Alexandre Nikolaïevitch Vinokourov (en russe : ), né le à Petropavlovsk en République socialiste soviétique kazakhe, est un ancien coureur cycliste, citoyen kazakhstanais de nationalité russeSelon une distinction héritée de l'administration soviétique, l'État du Kazakhstan reconnaît en effet la "nationalité" de ses citoyens (leur appartenance ethnique), notion distincte de celle de citoyenneté. Ainsi, le cycliste Alexandre Vinokourov n'est pas considéré dans son pays d'origine comme un Kazakh mais comme un Russe kazakhstanais. Le gentilé kazakhstanais n'est pas reconnu officiellement en français, mais utilisé par les diplomates ou les géographes.. Il est surnommé « Vino » par le public. Il est actuellement manager général de l'équipe Astana.

Révélé dès ses débuts professionnels en 1998 chez Casino, il rejoint en 2000 l'équipe allemande Deutsche Telekom. Il y remporte successivement une médaille d'argent aux Jeux olympiques de 2000, le Tour d'Allemagne en 2001, Paris-Nice en 2002 et 2003, Liège-Bastogne-Liège en 2005. Il réalise sa meilleure saison en 2003 avec son deuxième Paris-Nice, le Tour de Suisse, l'Amstel Gold Race et une troisième place au Tour de France.

En 2006, il s'engage avec la formation espagnole Liberty-Seguros afin de gagner le Tour de France. L'implication de certains dirigeants d'équipe et de coéquipiers dans l'affaire Puerto l'empêche d'y participer. Il se rabat sur le Tour d'Espagne qu'il remporte, avec l'aide précieuse de son coéquipier Andrey Kashechkin. Favori du Tour de France 2007, il y est contrôlé positif à la transfusion sanguine. Il est suspendu deux ans et annonce mettre fin à sa carrière.

Pourtant, en , il reprend la compétition et réintègre l'équipe Astana. En , il remporte pour la deuxième fois Liège-Bastogne-Liège dans des circonstances sportives douteusesLe procureur de la République de Padoue a communiqué à l'UCI et à la justice belge deux mails explicites entre lui et Alexandre Kolobnev ainsi que deux virements bancaires provenant du compte bancaire de Vinokourov auprès du Crédit foncier de Monaco au profit du cycliste russe arrivé deuxième, pour un montant total de , sur la BSI de Locarno, source La Repubblica du 2 novembre 2012. Victime d'une chute durant le Tour de France 2011, il annonce la fin de sa carrière quelques jours plus tard. Il reprend cependant une nouvelle fois la compétition en fin de saison. Aux Jeux olympiques de 2012 à Londres, il remporte la course en ligne et met un terme à sa carrière de coureur dans la foulée. Depuis 2013, il est le manager général de l'équipe Astana.

Biographie Enfance et jeunesse Il fait ses classes à l'École nationale des sports de Alma-Ata, au Kazakhstan.. Il participe en 1996 à la course en ligne des Jeux olympiques à Atlanta aux États-Unis et en prend la . En , il intègre l'équipe amateur de l'EC Saint-Étienne Loire.. Auteur d'une bonne saison, il remporte notamment l'Essor breton et les Boucles du Tarn. En août, il intègre l'équipe professionnelle Casino en tant que stagiaire., puis y devient professionnel en 1998.

1998-1999 : les débuts professionnels chez Casino Alexandre Vinokourov commence sa carrière en France avec l’équipe « Casino » en 1998. Dans une équipe qui brille cette année-là (68 victoires, deuxième place au classement UCI), il ne tarde pas à obtenir de bons résultats. Septième de l'Étoile de Bessèges en février, il s'illustre en mars en terminant deuxième du Tour de Murcie derrière son coéquipier Alberto Elli, dans le même temps que Marco Pantani, vainqueur du Tour d'Italie et du Tour de France quelques mois plus tard. Il se classe deuxième de la dernière étape au col de Morrón de Totana, derrière ce Pantani qui n'est pas parvenu à lâcher les deux coureurs de Casino. Durant les semaines qui suivent, Vinokourov est deuxième du Grand Prix de Lillers, huitième de Cholet-Pays de Loire, du Grand Prix de l'Escaut durant lequel il figure dans un groupe d'échappés. Il obtient ses premières victoires au mois de mai. Il remporte d'abord une étape et le classement général du Circuit des Mines, en Lorraine. Il s'impose ensuite aux Quatre Jours de Dunkerque devant son coéquipier Artūras Kasputis.. Cette victoire lui permet d'entrer dès sa première année professionnelle parmi les 100 premiers du classement UCI. Il y restera jusqu'à sa suspension pour dopage en 2007. La semaine suivante, il gagne le Tour de l'Oise, dominé par l'équipe Casino : les trois étapes sont remportées par Vinokourov, Stéphane Barthe et Lauri Aus, celui-ci prenant la deuxième place du classement général. Sixième du Tour de la Région wallonne en août, après avoir été battu au sprint par Frank Vandenbroucke lors de la dernière étape, il obtient un sixième succès en septembre au Tour de Pologne, dont il gagne la sixième étape. Il représente le Kazakhstan aux championnats du monde sur route à Valkenburg aux Pays-Bas, où il se classe du contre-la-montre et de la course en ligne.

En 1999, Vinokourov commence sa saison en Australie, où se dispute la première édition du Tour Down Under. Il en prend la huitième place. Deuxième d'étape au Tour méditerranéen, puis troisième d'étape au Tour du Haut-Var, il signe son premier succès de l'année à la fin du mois de février en remportant le Tour de la Communauté valencienne, dont il gagne également la dernière étape disputée contre-la-montre. Il prend le départ de Paris-Nice avec un statut de favori. Victime d'une chute lors de la deuxième étape qui lui cause une fêlure de l'omoplate, il doit quitter cette course et s'abstenir de courir pendant un mois. Il ainsi également privé de Milan-San Remo. En mai, il se classe cinquième des Quatre Jours de Dunkerque, puis deuxième d'un Grand Prix du Midi libre dominé par l'équipe Casino : Benoît Salmon s'impose au classement général et l'équipe emporte 4 des 6 étapes, dont 2 par Vinokourov.. En juin, il est de la Classique des Alpes, puis participe au Critérium du Dauphiné libéré. Troisième du prologue remporté par Lance Armstrong, il s'impose lors de la et s'empare de la tête du classement général. Il la cède le lendemain à Jonathan Vaughters, vainqueur du contre-la-montre du mont Ventoux, puis la reprend lors de l'avant-dernière étape, en attaquant dans l'ascension finale vers Passy Plaine-Joux, et remporte ce Dauphiné libéré. Il s'agit du premier succès majeur de sa carrière, qui confirme qu'il est alors l'un des jeunes coureurs les plus prometteurs. En juillet, il prend part à son premier Tour de France. Septième du prologue et de l'étape arrivant à l'Alpe d'Huez, il figure dans un groupe de six échappés lors de la et prend la troisième place à Saint-Étienne. Il est à nouveau troisième d'étape au Futuroscope, et termine ce premier Tour à la . Vainqueur d'étape au Tour du Limousin en août puis deuxième de Milan-Vignola en septembre, il participe en octobre à Vérone, en Italie, à la course en ligne des championnats du monde, qu'il ne termine pas. Il est du classement UCI à la fin de cette saison.

2000-2005 : la consécration chez T-Mobile Il rejoint « Deutsche Telekom » en 2000, équipe rebaptisée « T-Mobile » en 2004. Obtenant une médaille d'argent aux Jeux olympiques de Sydney en 2000, ses débuts avec l'équipe allemande ne lui permettent néanmoins pas de s'affirmer comme l'un des leaders de l'équipe toujours dominée par Jan Ullrich.

thumb|left|Au championnat du monde du contre-la-montre en 2004 Au mois de il participe notamment au Tour de Suisse. Lors de la première étape disputée à Uster sous la forme d'un contre-la-montre par équipes, la Deutsche Telekom réalise le meilleur temps et remporte cette première étape, permettant à son coéquipier Steffen Wesemann de prendre le maillot jaune de leader du classement général.

Il se met donc au service du leader, notamment sur le Tour de France. Il termine notamment de l'édition 2000 en ayant été vu plusieurs à l'attaque avec notamment une sixième place lors de la ou second lors de la , terminant dans le même temps que le vainqueur Salvatore Commesso (Saeco-Valli & Valli). En 2002, il remporte Paris-Nice en mars, puis prend les commandes du Tour de Suisse en juin. Une chute le contraint cependant à l'abandon dans l'épreuve helvétique et l'oblige à déclarer forfait pour le Tour de France. Profitant du départ de Jan Ullrich à la suite d'une affaire de dopage, Vinokourov devient le leader de l'équipe cycliste T-Mobile en 2003. Le Kazakh remporte Paris-Nice, l'Amstel Gold Race et le Tour de Suisse, avant de marquer de son empreinte le Tour de France du centenaire. Vainqueur à Gap, il termine finalement troisième du Tour après être longtemps resté au coude à coude avec Lance Armstrong et Jan Ullrich, devenu son rival. Il finira deuxième de l'étape de l'Alpe d'Huez après avoir surpris les favoris avec une attaque incisive. Démarrant à pratiquement chaque étape de haute-montagne, il paiera ses efforts dans la reliant Bagnères-de-Bigorre à Luz-Ardiden, cédant près de 2 minutes à Armstrong. Il obtient le prix de la combativité à l'issue de ce Tour de France.

Il se concentre désormais sur l'épreuve reine du cyclisme, ce qui ne l'empêche pas de remporter Liège-Bastogne-Liège en 2005. Forfait au Tour 2004 pour cause de blessure, il est fortement affecté par la mort en course de son ami et compatriote Andrei Kivilev. Il anime ensuite le Tour de France 2005 en remportant deux étapes à Briançon et surtout à Paris, où il réussit l'exploit de surprendre tous les sprinters dans les derniers kilomètres. Il termine cinquième au général. Sa collaboration avec Ullrich, de plus en plus difficile, le pousse à quitter T-Mobile.

2006 : l'affaire Puerto et la consécration au Tour d'Espagne

En 2006, Alexandre Vinokourov rejoint l'équipe cycliste Liberty Seguros. À la suite de l'arrestation de Manuel Saiz, dirigeant de l'équipe, par la police espagnole dans le cadre de l'opération Puerto, et en raison de la diffusion dans la presse d'une liste de coureurs comprenant des membres de l'équipe, Vinokourov est privé de Tour de France. Le sponsor de son équipe (Liberty) se retire et est remplacé par un nouveau sponsor kazakh : AstanaAstana ici nommée est un consortium de producteurs pétroliers kazakhs spécialement créé pour aider les cyclistes kazakhs. Le nom a été choisi car c'est le nom de la capitale du Kazakhstan..

À trois jours du départ du Tour, les organisateurs annoncent la suspension de l'équipe en raison des affaires de dopage auxquelles serait mêlé le directeur sportif de l'équipe Manuel Saiz. Après avoir fait appel, l'équipe Astana obtient le droit de courir en faisant valoir l'absence de preuves valables.

Mais la veille du départ du Tour, la justice espagnole remet à l'UCI (Union cycliste internationale) et à l'organisation du Tour de France une liste contenant tous les noms des personnes mêlées à l'affaire Puerto, où figurent 5 coureurs d'Astana engagés sur le Tour.

Les coureurs cités dans cette liste ne pouvant être alignés sur la ligne de départ, Vinokourov n'a plus que 3 coéquipiers. Or il est interdit de prendre le départ du Tour avec moins de 6 coureurs, ce qui exclut de fait l'équipe de l'épreuve.

Son objectif devient alors le Tour d'Espagne qu'il remporte devant Alejandro Valverde et son coéquipier Andrey Kashechkin. En petite forme pendant les premières étapes de montagne, Vino perd du terrain sur Valverde, que seuls peuvent alors pouvoir inquiéter son coéquipier Andrey Kashechkin et Carlos Sastre. Mais grâce à un retour de forme et à des attaques incessantes menées de concert avec Kashechkin, il finit par faire craquer un Valverde pourtant exemplaire, mais trop isolé dans les derniers kilomètres des étapes de montagne. Il prend ainsi le maillot or dans la descente de l'alto de Monachil vers Grenade et le consolide plus tard dans la montée de la Sierra de la Pandera.

2007 : affaire de dopage et fin de carrière annoncée thumb|right|Sur le Tour de France 2007 lors de sa victoire au contre-la-montre d'Albi