Le Parti des démocrates camerounais (PDC) (en anglais : Cameroonian Party of Democrats (CPD)) est un parti politique camerounais gouvernemental situé au centre de l'échiquier politique. Louis-Tobie Mbida en est le président depuis 1991, à la suite du rétablissement du multipartisme au Cameroun. Dans sa version longue, la devise du Parti des Démocrates Camerounais est : « Jusqu’à la mort, lutte pour la Vérité et La justice, et le seigneur Dieu combattra pour toi ». Les pères fondateurs du Parti des démocrates camerounais sont : André-Marie Mbida : premier chef du gouvernement camerounais, premier chef de l'État du Cameroun oriental, Premier ministre, conseiller de l'Union française, député à l'Assemblée nationale française, député du Nyong et Sanaga, Mathias Djoumessi : chef supérieur bamiléké de la Menoua, ministre du premier gouvernement camerounais, président du KOUMZE, Claude Akono : vice-président de l'Assemblée législative de 1958, député du Nyong et Sanaga, président du groupe parlementaire des Démocrates camerounais.

Histoire Racines Les racines du PDC remontent à la création de l'ATCAM (Assemblée territoriale du Cameroun) en 1952. Il est issu du courant de pensée démocrate-chrétien (Parti des démocrates chrétiens) rebaptisé Parti des démocrates camerounais à la suite de la victoire de son fondateur André-Marie Mbida (le ) face au colon Louis-Paul Aujoulat, qui, lui, dirige le Bloc démocratique camerounais (BDC).

L’ALCAM (Assemblée législative du Cameroun) remplace l'ATCAM le et le , André-Marie Mbida (président du parti) devient le Premier ministre et le premier chef d'État du Cameroun autonome (avec un gouvernement, un hymne, un drapeau et une devise) d'expression française. Il est élu par 56 voix pour, 10 voix contre et 4 abstentions Enoh Meyomesse, Quotidien Mutation, 14 mai 2008. 300px|thumb|right|André-Marie MBIDA proclame l'autonomie interne du Cameroun oriental 300px|thumb|right|Devant la cathédrale de Yaoundé, André-Marie Mbida lève pour la première fois le tout premier drapeau camerounais, explique la devise et l'hymne est entonné

Gouvernement du

Premier ministre, chef du gouvernement : André-Marie Mbida Vice-Premier ministre (Intérieur) : Ahmadou Ahidjo Ministre d'État chargé des Affaires réservées et des Études : Mathias Djoumessi Ministre de la Santé : Haman Adama Ministre de l'Agriculture : Alfred Mandon Ministre des Finances : Arouna Njoya Ministre du Travail et des Lois sociales : Marigoh Mboua Ministre des Affaires économiques : Pierre Kotouo Ministre des Transports et des Mines : Michel Njiné Ministre de l'Éducation nationale : Vincent Ahanda Secrétaire d'État à l'Intérieur : Antoine Logmo Secrétaire d'État au Budget : François Biyo’o Olinga Secrétariat d'État à l'Agriculture : Talba Malla Secrétaire d'État à l'Information : Gaston Medou Secrétaire d'État à la Fonction publique : Germain Tsalla Mekongo

Création

La création effective du Parti des démocrates camerounais (jusque-là groupe parlementaire à l’ALCAM) avec l'élection du comité directeur - l'adoption d'un programme politique - d'une devise (version simplifiée) : « Dieu - Patrie - Justice - Égalité » - d'un emblème le « coq vigilant et courageux » (utilisé depuis l'élection au palais Bourbon face à Louis-Paul Aujoulat) a lieu à Abong-Mbang le . En 1991, cette devise a évolué : « Dieu - Patrie - Justice - Démocratie ».

Les membres fondateurs du PDC

André-Marie Mbida : Premier ministre, chef du gouvernement, député du Nyong et Sanaga Claude Akono : vice-président de l’Assemblée législative, député du Nyong et Sanaga Vincent Ahanda: ministre de l'Éducation nationale, député du Nyong et Sanaga Paul Amougou Nguelé: vice-président de la commission de l'Agriculture à l'Assemblée législative, député du Nyong et Sanaga Bernard Banag: secrétaire à l'Assemblée législative, député de la Sanaga-Maritime François Biyoo Olinga: Secrétaire d’État aux Finances, député du Nyong et Sanaga Antoine Logmo : Secrétaire d'État à l'Intérieur, député de la Sanaga-Maritime Jean Baptiste Mabaya : Vice-Président de l’Assemblée législative député du Haut-Nyong Blaise Manga Bilé : membre de la commission des Finances, député du Nyong et Sanaga Marcel Marigoh Mboua : ministre du Travail et des Lois sociales, député du Nyong et Sanaga René Mindjos : Secrétaire à l'Assemblée législative, membre de la commission des Finances, député du Boumba-et-Ngoko Gabriel Ndibo Mbarsola : membre de la commission des Grands travaux, député du Lom-et– Kadeï Médard Ngaba Ndzana : questeur à l'Assemblée législative, député du Nyong et Sanaga Pierre Ninekam : Secrétaire à l'Assemblée législative, député du Haut-Nyong Germain Tsala Mekongo : Secrétaire d'État à la Fonction publique, député du Nyong et Sanaga Joseph Yakana: membre de la commission des Affaires administratives, député du Mbam

Les membres du comité exécutif après le congrès fondateur André-Marie Mbida : président général Mathias Djoumessi : vice-président Gabriel Ndibo Mbarsola : vice-président Tobie Nana : Secrétaire général Joseph Yakana: Secrétaire général adjoint Paul Amougou Nguelé : Trésorier général Blaise Manga Bilé : Commissaire aux comptes

Faits marquants Le , grâce à un passage en force sagement orchestré par Jean Ramadier, haut-commissaire français de l'État du Cameroun sous tutelle des Nations unies, Ahidjo fait tomber le gouvernement André-Marie Mbida en démissionnant avec la totalité des ministres du Nord qui lui sont fidèles. Il remplace ainsi André-Marie Mbida à la tête du gouvernement le Stéphane Prévitali, Je me souviens de Ruben: mon témoignage sur les maquis du Cameroun, 1953-1970, Karthala (1999), Collection Tropiques. En réalité, ce n'est point la démission d'Ahidjo qui fait tomber le gouvernement Mbida, mais plutôt le haut-commissaire Jean Ramadier qui ne respecte pas les prérogatives du Premier Ministre. Dans les statuts de l'État autonome du Cameroun d'expression française, un haut-commissaire ne peut en aucun cas démettre un Premier ministre de ses fonctions Article 19-4 du Décret no 57-501 du 16 avril 1957 portant statut du Cameroun, Cf. JP Guiffo Moppo, ibid, p.15. Or comme Jean Ramadier veut la « tête » de Mbida, il va susciter le dépôt de motions de censure contre le gouvernement, donner quelques billets de banque soit fcfaEnoh Meyomesse, Um Nyobè le combat interrompu aux parlementaires qui se ligueront contre Mbida puis refuser d'entériner au mépris des textes le remaniement gouvernemental de Mbida après la démission d'Ahidjo de la coalition parlementaire. Le Mbida a rompu son appartenance avec le groupe socialiste SFIODaniel Abwa André-Marie Mbida, premier premier ministre camerounais (1917-1980): autopsie d’une carrière politique Racines du présent, p.89 et il démissionne de ses fonctions de Premier ministre le Georges Chaffard Sur le conflit Mbida-Ramadier, Les carnets secrets de la décolonisation, Calman-Leby. Il est fort malheureux de souligner que l'illégalité des actes posés par Jan Ramadier n'intéresse pas les concurrents politique du Premier ministre. Seuls comptent son départ et la perspective de son remplacement. Le suivant, Mbida rompt son apparentement avec la SFIO. Après sa démission au poste de Premier ministre, son parti rentre dans l'opposition parlementaire. Le Premier ministre Ahmadou Ahidjo forme un gouvernement de coalition avec les Paysans indépendants de Michel Njiné et le MANC de Charles Assalé, en excluant les Démocrates camerounais, par ailleurs ses anciens partenaires. Il intègre à titre individuel Charles Okala du Parti socialiste camerounais et Pierre Ninekan (ex. Démocrates camerounais).

Un jour dans l'histoire du Cameroun

Référendum du

Au mois de grâce à la loi du les contours de la nouvelle République du Cameroun étaient initiés. Le vote de l'Assemblée générale des Nations unies autorisant la levée sans conditions de la tutelle de la France sur le Cameroun et les pleins pouvoirs octroyés à Ahmadou Ahidjo malgré la vive opposition de Daniel Kemajou et des Démocrates Camerounais tels que Tsalla Mekongo Germain, Akono Claude et Yakana Joseph. Le gouvernement Ahidjo va organiser sans contrôle aucun et à sa guise les futures consultations électorales dont le référendum du . Ce référendum fut pour Ahmadou Ahidjo une véritable épreuve.

Le gouvernement de 1960 était entre les mains de l'Union camerounaise créée le à Garoua. L'Union camerounaise peu populaire et pratiquement inconnue du reste du pays en dehors de la région du Nord, comptait peu de sympathisants au Cameroun. Outre la traditionnelle opposition de l’UPC, le gouvernement Ahidjo avait aussi en face de lui le bastion du Sud-Cameroun contrôlé par une opposition active et sévère animée par le Parti des démocrates camerounais (PDC) d'André-Marie Mbida. Le gouvernement Ahidjo, depuis , avait laissé s’installer un climat conflictuel dans le pays. Au lendemain de la proclamation de l’indépendance le , le vote du apparaissait comme un véritable test de popularité pour le gouvernement Ahidjo.

Le , les camerounais inscrits sur les listes électorales devaient se prononcer par Oui ou par Non et dire s'ils acceptaient que la première constitution du Cameroun fût calquée sur celle de la cinquième République française. Cependant, la véritable surprise fut provoquée par le vote positif du département Bamiléké. La victoire du « Oui » dans cette zone troublée par la rébellion de l’UPC marquait la percée de l’Union camerounaise dans les hautes terres de l’Ouest.

Toutefois, le grand Sud-Cameroun à l'instigation du Parti des démocrates camerounais (PDC) d'André Marie Mbida avait massivement voté « Non » jetant ainsi le trouble et un doute sérieux sur la valeur de la Constitution de 1960.

Le gouvernement Ahidjo avait gagné uniquement grâce aux suffrages du Nord-Cameroun. De ce fait, le Premier ministre Ahidjo perdait son challenge politique. Sur les vingt un départements, qui correspondaient également à des circonscriptions électorales, dix émirent un vote massif négatif et dans huit on enregistra un fort taux d’abstentions. Si le Premier Ministre Ahidjo admettait stoïquement le vote négatif dans les départements du Sud Cameroun sous l’influence des Démocrates Camerounais de l’ancien Premier ministre André-Marie Mbida, il comprenait difficilement le rejet de la constitution dans le Mungo et dans le Wouri. Par ailleurs, Ahmadou Ahidjo avait compris que le non massif du peuple camerounais sanctionnait les choix politiques qui avaient été les siens depuis le . Dès lors il sera légitime de se demander si Ahmadou Ahidjo pouvait dans ces conditions continuer à diriger le pays avec seulement le soutien du tiers de la population et s'il allait mettre en place la régionalisation du pouvoir comme le prévoyait la constitution? Le Cameroun indépendant va ainsi naître dans des conditions douteuses qui n'augureront rien de positif pour l'avenir de la nation camerounaise. André-Marie Mbida mettra en place l'État du Cameroun le tandis que Ahmadou Ahidjo tentera de promouvoir la Nation camerounaise dès le .

Législatives du Dans le décret no 60-50 du portant répartition des sièges à l'Assemblée nationale, le Premier ministre Ahmadou Ahidjo crédite le nord Cameroun de 44 sièges à pouvoir contre 56 dans le reste du pays (grand Sud) dont 14 pour le Bamiliké et 12 pour le Nyong-et-Sanaga. Les résultats sont très controversés dans le grand sud en raison de la forte implantation des Démocrates dans cette partie du territoire: Le Parti des démocrates camerounais recueille officiellement les 12 sièges du Nyong-et-Sanaga et perd 8 sièges par rapport à la précédente législature. L'Union des populations du Cameroun recueille 8 sièges. Les progressistes (ex-MANC) recueillent 7 sièges, et Paul Soppo Priso est officiellement battu dans la circonscription du Wuri I par Alexandre Ndumb'a Duala. L'Union camerounaise d'Ahidjo recueille officiellement 51 sièges.