qui lui permettaient de faire des claquettes sur les pointes tout en se penchant en arrière. D'autres danseurs armaient leurs chaussures de roulements à billes pour obtenir des rotations rapides mais le danger de tels montages a vite fait abandonner la méthode.

Composition des pointes

Selon Geisha Fontaine, les premières pointes étaient souples et ne tenaient pas le pied, ce qui ne permet pas de maintenir longtemps la position. À la fin du sont introduites les pointes plus rigides avec des couches de tissu à l'extrémité. Anna Pavlova apporte les pointes en cuir avec un bout durci, similaires aux modèles actuels. Ceux-ci sont désormais moins coniques ce qui donne plus de stabilité.

Acquisition de la technique sur pointes Les jeunes filles intéressées par une carrière de ballerine commencent habituellement à danser sur pointes après l'âge de douze ans ou bien, si elles sont admises dans une académie de danse (l'âge d'admission varie), c'est-à-dire à la fin de leur première année d'études ou au cours de la seconde année, les enfants peuvent commencer un travail sur pointes dès l'âge de dix ans Scuola di Ballo del Teatro alla Scala: Testo programmatico per lo studio della danza classica - Teatro alla Scala, A. M. PrinaRoyal Swedish Ballet School ainsi que stipulé dans The Pointe Book pour les raisons exposées plus haut dans cet article. Il est également nécessaire que les muscles du pied et de la jambe soient suffisamment forts pour soutenir la danseuse dans cette position. Les futures ballerines doivent avoir atteint un niveau suffisant dans la danse afin de maintenir une rotation du bassin au cours des différentes combinaisons de figures et garder une position adéquate. Nulle ne doit commencer le travail sur pointes avant d'y être autorisée par le professeur. Dans les académies de danse les plus sérieuses, un avis médical est demandé pour être sûr que les os du pied ont une ossification et une minéralisation suffisante. De plus, dans les écoles de danse où les élèves suivent plusieurs cours par semaine, les enfants sont étroitement suivis par leur maître pour détecter toute faiblesse. Des fractures, en particulier de la cheville, peuvent survenir en raison du manque d'entraînement musculaire et osseux. Les ballerines doivent éviter d'avoir recours au pédicure et doivent couper leurs ongles des pieds un jour avant l'épreuve de danse afin de laisser les orteils s'ajuster à la nouvelle longueur des ongles. La corne, cals, durillons, etc. sont d'utiles protections contre l'agression du chausson. Les phlyctènes, furoncles, dermatomycoses, coupures ou saignements doivent être dépistés.

Pour l', le travail sur pointe peut commencer si la danseuse en est à sa quatrième année de cours de ballet au moins deux fois par semaine. Plusieurs facteurs doivent être étudiés, dont le stade développement physique ou l'alignement des jambes..

La danse sur pointes nécessite la participation de tout le corps y compris les muscles des jambes, du dos et les abdominaux« Fit feet - ballet dancers and pointe work », Dance Magazine, septembre 1997, Marian Horosko.

Une fois toutes les conditions remplies, la préparation de la danseuse est un processus graduel. Elle commence par des exercices à la barre pour acquérir la force nécessaire (par exemple, monter sur pointes et en redescendre. En fonction des préférences de l'enseignement du professeur, les danseuses vont se hisser d'abord sur une demi pointe puis sur pointe avant de reposer les pieds à plat sur le sol. Il est à noter que dans la méthode d'enseignement de l'école russe ou italienne le danseur, se hisse directement sur pointe sans passer par l'étape de la demi-pointe. À ce niveau, les premiers exercices « à la barre » consistent en des « « relevés » » et « échappés » Testo programmatico per lo studio della danza classica - Teatro alla Scala, A. M. Prina exécutés sur chacun des pieds. La jeune recrue apprend en outre à positionner son pied correctement. Une fois que l'élève est à l'aise dans ces exercices et les tendons suffisamment solides, de nouveaux exercices se terminant sur un seul pied sont introduits: « pas de bourrée en pointes », « retiré en pointes », etc. Des variantes dans la vitesse d'exécution et la position du pied sont alors introduites mais toujours pendant des laps de temps n'excédant pas cinq à dix minutes. Ce n'est qu'au terme de six mois à un an de cet entraînement que la ballerine peut danser librement sur pointes. Agrippina Vaganova suggère les « relevés » et « échappés » sur pointe comme premiers exercices sur chacun des piedsAgrippina Vaganova, Les Fondements de la danse classique, 1934. Ce traité est encore édité actuellement et accessible sous le titre en français Principes du ballet classique : technique du ballet russe, Ipcm, 1993 ..

Monter sur pointes thumb|200px|Marie Taglioni sur pointes dans le ballet Flore et Zéphire Il existe plusieurs méthodes pour permettre à la ballerine de monter sur les pointes. La méthode française consiste à s'élever sur la pointe en passant par la demi-pointe. C'est également la technique adoptée par la Méthode Balanchine qui a élaboré nombre d'exercices spécifiques pour permettre une forte pression du pied en demi-pointe contre la résistance du chausson de pointe, assurant le moelleux des relevés ainsi que des atterrissages. Ce genre de technique permet à la danseuse de relever exactement là où se trouvent les orteils, avec un déplacement minimal de l'axe du corps de la danseuse, ce qui est particulièrement important pour la stabilité des tours et la rapidité des changements de position. Par contre, les méthodes russe et italienne propulsent la danseuse directement sur la pointe grâce à un léger sautCyril W. Beaumont, S. Idzikowski, Théorie et pratique du ballet.. Dans ce dernier cas, les muscles du mollet sont moins sollicités et l'axe du corps de la danseuse se déplace au moment du relevé sur pointe. Les ballerines expérimentées utilisent une association des deux méthodes. Chacune d'elles apparaît très tôt dans l'historique des pointes et les cordonniers italiens élaborent des « boîtes » plus dures pour leurs ballerines (Par exemple Pierina Legnani qui réalisait régulièrement 32 fouettés lorsqu'elle interprétait Le Lac des cygnes) afin de leur permettre des pas plus complexes et de rester en équilibre sur pointes plus longtemps. Afin d'imiter les exploits des ballerines italiennes, les ballerines russes introduisent à leur tour des semelles plus rigides pour les porter au cours de ces pas difficiles Interview avec Dr. Dianne Howe - Anaheim Ballet video podcast. Comme il est pratiquement impossible de passer par l'étape de la demi-pointe dans ces chaussons très rigides, il a fallu introduire un léger saut (Les chaussons russes actuels ont une semelle bien plus rigide que les chaussons français). L'effort nécessaire pour rester sur pointes s'exerce à partir du corps dans sa totalité et non plus uniquement par les jambes. Les muscles abdominaux sont sollicités et le dos doit rester bien droit avec des muscles du cou gardés souples.

La danseuse sur pointes doit s'échauffer par des exercices à la « barre » avant d'exécuter un travail routinier ou des combinaisons sur pointes. Ces exercices peuvent consister en des « relevés », des « échappés » et autres « arabesques ». Lorsque la ballerine se sent prête, elle exécute ces combinaisons sur scène. L'ensemble du travail est supervisé par un professeur. Lors de la préparation pour des productions, le professeur s'adjoint les services d'un chorégraphe. Ce dernier ajoute des mouvements et des pas à la danse au cours des préliminaires afin que la danseuse exécute le ballet selon la vision qu'il en a. Le rôle du professeur est d'enseigner la danse à l'élève et de s'assurer qu'une technique adéquate est utilisée. Tous deux enseignent la danse avec un/des partenaire(s) si nécessaire.

Les chaussons thumb|200px|Pied sur la pointe Une paire de pointes est utilisée par les femmes et plus rarement par quelques hommes. Les hommes dansent habituellement des ballets classiques en demi-pointes. Une exception : il existe une version de La Fille mal gardée dans laquelle le garçon exécute une variation sur pointes.

Les pointes apparaissent au début du . Elles allongent la silhouette de la ballerine et la grandissent quand elle monte sur pointes, ce qui donne au spectateur l'impression que la danseuse flotte dans les airs.