La nocardiose est une maladie infectieuse, bactériose due à des bactéries du genre Nocardia (bactéries à Gram positif, aérobies strictes) qui chez l'humain peut gravement affecter les poumons, le cerveau, la peau ou tout l'organisme (forme « disséminée »). Cette bactérie est aussi trouvée chez l'animal. La bactérie en cause peut avoir une croissance lente, et elle infecte rarement l'humain, faisant que son diagnostic est souvent retardé.

Cette infection opportuniste, exceptionnellement nosocomiale ou post-opératoire, affecte essentiellement des personnes immunodéprimées chroniques ou utilisant un médicament immunosuppresseur (c'est alors une complications infectieuses, de greffe d'organe, de transplantation de cellules souches hématopoïétiques de certaines maladies systémiques ou de cancers solides), mais 10 à 20% des cas restent non expliqués, apparaissant chez des individus a priori sainsMinero MV, Marin M, Cercenado E, Rabadan PM, Bouza E, Munoz P (2009) Nocardiosis at the turn of the century. Medicine (Baltimore) ;88(4):250-61..

C'est une ; Autrefois très rare, la nocardiose, nocardiose pulmonaire notamment, est en pleine expansion depuis la fin du , en raison notamment de la diffusion du VIH/SIDA et d'une utilisation croissante de médicaments déprimant l'immunité.

Étiologie La bactérie peut contaminer l'organisme en étant inhalée ou via une plaie (traumatisme cutané, intrabuccal, oculaire...) ;

Outre l'infection opportuniste (facile à concevoir puisque les bactéries du genre Nocardia sont très ubiquitaires, retrouvées dans le sol, l’eau, l’air, les poussières et chez divers animaux), un lien a été suggéré entre plusieurs souches de Nocardia et des cas de maladie de Parkinson ;

La maladie peut aussi survenir quand un patient doit arrêter la prise d'un immunosuppresseur pour cause d'intolérance à la molécule ou plus rarement rarement, en cas de déficits constitutionnels de l'immunité (ex. : granulomatose septique chroniqueLebeaux, D., Rodriguez-Nava, V., Laurent, F., Mainardi, J. L., Meynard, J. L., Toro, A., ... & Lortholary, O. (2014) De Nocardia aux nocardioses : diagnostic et traitement. bronches, 1,3 Mise au point ; La Lettre de l’infectiologue ; Tome XXIX - 4 - juillet-août, p 132 et suivantes.

Épidémiologie L’épidémiologie de cette maladie a récemment évolué, pour sa prévalence mais aussi concernant la connaissance des souches et espèces responsables. La biologie moléculaire permettrait de la mieux comprendre.

En 2008, 80 à 90 % des cas de nocardiose étaient dus à Nocardia abscessus et N. cyriacigeorgica (précédemment associées sous le nom de Nocardia asteroides type VI), Nocardia farcinica, Nocardia nova et plus rarement, Nocardia brasiliensis, Nocardia otitidiscaviarum, et Nocardia veterana, Nocardia paucivorans, etc. plus récemment découvertes.

La maladie n'est a priori pas contagieuse, sauf entre personnes immunodéprimées.

Diagnostic Il est souvent tardif, rendu difficile par des signes cliniques polymorphes et peu spécifiques, parfois réalisé face à un nodule pulmonaire ou un abcès cérébral ; les premières manifestations clinique sont essentiellement de nature pulmonaires, mais la bactérie attaque parfois aussi le système nerveux central et/ou développe des symptômes cutanées, sous-cutanées et lymphocutanées. Au début des années 2000, les tests nécessitaient plusieurs dizaines de jours d’incubation çar la bactérie croît lentement. Les techniques moléculaires de PCR-RFLP ont ensuite permis des résultats beaucoup plus rapides. Selon F Laurent & al. (2008) : .

Le genre Nocardia présentant une forte hétérogénéité phénotypique, se traduisant par des profils variés d'antibiorésistance, le diagnostic nécessite de préciser l'espèce ou les espèces en cause .

Traitements La maladie est chronique ou subaigüe, traitée par des antibiotiques (ex : cotrimoxazole ou association imipénème + amikacine en intraveineuse en première intention, associée ou non au cotrimoxazole en relais per os durant plusieurs mois (3 mois au moins pour les formes cutanées primaires), en général 6 mois pour la nocardiose pulmonaire et au moins 12 mois voire à vie pour les formes disséminées touchant les immunodéprimés). Nota : Des nocardiose ont été observées chez des patients recevant déjà du cotrimoxazole (en prophylaxie d'infections opportunistes (pneumocystose/toxoplasmose).

Le cas particulier de la nocardiose pulmonaire L'incidence de cette pneumopathie augmente. Par exemple en cas de sarcoïdose (qui n'est pas en tant que telle un facteur de risque infectieux), le traitement par corticoïdes et la fibrose pulmonaire peuvent (rarement) conduire à une nocardiose. Son tableau clinique passe par des cycles de poussées et rémissions, pouvant être aiguës, subaiguës ou chronique. La lymphopénie (courante en cas de sarcoïdose), n’est pas dans ce cas un facteur déterminant. Le diagnostic se base sur l'analyse d'un prélèvement endobronchique.

Voir aussi Articles connexes

Bibliographie Canet, S., Garrigue, V., Bismuth, J., Chong, G., Lesnik, A., Taourel, P., & Mourad, G. (2004). La nocardiose est-elle plus fréquemment observée depuis l’introduction des nouveaux immunosuppresseurs en transplantation rénale?. Nephrologie, 25(2), 43-48. Le Coustumier, E. M., Denes, E., Martin, C., & Weinbreck, P. (2017). Nocardiose: analyse rétrospective d’une série de 19 cas. La Revue de médecine interne, 38(2), 81-89 (https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S024886631630529X résumé).

Références

Petit Larousse de La Médecine

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