thumb|upright=1.5|Plan des principaux forts de la ville.

L'agglomération de Besançon et de sa périphérie sont riches d'un important patrimoine militaire hérité de quinze siècles de mise en défense.

Aux remparts médiévaux protégeant le centre historique (la Boucle) et les quartiers de Battant, Rivotte et Charmont, ont succédé les transformations opérées à l'époque de Charles Quint puis sous la courte domination espagnole. C'est Louis XIV qui, dès la conquête de la Franche-Comté, a fait réaliser les nombreux remaniements, en grande partie visibles aujourd'hui. Ce sont ceux-ci qui ont valu l'inscription au patrimoine de l'humanité (UNESCO) des fortifications de Vauban. Sous la période révolutionnaire et durant la monarchie de Juillet, l'érection de lunettes et forts a constitué un premier « élargissement » de la place avant la constitution d'un camp retranché. Ce dernier, en projet sous le Second Empire, a été construit sommairement à la suite des premières défaites de la guerre de 1870, avant sa réalisation définitive entre 1872 et 1892. On signalera aussi la réalisation ultérieure de batteries terrassées et autres travaux de mise en défense au début de la guerre de 1914, et de plates-formes de défense contre aéronefs entre les deux guerres mondiales.

En définitive, les fortifications de Besançon n'eurent à soutenir un siège ou un blocus qu'en 1289 (Rodolphe de Habsbourg), 1668 et 1674 (Louis XIV), 1814 (Sixième Coalition), et 1871 (Guillaume ). Sur ces cinq affrontements, trois se terminèrent à l'avantage des défenseurs, seules les armées françaises parvenant à franchir les défenses de la place.

Fortifications Citadelle thumb|La citadelle de Besançon.

Sa construction débuta après la première conquête française (1668), les Espagnols s'inspirant du projet de Vauban, qui avait amorcé les travaux durant trois mois, pour construire ce qui deviendra le front royal Vauban avait prévu que le front face à la ville soit situé au niveau de la cathérale Saint-Étienne, mais les Espagnols le construisirent plus haut pour ne pas avoir à détruire une partie du quartier capitullaire et la cathédrale.face à la ville et le front de secours dominant la combe, ainsi que deux murailles de faible hauteur les joignant en bord de falaise. Le corps de place est sobrement aménagé avec casernes, magasin, citerne, corps de garde...

Dès la seconde conquête, durant la guerre de Hollande, Vauban reprend son projet en remaniant les parties construites (les murailles sont épaissies et élevées jusqu'à 15/20 m), et en constituant un second front face à la ville, le front Saint-Étienne. Les piles d'un pont seront érigées en sortie du front de secours. Les travaux structurants s'étaleront de 1675 à 1683, mais la citadelle ne sera totalement terminée qu'en 1711 avec tous les équipements que nous lui connaissons : bâtiment des cadets, magasins à poudre, citernes, puits, chapelle...

Classé monument historique en 1942, l'ouvrage sera acquis par la ville en 1959. Il abrite actuellement un zoo et plusieurs musées dont celui de la Résistance et de la Déportation. Si l'on excepte la disparition de cinq échauguettes (ne restent qu'une échauguette intacte et les vestiges de deux autres), la déconstruction des piles du pont de secours en 1875 est l'une des rares modifications ayant été effectuées. Depuis 2008, d'importants travaux de restauration ont été entrepris : charpente de l'arsenal, redan 159 dominant Rivotte, demi-lunes des fronts Saint-Étienne et Royal, chemins de ronde est et ouest avec les tours de la Reine et du Roi. La réception de ces travaux s'est étalée de 2009 à 2015. La citadelle est également un site classé depuis 1924.

Les portes de la place forte Il faut mettre à part la « porte » Noire, arc de triomphe érigé vers 175 sous l'empereur Marc Aurèle et qui ne joua le rôle de porte qu'à l'époque des invasions barbares. Située près de la cathédrale Saint-Jean, et classée monument historique depuis 1840, sa spectaculaire rénovation en 2011 a notamment fait disparaître les dépôts noirs auxquels elle doit son nom. Inversement, l'arc de triomphe qui fut construit entre 1691 et 1693 entre les deux corps de bâtiments du quai Vauban avait une fonction de porte. Dédié à Louis XIV, cet arc disposait dans ses soubassements de deux casemates à canons permettant le tir en amont et aval du pont. La pierre utilisée étant gélive, il dut être déconstruit en 1776.

La bataille qui opposa élus et défenseurs du patrimoine militaire, entre la fin du et le milieu du , aboutit à la disparition de presque toutes les entrées fortifiées indispensables jusqu'à la guerre de 1870, mais devenues obsolètes face aux armements modernes, tout en étant gênantes pour la circulation automobile et le développement urbain.

La porte (de) Rivotte, située dans le quartier éponyme est un ouvrage historique, transformée sous Charles Quint et remaniée par Vauban. Délestée de son pont-levis et percée de deux passages pour piétons à la fin du  siècle, puis menacée de destruction, elle fut finalement conservée. L'ouverture de l'avenue Gaulard sur Rivotte, en 1943, mettra fin à la difficulté de circulation due à son étroitesse.

La porte taillée est un petit tunnel creusé au Moyen Âge au pied de l'éperon rocheuxL'éperon avait été percé au par les Romains pour le passage de l'aqueduc de Besançon. barrant le passage entre la citadelle et le Doubs à Rivotte. Dotée de ventaux défensifs fermés chaque nuit jusqu'en 1875, cette avant-porte est toujours surmontée d'une tour de guet médiévale et d'un corps de garde dessiné par Vauban. Sa taille dans le roc a permis de la préserver.

La porte (de) Battant portait le nom du quartier auquel elle permettait d'accéder. Vauban avait déplacé la porte moyenâgeuse pour l'intégrer à la ceinture de Battant, puis elle fut transformée en 1875 en double porte, elle-même rasée en 1956.

La porte de Malpas existait de façon certaine depuis le . Reconstruite vers 1546, elle fut conservée telle quelle jusqu'à sa démolition en 1893. Cette avant-porte était située au niveau de la barre rocheuse sur l'actuelle route nationale 83, entre Tarragnoz et Casamène.

Il y eut deux portes de Charmont. Celle de l'époque de Charles Quint existe encore sous forme de ruines à la pointe du bastion de Charmont près de la place Leclerc. Vauban en fit construire une nouvelle au milieu de la courtine reliant le fort Griffon au bastion de Charmont. Comme la plupart des autres, elle a été détruite à la fin du (en 1894).

La porte Notre-Dame se trouvait à Tarragnoz. Construite sur les plans de Vauban pour remplacer la porte moyenâgeuse qui s'ouvrait au-dessus de la tour Notre-Dame, elle a été supprimée en 1894 durant l'expansion de Besançon.

La porte d'Arènes était située dans le quartier d'Arènes entre les bastions de Charmont et d'Arènes. Elle fut détruite en 1933 afin de faciliter la circulation rue Marulaz.

La porte de Bregille s'ouvrait dans l'enceinte urbaine à l'aboutissement du pont de Bregille construit par Vauban en 1689. La porte disparut entre 1895 et 1897 avec l'arasement des remparts.

Lors de l'aménagement des quais NapoléonRebaptisé quai de Strasbourg après l'abolition du second Empire. et Veil-Picard en 1865 et 1880, 2 portes ont été construites au niveau des fortifications (tour de la Pelote et bastion d'Arènes) ; des ponts démontables les précédaient (sur le ruisseau de la Mouillère et le bras de rivière noyant fossé en avant du bastion). Les piliers de ces portes ont subsisté un temps avant leur démolition.

Forts extérieurs thumb|Le fort de Planoise.

Premier élargissement Si Vauban refusa la fortification des collines de Bregille et Chaudanne proches de la citadelle et de la ville, il était favorable à l'implantation de redoutes pour s'opposer aux attaques venant de la Chapelle des Buis. Ceci fut concrétisé en 1791 par le bisontin Le Michaud d'Arçon alors que la France était menacée d'invasion. Celui-ci imposa des redoutes de son invention (lunettes d'Arçon) qu'il prévoyait de construire en cinq points hauts : deux en bordure de la combe sud (suivant l'idée de Vauban) ainsi qu'à Chaudanne, Bregille et Beauregard. Bregille ne sera pas retenu et la construction des quatre autres ne fut pas immédiate, de sorte que seule Chaudanne achevée en 1797 était opérationnelle lors du siège de 1814. La lunette de Beauregard sera transformée à partir de 1845 ; elle devint le fort Beauregard qui ne sera totalement terminé qu'en 1870. Quant aux lunettes de la combe (Tousey et Trois-Châtels), il fallut attendre 1827 pour voir leur achèvement.

Trois autres fortifications vinrent compléter cet élargissement de la place fortifiée : sur le sommet de la colline de Bregille fut érigé un fort bastionné (fort de Bregille) entre 1825 et 1837 (avec des modernisations ultérieures à partir de 1865). De même sur Chaudanne un autre fort également bastionné (fort de Chaudanne), vint prendre la place (1841-1844) de la lunette dont on conserva la tour-réduit. Sur le petit-Chaudanne, l'existence d'un point faible dans la défense sud de la ville imposa la construction d'un fort plus modeste ébauché en 1851 et terminé en 1869-70. À signaler la construction, dans les années 1860 (terminée en 1873), d'une grosse lunette à l'ouest de la ceinture de Battant. Cet ouvrage, très endommagé par une explosion accidentelle en 1883, sera désaffecté. C'est à son emplacement que sera construite la caserne de Charmont, future caserne Vauban, au début du .

La lunette de Trois-Châtels est inscrite à l'inventaire des monuments historiques depuis 1995 et le fort de Chaudanne en 1996. Le site de « centre ancien de Besançon et ses abords », inscrit en 1977 englobe, outre Griffon, les six fortifications de ce premier élargissement.

Tousey et Trois-Châtels sont privés. Les forts appartiennent à la ville de Besançon qui met Chaudanne à disposition (théâtre Alcyon et société de tir) et utilise Bregille pour des manifestations, des fourrières (canine et deux roues) y étant installées par ailleurs.

Camp retranché

Un camp retranché consiste en une ceinture de forts entourant une ville à bonne distance pour faire obstacle au passage de l'ennemi d'où qu'il vienne, et l'empêcher de bombarder la place centrale en maintenant celle-ci hors de portée des canons. Ce camp n'était qu'en projet sur Besançon lorsque la guerre de 1870 tourna à l'avantage des États allemands. Le capitaine de vaisseau Marius Rolland qui avait été nommé commandant de la place en réussit l'exploit de terminer la réalisation de ce camp, à peine amorcée par son prédécesseur, avant l'arrivée des armées ennemies.

Assisté du colonel Benoit, directeur des fortifications, il mena à bien les travaux malgré un hiver rigoureux. Au total six redoutes, deux fortins et quatre batteries seront érigés sur les principaux points-hauts autour de la ville, ce qui permettra à la place forte de résister au blocus de janvier-. Essentiellement terrassées, ces constructions comportaient presque toutes un fossé. Elles ne sont plus visibles, à l'exception de l'ouest des Buis et du Rosemont qui sont restés proches de ce qu'ils étaient alors. Sur l'actuelle redoute de Montfaucon et le site de l'est des Buis, on peut également découvrir les vestiges des fossés construits ici en 1870.

En 1874, le général Raymond Adolphe Séré de Rivières, directeur du service du génie au ministère de la Guerre, est chargé de reconstruire la ligne de défense des frontières entre Dunkerque et Nice. Basé sur des forts d'arrêt, places fortes et rideaux défensifs, son projet connu sous l'appellation « système Séré de Rivières » sera poursuivi jusqu'en 1914. Il se caractérise notamment par l'abandon de la fortification bastionnée chère aux disciples de Vauban pour la fortification dite polygonale.