L'eau, en France, est une ressource relativement abondante puisque de mètres cubes arrosent la France chaque année et viennent alimenter nappes souterraines et cours d'eau. La France dispose de capacités de stockage importantes avec de grandes montagnes, d'importantes nappes souterraines et un réseau hydrographique de de longueur dont en France métropolitaine.

Cette eau est toutefois inégalement répartie sur le territoire avec des zones en déficits quantitatifs chroniques, à savoir des zones où les besoins excèdent les capacités. En outre les précipitations ont baissé de 6 % en moyenne sur la période 2002-2020 et l'évapotranspiration s'est accrue de 3 % sur la période 1999-2020. Ainsi avec et par habitant, la France est considérée comme bien pourvue, se situant dans la fourchette de et par habitant. Toutefois la baisse des précipitations et l'augmentation de la population pourraient conduire le pays à passer sous le seuil des et par habitant et être en situation de vulnérabilité hydrique.

sont prélevés chaque année pour les besoins humains, se répartissant en 50 % pour le refroidissement des centrales électriques, 17 % pour la fabrication d'eau potable, 9 % pour l'agriculture, 16 % pour les canaux de navigation et 8 % pour l'industrie. Cette même activité humaine conduit à rejeter dans le milieu naturel des éléments polluants contribuant à dégrader cette ressource, au départ pure, et les milieux associés.

Pour gérer ces aspects quantitatifs tout en diminuant les pollutions, une gestion intégrée de l'eau a été mise en place dès 1964 avec la création de six bassins hydrographiques, suivant le découpage naturel des bassins versants des grands fleuves français, chacun comportant une structure consultative (les comités de bassin composés des représentants de l’État, des collectivités locales et des usagers de l'eau) et un organisme exécutif (les agences de l'eau). Une première loi structurante est intervenue en 1992, mais c'est la directive-cadre sur l'eau (DCE) de 2000 ainsi que ses directives filles qui vont ensuite guider la politique de l'eau en France. La loi sur l’eau et les milieux aquatiques de 2006 constitue la première transposition et est ensuite suivie par de nombreuses autres lois.

Sur le plan qualitatif, le premier objectif de la DCE était d'atteindre le bon état des eaux en 2015 ou au plus tard en 2027. Les bilans réalisés en 2020 laissent penser que cet objectif ne sera pas atteint.

Sur le plan quantitatif, une solution préconisée a été de construire de nouvelles retenues d'eau, notamment des réserves de substitution qui sont alimentées en hiver et permettent de s'affranchir des prélèvements en période d'étiage. Mais ces retenues, qu'elles soient de substitution ou pas, sont sources de conflits entre les différents utilisateurs de l'eau. Pour résoudre tant ces conflits que la diminution de la ressource, le gouvernement préconise une sobriété hydrique dans tous les secteurs de l'économie, une transition agrobiologique et le recours à des techniques alternatives, comme la réutilisation des eaux usées.

Grand cycle de l'eau Eau physique vignette|upright=1.2|Le cycle naturel de l’eau. A l'échelle mondiale, sous l'effet du rayonnement solaire, l'eau qui s'évapore des océans et de la terre (par évapotranspiration des sols et des végétaux) monte dans l'atmosphère pour former des nuages, qui restituent ensuite l'eau sous forme de précipitations. La quantité d'eau qui s'évapore des océans est supérieure à la quantité d'eau qui s'y précipite, si bien que les terres émergées sont bénéficiaires nettes de précipitations pour environ (milliards de mètres cubes) par an. Mais la répartition géographique des précipitations est très déséquilibrée entre territoires et variable d'une année sur l'autre. Entre le 30ème et le 60ème parallèle, dans les deux hémisphères, les précipitations sont plus abondantes et plus régulières.

Ressources en eau Précipitations vignette|upright=1.2|Évolution des précipitations en France métropolitaine entre 2008 et 2016.

Avec un volume moyen annuel estimé à de mètres cubes (Gm3) d'eau apportés par les précipitations (pluie, neige, grésil, brouillard), soit (normale climatique 1981-2010), la France dispose d’apports d’eau renouvelable importants. 61 % de ces apports s’évaporent, le reste constituant la pluie efficace (), 16 % alimentent les eaux superficielles (rivières, fleuves, lacs) et 23 % s'infiltrent dans le sol pour constituer les eaux souterraines...

L'eau renouvelable est composée de 94 % d'eau de pluie (les précipitations efficaces) et de 6 % des cours d’eau entrant sur le territoire. Une étude publiée en par le ministère de la Transition écologique révèle que les ressources en eau renouvelable de la France métropolitaine ont baissé de 14 % entre la période 1990-2001 et la période 2002-2018, passant de de mètres cubes à . Cette baisse s’explique par la réduction du volume des précipitations nettes de l'évapotranspiration.. Les précipitations ont baissé de 6 % en moyenne à partir de 2002, et l'évapotranspiration s'est accrue de 3 % à partir de 1999. La baisse de la ressource atteint entre 9 % et 28 % dans les sous-bassins du Sud-Ouest ; dans le Haut-Rhône, c'est la tendance à la hausse de l'évapotranspiration qui fait surtout reculer les volumes d'eau renouvelable ; sur la côte du Languedoc-Roussillon, l'ensemble des facteurs à la fois font pression sur la ressourceClimat : les ressources d'eau renouvelable diminuent en France, Les Échos, 27 juin 2022..

Cependant la répartition des apports est inégale dans le temps et l’espace. Ainsi, à la période pluvieuse 1999-2002 succèdent des années plus sèches de 2003 à 2007 puis en 2011. Une faible quantité d’eau est alors disponible pour les ressources en eau. De 2012 à 2016, cette tendance s'inverse et l'année 2013 se classe parmi les plus favorables aux ressources en eau.. De même sur le plan géographique, les départements français sont inégalement arrosés.. : moins d’un quart du territoire est responsable de plus de la moitié de l’écoulement total.. Les précipitations annuelles moyennes en métropole s’échelonnent ainsi de 500 à Les précipitations se mesurent en hauteur d’eau tombée au sol rapportée à une unité de surface. L’unité utilisée est le millimètre de précipitation par mètre carré. En supposant une répartition homogène des précipitations sur cette surface, un millimètre de pluie représente un litre d’eau par mètre carré. en fonction de la situation géographique : elles sont minimales dans les secteurs de plaine éloignés des côtes, et maximales dans les zones de montagne et sur le littoral. En outre-mer, les précipitations moyennes dépassent fréquemment et peuvent atteindre des valeurs supérieures à . De plus les réseaux d’écoulement de l’eau (bassins fluviaux, aquifères) sont d’importance et de configuration variables. L’existence de réserves locales (eaux souterraines, lacs et glaciers des bassins alpins) tend à contrebalancer ces contrastes saisonniers.

Les données de volume des pluies sont obtenues à l’aide de pluviomètres qui mesurent la hauteur de pluie tombée. L'observation des précipitations est assurée par Météo-France, qui collecte les données sur un réseau de stations pluviométriques, mais également auprès d’observateurs bénévoles. En , pluviométriques automatiques ou manuelles étaient réparties sur l’ensemble du territoire..

Ressources renouvelables et niveaux de rareté hydrique du pays Les ressources en eau renouvelables (internes et externes) comprennent le débit annuel moyen des rivières et la recharge des aquifères générée par les précipitations endogènes, ainsi que les ressources en eau qui ne sont pas générées dans le pays, telles que les apports des pays en amont (eaux souterraines et eaux de surface) et une partie de l'eau des lacs et/ou rivières frontaliers. Les eaux non renouvelables comprennent les masses d'eau souterraines (aquifères profonds) dont le taux de recharge est négligeable à l'échelle de temps humaine. Selon Aquastat, le système d'information mondial de la FAO sur l'eau et l'agriculture, les ressources en eau renouvelables totales s'établissent pour la France à et à en 2014, et sont estimées à en 2020...

L’Index Mundi, affiche des données similaires avec, en 2018, , la France se classant ainsi au rang pour les ressources renouvelables internes en eau douce par habitant Les ressources renouvelables internes en eau douce par habitant sont calculées en utilisant les estimations démographiques de la Banque mondiale., sur un total de 180 pays. Cet indicateur est en diminution régulière depuis 1962 où il s'établissait à ..

L'indicateur de Falkenmark exprime le niveau de rareté de l'eau dans une région donnée comme la quantité d'eau douce renouvelable disponible pour chaque personne chaque année.. Trois niveaux de dépendances des pays par rapport aux ressources en eau sont définis.. : Pénurie hydrique - Les ressources sont intérieures à par habitant par an ; Stress hydrique Les ressources sont comprises entre et par habitant par an ; Vulnérabilité hydrique - Les ressources sont comprises entre et par habitant et par an. Ainsi, s'il est usuel de dire que la France fait partie des pays disposant de ressources hydriques importantes, celles-ci baissent et, dans un avenir proche, le pays pourrait passer en-dessous du seuil de vulnérabilité hydrique fixé à .

Niveau de dépendance hydrique du pays L'indice de dépendance est un indicateur exprimant le pourcentage de ressources en eau renouvelables totales provenant d'autres paysEn théorie, cet indicateur peut varier de 0 à 100 pour cent. Un pays doté d'un indice de dépendance égal à 0 pour cent ne reçoit pas du tout d'eau en provenance des pays voisins. Un pays dont l'indice de dépendance est de 100 pour cent reçoit la totalité de ses ressources en eau renouvelables de pays situés en amont, sans aucune production sur son territoire.. Pour la France, cet indicateur est de 5,5 %, selon Aquastat.

Empreinte eau Comme pour l'empreinte carbone, l'empreinte eau est l’estimation du volume consommé pour satisfaire l’ensemble des besoins du pays (pour l’alimentation, l’habitation, les transports etc.), y compris à travers les importations. D’après le centre d’information sur l’eau, on estime ainsi que l’empreinte eau de la France s’élève à par an, soit par personne et par an, dix fois plus que notre consommation domestique d’eau potable.. Elle est supérieure à la moyenne mondiale ( – à ce niveau l’empreinte = l’eau consommée sur le territoire) et légèrement en dessous de la moyenne de l’Union européenne (). Ces valeurs n’intègrent pas l’eau consommée par l’agriculture pluviale, à savoir celle dépendant exclusivement de la pluie.

Hydrosystèmes Un hydrosystème est composé d'eau et de tous les milieux aquatiques associés dans un secteur géographique délimité, notamment un bassin versant. Il s'agit de l'ensemble des éléments d'eau courante, d'eau stagnante, semi-aquatiques, terrestres, tant superficiels que souterrains et de leurs interactions. Un hydrosystème peut comprendre un ou plusieurs écosystèmes. Les salinité, zone photique, zone aphotique, zone pélagique, zone benthique, sont des caractéristiques d'un hydrosystème. Avec l'augmentation de la pollution, le changement des habitudes migratoires, l'urbanisation et l'augmentation de la population, beaucoup d’hydrosystèmes peuvent avoir leur fonctionnement hydraulique et biologique perturbés et être en danger. De même toute perturbation du grand cycle de l'eau, comme une diminution des précipitations ou une augmentation des températures et des sécheresses ont une influence dans le fonctionnement des hydrosystèmes.

Impact du réchauffement climatique