La ressource hydrique, ou ressource en eau, comprend, au sens large, toutes les eaux accessibles comme ressources, c'est-à-dire utiles et disponibles pour l'être humain, les végétaux qu'il cultive, le bétail qu'il élève et les écosystèmes, à différents points du cycle de l'eau.

Cette ressource est limitée en quantité et en qualité (surtout en zone sèche). Elle est indispensable à la vie et à la plupart des activités humaines, telles que l'agriculture, l'industrie et aux usages domestiques (alimentation en eau potable). Elle est vitale pour le fonctionnement des écosystèmes terrestres.

Elle est localement menacée ou très dégradée par la pollution et l'eutrophisation. Il existe dans un nombre croissant de régions une surexploitation de la ressource ; les détournements ou prélèvements d'eau par pompage et pour l'irrigation sont tels qu'ils dépassent les seuils autorisant le renouvellement et l'autoépuration des masses d'eau superficielles ou des nappes phréatiques.

Les ressources en eau sur la planète Origine

Les nappes phréatiques, zones humides, lacs et cours d'eau sont très inégalement répartis sur la Terre, ce qui est source d'inégalités écologiques et de santé. L'accès à l'eau est parfois très contraint par sa profondeur ou l'indisponibilité de moyens de pompage, épuration pour les populations locales. Sa gestion nécessite donc une coopération inter-régionale et internationale, car pouvant entraîner des tensions entre régions ou États voisins dans de nombreuses parties du monde. Les effets cumulés du dérèglement climatique et ceux de la surexploitation et des pollutions (qui ne s'arrêtent pas aux frontières) - selon les prospectivistes - affecteront aussi la ressource en eau et les difficultés de sa gestion durable.

Parmi les objectifs du millénaire pour le développement en 2000 de l'ONU, l'un est de Les grandes étapes 1972 - 2003 : de Stockholm à Kyoto, sur unesco.org.

depuis 1997, de nombreux ministres, scientifiques et militants écologistes participent au Forum mondial de l'eau pour étudier les moyens de prévenir une crise de l'eau qui, selon l’ONU et le Conseil mondial de l'eau, affectera près de la moitié de la population mondiale d’ici 2030.

L'eau est le thème central du sommet mondial de Johannesbourg de 2002

Volume et pourcentage d'eau sur Terre Stocks d'eau terrestresCycle de l'eau et réservoirs - Des stocks restreints, sur cnrs.fr, consulté le 17 juillet 2017 de kmocéans, mers de km glaces de km eaux souterraines 8,2 millions de km lacs, rivières humidité du sol humidité de l'air eau des cellules vivantes

Sur la Terre, il y a l'eau visible : l'eau de mer, l'eau contenue dans les calottes polaires, les lacs, les rivières, les nuages et la pluie ; et l'eau invisible : les eaux souterraines.

Si l'eau est très présente sur la Terre, 97 % de la ressource est de l'eau salée et 2 % est bloquée sous forme de glace. Il ne reste environ que 1 % d'eau sous forme d'eau douce liquide.

Les eaux douces exploitées ont une origine continentale : les eaux de précipitations : atmosphère ; les eaux de surface : rivières, plans d'eau ; les eaux souterraines : elles proviennent du sous-sol (aquifères ou roches réservoirs) captées par sources naturelles ou forages.

Elles représentent 0,6 % de la ressource totale en eau.

L'eau dans l’atmosphère est renouvelée tous les neuf jours, au cours de ce cycle hydrologique - évaporation - condensation - pluie - ruissellement - et retour à l'océan. En moyenne il tombe un par , soit L’eau des nuages, sur fao.org, consulté le 16 mars 2019, sur lesquels 56 % sont évaporés par les forêts et les paysages naturels. C'est dans les 44 % restants que l'humanité va puiser pour ses besoins, on parle d'eau agricole (dont 5 % par l'agriculture pluviale), d'eau industrielle et d'eau domestique. (Voir plus loin, Le cycle de l'eau)

Répartition géographique

vignette|Niveau de stress hydrique, par pays, en 2019 (carte établie par le World Resources Institute).

Si l'eau est abondante, elle n'est pas répartie uniformément sur la Terre. Neuf pays se partagent ainsi 45 % du débit annuel mondial. L'eau est, en outre, irrégulièrement répartie d'une année sur l'autre ou d'une saison sur l'autre (plus de 60 % du débit annuel mondial étant généré lors d'inondations suivies de sécheresses, parfois pluriannuelles).

Outre ces variations saisonnières, les ressources mondiales se caractérisent par une importante variation géographique, par exemple : En Amérique du Sud, il existe un très fort contraste entre la zone géographique couverte par l'Amazone, qui draine 15 % de la ressource mondiale en eau douce, et le nord-est du Brésil qui souffre de sécheresse ; En Inde, il existe de très fortes différences entre les plaines de l'Himalaya (traversées par de grands fleuves), les zones désertiques, et les moussons du sud du continent indien ; En Chine, l'eau est gelée plusieurs mois par an au nord, l'ouest est caractérisé par la désertification et le sud par un climat tropical ; Dans la région méditerranéenne, l'eau douce est rare et irrégulièrement répartie. Les pays les plus riches en eau (France, Turquie, Italie, ex-Yougoslavie) cumulent les deux tiers des ressources (825 sur par an), mais la France n'a pas su préserver sa ressource qui est largement polluéeLa France a échoué à protéger ses ressources en eau, sur euractiv.fr du 18 octobre 2017, consulté le 21 octobre 2017.D'autres pays, tels que Malte, Gaza, la Jordanie, la Libye, sont en dessous du seuil de pénurie ( par an et par habitant).

Il n'y a pas un problème de l'eau relatif à la globalité de la planète, mais plutôt une grande diversité de scénarios de disponibilité localisés. Les deux derniers exemples rappellent en particulier que les situations critiques ne se définissent pas par rapport à des frontières politiques, mais par rapport à des régions écologiques.

L'établissement d'index de montant d'eau disponible par habitant pour chaque pays est important car, mis en parallèle avec les besoins de cette population, il pourra servir de support aux discussions de gestion de la ressource hydrique mondiale. Il est cependant important de ne pas « gommer » les différences de disponibilité existant à l'intérieur d'un même pays, différences qui pourraient ne pas être prises en compte dans les écarts internationaux. Par exemple, l'Islande dispose de par personne alors que Djibouti dispose de /personne (1990). En moyenne, les disponibilités par habitant sont de /an (selon les sources) mais elles diminuent au fur et à mesure que la population mondiale augmente.

L'index le plus utilisé est le Du nom de Malin Falkenmark, hydrologue suédoise à l'Institut suédois de météorologie et d'hydrologie et au . ou . Cet indice de stress hydrique développé par Falkenmark et col (, WRPC) est basé sur une estimation de la quantité de ressources en eau renouvelables (de surface et souterraines) moyenne par habitant et par an, comparée au besoin en eau individuel calculé en prenant un pays développé, sous un climat semi-aride comme référence. En dessous de /habitant/an, on parle de pénurie absolue, les disponibilités en eau étant des contraintes majeures au développement d'un État. En dessous de /habitant/an, on parle de pénurie relative en eau qui affecte le développement économique d’un État, de la santé et du bien-être de sa population. En dessous de /habitant/an, on parle de stress hydrique, les pénuries étant seulement locales et temporaires. Au-delà de /habitant/an, les pays ne connaissent aucun stress hydrique. Cependant cet indice employé dans les grands instituts internationaux (FAO, Organisation mondiale de l'environnement jusque dans les années 1990 est remis en cause car il tient compte uniquement des usages domestiques (et pas les usages agricoles qui sont les plus gros consommateurs d’eau) et omet la capacité à mobiliser les ressources en eau, facteur bien plus important que les ressources en elles-mêmes, grâce à l'expertise technique, les capacités financières et la qui permettent de maîtriser cette capacité de mobilisationÉléonore Loiseau, « [Les méthodes d’évaluation des impacts environnementaux liés aux usages de l’eau] », Engref - AgroParisTech, janvier 2010, .

En 2019, selon le , , dont l'Inde, la plupart des pays du Moyen-Orient et le Mexique, ont une probabilité de stress hydrique « extrêmement élevée », car plus de 80 % de la ressource disponible chaque année en surface et dans les nappes phréatiques y est pompée pour être consommée ; ils regroupent près du quart de la population mondiale, soit sur . , dont plusieurs pays d'Amérique latine et la plupart des pays méditerranéens (Italie, Espagne, Grèce), ont une probabilité de stress hydrique « élevée », car de la ressource en eau disponible y est prélevéeLe risque de « stress hydrique » s'étend dans le monde, Les Échos, 6 août 2019..

L'eau disponible n'est pas toujours potable ni utilisable Temps de résidence moyen de l'eauAtmosphère 8-10 joursOrganismes1 semaineRivières2 semainesLacs (naturels et artificiels)2 semainesSols 2 semaines-1 anZones humides des annéesAquifères des jours à ansOcéans et mers ansGlace10 ans à des milliers d'années

Le (indice de stress hydrique) est remplacé depuis les années 2000 par des indicateurs qui prennent en compte la capacité à mobiliser les ressources en eau, tels que le (index de pauvreté en eau décomposé en sous-indicateurs : ressources et qualité de l'eau, disponibilité des ressources, types de gestion et d'utilisation de ces ressources, pourcentage des ressources faisant l'objet de protection de l'environnement) élaboré par le britannique ou le (indice de la vulnérabilité des ressources en eau) qui est un ratio entre les prélèvements d'eau (au niveau des cours d'eau et des nappes phréatiques) pour des usages domestiques, industriels et agricoles, et les ressources en eau disponibles et renouvelables.

La disponibilité en eau utilisable dépend de la source, du climat et de l'utilisation de techniques visant à dépolluer, traiter, réguler et protéger l'eau.

Les écosystèmes naturels captent l'eau, stabilisent les phénomènes saisonniers, participent à l'amélioration de la qualité. Néanmoins, le développement des activités industrielles, l'accroissement de la population mondiale, les rejets d'eau domestiques non traités, les pollutions d'origine agricoles (nitrates, phytosanitaires), salinisation relative à l'irrigation, ont entraîné une dégradation progressive de la qualité des eaux, soit liée à la pollution de l'eau elle-même, soit à la dégradation des contenants à travers lesquels circule l'eau (atmosphère, cours d'eau, sols, aquifères). Les eaux pluviales peuvent également être stockées et réutilisées mais l'utilisation de cette eau n'est souvent pas possible du fait de la pollution atmosphérique.

Pour l'utilisateur, l'eau est polluée lorsque sa qualité ne convient plus à son usage (tel qu'eau potable, eau pour l'agriculture, eau pour l'industrie). Environ 880 millions de personnes n'ont pas accès à de l'eau potable.

Le cycle de l'eau

À cette vision statique de l'eau, il est nécessaire d'ajouter une vision dynamique, celle constituant le « cycle de l'eau ».

Flux annuels planétaireÉvaporationSur les continents/anSur les océans/anPrécipitationsSur les continents/ansur les océans/an

Depuis le , on sait que le cycle de l'eau fonctionne par , c'est-à-dire par évapotranspiration à la surface des océans et de la Terre, circulation dans l'atmosphère (via les nuages) puis retombée à la surface (pluie). D'un point de vue global, il est faux de dire que l'évaporation sur les océans alimente les précipitations sur les continents : en réalité, l'évaporation se produit à la fois au-dessus des océans et sur les continents (par le biais notamment des végétaux).

La différence de flux (entre précipitations et évaporation) représente /an. Il correspond à : l'écoulement par les rivières (/an) ; l'écoulement des nappes vers les rivières (/an) ; les apports d'eau par fusion des glaces polaires (/an).