Le Special Air Service (SAS) est une unité de forces spéciales des forces armées britanniques, mise au point en 1941.

À l'automne 1941, l’Afrika Korps, mené par le général allemand Erwin Rommel, est sur le point de gagner la guerre en Afrique du Nord. Son aviation et ses chars repoussent les Britanniques vers l’Égypte. Pour ralentir les troupes du « Renard du Désert », David Stirling, , va créer la SAS.

La naissance du SAS Fils d’un propriétaire terrien écossais, renvoyé de l’université de Cambridge, David Stirling veut devenir artiste, puis s’entraîne pour escalader l’Everest. Il a une passion pour le risque et le jeu. Quand la guerre éclate, il entre dans les commandos de la brigade de la Garde.

Après sa formation, il est envoyé au Moyen-Orient dans l’unité spéciale Layforce. En 1941, la Layforce est engagée dans plusieurs raids en Afrique du Nord, puis elle est dissoute et ses hommes sont répartis dans d’autres unités. Stirling prend part à un parachutage non autorisé qui tourne mal : en sautant, il est aspiré par la trainée de l’avion, son parachute s’accroche à la queue de l’appareil, se déchire en partie. Il descend trop vite et est gravement blessé. Sur son lit d'hôpital, à demi paralysé, il élabore le concept du Special Air Service (SAS) : des petits groupes, bien entrainés, faisant des ravages derrière les lignes ennemies.

À l'hôpital, Stirling expose son idée au général Dudley Clarke qui mène déjà des opérations de désinformation. L'une consiste à parachuter des mannequins derrière les lignes ennemies, afin de lui faire croire que les Britanniques ont des troupes aéroportées en Afrique du Nord.

Les Allemands ont déjà utilisé des parachutistes pendant l’invasion de la Crète. Les Britanniques sont impatients de faire de même. En Angleterre, les premières unités sont toujours à l'entraînement. Par égard pour Dudley Clarke, Stirling inclut des parachutistes dans sa proposition, mais, il sait qu’il aura beaucoup de mal à convaincre l’état-major militaire.

Stirling met en avant l’extrême rentabilité du SAS : dans une opération de commando traditionnelle, il faut cent hommes pour attaquer une cible. Dans son projet, il propose de diviser ce nombre par quatre en créant quatre unités SAS de vingt-cinq hommes.

Stirling, toujours en convalescence, vient exposer son plan au quartier général du Moyen-Orient au Caire. On lui refuse l’entrée. Il franchit le mur d'enceinte en utilisant ses béquilles comme échelle. Les gardes se lancent à sa poursuite. Il se barricade dans un bureau. C'est celui du chef d’état-major adjoint du général Neil Ritchie, qui lit avec intérêt ses notes griffonnées au crayon. On transmet l’idée au commandant en chef du Moyen-Orient, le général Claude Auchinleck. Il l'approuve et Stirling reçoit le feu vert pour recruter soixante-cinq hommes et officiers.

Pour son unité, Stirling choisit un nom emprunté à la troupe fictive de Dudley Clarke : détachement L, SAS. Il veut faire croire à l’ennemi que les Britanniques possèdent une présence aéroportée conséquente en Égypte. Supposé secret, le tout nouveau SAS est la proie des caméras et des photographes officiels.

L’entrainement est rigoureux et original. Il a besoin d’un type particulier de soldats ; il se tourne vers des hommes aux côtés desquels il a combattu, les commandos des Scots Guards. La plupart d’entre eux sont encore au Moyen-Orient à la suite de la dissolution de la Layforce. Stirling choisit les officiers qu'il souhaite. Le premier est le capitaine Paddy Mayne. Joueur de rugby irlandais de niveau international avant la guerre, Mayne est un combattant réputé. Il a fait partie du , et avait mené à bien une opération en Syrie. Quand Stirling le recrute, il est en prison pour avoir mis KO son commandant en chef, en attente de la cour martiale.

Jock Lewes, un autre officier que Stirling veut recruter, s’avère être différent. En apparence tranquille et studieux, Lewes a étudié à l’université d’Oxford avant la guerre. Stirling sait ce que cache ce caractère. C’est Jock Lewes qui met au point les méthodes d’entraînement du SAS, et qui les expérimente lui-même.

Dans les formations militaires ordinaires, la décision revient au seul officier. Ce ne sera pas le cas dans le SAS de Stirling. Le sera traité d’égal à égal dans l’équipe.

La hiérarchie militaire a autorisé Stirling à recruter et à former son unité, mais elle ne lui a pas fourni de cantonnement. Les hommes du SAS s’installent à Kabrit, une étendue de sable située au bord du canal de Suez. La première mission du commando fut de voler un cantonnement : le matériel, des tentes, le piano, le bar et le reste..., pratiquement tout fut volé dans un grand campement néo-zélandais, situé à de là, qui était parti opérer dans le désert.

En , les Alliés sont prêts à lancer une offensive majeure contre l’Afrika Korps de Rommel. Le SAS se voit confier une première mission.

Les premières missions Le , le SAS effectue son en soutien à l’opération Crusader, lors du dégagement de Tobrouk. Ils doivent être parachutés par 5 Bristol Bombay, derrière les lignes ennemies dans le secteur Tmimi-Gazala, et attaquer les terrains d’aviation, anéantir la supériorité aérienne de l’Axe. Puis, ils rallieront un point de rendez-vous où les hommes du Long Range Desert Group (LRDG) les récupéreront. vignette|Bristol Bombay. Le LRDG est une unité d’élite de reconnaissance créée en 1940 par le commandant Ralph Bagnold. Sa tâche consiste à pénétrer loin derrière les lignes ennemies pour collecter des renseignements vitaux. Leurs Chevrolet emportent assez d’essence, d’armement et de rations pour tenir trois semaines et couvrir de désert. Les premières ont été réquisitionnées dans l’armée égyptienne et chez les concessionnaires locaux de Chevrolet. L’objectif principal du LRDG est le renseignement, mais ils ne ratent aucune occasion de s’attaquer aux positions de l’Axe, faiblement défendues. 200px| Pendant cette préparation, Stirling a toujours des détracteurs au QG du Moyen-Orient. Alors qu’une gigantesque tempête de sable se lève, sa hiérarchie propose d’abandonner la mission. Si le SAS recule, il offre à ses ennemis l’occasion de le dissoudre. Mais un parachutage en pleine tempête pourrait causer la mort de nombreux hommes. Pour tous, la décision est évidente : c’est une mission suicide, mais, la survie du SAS en dépend.

La mission est un désastre. Les sont parachutés à partir de deux avions, au cœur de la tempête. Ils se retrouvent très dispersés et loin de leur cible. Beaucoup de matériel est perdu. Les commandos se retrouvent à court d’eau et d’explosifs... Moins d’un tiers des hommes, sur 65, dont David Stirling, Paddy Mayne, Jock Lewes, Bob Bennett. et Reg Seekings, parviennent au point de récupération. Les autres sont tués ou capturés. Pendant l’attente avec le commando de reconnaissance du désert, Stirling discute avec : le parachutage n’a rien donné. Le Long Range Desert Group (LRDG) conduit les rescapés du SAS à l’oasis Siwa.

L’opération Crusader commence favorablement, mais les troupes se retrouvent débordées par Rommel, le « Renard du désert ». Il s’ensuit une féroce bataille de chars qui stoppe l’offensive. Personne ne se préoccupe d’un petit groupe comme le détachement L du SAS. David Stirling saisit sa chance, et intègre discrètement ce qui reste du SAS dans un bataillon écossais. Ils mendient, ils empruntent et ils volent ce dont ils ont besoin.

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Fin , le LRDG ramène Stirling et la poignée de rescapée des SAS, alors stationnés à Siwa et Koufra à l'oasis de Jalo sans autorisation.

Le , Stirling et Mayne, quittent Jalo avec sept véhicules du LRDG de la patrouille rhodésienne, et mènent, trois jours plus tard, deux raids SAS sur des aérodromes de l’Axe à Syrte et Tamet.

Le , Jock Lewes et Bill Fraser partent sur El Agheila et Agedabia.

Le , à Syrte, Stirling trouve l’aérodrome désert, attaque une auberge servant de point de ralliement aux officiers supérieurs italiens et revient sans aucune perte. La même nuit, à Tamet, Mayne et ses hommes posent des bombes incendiaires sur les appareils, et en détruisent 24.

Deux jours plus tard, à El Agheila, les SAS trouvent également l’aérodrome désert. Lewes décide alors d’aller déposer trente bombes incendiaires dans un parc de transport anéantissant un nombre considérable de camions ennemis.

Le dernier raid SAS, le , sur l’aérodrome de Agedabia, mené par le lieutenant Bill Fraser, détruit sur le terrain.

D’autres raids porteront le total à détruits. De retour d'une opération, l'une des colonnes est attaquée par un avion ennemi et a sept tués. Malgré ces pertes, le SAS a survécu à ses premiers mois d’existence.

Après un bref répit à Jalo, à Noel 1941, ils partent affronter de plus grands dangers.

Missions en Afrique du Nord Au printemps 1942, les Allemands et les Italiens ne sont pas préparés à des attaques aussi loin derrière leurs lignes. Les sentinelles n’étaient pas sur leurs gardes. Personne ne s’attendait à voir des avions exploser et un groupe d’hommes attaquer à du front.

Pour le retour, l’objectif principal était de sortir du périmètre d’action des chasseurs. Une méthode consistait à se cacher près de la cible et à laisser les avions s’agiter, et, un ou deux jours plus tard, déguerpir sans bruit. Mais, en général, mieux valait partir sans perdre de temps et quitter la zone d’action des chasseurs. Au pire, les chasseurs ne pouvaient faire qu’un seul passage avant de se ravitailler. Leur rayon d’action était d'environ , ce qui était facile à parcourir dans le désert.

À la fin , Rommel semble sur le point de gagner la guerre du désert. Il a acculé les Britanniques à El-Alamein sur la frontière égyptienne, et ses panzers s’apprêtent à déferler de nouveau pour s’emparer du canal de Suez. La force aérienne est un facteur clé, que ce soit dans la campagne terrestre où les forces de l’Axe possèdent deux fois plus d’avions, ou bien dans la bataille pour le ravitaillement des troupes. Depuis ses aérodromes de Cyrénaïque, Rommel lance des attaques aériennes sur les convois de transports britanniques qui ravitaillent l’Afrique du Nord et Malte en particulier.

À ce moment précis, David Stirling change la tactique du SAS : la jeep fait son apparition dans le désert. Stirling voit en elle l’occasion de ne plus dépendre du LRDG et devenir autonome. Les SAS la modifient en jeep de combat.

Dirigeant les opérations depuis son véhicule transformé en quartier général, Stirling lance le SAS et ses jeeps de combats dans une nouvelle série de raids sur les aérodromes de Rommel. C'est le moment où celui-ci prépare son assaut final. Ils s’enfoncent au cœur des lignes ennemies. Comme toujours, ils effectuent l’approche finale à pied, parcourant parfois jusque .

Le , à Bouerat, le SAS détruit une station de pompage de pétrole, un dépôt de vivre, un atelier de mécanique, dix-huit cuves de carburant d'une capacité de vingt tonnes, douze camions et sabote un poste de DCA.

Le , ils détruisent à Derna quinze avions et un stock de torpilles.

Le , ils attaquent Barce et , situé à deux kilomètres à l’est de Benghazi.

Le , ils sont à Benina (banlieue de Benghazi).

Le , ils attaquent à nouveau Benina et Al-Berka.

Au total, ils détruisent cinquante appareils de l’Axe, avant que Stirling ne modifie sa stratégie.

Dans la nuit du 7 au , les aérodromes de Fouka, , village situé à à l'ouest de Marsa Matruh, et El-Daba, tous situés entre El Alamein et Marsa Matruh sont attaqués. À Bagoush, Stirling et Mayne dirigent l’assaut tirant sur les appareils au sol depuis leur jeeps.

Lors d’un autre raid, ils utilisèrent des bombes incendiaires et détruisirent , affaiblissant la machine de guerre de Rommel.

Le , un nouveau raid sur Fouka, détruit vingt-deux avions, mais le raid sur El-Daba est un échec.