Le cheveu est un élément de la pilosité humaine, plus ou moins étendue sur le sommet, les côtés et l'arrière de la tête. Comme les autres phanères, il est composé de kératine.

Physiologie Nombre et dimensions L'être humain a de . Les chevelures claires comptent plus de cheveux que les chevelures noires ou roussesCombien avons-nous de cheveux sur la tête?. La densité est d'environ à par centimètre carré. .

Un nouveau-né possède plus de pileux par cm. Cette densité se réduit au cours du temps et arrive à moins de 500 entre Jean-Luc Nothias, Où va l'eau de mer à marée basse, Éditions de l’Opportun, 2012..

Le diamètre d'un cheveu varie selon l'âge, des facteurs génétiques et l'origine ethnique, de (millièmes de millimètre).

Un individu perd environ 30 à 60 cheveux par jour.

Forme Le cheveu se divise en deux parties : la racine, qui est la partie non visible, vivante ; et la tige capillaire, qui est la partie visible, biologiquement morte, constituée comme le poil de trois parties : la cuticule, le cortex et la medulla (ou moelle). Le diamètre d'un cheveu varie selon l'âge, des facteurs génétiques et l'origine ethnique, de (millièmes de millimètre).

La forme du follicule qui produit le cheveu est une caractéristique génétique et elle influence la répartition des différentes couches de kératine dans le cheveu : un follicule rond, allongé et perpendiculaire à la surface de la peau va former un cheveu rond et lisse ; un follicule de coupe ovale et légèrement tordu en forme de virgule va produire un cheveu plus plat et frisé ; un follicule elliptique et pas du tout perpendiculaire à la surface (comme couché sous la peau) produira un cheveu crépu.

Les cheveux sont donc naturellement plutôt lisses ou épais (Asiatiques), lisses ou fins (Européens), frisés, crépus, bouclés ou épais (Africains).

Couleur

Cycle pilaire Les cheveux ne poussent pas continuellement mais selon un rythme cyclique et périodique qui peut varier selon l'individu, son âge et les saisons.

Développement

Les follicule pileux, répartis sur l'ensemble du cuir chevelu au nombre de 100 000 à 150 000, se développent en trois ou quatre phases (selon les auteurs), chaque follicule se développant de façon indépendante des autres :

Phase anagène : cette phase de croissance dure de 2 à 8 ans au cours de laquelle le bulbe pilaire produit la kératine du cheveu qui pousse d'environ 0,35 mm par jour, 1 cm par mois ou 15 cm par an. Phase catagène : cette phase d'involution ou de régression dure de 2 à 3 semaines : arrêt de synthèse avec atrophie du bulbe pilaire qui se déplace vers la surface, la tige du cheveu s'amincit d'un sixième de diamètre. Phase télogène : c'est une phase de repos et de chute qui dure de 2 à 6 mois, la tige du cheveu ne pousse plus. Les cellules souches épidermiques du follicule migrent en profondeur pour former un nouveau bulbe pilaire (le nouveau cheveu fait chuter l'ancien). Phase exogène : des auteurs distinguent une phase exogène qui correspond à la phase télogène de chute. La chute normale de cheveux est de 50 à 150 par jour.

Chaque follicule pileux peut, au cours d'une vie, être à l'origine d'une vingtaine (10 à 30) de cycles pilaires. Normalement, sur l'ensemble du cuir chevelu, 80 à 90 % des cheveux sont en phase anagène, 5 % en phase catagène, et 10 à 15 % en phase télogène.

Les premiers cycles commencent dès le cinquième mois et demi de la vie fœtale et se poursuivent toute la vie. La densité de la chevelure est maximale vers l'âge de 30 ans, puis la proportion des cheveux en phase anagène décline avec l'âge. Au cours du vieillissement, le blanchissement des cheveux (canitie) est liée à l'épuisement des mélanocytes, tandis que la chevelure s'éclaircit progressivement jusqu'à la perte des derniers cheveux.

Variations

Le cycle pilaire varie selon le contexte génétique, l'âge et le genre, les facteurs environnementaux, nutritionnels et autres. La vitesse de croissance des cheveux est en moyenne de par mois, les cheveux lisses poussant généralement plus vite que la moyenne et les cheveux crépus moins vite.

Facteurs hormonaux et de genre Le cycle de croissance des cheveux est régulé par des hormones, en particulier les hormones thyroïdiennes, les œstrogènes et la testostérone.

Chez les femmes, la durée du cycle de croissance est de , contre chez l'homme. Quand ils sont en phase de croissance (phase anagène), les cheveux poussent en moyenne à la même vitesse chez les femmes que chez les hommes (environ par mois), mais comme le cycle de croissance est en moyenne plus long chez les femmes, celles-ci peuvent finalement avoir théoriquement, sur la durée, des cheveux plus longs que les hommes..

Les hormones mâles, qui déterminent la pousse abondante de la pilosité dite masculine (barbe, moustache) ont, par contre, une action inhibitrice sur la croissance des cheveux. Cela explique la fréquence des alopécies chez les hommes, ainsi que chez les femmes soumises à des hormonothérapies androgènes. Dans l'Antiquité, on avait déjà noté que les eunuques n'étaient jamais chauves (Aphorismes, Hippocrate, 6e section, 28). On a depuis montré l'importance de la testostérone comme facteur de chute des cheveux.

Facteurs nutritionnels Les troubles nutritionnels peuvent perturber le cycle pilaire et affecter la structure, la croissance et la pigmentation des cheveux. Il s'agit de déficits en vitamines (vitamine A, vitamine B, vitamine D et vitamine E), en minéraux (fer, zinc, sélénium), en acides gras (oméga 3 et oméga-6), en protéines et acides aminés tels que histidine, leucine et valine.

Cependant, si ces déficits peuvent entraîner une alopécie, il y a peu d'indices qu'une supplémentation puisse être bénéfique pour la chevelure chez le sujet en bonne santé (sans troubles nutritionnels).

Stress et sommeil Le cycle pilaire est aussi régulé par les nerfs périphériques (système nerveux sympathique) des follicules pileux et par la production de cortisol ou « hormone du stress ». L'association entre le stress et la perte de cheveux est bien documentée, un taux élevé de cortisol diminuant la synthèse de protéoglycanes entrant dans la structure des follicules pileux.

Un stress important ou un événement dramatique est réputé pouvoir brutalement faire tomber les cheveux, sauf les blancs, et ainsi faire penser que la chevelure est devenue blanche.

De même, les troubles du sommeil, notamment chez les sujets anxieux et depressifs, peuvent aggraver la perte de cheveux, le cycle pilaire étant en rapport avec le rythme circadien.

Facteurs mécaniques et physiques Quelques études suggèrent que le massage du cuir chevelu pourrait améliorer la chevelure en augmentant le flux sanguin au niveau des follicules pileux.

La température et la lumière ont une influence. La lumière rouge vers 650 nm et celle proche de l'infra-rouge stimulent la croissance et la densité des cheveux, alors que l'exposition aux ultra-violet et à l'eau de mer peut altérer la structure et la couleur des cheveux.

Cheveux et santé alt=physiologie|vignette|346x346px|Tableau représentant une jeune fille coiffant ses longs cheveux, par Auguste Renoir. La trichologie permet de mesurer l'état de santé du cheveu ou son degré d'atteinte à certaines nuisances.

Chez les êtres humains, la chevelure est l'habitat du pou de tête responsable de la pédiculose du cuir chevelu. Les dermatophytes kératinophiles s'attaquent à la tige pilaire en étant responsables de la teigne. Les follicules peuvent abriter de minuscules acariens dont c'est l'habitat naturel, les demodex.

Hygiène et cosmétique

L'ensemble du cuir chevelu et des cheveux représente une surface à laver estimée entre 4 et 8 m2 chez une femme ayant une chevelure de longueur moyenne. L'utilisation de shampooing est un progrès de l'hygiène corporelle en réduisant les infections du cuir chevelu, mais composés d'agents tensioactifs, ils peuvent être potentiellement irritants pour la peau et les cheveux (inflammation du cuir chevelu, allergie de contact).

Il en est de même pour les produits de colorations permanentes, de décoloration, de mise en plis et de défrisage, dont l'utilisation agressive peut aboutir à des cheveux cassants (alopécie de traction chez la femme).

Chute des cheveux

La chute des cheveux peut être localisée ou diffuse, temporaire ou permanente, acquise ou congénitale, cicatricielle ou non cicatricielle. Elle n’est pas uniquement le résultat du stress ou d’un régime déséquilibré. Les causes sont très nombreuses, les trois principales étant :

l'alopécie androgénique ou calvitie, modérée (de cause hormonale liée au vieillissement) ou sévère (de cause génétique) ; l'effluvium est une chute diffuse des cheveux liée à de multiples causes, souvent réversibles. L'effluvium en phase anagène est dû le plus souvent aux Chimiothérapies. Il existe un effluvium télogène normal saisonnier en automne et au printemps ; l'effluvium télogène aigu survient dans les trois mois après un évènement stressant ; l'effluvium télogène chronique est lié à des causes multiples (maladie infectieuse ou inflammatoire, prise de médicaments…) ; la pelade est une alopécie considérée comme une maladie auto-immune dirigée contre les follicules pileux.

Les traitements spécifiques les plus utilisés contre la chute de cheveux sont le massage du cuir chevelu, le minoxidil, des plantes (comme Serenoa repens, Trifolium pratense…), des suppléments en vitamines et minéraux, la photobiomodulation, des prostaglandines et le plasma riche en plaquettes.

En cas de calvitie (alopécie androgénique), la greffe de cheveux (implants capillaires) peut être envisagée chez le sujet motivé.

Analyse toxicologique des cheveux

L'analyse des cheveux fournit des informations précieuses sur les expositions environnementales et toxiques. Le cheveu présente l'avantage d'une conservation exceptionnelle, contrairement à l'analyse urinaire ou sanguine, il est possible, à partir d'un cheveu, de remonter dans le passé toxicologique d'un sujet.

Les cheveux peuvent absorber ou adsorberBate L.C (1966) Adsorption and elution of trace elements on human hair. The International journal of applied radiation and isotopes, 17(7), 417-423 (résumé). de nombreux polluants de l'air (polluants métalliques tels que le mercure ou le plomb, et tout particulièrement les polluants solubles dans le gras tels que des composés organiques volatils, les organochlorésCovaci A, Tutudaki M, Tsatsakis AM, Schepens P (2002) Hair analysis: another approach for the assessment of human exposure to selected persistent organochlorine pollutants. Chemosphere.;46(3):413- 418. ou les organophosphorés). Lors de leur croissance, ils accumulent certaines toxines évacuées par l'organisme (ex : certains métaux lourds comme le plomb qu'on retrouve aussi dans les os et les autres phanères). C'est ainsi que : pour suivre l'évolution de l'intoxication de travailleurs miniers ou l'intoxication au mercureEsteban M, Schindler BK, Jimenez JA, Koch HM, Angerer J, Rosado M et al. (2015) Mercury analysis in hair: Comparability and quality assessment within the transnational COPHES/DEMOCOPHES project. Environ Res. ;141:24- 30 (cf. orpaillage) pour les Amérindiens de Guyane, on peut procéder à une analyse des cheveux. Ces derniers sont en outre plus faciles à prélever, conserver et transporter que des biopsies ou des échantillons de sang ou d'urinePages 81-92 R. Pereira, R. Ribeiro, F. Gonçalves (2004) Scalp hair analysis as a tool in assessing human exposure to heavy metals (S. Domingos mine, Portugal) ; Science of The Total Environment, Volume 327, Issues 1–3, 5 July 2004 (résumé). Leur teneur en mercure reflète la contamination (plutôt chronique) des individus, et souvent pour partie au moins de l'environnement ;