Ouroux-en-Morvan (Orrou en bourguignon-morvandiau) est une commune française située dans le département de la Nièvre, en région Bourgogne-Franche-Comté.
Géographie vignette|Situation de la commune dans le département.
La commune se situe dans l'est du département de la Nièvre, dans le massif du Morvan, et fait partie de son parc naturel régional. L'altitude minimale est de au niveau de l'embouchure du ruisseau de l'Oussière dans le lac de Pannecière. L'altitude maximale est de dans les bois de Villiers. Le village d'Ouroux est situé à d'altitude sur le bord occidental du plateau du Morvan central.
La superficie de la commune est de hectares.
Ouroux est situé sur la "dorsale boisée" du Morvan, au même titre que Arleuf, Planchez (dans le Haut Morvan boisé), Montsauche-les-Settons (dans le Haut Morvan des étangs), Saint-Brisson (dans le Haut plateau boisé) ou une partie de Brassy (dans la Marche boisée).
La dorsale boisée du Morvan correspond à des secteurs constitués de sommets, dont l'altitude varie de 500 à , et de cuvettes.
Cette entité est constituée essentiellement de vastes forêts, avec de petites clairières, et de plans d'eau.
Le GR de Pays du Tour du Morvan ainsi que le GR 13 traversent la commune.
Hydrographie L'étang communal, se déversant dans le Pargon, le Chalaux, l'Oussière, le ruisseau de Mignage, le ruisseau de Coulard, le ruisseau d'Ensein, le ruisseau de Vanériou, l'Anguison.
Hameaux, lieux-dits et écarts Outre le bourg, Ouroux regroupe environ 26 hameaux, autrefois appelés "Villages", dont:
Coeuson (anciennement Coeuzon), Savelot, Savault, Chamerelle, Montpensy, Le Boulard, Boulois, La Maison, Fonteny, Chassaygne, Vizaine, Mont, Mignage, Poirot dessous, Poirot dessus.
Géologie La massif du Morvan central Nord est constitué de granite, une roche magmatique plutonique.
Communes limitrophes
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver.. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Dun-les-Places à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Ouroux-en-Morvan est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (54 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (53,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (45,9 %), forêts (44,9 %), zones agricoles hétérogènes (8,1 %), zones urbanisées (0,6 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (0,5 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes Oratorium-in-Morvento (1308) ; Oratorium ( siècle) ; Oroez (1578) ; Sanctus-Germanus de Oratorio (1599) ; Bailliage d’Ouroux (1640)..
On reconnaît au nom une origine latine: Oratorium in Morvento qui vient de oratoire (lieu de culte).
L'abbé Baudiau signale une autre étymologie ; Ouroux serait selon lui un horreum Romanorum « grenier des Romains (magasin de vivres et de fourrages) »..
Le Morvan (anciennement Morvand) est un massif de moyenne montagne situé en Bourgogne-Franche-Comté, aux confins des départements de la Côte-d'Or, de la Nièvre, de Saône-et-Loire et de l'Yonne.
Histoire
Antiquité Second âge du fer Le village remonte à l'antiquité, à l'époque des Éduens. Ouroux a été habité très tôt par les Éduens, peuple celte (gaulois). Ils y auraient exploité les minerais d’étain, l’or et l’argent, dans une mine antique à ciel ouvert sur le site la Loutière (entre le hameau de Montpensy et de Poirot Dessous).
Époque gallo-romaine La présence humaine est attestée par la découverte, hors de l’enceinte du village, de fondements de murs, de débris de tuile à rebords et de poteries antiques.
Son nom dériverait du latin horréum, magasin à vivres que les Romains y auraient constitué.
Des couches de charbon ensevelies à un mètre sous le sol et quelques écrits laissent supposer que la communauté eut à souffrir des barbares qui dévastèrent les Gaules.
Site des tranchées de la Loutière La Loutière est une mine en roche typique (Sn, Au-Ag). Le site consiste en deux fosses, étalées sur 210 mètres de long pour 12 mètres de profondeur, allongées, et deux petites fosses circulaires, alignées est-ouest. Les fosses sont cernées par des monticules de déblais, résultats de l’activité d’extraction.
Ce site énigmatique a été interprété tour à tour comme un site défensif gaulois, un aménagement anthropique non expliqué, ou comme une tranchée creusée pour piéger les loups lors de battues. Pour les archéologues miniers ayant travaillé à Bibracte, cet ensemble s'apparente, par sa topographie, à une mine travaillée à ciel ouvert et, sans doute, prolongée en profondeur par des chantiers souterrains. Les monticules qui bordent les fosses correspondent aux haldes générées par l'activité minière.
L’ancienneté du site est attestée par son intégration parfaite dans le couvert forestier.
Voie romaine La commune est située sur la voie romaine entre Autun « Augustodunum », à , ville romaine fondée par l'empereur Auguste et la ville d’Orléans « Cenabum », via Entrains-les-Bains « Intaranum ». L’ancienne voie romaine croise à Arleuf (théâtre gallo-romain des Bardiaux) une des routes de l'axe Alésia - Bibracte. Les vestiges sur la commune d’Ouroux sont partiellement classés Monuments Historiques, section d'Ouroux à l'Huis-Picard, par arrêté du . Ils sont observables à l’ouest de la commune d’Ouroux, en bifurquant depuis la route départementale D 17 et en suivant le D 232, jusqu’à l'Huis Picard.
Moyen Âge Au Moyen Âge, Ouroux fut le chef-lieu d'une châtellenie du comté de Château-Chinon.
Le , Savault, un gros hameau, fut incendié. Ce gros village (sacra Vallis) doit son nom à la vallée où il est bâti. Sur un mamelon isolé, une chapelle a été rebâtie maintes fois, mais remonte à la plus haute Antiquité.
En 1870, une grande partie du village d'Ouroux et l'église entière furent incendiés. Les toits étaient recouverts de chaume. La nouvelle église fut construite entre 1875 et 1878, dans le style roman, à trois nefs.
Histoire moderne () Le Tacot du Morvan
Au début du , la commune était desservie par le chemin de fer de Corbigny à Saulieu, surnommé le Tacot du Morvan.
La ligne longeait l'étang communal et disposait d'une gare dans le bourg (située à l'emplacement de l'actuelle salle de fêtes). La commune disposait également de deux haltes aux hameaux de Chamerelle, et de Cœuzon-Savelot.
Le trafic de voyageurs s'est arrêté le .
Seconde Guerre mondiale (1939-1945) En mars 1943, durant la Seconde Guerre mondiale, sous l’occupation Allemande, le capitaine Louis Aubin, alias Bernard, ancien gendarme à la retraite, fonda le maquis BernardSite officiel de la commune. D’abord modeste, le maquis Bernard se développe progressivement avec l’aide de la population locale. Ce maquis se situe dans les bois de Coeuzon, près de l'étang « de la Passée », à environ sept kilomètres à l’est du village d'Ouroux. Le maquis est reconnu en par le commandement militaire, et rattaché aux Forces Françaises de l’Intérieur.
Au printemps 1944, le maquis Bernard voit ses effectifs affluer : le , il compte 25 hommes, 65 hommes le et 125 hommes le .
Les forces anglaises du SAS réalisent des parachutages en 1944. En plus d’armes habituellement parachutées (pistolet-mitrailleur Sten MKII, fusil Lee Enfield ), le maquis Bernard est doté d'une arme antichar anglaise, du type PIAT, Projector Infantry Anti Tank.
À partir de , le maquis Bernard est renforcé par une quarantaine de parachutistes Anglais Special Air Service, les SAS, et par l’état-major départemental de la résistance Nivernais.
L'unité de commandement des FFI se réalise, après le débarquement, sous la responsabilité d'un Etat-Major départemental installé au Maquis Bernard, dont le chef militaire était le Colonel Gaston Roche.
Comptant environ hommes en 1944, le maquis Bernard reste l'un des plus importants maquis du Morvan.
À la Libération, à partir de , Ouroux fut, durant quelques semaines, la préfecture clandestine de la Nièvre. Robert Jacquin, haut fonctionnaire, fut nommé Préfet de la Nièvre par le Général de Gaulle.
Le sont signés « les accords d’Ouroux-en-Morvan » qui unifient l’ensemble de la Résistance nivernaise : Forces Françaises de l’Intérieur et Francs Tireurs et Partisans Français.
Crash du Lockheed F-104 starfighter Canadien (19 Aout 1963)
Un Lockheed F-104 Starfighter de l'armée canadienne se crash dans une clairière, à proximité de l'ancienne voie Romaine. L'appareil appartenait à la Division aérienne de la Royal Canadian Air Force (RCAF), qui était alors basée en Europe sous le commandement de l'OTAN. Le pilote Flying Officer Michael C. "Mike" Vance n'a pas survécu.
En 2008, avec l'entrée de Chypre et de Malte, la commune était située au centre géographique de la zone euro. Depuis le , avec l'arrivée de la Slovaquie, le centre s'est déplacé vers la commune de Liernais.
Politique et administration
Démographie
Lieux et monuments Civils Buste de chevalier, , semble avoir appartenu à une statue équestre : saint Martin ou saint Georges; en boisManquent les bras, il est coiffé d'une cotte de mailles, Fabrice Cario, Trésors cachés des églises de la Nièvre, La Camosine, 1990, notice , , 160.p. ; Manoir de la résistance du siècle, situé dans le bourg du village, abrita un Hôpital de campagne clandestin du « Maquis Bernard », et le groupe Franco Britannique du nom de guerre « Team Harry » chargé des liaisons radio entre la France Libre du Général De Gaulle à Londres et la résistance en Morvan.