thumb|Traité d'équitation de François Musany (1888). Un traité d'équitation est un manuel d'instructions ou un livre standard portant sur l'étude de tous les aspects, ou un aspect particulier, de l'équitation ou de l'art équestre. Certains de ces traités ont été écrits par un « historien du cheval » historien spécialisé dans l'histoire du cheval, mais beaucoup l'ont été par des écuyers, dont un certain nombre par des militaires. Depuis sa domestication durant l'antiquité, le cheval est devenu indissociable de l'homme, celui-ci en ayant fait un compagnon de survie, de travail, de conquêtes, puis de jeux et de loisirs. L'homme a inventé de multiples manières d'utiliser la force du cheval, et en a organisé l'élevage à son profit. C'est aussi l'homme qui, depuis toujours, décrit la conformation, les aptitudes, et explique les comportements du cheval.

Peu d'auteurs se sont consacrés à l'étude de l'art équestre. Moins de à caractère didactique ont été imprimés en latin et en français entre le et 1925, dont seuls une vingtaine sont de première importance et ont marqué leur époque.

Le baron de Vaux dans son livre Les Hommes de Cheval. dit ainsi que .

Défaut d'historiens de l'équitation Daniel Roche, professeur au Collège de France et un des rares historiens de l'équitation, explique les raisons de cette absence dans La Culture équestre de l’Occident (), L’Ombre du cheval dont le Tome I, Le Cheval moteur. Essai sur l’utilité équestre est publié en 2008, le tome II, La Gloire et la puissance ; Essai sur la distinction équestre en 2011 et le tome III, Connaissance et passion en 2015. Il y souligne que le travail manuel a de tous temps moins intéressé et son étude a été moins valorisant au niveau universitaire. À la décharge des historiens, il faut aussi reconnaître que l’histoire du cheval se heurte à des difficultés méthodologiques spécifiques. Elle nécessite en général de connaitre cet animal, de l'avoir soi-même élevé, utilisé ou fréquenté régulièrement. Les sources concernant le cheval sont aussi très particulières comme des représentations artistiques truffées de pièges pour le néophyte ou au caractère parcellaire et la dispersion des sources primaires.. Les historiens ont rarement l'expertise leur permettant d'apprécier à la juste valeur les activités équestres tandis que les spécialistes n'ont pas les outils méthodologiques pour analyser leurs propres expériences et pour les resituer dans leur contexte historique. Ces derniers sont souvent par ailleurs influencés par leurs proches et par leurs traditions nationales.

Bibliographes de l'équitation Jean-Baptiste Huzard (1755-1838), vétérinaire et bibliophile, rechercha toute sa vie les ouvrages, manuscrits ou imprimés, consacrés aux sciences naturelles et agricoles, et en particulier à l'équitation. On considère qu'il possédait tout ce qui fut publié avant 1837. Le catalogue de sa collection fut rendu public en 1842 et constitue une source unique de documentation.

Le général Gabriel-René Mennessier de la Lance (1835-1924), Général de division commandant la division de cavalerie, publie en 1915 son Essai de bibliographie hippique, donnant la description détaillée des ouvrages publiés ou traduits en latin et en français sur le cheval et la cavalerie, avec de nombreuses biographies d'auteurs hippiques. dans lequel il catalogue plus de en français et latin, le plus souvent accompagnés d’une biographie de l’auteur et de commentaires éclairés sur le texte..

Antiquité Seuls les écrits de quelques auteurs nous sont parvenus : Kikkuli (1492 ) est l'auteur du plus ancien traité connu à ce jour concernant l'entrainement des chevaux de courses. Bien que rédigé dans un style ésotérique, son Hippologia hethitica est très sensé et ne présente pas de propos incongrus. Simon d'Athènes (424 ), hipparque grec, il écrivit le premier traité d'équitation connu dont seul un seul chapitre a été découvert en 1853 à Cambridge. Il est cité à plusieurs reprises par Xénophon qui le tenait en haute estime. Xénophon (430 à 355 ) a rédigé son traité De l'équitation entre 391 et 371 à Scillonte. On y décèle une profonde connaissance du cheval et de son utilisation ainsi qu'une conception de son dressage qui mêle finesse et psychologie..

Moyen Âge Des traités concernant les animaux sont assez nombreux au Moyen Âge. Ils se rapportent surtout aux chevaux et possèdent un intérêt militaire indéniable. On peut citer le traité du dominicain de Bologne (après 1266), Barthélémy de Messine ou encore Moses de Palerme. dans la seconde moitié du .

Le traité d'hippiatrie et d'équitation de Giordano Ruffo de Calabria, Miles in Marestalla, écrit aux environs de 1250, connut une très large diffusion dans toute l'Europe. Il est composé de six livres, les quatre premiers concernent l'élevage, l'alimentation, la reproduction, l'hygiène, le débourrage et le dressage, les embouchures, les ferrures et de la constitution physique du cheval. Les deux derniers s'attachent aux maladies du cheval.

Renaissance Les écuyers transmettaient jusqu'alors leurs connaissances équestres à un cercle restreint de disciples sous la forme de manuscrits. Le cheval et la gestion des écuries faisaient l'objet de correspondances entre les princes et les souverains. Par exemple, Ferdinand d'Aragon écrivit des lettres ayant pour sujet l'équitation, et plus particulièrement la sensibilité de l'animal. Il y montre une parfaite connaissance et compréhension des principes exprimés par Giordano Ruffo di Calabria sur les mors et la familiarisation du poulain.

Avec l'importance croissante que prend l'art équestre dans l'éducation du gentilhomme de la Renaissance, la transmission des connaissances équestres, qui se structuraient alors en exercices codés destinés à exalter la qualité du cavalier, et notamment son sprezzatura, devint nécessaire. Cet objectif relevait du défi, la caractéristique première de l'équitation étant la relation avec un autre être vivant, de fait, cette activité ne pouvait pas être ramenée à ses seuls aspects techniques. Elle requiert du cavalier qu'il soit un athlète, qu'il connaisse les exercices nécessaires pour guerroyer et accomplir des exploits spectaculaires, mais qu'il ait aussi une bonne connaissance de l'animal, qu'il maîtrise les moyens nécessaires pour soumettre son cheval et les techniques de dressage. La nécessité d'une systématisation approfondie de l'art équestre à des fins éducatives au moyen d'écrits permettant de diffuser ces connaissances devint évidente. Cette évolution a conduit à l'apparition d'un des évènements constitutif majeur de l'équitation moderne, l'apparition des premiers traités entièrement consacrés à l'art équestre. Ces livres connurent de suite un grand succès dans toute l'Europe, même s'ils ne purent remplacer la relation fondamentale entre le maître et son élève. Ils contribuèrent à la transformation profonde de l'équitation, jusqu'alors discipline utilitaire, en une activité aussi culturelle. Le traité d'équitation d'Edouard , roi du Portugal, connu sous le nom de Dom Duarte (1391-1438), est l'auteur de , ouvrage qui est considéré comme le plus ancien traité d'équitation post-antique et le premier traitant de la psychologie appliquée aux sports équestres.. Federico Grisone, napolitain et maître de l'académie de Naples, publie en 1550 son , traité d'équitation et d'embouchure qui eut aussitôt un grand succès. Sa traduction française, l'Ecurie de S. F. Grisone, fut publiée en 1559 à Paris. C'est le premier ouvrage en français consacré au dressage des chevaux. Grâce à la diffusion de l'imprimerie, les traités de Federico Grisone touchèrent de nombreuses personnes, et s'il ne fut pas le premier à écrire des traités d'équitation, il est à l'origine de l'éclosion d'ouvrages sur le cheval et ses écrits ont eu de fait un réel impact sur la culture en Europe.. Cesare Fiaschi, gentilhomme écuyer, fondateur de la plus célèbre académie de l'époque à Ferrare, publie en 1556 son , qui est traduit à Paris en 1664. Il fut le maître de Gianbatista Pignatelli, La Broue et Pluvinel. Dans son catalogue, Huzard mentionne des œuvres manuscrites de Pignatelli qui ont depuis disparu. Giovan Battista Ferraro, écuyer napolitain, publie en 1560 Le traité de son fils, Pirro Antonio, , est un ouvrage qui fit référence dans toute l'Europe sur l'art de brider. Pasquale Caracciolo publie en 1566 La Gloria del Cavallo, ouvrage innovant de par sa forme encyclopédique. Marco de Pavari, écuyer de la république de Venise, officie à Lyon où il est publié en 1581 l'Escurie de M. de Pavari dans lequel il manifeste un souci de douceur et de progressivité dans le dressage des chevaux. Georg Enguelhart von Löhneysen, écuyer allemand, publie en 1588 l'École nouvellement ouverte pour l'équitation dont les théories décrites sont particulièrement brutales à l'instar de celles des premiers italiens, puis en 1609, Cavalleria. Salomon de La Broue (1552-1602), gentilhomme gascon, page du comte d'Aubijoux, qui voyagea en Italie où il fut l'élève de Pignatelli, publie à la fin de sa vie en 1593 Des préceptes du Cavalerice françois. C'est le premier ouvrage d'un auteur français sur l'équitation. Il y dévoile un esprit observateur et un vrai sens pédagogique, Salomon de La Broue connaissant aussi bien les hommes que les chevaux. La seconde édition de 1610, revue et complétée par son auteur, demeure l'édition de référence. Gervaise Markham (vers 1568-1637), poète et écrivain anglais grand amateur de chevaux, publie à Londres en 1593 A Discourse of Horsemanshippe, puis en 1607,Cavelarice, Or The English Horseman: contayning all the Arte of Horsemanship. Ottaviano Siliceo, élève de Giovan Battista Ferraro, publie en 1598 Scuola de'Cavalieri. Ce texte, d'approche encyclopédique, rappelle les écrits de Pasquale Caracciolo. Alessandro Massari Malatesta, écuyer et militaire italien, écrivit plusieurs ouvrages dont un traité d'équitation, Compendio dell'heroica arte di cavalleria, qui fut publié pour la première fois en 1599, puis Tarctaus de modo equos fraenandi...cun diversorym fraenorum fiuris en 1607 à Venise. Cet ouvrage fut traduit et publié en italien en 1613 à Rome sous le titre de Della ragione e modi d'imbrigliar cavalli con una copiosa raccolta di varie figure di Bliglie, cioè, di Morsi, Guardie, Barbazzali e Capezzoni .

Manuscrits Certains manuscrits du nous sont parvenus sous forme de manuscrits, dont: , manuscrit de Lelio Cinquini, divisé en quatre livres. de Pasquale Caracciolo, conservé à Madrid la Bibliothèque Nationale d'Espagne. de Pirro Antonio Ferraro, conservé à Madrid la Bibliothèque Nationale d'Espagne. de Federico Grisone, conservé à Madrid la Bibliothèque Nationale d'Espagne. d'Alfonso Ruggieri, conservé à Innsbruck à la Bibliothèque régionale et universitaire du Tyrol.

Au , tout comme au siècle suivant, l'écuyer qui laissa des écrits était généralement un gentilhomme de petite noblesse ayant une certaine culture, qui mettait sa science hippiatrique au service d'un seigneur plus fortuné. Fort peu d'entre eux étaient militaires, sans doute du fait des exigences et de la discipline procédant de la vie de soldat.

Une quinzaine de traités d'équitation d'auteurs italiens ont été publiés au . A part celui d'Aquino, ils ne proposent en général aucune innovation particulière au niveau technique et se référent principalement à la doctrine des écuyers de la Renaissance, en particulier à Grisone et à Fiaschi.

Giovanni de Gamboa, écuyer napolitain élève de Pignatelli, publie en 1606 à Palerme La raggione dell’arte di cavalcare. René de Menou de Charnizay (1578-1651), gentilhomme tourangeau, fut écuyer à la grande écurie sous Henri IV et Louis XIII et publie à Paris un petit ouvrage en 1612, la Pratique du cavalier ou l'Exercice de monter à cheval, dans lequel il résume les principes de Pluvinel.