vignette|Blason de l’ancien ordre de Saint Georges
L’ancien ordre de Saint Georges (en allemand : Alter Orden vom St. Georg), aussi nommé l'ordre des Quatre Empereurs (en allemand : Orden der Vier Römischen Kaiser) ou ordre d’Ancienne Noblesse (en allemand : Orden vom Alten Adel) est un ordre historique et laïc de chevalerie créé le par les comtes de Limburg Stirum, monarques souverains des territoires du même nom en Westphalie. Cet ordre honorait quatre empereurs du Saint-Empire romain germanique: Henri VII, Venceslas , Sigismond et Charles IV.
Une prime de 500 florins était reçue avec l'ordre. Les chevaliers et les commandeurs recevaient lors de leur nomination une grande somme d'argent ou un territoire en régime de commende à l'Ordre. Ils pouvaient encore jouir des revenus de ces territoires, mais choisirent de les laisser à l'Ordre.
En 1806, lors de la création du Rheinbund (confédération du Rhin dont était le « protecteur »), les comtes de Limburg Stirum furent médiatisés et ils perdirent la souveraineté sur leurs comtés. Gustav Adolph Ackermann écrivit pourtant en 1855 que l'ordre avait continué d'exister en silence.
En 1926, l’ordre a été restauré en Allemagne et en Autriche sous le nom de Ligue de St Georges puis à nouveau des Quatre Empereurs ou ancien ordre de St Georges. Il a été interdit par les nazis à partir de 1933 en Allemagne et de 1938 en Autriche. Son action se limite actuellement à défendre la chrétienté, il n’a plus de revendication monarchiste avouée.
L'ordre comptait trois grades : grand-croix, commandeur et chevalier. La croix à huit pointes était couverte d'émail blanc et dans le médaillon bleu clair se trouvait une représentation de Saint Georges sur son cheval, terrassant un dragon doré. Sur les bras de la croix figuraient les lettres « H-S-W-C », en l'honneur des quatre empereurs. Le ruban était gris-bleu avec des bords jaunes.
Histoire Histoire ancienne L’histoire de l’Ordre remonte à deux ordres de chevalerie de la maison de Luxembourg aux . Le premier fut fondé en 1308 par l’empereur Henri VII et s’appela ordre d’Ancienne Noblesse (en allemand : Orden vom Alten Adel), le second fondé par l’empereur Sigismond en 1408 reçut l’appellation de l’ordre du Dragon (en allemand : Drachenorden). Les deux fondateurs voulaient explicitement renforcer le christianisme et les vertus de la chevalerie.
Après la défaite de la bataille de Nikopol en 1396, Sigismond mit la « communauté du Dragon » sous la protection de Saint Georges (et de Sainte Marguerite d'Antioche), ce qui explique le nom de l’Ordre utilisé jusqu’à aujourd’hui.
À la suite de l’extinction de la maison de Luxembourg au milieu du , l’Ordre reste attaché aux empereurs de la maison de Habsbourg et à partir du , l’Ordre cultive une sincère fidélité à la maison archiducale d’Autriche. Ainsi l’archiduc Otto de Habsbourg-Lorraine fut de 1972 jusqu’à sa mort en 2011 parrain de l’ancien ordre de Saint GeorgesMitgliederverzeichnisse des Alten Ordens vom Sankt Georg seit 1972..
Le , le comte Philippe Ferdinand de Limburg-Stirum refonde l’Ordre comme ordre laïc de chevalerie. La finalité de l’Ordre est d’honorer le souvenir des quatre empereurs du Saint-Empire romain germanique : Henri VII (règne de 1308 à 1313), Charles IV (règne de 1347 à 1378), Venceslas (règne de 1378 à 1410) et Sigismond (règne de 1410 à 1437), tous les quatre issus de la maison de Luxembourg.
En 1806, les comtes de Limburg-Stirum perdent la souveraineté des territoires du même nom en Westphalie lors de la désintégration du Saint-Empire romain germanique et furent médiatisés. L’Ordre perd alors son statut d’Ordre attaché à une maison souveraine et poursuit son action secrètement pour raison de vacance de son grand-maîtreGustav Adolph Ackermann: Ordensbuch sämtlicher in Europa blühender und erloschener Orden. Rudolph & Dieterici, Annaberg 1855, S. 220.. L’Ordre s’oriente alors fondamentalement vers l’œcuménisme et ses membres sont issus en premier lieu de l’aristocratie allemande, flamande, wallonne et française. Une première réorganisation en 1789 fixe la division de l’Ordre en une branche de langue allemande et une branche de langue française. Un deuxième remaniement en 1838, sous l’impulsion du vicomte Joseph de Kerckhove-Varent alors vice-chancelier, et influencé par la branche de langue allemande (la branche française étant pratiquement éteinte du fait de la Révolution française) favorise l’acceptation de membres hors l’aristocratie, tout en restant ostensiblement attaché à ses objectifs conservateurs..
vignette|Vicomte Joseph Kerckhove-Varent
Histoire du à nos jours
La convention de 1926 à Hanovre réorganise les statuts pour un approfondissement de la vie de l’Ordre. La réalisation en est faite en 1927 sous la direction du comte Bernhard zu Stolberg-Stolberg. L’Ordre reçoit le nom d’ancien ordre de chevalerie de Saint Georges, dit ordre des Quatre Empereurs (en Allemand: Alter Ritterorden vom Sankt Georg genannt Orden der Vier Römischen Kaiser) avec les baillies de Wendland (le long de l'Elbe), Basse-Saxe, Rhénanie-Westphalie, Allemagne du sud et Autriche-Hongrie. Expression visible du renouveau de l’Ordre dans l’esprit de ses fondateurs et protecteurs fut la représentation de Saint Georges sur son cheval, terrassant un dragon, apposée au milieu de la croix à huit pointes, insigne de l’Ordre.
En 1935, l'Ordre est transféré à Salzbourg dans la baillie d’Autriche-Hongrie en raison de la situation politique en Allemagne. Il lutte contre le national-socialisme pour une Autriche indépendante et pour la Restauration de la maison archiducale. Trois ans plus tard, à la suite de l'annexion de l'Autriche par le Troisième Reich, l'Ordre est interdit par les dirigeants nationaux-socialistes pour raisons politiquesJohannes Krejci: Aus der Geschichte des Alten Ordens vom St. Georg. Wien 2002. Comme pratiquement toutes les associations chrétiennes, l’Ordre est dissout, ses biens confisqués et son action interdite (comme en Allemagne dès 1934 après la prise de pouvoir des nationaux-socialistes). C’est au prince Johannes von und zu Liechtenstein gouverneur de l’Ordre depuis 1937 qu’incombât cette tâche. Ancien capitaine de ligne de la Marine impériale et royale, le prince fut élu par acclamation à cette distinction lors de la convention des chevaliers à Vienne le à la suite de la démission irrévocable de son prédécesseur, le comte Bernhard zu Stolberg-StolbergNachrichtenblatt des Alten Ritterordens vom St. Georg, Nr. 42, Oktober 1937..
Bien que dissout, l’Ordre put être rétabli à la fin de la guerre, sa continuité ayant été préservée par la reconnaissance de son gouverneur, le prince Johannes von und zu Liechtenstein, par les chevaliers de l’Ordre survivants. Son siège fut établi à Vienne. En 1951 l’Ordre est inscrit au Registre autrichien des associations sous le nom de Club Saint Georges (en allemand : St. Georgs-Klub) et dirigé par le prince. Une telle décision était nécessaire du fait de la situation juridique des ordres laïcs interdits durant le Reich"Alter Orden vom Sankt Georg - genannt Orden der vier römischen Kaiser - Geschichte", consultée le 16 avril 2014..
Les statuts de l’Ordre, modifiés sous la direction du gouverneur le comte Karl von und zu Trauttmansdorff-Weinsberg, furent confirmés officiellement par le Service administratif des associations en 1960Bescheid Zl 88.149-4/60 des Österreichischen Bundesministeriums für Inneres. Le club Saint Georges devint officiellement l’ancien ordre de Saint Georges (en allemand : der Alte Orden vom St. Georg), nom qu’il a gardé depuis. À la tête de l’Ordre son représentant porte à nouveau le titre de gouverneur de l’Ordre. L’ancien ordre de Saint Georges existe jusqu’à aujourd’hui sous cette forme.
Le prince Gundakar von und zu Liechtenstein est gouverneur de l’Ordre depuis 1999. Il est soutenu dans cette tâche par le comte Peter zu Stolberg-Stolberg, vice-chancelier en 2001 et chancelier de l’Ordre depuis 2004. En 2007 quelques personnes quittent l’ancien ordre de Saint Georges pour fonder le une association ayant une désignation identique. Celle-ci devint en 2011 l’ordre de St. Georges – un ordre européen de la maison de Habsbourg-Lorraine (en allemand : St. Georgs-Orden – Ein europäischer Orden des Hauses Habsburg-Lothringen)"St. Georgs-Orden - Ein europäischer Orden des Hauses Habsburg-Lothringen - Geschichte", consultée le 16 avril 2014..
Principes
D’après les statuts, les membres de l’Ordre peuvent venir d’horizons, métiers et dénominations religieuses divers. Les chevaliers de l’Ordre luttent à un niveau privé comme à un niveau public contre les sources et les répercussions des huit effets de la misère à savoir contre : la maladie, l’abandon, l’itinérance, la faim, le manque d’amour, la culpabilité, l’indifférence et l’incroyance. L’Ordre attend de ses membres un mode de vie exemplaire et honorable, une stricte rectitude et véritable noblesse d’esprit, tout comme charité et morale chrétiennes. L’Ordre reconnait aussi le droit naturel et la morale comme source intrinsèque de tous les droits. Les principes de l’Ordre se reflètent aussi dans sa devise « Illustrioribus et nobilitati » (« Illustre et Noble »)"Alter Orden vom Sankt Georg - genannt Orden der vier römischen Kaiser - Ordensgrundsätze", consultée le 25 juillet 2014..
La vie de Saint Georges, protecteur de la chevalerie, et celle de Saint Thomas More (1478-1535), protecteur des juristes et des hommes politiques chrétiens, sert symboliquement de modèle aux chevaliers de l’ancien ordre de Saint George.
Vie de l’Ordre
Les chevaliers sont là les uns pour les autres jusqu’à la fin de leur vie, surtout lorsqu’un frère-chevalier a besoin d’aide et de protection à un tournant difficile de son existence. L’Ordre est aussi compris aujourd’hui comme atelier de pensée pour former l’opinion et organise régulièrement, à côté des activités caritatives, des réunions avec des conférences sur des thèmes socio-politiques. La convention annuelle solennelle fixée aux alentours du , jour de la Saint Georges, sert à la prestation de serment de nouveaux chevaliers et à rendre hommage aux membres ayant rendu des services exceptionnels.
Depuis l’an 2000, l’Ordre organise annuellement une assemblée conventuelle de travail avec des intervenants de très haut niveau, sur des thèmes socio-politiques pertinents (ex. en 2012 : « Droit naturel vs. Positivisme » (en allemand : Naturrecht vs. Rechtspositivismus) ; 2013 : « Vérité, ou tout est relatif » (en allemand : Wahrheit oder alles ist relativ) et 2014 : « De l’État–nation à la supranationalité ? » (en allemand : Vom Nationalstaat zur Supranationalität)"Alter Orden vom Sankt Georg - genannt Orden der vier römischen Kaiser - Ordensleben", consultée le 25 juillet 2014..
Les derniers gouverneurs de l’Ordre
Les gouverneurs de l’ancien ordre de Saint Georges depuis sa réorganisation en 1926"Alter Orden vom Sankt Georg - genannt Orden der vier römischen Kaiser - Ordensgouverneure", consultée le 25 juillet 2014. :
1926-1937 : comte Bernhard zu Stolberg-Stolberg 1937-1959 : prince Johannes von und zu Liechtenstein 1959-1970 : comte von und zu Trauttmansdorff-Weinsberg 1970-1987 : prince Emanuel von und zu Liechtenstein 1987-1999 : comte Leonhard von Wolkenstein zu Rodenegg Depuis 1999 : prince Gundakar von und zu Liechtenstein
Insignes de l’Ordre
vignette|Insignes avec la couronne impériale vignette|La croix de chevalier on collier