Le fort (de) Chaudanne ou fort Baudrand est une fortification du située sur la colline de Chaudanne, dans le quartier de la Grette, à Besançon (Région française de Bourgogne-Franche-Comté). À d'altitude, il se situe à au sud du centre-ville et à à l'ouest de la citadelle qu'elle domine de .
Histoire Pour certains historiens, Chaudanne viendrait du latin Caledenum (montagne à pic) ; toutefois, au début du , l'évêque Léonce aurait rapporté la présence d'un temple dédié à Diane d'où le nom de Campus Dianæ (champ de Diane) donné au lieu. L'étymologie de Chaudanne est à rechercher parmi elles. Des dédicaces à Mercure et Apollon ont été retrouvées au sommet.
La construction de redoutes dites « lunettes d'Arçon »https://clespourlhistoire.ac-besancon.fr/wp-content/uploads/sites/40/2020/07/mthema001.pdfhttps://sites-vauban.org/sites/default/files/sites-vauban/Besancon.pdf sur les hauteurs entourant la ville, est décidée en 1791, dont une placée au sommet de la colline de Chaudanne qui sera achevée en 1797 avec des finitions entre 1815 et 1830. Le fort, tel qu'on le connaît aujourd'hui, est construit au même emplacement entre 1841 et 1845 ; remplaçant la lunette jugée insuffisante, il avait pour mission de défendre les positions sud-ouest de la ville (centre historique). À partir de 1890 et, en 1914 lors de la mise en défense de la place, l'artillerie du fort était composées de 4 canons de Bange de calibre .
On notera l'orthographe "fort Chaudane" sur le frontonC'est l'orthographe adoptée sur les plans de Vauban pour désigner la colline, orthographe reprise sur les documents militaires ultérieurs. et les chronogrammes "1844" et "" sur la caserme et à l'entrée de la galerie d'accès à la cave à canons.
Le fort du petit Chaudannehttps://memoirevive.besancon.fr/ark:/48565/z7qjv8fw69tg/d6df348c-5cd1-4e97-965c-80d08517bb3c, une batterie en réalité, est construit ultérieurement (entre 1851 et 1869), à à l'ouest, pour « couvrir » le sitehttps://www.association-vauban.fr/wp-content/uploads/2024/12/Ass.-Vauban.-Dossier-du-Congres-2014-FINAL_compressed-1.pdf. Le magasin à poudre extérieur apparait (en haut à droite) sur un plan du Génie daté de 1866https://memoirevive.besancon.fr/ark:/48565/br81vz65qhdt/53ee968e-73e4-4307-9d1a-604556256f15.
Par décret du 21 janvier 1887 du ministre de la guerre, le général Boulanger, le fort de Chaudanne est baptisé fort Baudrand et celui du petit Chaudanne, fort Chérin. Ce décret sera abrogé dès octobre de la même année, mais les "noms Boulanger" subsisteront.
Description du fort vignette|gauche|redresse|Plan des desssus du fort de Chaudanne. Le chemin stratégique d'accès à la lunette, puis au fort, était une piste muletière en lacets partant d'un corps de garde (aujourd'hui disparu) situé sur la rive droite du Doubs en face de la Gare-d'Eau à ChamarsLa route d'accès principale ne devait pas être parcourue en temps de guerre, n'étant pas "couverte"..
Le fort est bastionné, de forme pentagonale, avec des fossés sur 3 côtésLa pente du terrain côté nord rendait inutile la protection par fossés.. Les murs d'escarpe en maçonnerie de belle facture contrastent avec la contrescarpe constituée de roche naturelle.
Précédé d'un pont dormanthttps://memoirevive.besancon.fr/ark:/48565/htmvr9zbck54/7bbdf155-53d1-4274-ab99-c53aba1a0906, un pont-levis " à la Poncelet"., puis une grille, défendus par un corps de garde, donnaient accès à la cour ; le pont-dormant et le pont-levis ont disparu après guerre, avec le comblement du fossé devant l'entrée. Au centre de la cour se trouve un magasin, construit ultérieurement au fort (1855), prévu pour stocker de poudre noireUne butte de terrain naturel, aujourd'hui arasée, protégait le magasin de tirs d'artillerie pouvant venir de l'entrée. ; Il comporte une enceinte de sécurité aux murs épais, partiellement arasésLes pierres de taille ont manifestement été réemployées après la désaffectation du magasin.. À gauche, au fond de cette cour subsiste la tour-réduit de la lunette d'ArçonAinsi qu'une partie du souterrain menant au coffre de contrescarpe chargé de flanquer les fossés de la lunette, fossés en V comblés lors de la construction du fort. qui, désaffectée, a servi de magasin pour le matériel d'artillerie. La tour comporte 2 niveaux sur sous-sol ; les 2 fossés à angle droit, pointés vers le sud, et le corps de garde où aboutissait le chemin stratégique, ont été enfouis lors de la construction du fortOn peut supposer que les pierres constituant les murs des fossés ont été réemployées..
Partant de la cour, 3 galeries de communication donnent accès aux postes de défense des fossés : deux latérales pour l'infanterie en haut des remparts et une au centre pour desservir le dessous du bastion 2. Ce bastion, situé au centre du front de têteFront faisant face à l'ennemi (extérieur de place forte)., abrite une cave à canons qui assurait le flanquement des 2 fossés adjacents : 2 embrasures à canons, et des créneaux de fusillade percent chacun de ses flancs.
Les plateformes d'artillerie sont aménagées sur des levées de terre et accessibles via deux rampes d'accès. L'esplanade au nord du fort, était initialemet entourée de parapets talutés afin d'assurer la défense extérieure du fort côté vallée du Doubs.
La caserne est prévue pour loger 100 / 130 hommes. Dotée de chambrées et magasins, elle comporte 2 étages sur sous-sol. Avec ses travées voûtées, elle est dite "à l'épreuve" (des bombes)Plan-type dit Belmas de 1843-45.. Elle est entourée de fossés, profonds de 6 m, afin de pouvoir jouer le rôle de réduit en cas d'invasion du fort. L'entrée originelle se situait à fond de fossé en empruntant un escalier pas de souris, avec palier en madriers retirables lors d'un éventuel repli, se trouve vers l'angle oriental. Faisant office de muraille entre les bastions 4 et 5, la face arrière de la caserne est orientée côté gorgeFront(s) faisant face à l'intérieur de la place forte.. À l'arrière, une poterne donnait sur l'extérieur, via une passerelle, sous la protection d'une tenaille à flancs qui a été arasée. Trois cadrans solairesDeux cadrans polaires (levant et couchant sur les côtés et un "déclinant de l'après-midi" sur la droite de la face avant. ont été placés sur les 3 faces du bâtiment donnant sur la cour. Une citerne de , récupérant l'eau de pluie du toit, se situe derrière la contrescarpe ouest.
Dans l'angle intérieur du bastion 4 se trouve un bâtiment qui abrite la cuisine et les latrines.
Événements militaires
Siège de Besançon (1674) Lors de ce siège, des batteries dites de sainte-Catherine sont installées par les troupes de Louis XIV sur le sommetUne tour, dite "de Diane", surmontée d'une croix, existait au sommet depuis 1462. Peut-être touchée lors du siège de 1674, elle est reconstruite en 1690. Il est peu probable que sa base ait servi lors de l'érection de la lunette d'Arçon en 1792. ; elles commenceront à tirer, le , sur la citadelle espagnole. Le , alors que le roi est présent, un boulet tue un officier à proximité. Par la suite Vauban refusera de fortifier la colline de ChaudanneAinsi que celle de Bregille, au motif que, si l'ennemi réussissait à s'emparer de la fortification, elle devenait un lieu difficile à atteindre et idéal pour bombarder la citadelle et la ville.
Siège de Besançon (1814) A la fin du premier Empire, la place de Besançon fait l'objet d'un siège par les Autrichiens. Dans la nuit du au , un bataillon ennemi tente de s'approcher de la lunette en cherchant à se faire passer pour un renfort venu de la Place, mais répondanrt en français à la question : "qui va là ?", les Autrichiens sont trahis par leur accent. Le commandant de la lunette fait mine de les croire et les laisse approcher avant de déclencher le tir. Au matin, les défenseurs récupéreront sur le glacis 112 fusils, 82 shakos et 52 havresacs.
Libération de Besançon (1944) Dans la nuit du 6 au , deux compagnies du régiment d'Infanterie U.S. ( division) s'approchent du fort où s'est retranchée une compagnie ennemie. Les américains sont munis de grenades à main et à fusils. Profitant de l'obscurité, les G.I. escaladent les murs du fort d'où ils peuvent tirer sur les Allemands. À un moment donné, l'ennemi semble vouloir se rendre, puis reprend le combat après qu'un G.I. se mette à tirer au fusil automatique.
Au lever du jour, un char M10, appelé en renfort, est en position, tirant sur la porte qu'il éventre. Le pont-dormant n'étant pas assez solide pour supporter le poids d'un char, le premier lieutenant George E. Stripp, de l'une des compagnies, organise l'assaut du fort avec le commandant du char.
Suivi de son peloton, il s'engouffre dans la cour intérieure et, en terrain découvert, déclenche une violente attaque aux armes légères et grenades contre les Allemands qui finissent par se rendre. Il fera 19 prisonniersD'après l'Historique du régiment d'infanterie US du au 24 septembre 1944 ; "From Fedala to Berchtesgaden". Ce journal de marche est à privilégier vis-à-vis d'autres récits venant de témoins français de l'événement.. Une vingtaine d'Américains seront mis hors de combat.
Le fort aujourd'hui Le fort Chaudanne appartient à la commune de Besançon depuis 1957 et a fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques du . Un stand de tir s'est installé dans le fossé ouest (une embrasure à canons élargie permet de communiquer avec l'intérieur du bastion 3), et des salles ont été mises à disposition dans la caserne pour des associations. L'intérieur du fort n'est accessible que lors des visites accompagnées, contrairement à son magasin à poudre externe, creusé sous roc sous le rebord de l'esplanade.
Monument aux morts Un monument aux morts, à la mémoire des soldats américains tués, lors de la libération de BesançonSur la stèle est écrit : "À la mémoire des soldats américains de la Division d'Infanterie U.S. tombés en ce lieu le 7 septembre 1943 et de tous leurs camarades morts pour la Libération de Besançon - In memory of the American soldiers of the 3rd U.S. Infantry Division who fell on this site on September 7. 1944 and of all their camarades who died for the Liberation of Besançon". Au total, les américains ont eu 80 tués et 90 blessés à Besançon., a été érigé à proximité, par le Souvenir Français, sur un espace vert baptisé « esplanade de la division d'infanterie américaine »C'est la division d'infanterie du corps d'armée US (17 000 hommes), qui a libéré Besançon.. Sur Besançon, du 4 au , 80 Américains ont été tués ainsi que 250 Allemands, 29 FFI et 29 civils.
Panorama Depuis l'esplanade, les visiteurs jouissent d'un panorama sur la citadelle de Besançon et le centre historique.
Locataires du site Le théâtre Alcyon. est installé dans la caserne depuis 1995.
Les stands de la Société de Tir de Besançon (25 m, 50 m, tir sportif de vitesse) occupent le fossé ouest et la casemate du bastion 2.
L'association de radioamateurs REF 25 (Réseau des Émetteurs Français du Doubs) a un local dans la caserne et des antennes sur le site.
Voir aussi
Articles connexes
Citadelle de Besançon Histoire de la fortification bisontine Patrimoine de Besançon Liste des monuments historiques de Besançon Fort de Bregille Fort de Planoise
Liens externes
Notes et références Notes
Références
Chaudanne Catégorie:Monument historique à Besançon Catégorie:Salle de théâtre à Besançon Catégorie:Salle de spectacle à Besançon Catégorie:Monument historique inscrit en 1996 Catégorie:Fort en France