Le parc national de forêts est un parc national situé en France entre les départements de Côte-d’Or et Haute-Marne, aux confins de la Champagne et de la Bourgogne.

Créé par décret en Conseil d'État le , il est le onzième parc national français et le premier destiné à la protection des forêts de feuillus et de plaines. Il préserve ainsi les massifs forestiers de Châtillon, d'Arc-en-Barrois et d'Auberive, représentatifs des couverts de feuillus des plateaux du sud-est du Bassin parisien sans oublier les nombreuses sources et quelque de cours d’eau. Il est composé d’une aire d’adhésion sans protection spécifique, comprenant les territoires des communes de Châteauvillain, Châtillon-sur-Seine et Auberive, et d’une zone protégée appelée « cœur » de Parc national qui couvre une surface de , à 95 % forestiers. Le territoire du Parc national de forêts comprend également une réserve intégrale, d’une surface de plus de . composent l'aire d'adhésion optimale du Parc national de forêts.

Création Le , le Premier ministre François Fillon annonce à Leuglay, en Côte-d'Or, la création du premier parc national en forêt feuillue de plaine, dans le cadre du grenelle de l'environnement. Il sera le onzième parc national de France. La déclaration, faite en présence de la secrétaire d'État à l'écologie Chantal Jouanno et du ministre de l'Éducation et maire de Chaumont, Luc Chatel, suscite auprès des élus locaux un espoir de développement économique et touristique.

Le , un préfet coordonnateur est désigné pour la mise en place de la procédure de création d'un parc national entre Champagne et Bourgognearrêté du 7 mars 2016 portant prise en considération du projet de création du parc national de forêt feuillue de plaine, Légifrance.. 117 communes peuvent alors être concernées (soit environ ), sur environ .

Le groupement d'intérêt public (GIP) réunit plus de (en trois collèges : État et établissements publics, collectivités territoriales et société civile). La gouvernance du GIP repose sur une assemblée générale, un conseil d’administration et un bureau, et deux instances consultatives (un conseil scientifique composé de et un conseil économique, social et culturel, de ). Il est animé par une équipe de permanents. Au total environ sont au cœur du processusXavier Massotte (2012) [Gestion du cerf, du chevreuil et du sanglier dans le territoire du futur parc National des Forêts de Champagne et Bourgogne] ; Mémoire de stage de Master, soutenu à Nancy le 04/09/2012 (Biologie et Écologie pour la Forêt, l’Agronomie et l’Environnement ; Spécialité Fonctionnement et gestion des écosystèmes 2011-2012, stage réalisé au sein du GIP..

Des groupes de travail sont créés pour définir les forces et faiblesses du territoire, pour au moins 9 thèmes (agriculture - chasse - culture et éducation - ressources en eau - économie, emploi et formation - forêt et filière bois - patrimoine bâti et archéologie - patrimoine naturel et paysage - tourisme).

Ces groupes peuvent ainsi co-définir les grands axes du parc qui a vocation à protéger de .

Un séminaire de rendu est annoncé pour France 3/B.L. (2009) Où en est le projet du parc national des forêts de Champagne et Bourgogne ? Quatre ans après son lancement en 2009, le projet suit son cours. Des groupes de travail sont à l’œuvre pour définir les grands axes et un séminaire est prévu en décembre 2013. Mais, pourquoi cette idée avance-t-elle si lentement ?, 30/09/2013.. En 2014, le caractère exceptionnel du patrimoine éco-paysager du territoire pressenti est reconnu et certifié par le ministère de l'Écologie, qui garantit au GIP son financement pour mener le projet à bienFrance 3 Bourgogne Bourgogne et Champagne : le futur Parc national forestier suit son sentier, par michel Gillot, 27/03/2013..

Le , le préfet de la Haute-Marne se voit déléguer le pouvoir d'approbation de la convention constitutive du GIP des forêts de Champagne et Bourgogne ; le groupement d'intérêt public est chargé de préfigurer le parc national des forêts de Champagne et Bourgogne. Il installe son siège à Leuglay, en Côte-d'Or.

L'état des lieux profite de technologies relativement nouvelles comme le LidarM. Delcamp, L. Granjon, « Quelles synergies entre gestionnaires d'espaces protégés et scientifiques pour l'acquisition et la valorisation de données terrestres haute-résolution? Exemple d'une opération LiDAR sur le territoire du futur parc national des forêts de Champagne et Bourgogne », Rencontre scientifique du réseau des parcs nationaux de France - Des espaces protégés pour interroger, accueillir et accompagner la recherche, novembre 2015..

Le , le rapport de synthèse de l'enquête publique menée du au émet un avis favorable à la création du parc national, cependant assorti de cinq préconisations. Le , le décret de création du parc parait au Journal officiel de la République française, il est le parc national français"Découverte en avant-première du Parc National dans les forêts de Champagne et Bourgogne" par Philippe Viguié-Desplaces, Le Figaro, 6 novembre 2019. et le deuxième plus vaste après le parc national de Guyane. Un décret du y crée une réserve intégrale de .

Géographie Superficie Le territoire du Parc national s’étend sur , ce qui correspond à la surface de l’aire d’adhésion et du cœur.

Le Cœur est composé à 95 % de forêts, en grande partie publiques (domaniales ou communales), dont la réserve intégrale de fait partie. La surface de l’aire optimale d’adhésion est quant à-elle de . L'eau est également très présente avec de cours d'eau, et de nombreuses sources et zones humides telles que des marais tufeux.

Relief Le Parc national de forêts se distingue de la plupart des parcs nationaux (hors Calanques) par le fait qu'il est situé en plaine : son altitude maximale n'excède pas .. Le parc atteint au Haut de Baissey, qui est aussi le point culminant du plateau de Langres et de la Haute-Marne.

Communes Au , les communes faisant partie intégrante du cœur du parc national de forêts sont : 57 communes dans le département de Côte-d'Or :

Aignay-le-Duc ; Aisey-sur-Seine ; Ampilly-le-Sec ; Beaulieu ; Beaunotte ; Belan-sur-Ource ; Beneuvre ; Bissey-la-Côte ; Boudreville ; Brémur-et-Vaurois ; Brion-sur-Ource ; Buncey ; Bure-les-Templiers ; Bussières ; Chambain ; Chamesson ; Châtillon-sur-Seine ; Chaugey ; La Chaume ; Chaumont-le-Bois ; Chemin-d'Aisey ; Courban ; Courlon ; Échalot ; Essarois ; Étalante ; Étrochey ; Faverolles-lès-Lucey ; Les Goulles ; Grancey-le-Château-Neuvelle ; Gurgy-la-Ville ; Leuglay ; Lignerolles ; Louesme ; Lucey ; Maisey-le-Duc ; Menesble ; Minot ; Moitron ; Montigny-sur-Aube ; Montmoyen ; Prusly-sur-Ource ; Recey-sur-Ource ; Rochefort-sur-Brévon ; Saint-Broing-les-Moines ; Sainte-Colombe-sur-Seine ; Saint-Germain-le-Rocheux ; Salives ; Semond ; Thoires ; Vanvey ; Veuxhaulles-sur-Aube ; Villotte-sur-Ource ; Vix ; Voulaines-les-Templiers ;

53 communes dans le département de la Haute-Marne :

Aprey ; Arbot ; Arc-en-Barrois ; Aubepierre-sur-Aube ; Auberive ; Aujeurres ; Aulnoy-sur-Aube ; Baissey ; Blessonville ; Bricon ; Bugnières ; Chalancey ; Châteauvillain ; Colmier-le-Bas ; Colmier-le-Haut ; Coupray ; Courcelles-en-Montagne ; Cour-l'Évêque ; Dancevoir ; Faverolles ; Giey-sur-Aujon ; Latrecey-Ormoy-sur-Aube ; Leffonds ; Leuchey ; Marac ; Mardor ; Le Montsaugeonnais ; Mouilleron ; Noidant-le-Rocheux ; Orges ; Ormancey ; Perrogney-les-Fontaines ; Poinsenot ; Poinson-lès-Grancey ; Praslay ; Richebourg ; Rochetaillée ; Rolampont ; Rouelles ; Rouvres-sur-Aube ; Saint-Loup-sur-Aujon ; Ternat ; Vaillant (Haute-Marne) ; Le Val-d'Esnoms ; Vauxbons ; Vesvres-sous-Chalancey ; Villiers-sur-Suize ; Vals-des-Tilles ; Vitry-en-Montagne ; Vivey ; Voisines.

Cadre réglementaire Ce type de parc national est en France cadré par le Code de l'environnement et en particulier par ses articles L. 331-2, L. 331-6 et R. 331-5.

La charte du Parc national de forêts autorise la chasse sur tout son territoire, y compris la zone de en réserve intégrale, pour régulation. Différents types de chasse sont tolérés telles les battues et la chasse à courre.

Circulation L’accès et la circulation piétonne dans le cœur du Parc national restent libres. L’accès à certains secteurs ou pendant certaines périodes peut néanmoins être restreint, voire interdit, en fonction de la sensibilité de certains milieux naturels ou de la nécessaire préservation de la quiétude des lieux (secteurs de nidification de la cigogne noire par exemple). La circulation à vélo ou au moyen d’autres véhicules non-motorisés est autorisée.

Il est possible de circuler librement à l’aide d’un véhicule motorisé dans le Cœur du parc national, en utilisant les voies communales et départementales ouvertes à la circulation publique. En dehors de ces voies, la circulation motorisée dans le Cœur n’est pas autorisée, afin notamment de garantir la quiétude de ces espaces naturels. Les habitants, propriétaires et certains professionnels disposent cependant parfois de dérogations.

Chiens et autres animaux domestiques Les chiens sont admis dans le Cœur du Parc national. Leur divagation est interdite, pour la tranquillité de la faune sauvage et des troupeaux. En forêt ou à proximité de zone de pâture, leur tenue en laisse est toutefois recommandée.

Il est interdit de déranger la faune (notamment en période de reproduction ou de nidification). De même, il est recommandé ne pas déranger les troupeaux.

Cueillette La cueillette de végétaux, pour l’usage ou la consommation domestique, est toujours possible dans le Cœur du parc national, de même que le ramassage des mues de cervidés, mais est réglementée. Une liste de plantes interdites à la cueillette est annexée au livret 3 de la charte.

Les champignons peuvent être cueillis, dans la limite de cinq litres par jour et par personne, s’ils appartiennent aux espèces suivantes : morilles, girolles, cèpes, trompettes de la mort, pieds-de-moutons, tricholome de la Saint-Georges, tricholome pied bleu, lactaires délicieux et sanguins, polypores comestibles.

Dans les enceintes closes du cœur de parc national, la cueillette n’est pas encadrée (la réglementation nationale relative aux espèces protégées reste néanmoins en vigueur).

Camping et feu de forêt Le camping (sous tente ou dans un véhicule) n’est pas permis dans le cœur du parc national, à l’exception des propriétés encloses ou privées. Le bivouac est autorisé à proximité des voies et sentiers, s’il recourt à une tente de faibles dimensions et se limite à des horaires de campement proches du coucher et du lever du soleil (1 heure avant/après).

Il est interdit de faire du feu dans le cœur du parc national, en dehors des équipements aménagés à cet effet et des habitations. L’usage de réchauds portatifs autonomes est toléré, dans le cas du bivouac par exemple, dans le respect d’autres législations existantes (arrêtés préfectoraux).

Autres réglementations Il est interdit de provoquer des dérangements sonores ou lumineux (à la tombée de la nuit), de porter atteinte au caractère des lieux en faisant des inscriptions de toutes sortes sur des éléments naturels (arbres, rochers, etc.) ou des bâtiments, ou encore d’abandonner ses déchets, ordures ou autres matériaux en dehors des points collectes prévus à cet effet.

Patrimoine

Patrimoine naturel (faune et flore) Le parc national est couvert à 85 % par les forêts, mais on y trouve également de nombreux milieux naturels, comme des marais tufeux, des pelouses calcaires et des prairies, qui abritent une large diversités d’espèces végétales rares parmi lesquelles figure le Sabot de Vénus, la Nivéole de printemps ou encore le Lis martagon. La grande diversité écologique, favorisée par la gestion sylvicole, permet la présence de plusieurs essences d’arbres comme les chênes, les érables, les tilleuls, les aulnes, les frênes, les trembles, les alisiers, les bouleaux…