L'église Notre-Dame est une église située à Bar-le-Duc dans le département de la Meuse en région Lorraine.

Construite et remaniée sur plusieurs siècles, entre les s, l'église est un ensemble de plusieurs styles architecturaux. Plus ancien édifice religieux de la ville, il fut également jusqu'en 1787 sa seule église paroissiale.

L'église est classée aux monuments historiques depuis le , et elle possède de nombreux objets également classés.

Situation géographique L'église Notre-Dame se trouve sur la rive droite de l'Ornain, dans le quartier Notre-Dame de Bar-le-Duc, en Ville Basse. Il s'agit du plus vieux quartier de la ville, là où s'est développé la station gallo-romaine de Caturiges le long de la voie romaine Reims-Metz (actuelle rue des Romains).

Histoire Moyen Âge (du ) vignette|gauche|alt=Vue du clocher de l'église au milieu des toits de la ville. Bâtiments sur le versant de la vallée au fond.|Clocher de l'église Notre-Dame dominant la ville. En 1088, la comtesse de Bar Sophie fonde le prieuré bénédictin Notre-Dame à l'emplacement d'un premier sanctuaire dédié à la Vierge. Le prieuré dépend alors de la riche abbaye de Saint-Mihiel. Les relations entre les moines et les habitants sont définies par une charte de l'évêque de ToulPanneau d'information sur site., Pibon.. Ce dernier nomme le prieur comme curé de la paroisse, qui délègue l'animation de la vie paroissiale à un vicaire.

Il n'y a pas de documents sur la construction ou l'agrandissement de l'église avant la fin du . Les styles architecturaux sont tout ce qui peut donc être utilisé pour établir sommairement les étapes des travaux..

L'église est construite du dans le style roman, et suit le plan de l'abbatiale Saint-Michel de l'abbaye de Saint-Mihiel. Les piliers des deux tours carrées situés sur la travée de la nef à côté du transept datent de la fin du . Le double transept s'ouvrant sur un chœur à double travées avec des chapelles disposées le long de l'abside sont construits au ..

Au , le transept, le chœur et ses chapelles collatérales sont remaniés dans un style gothique aux influences champenoises. La travée entre les deux tours est voûtée et les deux collatéraux de la nef sont construits..

En 1299, la chapelle dédiée à Saint Jean-Baptiste et Sainte Madeleine est fondée dans le portique de l'église par Jean II d'Ourches et Isabelle d’Épinal. Bâtie hors d’œuvre, elle s'étend sur deux travées entre le porche actuel et le bras du transept, le long du collatéral sud..

En 1383, le duc de Bar Robert fait reconstruire la nef. Du côté sud de l'édifice, à la hauteur de la , la nouvelle entrée principale est aménagée dans l'axe de le rue Bar-la-Ville. La tour sud est couronnée d'une flèche garnie de plomb, haute de (environ ) qui domine toute la ville. L'église est finalement achevée au début du selon un document de 1623.

Temps modernes (du ) vignette|gauche|Clocher-porche du . En 1540-1541, Jean Preudhomme, receveur général du Barrois, crée la chapelle Notre-Dame de Lorette, qui s'étend sur trois travées le long du collatéral nord.

Le , la foudre cause un violent incendie qui détruit la longue flèche en plomb de la tour sud et fait fondre les six cloches. Pour mettre fin au feu, les barisiens n'ont d'autre choix que de saper au canon d'artillerie les parties embrasées. Le , les habitants décident de restaurer le clocher, et en 1620, six nouvelles cloches sont fondues dans la ville. Le projet de reconstruire la flèche est abandonné quand les moines bénédictins refusent de payer une partie de la facture. En 1626, le plomb de l'ancienne flèche est vendu, et en 1628, il est décidé que le nouveau clocher aurait une couverture d'ardoise..

L'église va connaitre de nombreuses autres transformations au : certaines voûtes sont refaites, de grandes baies sont percées pour laisser la lumière entrer, les fenêtres existantes sont élargies et les vitraux anciens sont remplacés par des vitres blanches..

En 1717, la tour nord, devenue inutile et dangereuse après avoir servi de colombier, est entièrement démolie. Au même moment, l'avenir de la tour sud, montrant des signes d'affaissement, est en discussion. Les architectes vont se succéder de 1723 à 1725 pour l'examiner, et finalement le , le Conseil de Ville décide de la démolir. Le projet de Guénon, architecte du duc de Bar et de Lorraine Léopold , est de reconstruire un clocher à l'extrémité ouest de la nef, mais la ville en décide autrement.. Le frère Nicolas Pierson, architecte de plusieurs abbayes, est chargé de superviser la construction d'un clocher-porche à la place du porche gothique du duc Robert dans l'axe de la rue Bar-la-Ville. L'édifice de trois étages doit superposer trois ordres architecturaux (ionique, corinthien et composite).. La première pierre est posée le soir du par le comte de Ham, gouverneur de la ville et du château de Ban, représentant le duc Léopold, et est bénie par Dom Belguillaume, prieur et curé de Notre-Dame, représentant l’évêque de Toul.. Le premier étage de la tour est achevé en . L'architecte Baligand y constate des tassements, dû à la mauvaise qualité des pierres, et déconseille de construire les étages supérieurs. Finalement, les travaux sont terminés en 1743-1744, et le clocher-porche est réduit à un seul étage qui accueille les cloches, couronné d'un dôme à lanternon couvert d'ardoises..

Le , le sculpteur Louis Humbert est chargé de créer un haut-relief sur l'Assomption qui doit surmonter le nouveau portail.. En 1776, plusieurs travaux d'entretiens sont exécutés sur la maçonnerie, la toiture, le pavage, et les vitraux..

Révolution française et Empire () À la Révolution française, l'église est relativement épargnée par rapport à d'autres édifices religieux de la ville qui se retrouvent détruits. En 1793, elle est transformée en temple de la Raison, et sert de lieu pour les fêtes civiques et patriotiques.. Durant cette période, l'église subit des dégradations et se voit dépouillée de son mobilier..

L'église retrouve sa fonction première en 1802. En avril de cette année, d'Osmond, nouvel évêque de Nancy et de Verdun, fête la réconciliation des deux clergés, constitutionnel et réfractaire..

Époque contemporaine (depuis le ) Au , les abbés successifs mettent en œuvre des travaux de restauration. L'abbé Barry (1836-1853) s'occupe des chapelles du Rosaire et de Notre-Dame de Lorette, des fonts baptismaux, et dote l'église de sa sonnerie. L'abbé Gallet (1853-1867) refait le pavé, la chapelle Saint-Joseph, et installe la chaire à prêcher, le grand orgue et la petit orgue. Le chœur est complètement restauré par l'architecte Birglin pour retrouver son aspect primitif (d'avant le ), et de nouveaux vitraux colorés sont commandés au maitre-verrier Laurent-Charles Maréchal..

En , l’évêque de Verdun Rossat accueille l’impératrice Eugénie de Montijo, épouse de l'empereur Napoléon III, et le prince impérial Louis-Napoléon Bonaparte, son fils, pour célébrer le centenaire de la réunion des duchés de Bar et de Lorraine au royaume de France..

Après 1870, les dons des fidèles et de l’État permettent de faire de nouvelles restaurations. La nouvelle toiture perd le clocheton au-dessus du chœur, le transept est entièrement refait, le badigeon est retiré, certains piliers sont reconstruits, et l'édifice retrouve peu à peu son style du ..

Le Jeudi , l'évêque de Verdun, Mgr Charles Ginisty, célèbre la messe à destination des poilus engagés dans le conflit.

Le , l'église est classée au titre des monuments historiques..

Architecture Extérieur vignette|Façade sud de l'église et clocher-porche. Construite sur plusieurs siècles, l'église Notre-Dame cumule les styles architecturaux. La majeure partie de l'édifice utilise de la pierre de Ville-sur-Saulx, tandis que la façade ouest et le clocher-porche sont édifiés avec des pierres de Brillon-en-Barrois, Savonnières-en-Perthois et Ville-sur-Saulx..

Longue de et large de , l'église est orientée sur un axe proche de celui Ouest-Est, et compte trois entrées. L'entrée originale est située à l'extrémité ouest de la nef, mais n'est plus utilisée, remplacée par une autre entrée construite sur la façade sud de l'édifice, dans l'axe de la rue Bar-la-Ville. À l'époque moderne, une troisième entrée est construite à travers une ancienne chapelle, juste à côté de la deuxième entrée..

Façades La façade ouest de l'église, reconstruite en 1728, est de style classique.. Elle est constituée de deux portes symétriques en dessous d'un arc roman fermé. Une corniche couronne une frise à triglyphes. Les deux ailes sont surmontées de balustrades et sont percées d’oculus et de baies thermales. vignette|Modillons sur l'abside sud. Sur la façade nord, il est possible de voir le long du collatéral la nef, les contre-butées, et les arcs-boutants soutenus par des contreforts massifs décorés de pinacles et de gargouilles. Sur le croisillon nord du transept, il y a des vestiges de l'époque romane : des anciennes ouvertures murées, des contreforts amortis en glacis, des corniches à modillons simples ; et un larmier de l'époque gothique..

Sur la façade sud, la construction de la chapelle extérieure, la démolition de l'ancien clocher, et la réfection des toitures ont dissimulé les arcs-boutants de la nef. Le croisillon sud du transept est soutenu par de larges contreforts du gothique, et possède sur le double rampant du pignon une corniche décorée de petits personnages..

La façade est possède des contreforts d'angle à double glacis, creusés en larmiers, datant du gothique. La corniche moulurée est supportée par des modillons simples, comme ceux sur le transept. Au niveau du chœur, deux arcs de décharge saillants s'ouvrent sur deux petites fenêtres cintrées..

Clocher-porche vignette|Haut-relief de l'Assomption de la Vierge de Louis Humbert (1751) au-dessus du porche d'entrée. Le clocher-porche est situé en hors d’œuvre au sud de l'église, dans l'axe de la rue Bar-la-Ville. Le rez-de-chaussée est de style ionique tandis que le premier et seul étage est de style corinthien. Le clocher est chapeauté d'un dôme en charpente à lanternon couvert d'ardoises. L'étage possède une seule fenêtre d'ouverte, les autres étant murées. Le porche d'entrée à coupole nervée est cantonné de quatre niches et fermé par une porte à clef saillante..

Le porche d'entrée est surmonté depuis 1751 d'un haut-relief de l'Assomption de la Vierge par le sculpteur Louis Humbert.

Le clocher renferme au total huit cloches sous son dôme : trois petites sonnent uniquement les quarts d’heure, demi-heures et heures, et cinq grosses, fondues par Royer à Bar-le-Duc, sonnent « à la volée ».. : Cloche (bourdon) : Marie-Pauline, si♭, 1845, . Cloche : Marie-Augustine, ut, 1845, Cloche : Marie-Grégorienne, ré, 1845, Cloche : Marie-Louise-Joséphine-Basilienne, mi♭, 1850, Cloche : pas de nom, fa, 1844,

Intérieur vignette|gauche|Nef et chœur de l'église. Nef et collatéraux La nef de l'église est composée de six travées encadrée de collatéraux étroits. Elle est longue de , large de et haute de . Deux styles architecturaux cohabitent dans la nef : la travée la plus proche du transept est voutée au tandis que les cinq autres travées sont reconstruites au . Les travées sont délimitées par de grosses colonnes cylindriques dont les chapiteaux sont des polygones ornés de guirlandes de feuillage. Les piliers supportent des arcs en tiers point surmontés de vitraux. Les voutes de la nef sont à croisée d'ogives avec des clés de voûte plates..

Tout comme la nef, les collatéraux ne sont pas homogènes : les deux premières travées ont gardé leur style roman, tandis que les autres travées sont de style gothique. Dans la collatéral nord, une porte cintrée, aujourd'hui murée, permettait d'accéder au prieuré voisin. Dans le collatéral sud, une baie du encadrée de deux colonnettes, est murée à la suite de la construction d'une chapelle..