Hans-Rudolf Merz, né le à Herisau (originaire de Beinwil am See), est une personnalité politique suisse, membre du Parti libéral-radical.
Il est conseiller fédéral de 2004 à 2010 et président de la Confédération en 2009.
Biographie Origines et famille Hans-Rudolf Merz naît le à Herisau, dans le canton d'Appenzell Rhodes-Extérieures. Il est originaire de Beinwil am See, dans le canton d'Argovie. Il est l'aîné d'une fratrie de trois enfants.
Son père, Adolf Merz, est fabricant de textiles ; sa mère, née Hedwig-Emma Brand, est assistante d'exploitation.
Il épouse en 1968 Roswitha Katharina Schüller, artiste qui travaille de 1962 à 1964 comme tailleuse dans la chemiserie des Merz, puis à partir de 1966 jusqu'à son mariage comme directrice. Ils ont trois fils.
Études Hans-Rudolf Merz effectue sa scolarité obligatoire à Herisau, sa ville de naissance, puis obtient sa maturité au gymnase de Trogen.
Il étudie ensuite l'économie à l'Université de Saint-Gall, où il obtient une licence en gestion d'entreprise puis un doctorat en science politique en 1971 ; il y travaille comme assistant à l'Institut d'économie financière et de droit financier entre 1967 et 1969.
Carrière professionnelle De 1974 à 1977, il est vice-directeur du centre de formation de l'UBS à Wolfsberg. De 1977 à 2003, Merz travaille comme conseiller en stratégie indépendant en Europe, aux Amériques, en Afrique du Sud et dans le monde arabe. Dans le même temps, il siège au conseil d'administration de plusieurs entreprises suisses. En tant que consultant, il pèse dans le recrutement et le développement professionnel des hauts cadres, ainsi que dans le développement des entreprises.
En 1992, il est élu au conseil de la banque cantonale d'Appenzell Rhodes-Extérieures qui est alors déjà en difficulté ; il en est élu président l'année suivante. Dans son premier rapport annuel, il présente un document sur la vision d'une « banque régionale universelle », soit une petite banque qui offre tous les services bancaires. En 1994, la banque est partiellement privatisée et transformée en société anonyme dont le canton reste l'actionnaire majoritaire. La population du canton a dû voter sur cette privatisation partielle car, en tant que Landsgemeinde, elle est le législateur cantonal. Le , la banque est rachetée par la Société de banque suisse « Das kleine Bankgeheimnis des Finanzministers: Warum Hans-Rudolf Merz seine Appenzeller Bankgeschäfte gern verschweigen würde », Die Wochenzeitung, 4 décembre 2008.
Carrière politique Débuts Hans-Rudolf Merz est politiquement actif relativement tôt. Il est membre du conseil communal de Herisau jusqu'en 1967. En , peu après la répression du Printemps de Prague par les troupes du Pacte de Varsovie, il aide un ami artiste à quitter Prague, en voiture, pour se réfugier en Suisse « Bundesrat Merz als Fluchthelfer », Neue Zürcher Zeitung, 18 août 2009.
Après ses études, Hans-Rudolf Merz travaille comme secrétaire du Parti radical-démocratique du canton de Saint-Gall de 1969 à 1974. Il travaille également comme directeur de l'Association industrielle d'Appenzell Rhodes-Extérieures. Plus tard, il préside le parlement communal (Einwohnerrat) intérimaire de Herisau et dirige les opérations du Centre sportif de Herisau.
Conseiller aux États Après une longue période sans activité politique, Merz vise un siège au Conseil des États pour représenter le canton d'Appenzell Rhodes-Extérieures. Alors que les candidats officiels du Parti radical-démocratique sont la conseillère d'État chargée des finances, Marianne Kleiner, et le Landaman Hans Höhener, il reçoit le soutien de l'Union démocratique du centre, du Parti démocrate-chrétien et de certaines sections radicales locales. À l'occasion de la dernière Landsgemeinde du canton d'Appenzell Rhodes-Extérieures, le , il est finalement élu. Au Conseil des États, il préside la commission des finances et siège à la commission de la politique étrangère et de sécurité. Il a également appartenu à la délégation de la Suisse à l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe.
Conseiller fédéral Après les élections fédérales du , le Conseil fédéral est intégralement renouvelé le ; un siège doit y être attribué après la démission de Kaspar Villiger. Son parti, le Parti radical-démocratique, présente une double candidature : celle de Christine Beerli et la sienne ; les Verts recommandent de voter pour Christine Beerli alors que les autres groupes laissent le choix entre les deux candidats. Hans-Rudolf Merz est finalement élu au second tour avec 127 voix contre 96 pour Christine Beerli, devenant le conseiller fédéral de l'histoire. Cette élection et la non-réélection de Ruth Metzler quelques heures plus tôt suscitent des critiques concernant le traitement inégal réservé aux femmes.
vignette|Hans-Rudolf Merz durant un débat au Conseil national. vignette|Hans-Rudolf Merz durant la célébration de son élection présidentielle à Herisau.
Le , il prend la tête du Département fédéral des finances. Durant son mandat, il soutient notamment une réforme fiscale qui échoue en votation populaire le . Il présente aussi des mesures destinées à redresser les finances fédérales et travaille à simplifier le système fiscal suisse.
À la suite des élections fédérales de 2007, Hans-Rudolf Merz est réélu le avec le meilleur résultat de tous les candidats : il reçoit 213 votes sur 233 bulletins valables. Le lendemain, il est élu avec 193 votes sur 211 bulletins valables en tant que vice-président du Conseil fédéral pour l'année 2008 « Mit 61 Jahren als Quereinsteiger in Bundesrat gewählt – Ein Porträt von Bundesrat Hans-Rudolf Merz », Neue Zürcher Zeitung, 21 septembre 2008. Le , l'Assemblée fédérale l'élit président de la Confédération pour l'année 2009 avec 185 votes sur 209 bulletins valables « Hans-Rudolf Merz ist Bundespräsident für 2009 », Neue Zürcher Zeitung, 10 décembre 2008 ; cette élection est célébrée à Herisau.
Son année présidentielle, notamment marquée par la fin du secret bancaire en Suisse, l'affaire UBS et la crise diplomatique entre la Suisse et la Libye, est qualifiée dans sa bibliographie parue en 2012 d'année la plus difficile de sa carrière politique.
Le , Hans-Rudolf Merz annonce sa démission du Conseil fédéral pour le mois d'octobre de la même année« Le conseiller fédéral Hans-Rudolf Merz démissionnera en octobre », admin.ch, 6 août 2010 « Conférence de presse du Conseil fédéral », admin.ch, 6 août 2010. Lors de sa dernière session au Parlement, il fait parler de lui dans les médias, et même à l'étranger, en raison d'un fou rire qui le prend, et à sa suite l'ensemble du Parlement, à la lecture d'une réponse rédigée dans un jargon administratif à une question d'un parlementaire sur le tarif douanier applicable aux importations de viande assaisonnée. À la fin de la session, l'association des fabricants de viande séchée des Grisons en profitera pour distribuer des échantillons de ses produits aux parlementaires ornés d'un portrait de Hans-Rudolf Merz et d'un des objectifs qu'il s'était fixés pour son année présidentielle : ne jamais perdre le sens de l'humour (Nie den Humor verlieren).
Citations , (trad.)
Vie privée Hans-Rudolf Merz parle allemand, français, espagnol, anglais, italien et russe « Ein Mann und zwei Leben: Hans-Rudolf Merz – Bundespräsident des Jahres 2009 », Neue Zürcher Zeitung, 30 décembre 2008.
Dans la soirée du , Hans-Rudolf Merz est victime d'un arrêt cardio-circulatoire ; il est transporté à l'hôpital de Herisau, où il est réanimé, puis transféré à l'hôpital cantonal de Saint-Gall. Au soir du , le docteur Thierry Carrel lui fait subir cinq pontages aorto-coronariens à l'Hôpital de l'Île à Berne « Merz ausser Lebensgefahr », Tages-Anzeiger, 21 septembre 2008. Le , le Conseil fédéral nomme Eveline Widmer-Schlumpf à la direction par intérim du Département fédéral des finances. Après son rétablissement et une cure, Merz reprend ses activités le « Le conseiller fédéral Hans-Rudolf Merz a repris ses fonctions », Département fédéral des finances, 3 novembre 2008. Il est élu président de la Confédération le et assume son nouveau rôle durant l'année 2009.
Publications Bis zur Nationalliga. 40 Jahre SC Herisau, éd. Schläpfer, Herisau, 1982 Die aussergewöhnliche Führungspersönlichkeit: Essay über Elativität und elative Persönlichkeit, éd. Rüegger, Grüsch, 1987 Der Landammann und weitere Erzählungen aus dem Appenzellerland, éd. Schläpfer, Herisau, 1992
Notes et références
Liens externes
Page de Hans-Rudolf Merz, sur le site Web du Département fédéral des finances, incluant un curriculum vitæ.
Catégorie:Conseiller fédéral suisse Catégorie:Chef du département des finances en Suisse Catégorie:Conseiller aux États suisse de la 45e législature Catégorie:Conseiller aux États suisse de la 46e législature Catégorie:Conseiller aux États suisse de la 47e législature Catégorie:Personnalité politique liée au canton d'Appenzell Rhodes-Extérieures Catégorie:Personnalité du Parti radical-démocratique Catégorie:Personnalité du Parti libéral-radical Catégorie:Étudiant en économie de l'université de Saint-Gall Catégorie:Docteur de l'université de Saint-Gall Catégorie:Naissance en novembre 1942 Catégorie:Naissance à Herisau