Cyrrhus, Cyrrus, ou Kyrros (en grec : Κύρρος) était dans l'ancienne Syrie une ville fondée par Seleucos Nicator, un des généraux d'Alexandre le Grand. La ville s'est appelée aussi Hagioupolis, Nebi Huri, نبي حوري, Khoros (en arabe حوروس Ḳūrus). Ses ruines se trouvent en Syrie à environ au nord-ouest de Kilis (Turquie), à proximité immédiate de la frontière syro-turque.

Cyrrhus était la capitale de la vaste région de Cyrrhestique, entre la plaine d'Antioche et la Commagène. Une fausse étymologie du la met en relation avec Cyrus roi de Perse, en raison de la ressemblance des noms.

L'emplacement de la ville est marqué par ses ruines à Khoros, à au nord-ouest de Kilis, près du village d'Afrin. Les ruines se trouvent près de la rivière Afrin Marsyas, un affluent de l'Oronte, qui fut aménagée par l'évêque Théodoret.

Histoire

Cyrrhus fut fondé par Seleucos I Nicator peu après 300 et on lui donna le nom de la ville de Cyrrhus en Macédoine. Prise par les Arméniens au , elle devint ensuite romaine quand Pompée s'empara de la Syrie en 64 Au , elle devint un centre administratif, militaire et commercial romain sur la route commerçante joignant Antioche à l'Euphrate en passant par Zeugma et elle frappa sa propre monnaieEncyclopedia Britannica, éd., s.v. numismatics. L'Empire perse la prit à plusieurs reprises au cours du Mannheim.

Au , la ville fut embellie et fortifiée par Justinien. Elle fut prise par les Musulmans en 637 et par les Croisés au . Elle fut une des forteresses du Comté d'Édesse. Nur ad-Din s'en empara de nouveau en 1150. Les voyageurs musulmans des parlent d'elle comme d'une ville importante mais en grande partie en ruinesLe Strange.

Histoire religieuse vignette|Mausolée de Nebi Huri Très tôt le diocèse de Cyrrhus devint suffragant de Hiérapolis Bambyce dans la Province de l'Euphrate. Nous en connaissons huit évêques avant 536 (Lequien, II, 929; E.W. Brooks, The Sixth Book of the Select Letters of Severus, II, 341). Le premier a participé au premier Concile de Nicée en 325. Le plus célèbre est Theodoret (423-58), écrivain prolifique, bien connu pour son rôle dans l'histoire du Nestorianisme et de l'Eutychianisme. (Ses travaux se trouvent dans Migne, P.G., LXXX-LXXXIV.) Il nous dit que le petit diocèse de cet évêque (une quarantaine de miles carrés) n'avait pas moins de 800 églises, ce qui suppose une population très dense.

Une basilique magnifique abritait les reliques des saints Côme et Damien, martyrisés à proximité vers 283 et dont les corps avaient été transportés dans la ville, appelée ainsi pour cette raison Hagioupolis. Par ailleurs beaucoup de saints personnages, surtout des ermites, avaient vécu dans cet endroit ou y vivaient encore, parmi eux les saints Acepsimas, Zeumatius, Zebinas, Polychronius, Maron (le patron de l'Église maronite), Eusèbe, Thalassius, Maris, Jacques le Thaumaturge et d'autres. Theodoret consacra tout un ouvrage à vanter leurs vertus et leurs miracles. Sous Justinien, Cyrrhus devint une métropole ecclésiastique indépendante, relevant directement d'Antioche. Le patriarche Michel le Syrien donne les noms de treize évêques de Cyrrhus appartenant à l'Église syriaque orthodoxe depuis le neuvième siècle jusqu'au onzième (Revue de l'Orient chrétien, 1901, 194). Seuls deux titulaires latins sont cités par Lequien (III, 1195).

La mémoire de ce diocèse est conservée par un catholique de la province ecclésiastique de Syrie.

Notes et bibliographie

Ivan Mannheim, Syria and Lebanon Handbook: The Travel Guide, Footprint, 2001. . Guy Le Strange, Palestine Under the Moslems: À Description of Syria and the Holy Land from A.D. 650 to 1500, Londres, 1890.

Référence de traduction

Liens externes Site sur les fouilles archéologiques menées à Cyrrhus Forteresse de Coricie

Catégorie:Site archéologique en Syrie Catégorie:Cité grecque Catégorie:Ville de l'Empire byzantin Catégorie:Ville détruite Catégorie:Mausolée Catégorie:Colonie séleucide