Michel Thiollière, né le à Saint-Étienne, est un homme politique français.

Membre du Parti radical, il est maire de Saint-Étienne de 1994 à 2008 et sénateur de la Loire de 2001 à 2010.

Il est également entre 2010 et 2015, commissaire à la Commission de régulation de l'énergie, vice-président du conseil des régulateurs européens de l'énergie (2011-2015) et président de MedReg (2012-2014).

Formation et parcours professionnel

Licencié en lettres, titulaire d'une maîtrise d'études américaines et du CAPES d'anglais, Michel Thiollière a exercé comme enseignant d'anglais de 1977 à 1994 au lycée Honoré-d'Urfé de Saint-ÉtienneMichel Feltin, « Michel Thiollière au scanner », L'Express, 7 février 2005.

Parcours politique

Débuts

Militant au Parti radical valoisien depuis 1976, il entre au conseil municipal de Saint-Étienne lorsque François Dubanchet est élu maire en battant Joseph Sanguedolce, le maire communiste sortant.

Adjoint au maire chargé de l’urbanisme, .

Il entre en 1985 au conseil général de la Loire, dont il est l'un des vice-présidents de 1992 à 1998.

Maire de Saint-Étienne

François Dubanchet démissionne en 1994 et annonce sa volonté de voir Michel Thiollière lui succéder, ce qui est effectif quelques jours plus tard. Élu lors des élections municipales de 1995 (à 39 ans, plus jeune maire de l'histoire de Saint-Étienne, plus jeune maire d'une grande ville de France aux municipales de 1995) puis réélu lors des élections municipales de 2001, il hérite d'une ville désindustrialisée, fortement endettée (à hauteur de de francs, soit 442 millions d'euros et plus de par habitant), au taux de chômage proche de 14 % et de contrats de concessions contestés devant la justice par l'opposition, notamment le contrat concernant la distribution de l'eauHenri Haget, « Le coup d'éclat de Dubanchet », L'Express, 28 avril 1994.

Celle-ci avait été déléguée à la Stéphanoise des Eaux, filiale conjointe à l'époque de la Compagnie générale des eaux et de la Lyonnaise des eaux, par son prédécesseur, faisant de l'eau stéphanoise l'une des plus chères parmi les grandes villes françaisesDenis Meynard, « Veolia va contrôler la Société Stéphanoise des Eaux », Journal d'annonces légales de Rhône-Alpes n476 du 16 au 22 février 2009.

Il met en place en 1996 la communauté de communes Saint-Étienne Métropole, devenue communauté d'agglomération Saint-Étienne Métropole en 2001, regroupant 43 communes et , et en prend la présidence.

Michel Thiollière engage sa ville à partir du début des années 2000, dans une mutation urbaine (nouveau plan de circulation, rénovation du centre-ville, de quartiers anciens et périphériques avec la destruction de nombreux immeubles anciens) et est à l’initiative d’équipements importants (deuxième ligne de tramway, centre d'affaires en construction à proximité du siège social du groupe Casino, réaménagement du quartier de la gare Châteaucreux, Zénith, salle des musiques actuelles et contemporaines). Il appuie l'idée de l'École des Beaux-Arts d'instaurer la Biennale du Design de Saint-Étienne, et entreprend la réalisation de la Cité du Design.

Pour mener ces projets sans augmenter les impôts locaux, Michel Thiollière a recours, comme ses prédécesseurs depuis Michel Durafour, à l'emprunt. Entre 2001 et 2008, la dette passe de à par habitant, mais Saint-Étienne demeure une des villes les plus endettées de sa catégorie, après Marseille et Grenoble, face au poids des dépenses structurelles et malgré un transfert de charges vers la communauté d'agglomérationPascal Matéo, « Spécial Saint-Étienne : Le frein de l'endettement », Le Point n1883, 16 octobre 2008, l'endettement net du budget principal a augmenté de 14 millions d'euros.

De plus, ce transfert de projets coûteux à la Saint-Étienne Métropole provoque des conflits au sein de la majorité communautaire, provoquant la démission du vice-président DVD, Jean-Claude Charvin, maire de Rive-de-Gier, dénonçant « que 90 % du budget de Saint-Étienne Métropole soit consacré aux projets pharaoniques de la seule ville de Saint-Étienne. » Le Progrès, 28 février 2008En fait, plus de 50 % des investissements de l'agglomération sont consacrés aux autres communes que Saint-Étienne.

Au-delà du montant de la dette, le type d'emprunts souscrits, le swap spéculatif à taux structurés, lui est reproché. A cette époque, entre 2004 et 2007, des milliers de collectivités territoriales ont eu recours à ces prêts. Aucune institution n'a alors mis en garde les emprunteurs, comme cela a été révélé après la crise de 2008. Ce type d'emprunts dits peut avoir un effet boule de neige et connaître une explosion de leurs taux d'intérêt à tout momentSaint-Etienne Swaps Explode as Financial Weapons Ambush Europe Under Mayor Michel Thiolliere, Saint-Etienne signed six swap contracts on that loan between 2005 and 2008, the last three with Deutsche Bank.. C'est à la suite de la crise financière de 2008 que ces taux d'intérêt atteignent des niveaux très élevés, jusqu'à 25 %, contre environ 2,3 % avant 2008.

Attaqué également d'un point de vue politique au sein de son équipe municipale par l'élu MoDem Gilles Artigues, présent aux premier et deuxième tours des élections municipales de 2008, Michel Thiollière est battu dans une triangulaire par le socialiste Maurice Vincent, et devient conseiller municipal d'opposition jusqu'à sa nomination à la vice-présidence de la Commission de régulation de l'énergie, le .

En 2006, Michel Thiollière est classé aux World Mayor Award par l'intermédiaire du site , réunissant alors plus de , derrière les maires de Melbourne, Amsterdam, Harrisburg et MakatiBéal V., Pinson G., « Du petit chose au '5th best mayor in the world'. Un maire urbain entre stratégies de légitimation et recherche de ressources pour l'action », Pôle Sud, n° 30, 2009, pp. 7-29..

En 2023, dans le contexte de l'affaire du chantage à la sextape dont avait été victime Gilles Artigues, Mediapart publie une vidéo datant de 2015 dans laquelle des proches de Gaël Perdriau - élu maire de Saint-Étienne en 2014 - discutent d'un projet de chantage à l'encontre de Michel Thiollière, consistant à lui faire rencontrer une prostituée mineure « de 16 ans et demi » tout en le filmant à son insu. Pierre Gauttieri, à l'époque directeur de cabinet de Gaël Perdriau, reconnaît par la suite les faits et dit avoir imaginé ce piège - finalement abandonné - à la demande de Perdriau, qui faisait une sur son prédécesseur à la mairie et souhaitait avoir un moyen de pression sur lui. Michel Thiollière se porte partie civile. Lors du procès en 2025, il est reconnu victime et obtient de dommages et intérêts. Gaël Perdriau est à nouveau condamné en appel en 2026.

Sénateur de la Loire

Michel Thiollière est élu sénateur le 23 septembre 2001. Vice-président de la commission des affaires culturelles, il a été le rapporteur de plusieurs projets de loi dans le domaine de l'audiovisuel, du cinéma et d'internet, dont les lois DADVSI et HADOPI ; il est nommé membre de HADOPI (2009-2011) la haute autorité dont il avait soutenu la création au Parlement, où il apparait comme l'un des personnages principaux au Sénat. Il est par ailleurs, en rapport avec sa fonction de sénateur, membre du conseil d'administration de France Télévisions. Il quitte son mandat le à la suite de sa nomination à la vice-présidence de la Commission de régulation de l'énergie« Michel Thiollière nommé vice-président au collège de la Commission de régulation de l’énergie », site de Public Sénat, 16 avril 2010 par le Président du Sénat.

Il fait une proposition de loi, dite de « coopération décentralisée », à la suite du tsunami en Asie, promettant aux collectivités territoriales françaises de nouer des partenariats à l'international, dans des situations d'urgence, mais aussi pour des partenariats de longue durée. Cette proposition de loi est adoptée à l'unanimité du Sénat et de l'Assemblée nationale. La loi Thiollière est promulguée par le président Chirac au printemps 2007.

En 2006, il propose, au nom de la Commission des Affaires culturelles du Sénat, de rétablir l'amendement dit Vivendi Universal par ses détracteurs dans le projet de loi relatif aux Droit d'auteur et droits voisins dans la société de l'information (DADVSI), qui vise à supprimer l'exception proposée par les députés pour les « logiciels destinés au travail collaboratif, à la recherche ou à l'échange de fichiers ou d'objets non soumis à la rémunération du droit d'auteur. » . Il propose en outre de restreindre les obligations d'interopérabilité qui avaient été incluses dans le projet de loi par les amendements du Parlement.

En 2008, il est rapporteur pour le Sénat dans le cadre du projet de loi Création et Internet plus connue sous le nom Hadopi avec le député Franck Riester. Il s'est montré favorable à l'un des aspects de la loi qui maintenait le paiement de l'abonnement malgré une suspension de l'accès internet. Il proposa en outre de restreindre les obligations d'interopérabilité qui avaient été incluses dans le projet de loi par les amendements du Parlement. Il s'est montré cependant favorable à une sanction ne réduisant que le débit de la connexion internet lorsque c'est techniquement réalisable.

Enfin, en dehors de ces deux lois, Michel Thiollière a proposé début 2009 un amendement étendant la redevance télévisuelle aux postes informatiques et aux téléphones. Le texte adopté n'a retenu que les ordinateurs comme éligibles au règlement de cette dernière.

Autres mandats Michel Thiollière est désigné par le président du Sénat, Gérard Larcher, à la vice-présidence du collège de la Commission de régulation de l'énergie (CRE). Il abandonne donc tous ses mandats électifs, incompatibles avec sa nouvelle fonction, le . Il est renommé par le président du Sénat au collège de la CRE (Commission de Régulation de l'Énergie) pour quatre ans à compter du . Son mandat prend fin en .

Michel Thiollière participe, au nom de la Commission de Régulation de l'Énergie, aux travaux du Conseil Européen des Régulateurs de l'Énergie (CEER), dont il est un des vice-présidents.

Michel Thiollière a été élu, en et jusqu'en , président de MedReg, association regroupant les pays bordant la Méditerranée dans les domaines de la régulation de l'électricité et du gaz.

Le mandat de Michel Thiollière à la CRE s'est achevé début 2015.

Depuis, Michel Thiollière participe à des formations pour l'ENA en tant qu'intervenant/expert auprès de fonctionnaires étrangers (Jordanie, Liban, Ghana, Libye, Éthiopie, Vietnam). Il a créé une structure de conseil « Smart Planet consulting ».

Il est également membre du Conseil de l'Immobilier de l'Etat depuis .

Il est nommé Président du Conseil d'administration de l'ACER (Agence de coopération des régulateurs de l'énergie) en .

Publications

John le Shetlandais (roman), 1993 Frères d’armes (roman), éditions Grasset, 1999 Le Scribe, nouvelles d’Égypte (nouvelles), éditions TV and CO, 2002 Quelle ville voulons-nous ? (essai), éditions Autrement, 2007 Trajectoire(s)- un homme / une ville (entretien avec Christian Soleil), Morey Editions, 2012 1666, les âmes en feu (roman), éditions des Falaises, 2015. Architecte au long cours (entretien avec Fumihiko Maki), éditions ARLÉA Paris, . Saint-Étienne, une ville, des horizons, éditions LIBEL, 2025

Décorations

Notes et références Notes

Références

Voir aussi

Bibliographie

Christian Soleil, Michel Thiollière, un défi pour Saint-Étienne, (biographie, éditions Actes Graphiques), 2006, 316 pages Christian Soleil, Michel Thiollière, le phoenix stéphanois, (portrait, éditions Edilivre), 2011, 314 pages Christian Soleil, Michel Thiolliere, l'homme qui voulait une autre ville, (essai biographique, Société des Écrivains), 2013, 302 pages

Articles connexes

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