Gabriel Victor Léon FranconiArchives de Paris, naissances, arr., 17/05/1887, V4E5862. dit Gabriel-Tristan Franconi est un écrivain et poète d'origine suisse naturalisé français, né à Paris (), 13, rue des Canettes, le , mort pour la France, décapité par un obus, au bois de Sauvillers (Somme) le .

Biographie vignette|Plaque rue des Canettes (Paris).

Gabriel Victor Léon Franconi nait au 13, rue des Canettes, dans le quartier Saint-Sulpice, au domicile de ses parents. Son père, fumiste d'origine italienne né en Suisse dans une famille garibaldienneFernand Divoire, Gabriel-Tristan Franconi, p. 3Franconi intitulera un de ses sonnets : « Sur nos amis garibaldiens », Henriette Charasson, « La vie littéraire », Le XIXe siècle, 15 mai 1920, p. 7 épouse à Paris Marie-Jeanne Martella, native de la capitale, qui lui donnera ce seul fils, Gabriel, près de six ans après leur mariage (1881) Archives de Paris, naissances, arr., 17/05/1887, V4E5862 et mariages, arr., 11/06/1881, V4E3235.. Il perd son père à sept ans et sera élevé par sa mère, aveugle, et sa grand-mèreVictor-Émile Michelet, « Les Sacrifices de la France. Le Poète Gabriel-Tristan Franconi », Athéna, n° 3, mars 1922, p. 227.

André Colomer lui présente Roger Dévigne fin 1905 ; ce dernier est témoin à son premier mariage le .

Il est membre de la Société historique du de Paris..

Entre la fin de 1907 et 1908, il fonde avec Roger Dévigne, André Colomer, Bernard Marcotte et d'autres amis la revue d'art La Foire aux chimères (« Organe du Groupe d'Action d'Art : le Mouvement Visionnaire »)..

Sous le pseudonyme de Bis-Bur, il participe en 1909 et 1910, en compagnie de Fernand Allard l'Olivier, Gustave Charlier, René Colomer, Emile Gérard-Gailly et Victor Morin à un hebdomadaire intitulé Les GuignoladesGeneviève Allard-Gouinaud, « 1909 – 1911 : Les Guignolades et La Forge », Fernand Allard l'Olivier .

Le , il comparait devant les tribunaux pour coups et blessures sur la personne de René Christian-Frogé, lors d'une « Hurle-aux-Loups » (réunion mensuelle du « groupe des Loups », fondé par Anatole Belval-Delahaye), le Lazarille, « Échos de partout », La Semaine littéraire, 27 mai 1911, p. 249 .

En 1911, il fonde le journal Les Lions, dont le premier (et seul) numéro parait en juin.collaborateurs : Maffeo-Charles Poinsot, Gaston Picard, Vincent Muselli, Guy-Robert du Costal, Marius Riquier, André Lemaître, Roger Dépagniat .

Il lance, le , dans Paris-Journal, la rubrique hebdomadaire « La Semaine cinématographique », qui a l'intérêt de marquer les débuts de la critique cinématographiquePascal Manuel Heu, « Émile Vuillermoz et la naissance de la critique de cinéma en France », 1895, revue d'histoire du cinéma, n°24, 1998 p. 62 .

Il organise, le , au Café Voltaire, à Paris, une « bataille littéraire », intitulée la « Ménagerie littéraire », à laquelle il convie tous ceux à qui il a des reproches à faire, dont Saint-Georges de BouhélierLa grimace, 18 février 1917 .

Il obtient en 1916 la Bourse nationale de voyage du Ministère de l'instruction publique et des beaux-arts, instituée par Maurice CouybaGaston Picard, « Autour de la Bourse nationale de voyage », L'Ambulance-Noël, 25 décembre 1916 .

Pendant la Première Guerre mondiale, il intègre, à sa demande, le d'infanterie. Il est grièvement blessé en à Mouilly et soigné au Grand Palais, transformé en hôpital. Il repart au front en . Il y fut caporal, sergent, sous-lieutenant, y gagna huit citations, la médaille militaire, la croix de Saint-Georges de Russie« Cette médaille est décernée aux caporaux, brigadiers et soldats qui se sont signalés sur les champs de bataille par des actions d'éclat ou des actes d'héroïsme. » www.medailles1914-1918Fernand Divoire, « Gabriel-Tristan Franconi », Le Rappel, 27 avril 1922, p. 3 . Avant de tomber au combat le , il se trouve à nouveau à Paris en pour épouser en secondes noces Ernestine Delvoie, actrice de théâtre« Le carnet des Lettres et ses Arts », L'Action française, 22 aout 1918, p. 4.

La plaque apposée sur sa maison natale le Bulletin de la Société de l'histoire de Paris et de l'Ile-de-France, É. Champion, 1922, p. 99 porte cette inscription : « pour défendre contre l'envahisseur sa maison, sa rue et la place Saint-SulpiceAlain Dautriat, Sur les murs de Paris: guide des plaques commémoratives, ». Son nom figure au Panthéon parmi les écrivains morts au champ d’honneur pendant la guerre de 1914-1918.

Distinctions Prix de Joest de l’Académie française en 1919. Prix Montyon de l’Académie française en 1921 à titre posthume. Légion d'honneur à titre posthume, citation : « Gabriel-Tristan Franconi, sous-lieutenant, 17e compagnie du 272 régiment d'infanterie, officier d'une bravoure légendaire. Le 26 juin 1918, en plein jour, accompagné de six hommes, en terrain découvert et sans préparation d'artillerie a attaqué un petit poste ennemi, sautant le premier dans la tranchée. A ramené deux prisonniers, les trois autres occupants ayant été tués. 20 juillet 1918. » Fernand Divoire, « Gabriel-Tristan Franconi », Le Rappel, 27 avril 1922, p. 3

Œuvres Bisbur au Démocratic-Palace, Maison française d'art et d'édition, 1917 Untel de l’armée française, Payot et Cie, 1918 ; Prix de Joest de l’Académie française, 1919, réédition Bibliothèque du Hérisson / Edgar Malfère, Amiens, 1926, Imprimerie F.Paillart, Abbeville, avec une Préface de Roland Dorgelès. Poèmes, La renaissance du livre, 1922 « Je suis encore vivant: lettres à Émile Cohl (1914-1918) », L'Œil bleu, n° 12, . « Lettre de guerre à Albert Urwiller », poèmes, précédé de « Un artiste en guerre », par Nicolas Leroux, L'Œil bleu, , , .

Poèmes « La Mort de Vénus », L'Île sonnante, n° 8, , p. 233petitesrevues « Le Vase fleuri » ; « L'Enfant ou le Vase », L'Île sonnante, n° 23, , p. 98-99petitesrevues « La Rosace », Les Facettes : cahier trimestriel de poésie, « Août », « Le Chant des petits rosiers », Mercure de France, , p. 55-56

Divers « La rue des Canettes », La Renaissance contemporaine, Il s'agit d'un extrait du roman auquel il travaillait et dont Roland Dorgelès signale que le manuscrit qu'il gardait avec lui au combat n'a pas été retrouvé, Roland Dorgelès, Bleu horizon. Pages de la Grande Guerre, Albin Michel, 2012 Thierry Sandre La Vie ardente de Franconi, suivie de La Correspondance de Gabriel-Tristan Franconi et de La Rue des Canettes, mention "à paraître" en 1926 in livre Gabriel-Tristan Franconi, Untel de l'Armée française, E.Malfère, Amiens, 1926 op.cit.

Bibliographie Gaston Picard, « Jean Le Roy et Gabriel-Tristan Franconi », Les Chants de l'aube, Fernand Vandérem, Le Miroir des Lettres, première série, Flammarion, 1919, p. 156-166 Eugène Montfort, Vingt-cinq ans de littérature française, t. 2, Librairie de France, 1920, p. 165 , French literature of the great war, New York, D. Appleton & Co, 1920, p. 174-179 Fernand Divoire, Gabriel-Tristan Franconi, Édouard Champion, collection « Les Amis d'Édouard » n° 33, 1921 Saint-Georges de Bouhélier, « Gabriel-Tristan Franconi », Anthologie des matinées poétiques de la Comédie française, Librairie Delagrave, 1923, p. 434-435 Gaston Picard, « Gabriel-Tristan Franconi (1887-1918) » (avec : un poème et un extrait de Un tel de l'armée française), dans Anthologie des écrivains morts à la guerre (1914-1918), tome premier, , Bibliothèque du Hérisson, Edgar Malfère, Amiens, 1924. « Un poète idéaliste. Gabriel Tristan Franconi », Montréal, Quartier latin, vol. 8, n° 1, , p. 4 Richard Le Gallienne, From a Paris Garret, Ives Washburne, 1936, p. 20-21 Roland Dorgeles, Au beau temps de la butte, Albin Michel, 1963, p. 77-81 Gérard de Lacaze-Duthiers, Une nouvelle école poétique : les visionnaires et artistocrates, Paris, extrait de La Revue du , repris dans L'Œil bleu, n° 12, . Gérard de Lacaze-Duthiers, Anthologie des écrivains du V, Bibliothèque de l'Artistocratie, Pierre Clairac Ed., 1953 H. M. Klein, « The natural hero, the lowest common denominator, and the wounded heart: Variations of the Everyman-figure in the war novels of Gabriel-Tristan Franconi, Henry Williamson, and Ernst Wiechert », Comparison, n° 2, printemps 1976, p. 19-72. Pierre Vierge, « Notice nécrologique », Bulletin de la Société historique du VIe arrondissement, 1919-1920, p. 75-84 Micheline Dupray, Roland Dorgelès: Un siècle de vie littéraire française, Albin Michel, 2013, p. 445-446

Notes et références Notes

Références

Liens externes

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