vignette|upright=1.2|Le de hussards à la bataille de Friedland, par Édouard Detaille.

La première utilisation du cheval dans la guerre remonte à plus de cinq mille ans, les plus anciennes preuves d'utilisation guerrière de chevaux en Eurasie datant d'entre 4000 et Une illustration sumérienne d'une scène de guerre datée de représente des équidés tirant des chariots. Vers , de nouveaux harnais et de nouveaux chars rendent leur utilisation guerrière plus fréquente à travers le Proche-Orient ancien. Le plus ancien traité sur l'entraînement des chevaux de guerre est rédigé vers Quand les tactiques de cavalerie commencent à supplanter le char, de nouvelles méthodes d'entraînement apparaissent. En , le général de cavalerie et philosophe grec Xénophon rédige un traité exhaustif sur l'équitation, et un autre sur l'usage de la cavalerie. L'efficacité des chevaux dans la bataille est révolutionnée par des améliorations technologiques, notamment l'invention de la selle, de l'étrier, et plus tard, du mors, du licol ou encore du collier d'épaule pour les chevaux de trait.

Différents types de chevaux sont utilisés à des fins militaires, en fonction de la nature du conflit et des tâches. Ils varient selon que le cheval est monté ou conduit, ou selon qu'ils sont utilisés pour la reconnaissance, les charges de cavalerie, les raids, la communication, l'approvisionnement ou le transport. Des races sont développées spécifiquement pour assurer la remonte des cavaleries. Tout au long de l'Histoire, les mulets et les ânes jouent aussi un rôle crucial dans le soutien des armées en campagne, tout autant que les chevaux.

Le cheval est particulièrement bien adapté aux tactiques guerrières des peuples nomades des steppes de l'Asie centrale, comme les razzias et les « raids éclairs ». Les guerriers musulmans utilisent la cavalerie légère dans leurs campagnes en Afrique du Nord, en Asie et en Europe à partir des lors de la phase d'expansion de l'islam. Les Européens emploient plusieurs types de chevaux de guerre au Moyen Âge. La figure militaire de cavalerie lourde la plus représentative de la période restant le chevalier en armure. Avec l'introduction de la poudre à canon dans la guerre, la cavalerie légère s'impose sur les champs de bataille, tant dans les guerres européennes que lors de la conquête des Amériques. La « cavalerie de bataille » se développe pour assurer une multitude de missions à la fin du et au début du et se révèle décisive dans l'issue des affrontements lors des guerres napoléoniennes. Aux Amériques, de nombreuses tribus indigènes apprennent à se servir du cheval et à développer des tactiques de guerre montée. En dernier ressort, des régiments montés très mobiles jouent un rôle crucial lors de la guerre de Sécession.

La cavalerie commence à être dépassée après la Première Guerre mondiale, avec le développement de la guerre mécanisée. Quelques unités de cavalerie sont encore utilisées lors de la Seconde Guerre mondiale, en particulier en éclaireurs. Les chevaux ne sont ensuite que rarement vus au combat, mais ils servent encore largement pour le transport des troupes et du ravitaillement. De nos jours, les unités à cheval destinées au combat ont quasiment disparu, bien que des chevaux soient encore utilisés par des organisations armées dans des pays en développementDans les conflits du Soudan, d'Éthiopie, d'Érythrée et du Darfour notamment.. De nombreux pays maintiennent encore en service de petites unités de cavaliers pour la patrouille et la reconnaissance. Des unités militaires à cheval sont également utilisées à des fins cérémonielles et éducatives. Les chevaux sont employés pour la reconstitution historique des batailles, les missions de maintien de l'ordre, les compétitions, les démonstrations équestres héritières des traditions et pour la formation professionnelle des militaires, comme le Cadre noir de Saumur en France.

Types de chevaux

vignette|gauche|160px|Artillerie à cheval néerlandaise dans les années 1880. Les chevaux sont équipés d'un collier d'épaule. vignette|Convoi hippomobile de ravitaillement allemand sur le front russe pendant la Seconde Guerre mondiale. Harnachement léger de type « bricole ».

Un principe fondamental de la conformation équine est l'adéquation de la « forme à la fonction ». Par conséquent, le type de cheval utilisé pour les différentes formes de la guerre dépend des missions à accomplir, du poids que l'animal doit porter (animaux de bât) ou tirer (animaux de trait) et des distances à parcourir. Le poids affecte la vitesse et l'endurance, obligeant de ce fait à un compromis : l'armure ajoute de la protection, mais elle ajoute également du poids, réduisant la vitesse maximale. C'est pourquoi différentes cultures eurent différents besoins militaires. Dans certaines situations, un type particulier de cheval est favorisé par rapport à tous les autres. Dans d'autres cas, plusieurs types sont nécessaires : les combattants doivent se rendre sur le champ de bataille montés sur un cheval plus léger, plus rapide et plus endurant, puis passer à un cheval plus lourd, doté d'une plus grande capacité de transport pour porter un cavalier en armure lourde au combat réel.

Le cheval moyen peut transporter jusqu'à environ 30 % de son poids. Alors que tous les chevaux peuvent tirer plus qu'ils ne peuvent porter, le poids qu'un cheval peut tracter varie en fonction de l'anatomie de l'animal, du type de véhicule, de l'état des routes et d'autres facteurs. Les chevaux attelés à un véhicule à roues sur une route pavée peuvent tirer jusqu'à huit fois leur poids, mais beaucoup moins si la traction de charges sans roues se fait sur terrain meuble. Ainsi, les chevaux de trait varient en taille et l'on a une nouvelle fois à faire un compromis entre la vitesse et le poids, comme pour les animaux de selle. Les chevaux légers peuvent tirer un char de guerre léger à grande vitesse, le char lourd, l'artillerie et les véhicules de soutien logistique doivent être tirés par les chevaux lourds ou un plus grand nombre de chevaux. La manière par laquelle un cheval est attelé à un véhicule importe également : il peut tirer plus de poids avec un collier d'épaule qu'avec une bricole, et encore moins avec un joug.

Chevaux légers vignette|Illustration datée de 1814 représentant des cavaliers Bachkirs montés sur des chevaux de type Serko ou Amourski, petits chevaux asiatiques agiles, endurants et rapides convenant à la guerre de mouvement et de harcèlement menée par ce type de « cavalerie irrégulière ».

Des chevaux orientaux légers tels que les ancêtres des modernes arabes, des barbes et des Akhal-Teke, sont utilisés pour des formes de guerre requérant vitesse, endurance et agilité. De tels chevaux mesurent entre 1,20 et , pesant environ 360 à . Pour se déplacer rapidement, les cavaliers doivent alors s'équiper d'un harnachement allégé et porter des armes relativement légères telles que des arcs, des lances, des javelots, ou, plus tard, des pistolets, des mousquetons ou des carabines. C'est le type de cheval utilisé à l'origine pour la traction des premiers chars de guerre, pour la razzia et la cavalerie légère.

Des chevaux relativement légers ont été utilisés par de nombreuses cultures, y compris les anciens Égyptiens, les Mongols, les Arabes et les Amérindiens. À travers tout l'ancien Proche-Orient, de petits animaux légers sont utilisés pour tirer des chariots conçus pour ne pas transporter plus de deux passagers : un conducteur et un guerrier. Un cheval de guerre léger devint courant durant le Moyen Âge européen sous le nom de « roncin ».

Chevaux moyens Des chevaux de poids moyen sont créés dès l'âge du fer pour répondre aux besoins des diverses civilisations en matière d'animaux de trait capables de tirer des charges plus lourdes, notamment des chars capables de transporter plus de deux personnes mais aussi pour porter des guerriers lourdement cuirassés, traduisant ainsi l'évolution de la cavalerie légère en cavalerie lourde. Les Scythes sont parmi les premiers à produire des races plus grandes et plus lourdes de chevaux. En Europe, les chevaux sont aussi utilisés dans une mesure limitée pour déplacer les canons sur les champs de bataille dans le cadre d'unités d'artillerie à cheval. La taille des chevaux de poids moyen varie largement, d'un peu moins d'un mètre et demi au garrot pour les plus trapus jusqu'à environ , pour un poids compris entre 450 et environ. Ils sont généralement très agiles au combat, mais ne possèdent pas la « vitesse pure » ou l'endurance des chevaux plus légers. Au Moyen Âge, les grands chevaux de cette classe sont parfois appelés destriers. Plus tard, les chevaux ressemblant au moderne cheval baroque ou au demi-sang sont élevés pour les cavaleries européennes.

Chevaux lourds vignette|Attelage de chevaux lourds tirant une pièce d'artillerie australienne pendant la Première Guerre mondiale, Bringing up the Guns (1917) par Harold Septimus Power exposé au Mémorial australien de la guerre.

Ce sont les ancêtres des chevaux de trait qui étaient appréciés pour le transport de charges lourdes (artillerie, ravitaillement…) et leur aptitude à rester calme sous le feu. Certains historiens pensent qu'ils ont également porté les chevaliers les plus lourdement armés durant le Moyen Âge en Europe, d'autres pensent au contraire que cette charge était dévolue aux chevaux de poids moyen. La controverse porte aussi sur l'emploi de chevaux de trait comme destriers. Les ancêtres du percheron font partie des plus petits chevaux de cette catégorie, ils étaient appréciés en raison de leur format qui les rendait capables de manœuvrer facilement pendant une bataille.

Autres équidés Les chevaux ne sont pas les seuls équidés à être utilisés pendant les guerres. Les ânes et les mules sont utilisés. et le sont encore pour le transport de matériel ou vivres et plus rarement comme animal de selle.. Ils ont en effet l'avantage de supporter une plus grande charge et d'aller sur des terrains plus difficiles que les chevaux. Cependant, sous les tirs d'armes à feu, les mules sont moins coopératives que les chevaux, elles ne sont donc pas utilisées pour tirer l'artillerie sur les champs de bataille.

Formation vignette|Entrainement d'un cheval (1603). vignette|Première leçon de saut d'obstacles en longe.

Le plus ancien manuel connu sur l'entrainement des chevaux concerne ceux qui tirent des chars, il a été écrit par Kikkuli en . Un traité sur l'entraînement de chevaux montés, en particulier pour la cavalerie grecque est écrit en 360 av. J.-C. par Xénophon officier de cavalerie grecque. Un des premiers textes en provenance d'Asie a été celui de Kautilya, écrit en environ

Que les chevaux soient formés pour tirer des chars, pour être montés dans la cavalerie légère ou lourde, ou pour porter les chevaliers en armure, une formation poussée est nécessaire pour surmonter l'instinct naturel du cheval à fuir le bruit, l'odeur du sang, et la confusion du combat. Ils ont aussi appris à accepter tous les mouvements soudains ou inhabituels du cavalier utilisant une arme ou évitant celles des ennemies. Les chevaux utilisés en combat rapproché sont formés, ou du moins autorisés, à donner des coups de sabots, frapper, voire mordre, devenant ainsi des armes eux-mêmes pour les combattants qu'ils portent.