Le Parti socialiste suisse (PS) ( [SP], littéralement «Parti social-démocrate de la Suisse» ; [PS] ; [PS]) est un parti politique suisse de gauche..., fondé le , membre de l'Internationale socialiste et membre associé du Parti socialiste européen.
Il est l'un des quatre partis représentés au Conseil fédéral, où il compte deux membres depuis l'introduction de la formule magique en 1959.
Programme et idéologie
Ses valeurs fondamentales sont la justice sociale et l'égalité entre tous les membres de la société.
Son programme de 2010, confirmé par un papier de position de 2017, réaffirme le « socialisme démocratique » et le « dépassement du capitalisme » comme valeurs fondamentales. Il entend ainsi promouvoir la démocratisation des entreprises, une répartition moins inégalitaire des richesses, l'amélioration des conditions de travail et le respect de l’environnement. Concrètement, il s'agit de permettre l'essor de l’économie sociale et solidaire à hauteur de 10 % du PIB, défendre les services publics, introduire des droits de codécision pour les collaborateurs, reconnaitre les proches aidants, réduire à terme le temps de travail, renforcer le pouvoir des consommateurs, ou encore établir un approvisionnement régional en énergie. Le Parti socialiste a toutefois refusé d'inscrire dans son programme une rupture avec le système des trois piliers et la semaine de 35 heures.
Le PS suisse combat toutes les formes de discrimination « à commencer par celles qui perdurent entre les sexes, l’identité sexuelle et l’orientation sexuelle ». C'est aussi le plus grand parti europhile de Suisse, soutenant l'entrée de la Suisse dans l'Union européenne, contrairement à la majorité des autres partis.
Histoire vignette|gauche|Ancien logo du PS suisse vignette|Positionnement politique du PS en 2007. Naissance et scission d'avec les communistes La naissance du socialisme en Suisse s'insère dans le mouvement socialiste européen du et début du . Les idées socialistes sont apparues en Suisse vers les années 1830 lorsque des groupes d'ouvriers allemands s'y réunissaient afin de discuter de questions sociales et politiques. En 1838, une trentaine d'ouvriers, employés de commerce et étudiants fondèrent la Société du Grütli à Genève. En 1864, Jean-Philippe Becker constitua une section Suisse de l'Internationale socialiste fraîchement fondée à Londres. En 1870, le Parti socialiste suisse lui-même fut fondé à Zurich avec le soutien de la société du Grütli.
(Jean-Charles Biaudet). À l'inverse des autres mouvements politiques suisses, le mouvement politique socialiste s'est développé du haut, de la sphère internationale, vers le bas, les cantons.
Le premier congrès ouvrier suisse réunissant notamment le Parti socialiste, la société du Grütli et les syndicats fut tenu à Olten en 1873. Il en sortit une association d'ouvriers qui se transformera plus tard en Union syndicale suisse. Le nombre des adhérents ne cessait de croître dans un mouvement adhérant très nettement à la lutte des classes et au marxisme, chapeauté politiquement par le Parti socialiste. En 1874, le Parti socialiste demandait la révision de la Constitution de 1848. Entre 1890, date de son entrée au Conseil national, et 1914, le Parti socialiste put accroître sa députation à 17 parlementaires fédéraux.
Au cours de la Première Guerre mondiale, le Parti socialiste suisse, sous l'influence forte du marxisme, réaffirma le programme de l'avènement politique du socialisme par la révolution. Lénine, réfugié en Suisse de 1914 à , était alors membre du Parti socialiste suisse et entretenait des liens étroits avec l'aile gauche dirigée par son ami Platten. Sa présence en Suisse était marquée par de nombreuses interventions publiques. En 1917, Lénine retourna en Russie pour la révolution avec l'aide de ses amis Robert Grimm et Platten. Les éléments socialistes révolutionnaires exploitaient le mécontentement social résultant du rationnement et des privations causés par la guerre et sa longueur, intensifiant les menées anti-militaristes. En 1917, en pleine guerre mondiale, le Parti socialiste suisse refusait le budget militaire et appela au refus de servir. La même année, de connivence avec le Conseiller fédéral Arthur Hoffmann des membres du Parti socialiste tentèrent de faciliter une paix séparée entre l'Allemagne et la Russie révolutionnaire. Cette manœuvre outragea l'opinion publique suisse et conduisit à la démission de Hoffmann et son remplacement par le Genevois Gustave Ador. En 1918, cette politique de la confrontation sociale culmina dans la grève générale décrétée par le Comité d'Olten, impliquant grévistesGilliard/Bouquet, Que Sais-Je No 140 - Histoire de la Suisse, France 1978, .Georges Andrey, L'histoire de la Suisse pour les nuls, Paris 2007, .Suter/Castella, Histoire de la Suisse, Einsiedeln 1928, et 442-443.
En effet, le Comité d'Olten, le conseil supérieur de l'Extrême gauche sous la présidence de Robert Grimm et la légation des Soviets à Berne sous la direction de Ian Antonovitch Berzin (pseudonyme : « Winter ») chef de mission de l'URSS à Berne et secondé de Zalkinde (parent de Léon Trotski), encouragés par la révolution russe collaboraient activement à la subversion du régime constitutionnel et du gouvernement suisse afin de permettre l'avènement de la dictature rouge en Suisse. La révolution socialiste suisse devait éclater le sur l'ordre de Moscou. Lénine lui-même avait déjà nommé le camarade Radeck (Sobelsohn de son vrai nom) dictateur de la Suisse. Lénine projetait d'engager la révolution socialiste en Europe et dans le monde à partir de la Suisse. Il s'ensuivit une propagande intense dans les milieux ouvriers et dans l'armée conduisant à des émeutes fréquentes à travers le pays. L'audace des révolutionnaires socialistes, appuyés par la présence de et réfractaires à la guerre de 14-18 et ayant trouvé refuge en Suisse, s'engagèrent dans de nombreux coups de force, dont la tentative de s'emparer des arsenaux de Zurich et Berne, de bâtiments publics, d'usines électriques et de banques les 6-. Le , les troupes militaires furent mises en état d'alerte et repoussèrent les actions révolutionnaires. Le , le Comité d'Olten, gouvernement révolutionnaire parallèle en marge des institutions, proclama la grève générale, exigeant la démission du Conseil fédéral et la dissolution du parlement, le droit de vote des femmes, le travail obligatoire et la socialisation de l'armée. Le , le Conseil fédéral donna mission à l'armée de rétablir l'ordre intérieur. Dans les jours qui suivirent, l'armée dut faire face aux émeutes, sièges décrétés dans les principales villes et aux combats de rue. Le , le Conseil fédéral ordonna l'expulsion vers l'Allemagne de la légation des Soviets y compris du plénipotentiaire soviétique Ian Antonovitch Berzin. (Certains historiens voient dans l'expulsion de la légation des Soviets davantage le résultat de pressions des alliés qui refusaient de voir la Suisse tomber dans la révolution communiste que le résultat d'une implication de la légation dans les agitations de novembre dont la réalité est controverséeGeorges Andrey, L'histoire de la Suisse pour les nuls, Paris 2007 et 421.) Le Comité d'Olten capitula le et le lendemain la révolution fut stoppée, permettant au travail de reprendre à travers le pays. S'ensuivit une campagne médiatique haineuse dans les journaux socialistes vis-à-vis des institutions et l'armée de milice (cf. par exemple l'article du « La grippe [qui avait décimé les rangs de l'armée] venge les travailleurs » anonyme mais attribuable au révolutionnaire Humbert-Droz publié dans le journal La Sentinelle dirigé par Paul Graber)Charles Gos, Généraux suisses - Commandants en chef de l'armée suisse de Marignan à 1939, Morges 1990, .Suter/Castella, Histoire de la Suisse, Einsiedeln 1928, ..
Malgré l'échec de la grève générale, celle-ci conduisit au renouvellement anticipé du Conseil national en 1919 sur la base du système proportionnel qui venait ainsi remplacer le système majoritaire prévalant jusqu'alors. Ce changement de régime permit au Parti socialiste de prendre 41 mandats.
Toutefois, les meneurs de la grève générale, , en particulier les dirigeants du comité d'Olten, seront jugés et 147 d'entre eux seront condamnés. Robert Grimm verra son immunité parlementaire levée et sera condamné à de prison, période pendant laquelle il écrira son ouvrage Histoire de la Suisse en termes de lutte des classes. L'épisode de la grève générale servira pendant des décennies à diaboliser la gauche suisse. L'histoire revisitée dans la foulée de 1968 permettra l'avènement d'un œil bienveillant sur ces évènements de 1918 qui constituent le plus grand évènement social de l'histoire de la SuisseGeorges Andrey, L'histoire de la Suisse pour les nuls, Paris 2007 ..
Dates importantes
1838-1920 : fondation et débuts 1838 : Fondation de la Société du Grütli à Genève. 1864 : Fondation de la section Suisse de l'Internationale socialiste 1870 : Fondation du Parti socialiste suisse à Zurich avec le soutien de la société du Grütli. 1873 : Le premier congrès ouvrier suisse précurseur de l'Union syndicale suisse réunissant notamment le Parti socialiste, la société du Grütli, les syndicats se réunit à Olten. 1888 : La Conférence ouvrière suisse du décide à Berne la création du Parti socialiste suisse. 1890 : Jakob Vogelsanger (Zurich) est le premier socialiste élu au Conseil national. 1904 : Le Congrès d'Aarau adopte le programme marxiste du PS suisse élaboré par Otto Lang (juge cantonal à Zurich). 1911 : Les 18 socialistes élus au Conseil national constituent pour la première fois un groupe parlementaire. 1912 : Au Congrès de Neuchâtel sont adoptées des mesures qui obligent notamment le PS suisse et ses organes à utiliser toutes les possibilités « d'agir pour l'instauration du droit de vote des femmes ». 1913 : Le PS suisse dépose une nouvelle initiative pour l'introduction de la proportionnelle au Conseil national. Celle-ci sera acceptée par le peuple en 1918. 1917 : Lénine, réfugié en Suisse et membre du Parti socialiste suisse, retourne en Russie pour la révolution. 1917 : Le Parti socialiste suisse refuse le budget militaire et appelle au refus de servir en pleine guerre mondiale. 1918 : Le Comité d'Olten, fondé par le PS suisse et l'Union syndicale suisse (USS) et présidé par Robert Grimm, répond à la levée de troupes, décidée par le Conseil fédéral à l'instigation du général Ulrich Wille, par un appel à la grève générale sur la base de 9 revendications (la fin de la grève est décidée après trois jours à la suite d'un ultimatum du Conseil fédéral) 1919 : Lors des premières élections au Conseil national à la proportionnelle, le PS suisse double ses mandats passant de . Le siège central du PS suisse est déplacé de Zurich à Berne.
1921-1945 : l'entre-deux-guerres 1921 : Les 21 conditions pour l'entrée à la Troisième Internationale sont refusées lors du Congrès et lors de la votation à la base. La gauche du parti, forte de environ, quitte le parti. Cette aile gauche crée ensemble le Parti communiste suisse. 1924 : La loi Schulthess est refusée par le peuple. Le référendum lancé par un comité formé du PS suisse, de l'USS et de l'ensemble des associations d'employés est parvenu à faire échouer la tentative de remettre en question la semaine de . 1926 : Entrée du PS suisse à la Internationale ouvrière socialiste. Le Congrès décide de mettre sur pied une commission de lutte contre le militarisme et préconise également que les socialistes du Conseil national refusent désormais le budget militaire en bloc. 1927 : La Conférence féminine du PS suisse exige l'introduction d'une assurance-maternité. 1931 : Après les élections au Conseil national, le PS suisse devient le premier parti du pays. 1932 : Le , des recrues tirent sans sommation sur une manifestation ouvrière antifasciste à Genève. Cette fusillade fait et .