La maison de l'UNESCO, aussi appelé le palais de l'UNESCO ou le siège de l'UNESCO, est l'ensemble des bâtiments qui hébergent le siège de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) à Paris. Elle se compose de deux sites distincts : le site principal appelé Fontenoy au 7 place de Fontenoy dans le et un site annexe appelé Bonvin/Miollis dans le . Ces deux sites, distants de quelques centaines de mètres, représentent une surface de plancher de .
Le siège de l'Unesco est décoré de nombreuses œuvres d'art.
Hôtel Majestic () Entre et , le siège de l'Unesco est situé dans l'ancien hôtel Majestic, sur l'avenue Kléber dans le de Paris. vignette|centre|Ancien siège de l'Unesco, avenue Kléber.
Site Fontenoy (depuis ) Le site de était auparavant occupé par une caserne de cavalerie et un dépôt d'artillerie (l'École militaire est juste à côté).
Le bâtiment principal de l'Unesco est le fruit du travail commun de trois architectes : le Français Bernard Zehrfuss, l'Américain Marcel Breuer, et l'Italien Pier Luigi Nervi. Leurs plans ont par ailleurs été validés par un comité international de cinq architectes : Lúcio Costa (Brésil), Walter Gropius (États-Unis), Le Corbusier (France), Sven Markelius (Suède) et Ernesto Nathan Rogers (Italie), avec la collaboration de Eero Saarinen (Finlande). Le premier coup de pioche est donné le et la nouvelle Maison de l'UNESCO est inaugurée le .
Le bâtiment principal, qui abrite le secrétariat, est constitué de sept étages formant une étoile à trois branches.
Le centre de conférences, situé sur l'angle sud de la parcelle, comprend un Grand Auditorium (nommé aussi « »), dont l'entrée du public est au 125 avenue de Suffren. Il est utilisé pour des besoins propres à l'institution (conférences, symposiums) ainsi que pour des cérémonies, des concerts et d'autres manifestations artistiques, culturelles et intellectuelles, notamment organisées par les délégations nationales auprès de l'Unesco ou à leur instigation dans le cadre de la protection du patrimoine culturel immatériel. Ce bâtiment au toit plissé en cuivre est connu par sa forme qui évoque un accordéon.
S'ajoute l'édifice cubique initialement destiné aux délégations permanentes et aux organisations non-gouvernementales.
Dès son inauguration, le siège se révèle trop petit du fait de l'augmentation du nombre de pays adhérents à l'organisation, un nouveau bâtiment et des patios conçus par Roberto Burle Marx sont alors créés entre et .
Ces bâtiments occupent un terrain de forme trapézoïdale de , amputé à son angle Nord-Est par la forme semi-circulaire de la place de Fontenoy. Il est encadré par les avenues de Saxe, de Ségur, de Suffren et de Lowendal.
En , à la suite d'une commande de l'Unesco, l'architecte japonais Tadao Ando bâtit sur le site Fontenoy entre l'extrémité sud du bâtiment principal et le centre de conférences, un espace de méditation symbolisant la paix.
En , l'Unesco décide la construction d'un poste avancé de sûreté place de Fontenoy. Les architectes français Laurence Carminati et Yann Keromnes sont désignés lauréats du concours, et le , Irina Bokova, directrice générale, inaugure la nouvelle entrée. Située entre la porte d'entrée du siège de l'Organisation et la voie publique, la nouvelle entrée accueille les visiteurs, pour que, sans entrer dans le siège, ils ne restent pas dans la rue. Pour la première fois de son histoire, l'Unesco se découvre de face. La nouvelle entrée est placée très exactement en tangence avec l'hémicycle de la place de Fontenoy. Le visiteur découvre désormais en trois temps : la nouvelle entrée, l'auvent de Pier Luigi Nervi et le secrétariat.
Œuvres d'art
Lors de la construction de l'édifice, un « comité pour l'architecture et les œuvres d'art » est mis en place pour sélectionner des artistes majeurs qui exécuteront une œuvre monumentale pour un emplacement précis : on compte des sculptures d'Henry Moore, d'Alexander Calder et d'Eduardo Chillida à l'extérieur, et à l'intérieur une céramique de Joan Miró, Le Soleil et la Lune et une fresque de Picasso qu'il ne signe pourtant pas, estimant qu'une passerelle en béton bouche en partie la vue de son travail.
En plus de ce noyau initial, l'Unesco a acquis d'autres œuvres, notamment de Karel Appel, Jean Bazaine, Isamu Noguchi, Rufino Tamayo, Afro Basaldella, Roberto Matta, Henri-Georges Adam et Jean Arp. Entre et , les locaux sont agrandis pour accueillir les nouveaux États membres, conduisant l'institution à acheter de nouvelles pièces, dont un exemplaire de L'Homme qui marche de Giacometti, la tapisserie La Tour du Soleil de Jean Lurçat (vers la salle de conférences) ou la photographie Les Roseaux de Brassaï (au ).
Les États font aussi parfois des dons, comme la Tunisie qui a offert une mosaïque romaine de la fin du , Diane chasseresse, et l'Islande qui a donné en une fresque d'Erró, L'Histoire de Thor. Toutes sont disposées pour être intégrées au lieu et être visibles par les salariés sur leur passage. Le siège de l'Unesco compte au total environ .. La tapisserie Méridien, d'Henri-Georges Adam, se trouve exposée dans la du bâtiment..
Site Bonvin/Miollis (depuis ) vignette|Bureau de l'Université des Nations unies, 1 rue Miollis, Paris . Entre et , l'Unesco s'est doté d'un site annexe dénommé Bonvin/Miollis (du nom de la rue Miollis et de la rue François-Bonvin qui encadrent la parcelle) situé dans le à quelques centaines de mètres du site principal de Fontenoy et dont l’entrée est située au de la rue Miollis.
L'aménagement s'est fait progressivement en fonction d'acquisitions successives de parcelles, en prise avec des contraintes urbaines relativement fortes (mitoyenneté et enclavement). Les premiers bâtiments furent occupés par le ministère des Affaires étrangères du pays hôte jusqu'à la cession du site à l'Unesco en . Les et furent construits par Bernard Zehrfuss, le jardin dessiné par le paysagiste André de Vilmorin. La charpente métallique et les panneaux de façade avec caillebotis pour brise‐soleil du furent conçus en collaboration avec Jean Prouvé.
En , un plan directeur. relatif aux bâtiments du siège prévoyant notamment d'importants réaménagements du site Bonvin/Miollis est présenté lors de la générale.
Le dit « Miollis » est en cours de rénovation, les travaux étant prévus jusqu'en .
Relations avec le pays hôte Le terrain sur lequel est bâti le siège est la propriété de l'État français. Par un décret du , il est affecté au ministère des Affaires étrangèresDécret du portant affectation au ministère des affaires étrangères d'un immeuble domanial sis place Fontenoy, à Paris (), JORF, , , , sur Légifrance. en vue de le mettre à la disposition de l'Unesco. Ceci est fait par un contrat de bail d'une durée de renouvelable, au loyer symbolique ( par an), proche du bail emphytéotique.. Par ailleurs, l'implantation du siège de cette organisation intergouvernementale sur le territoire français est régi par un accord de siège qui définit ses privilèges et immunités.. Le bail et l'accord de siège sont signés à Paris en , respectivement le et le Recueil général des traités de la France, , : , Paris, La Documentation française, , , 769 , « Convention entre le Gouvernement français et l'UNESCO relative à la location d'un terrain place Fontenoy », , et « Accord entre le Gouvernement de la République française et l'Organisation des Nations unies pour l'Éducation, la Science et la Culture, relatif au siège de l'Organisation des Nations unies pour l'Éducation, la Science et la Culture et à ses privilèges et immunités sur le territoire français, signé à Paris », ..
Le Parlement français, par une loi promulguée le Loi du : tendant à autoriser le président de la République à ratifier l'accord entre le Gouvernement de la République française et l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture relatif au siège de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture et ses privilèges et immunités sur le territoire français, signé à Paris, le ; portant approbation du contrat de bail signé le entre le Gouvernement de la République française et l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture, relatif au terrain de la place de Fontenoy, à Paris (), affecté au ministère des affaires étrangères par décret du , JORF, , , , sur Légifrance., approuve le bail, et autorise le président de la République à ratifier l'accord de siège. L'accord de siège entre en vigueur le . Il est publié par un décret du Décret du portant publication de l'accord entre la République française et l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture, relatif au siège de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture et à ses privilèges et immunités sur le territoire français, signé à Paris le , JORF, , , , sur Légifrance..
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Luther Evans (), Françoise Choay (), Lucien Hervé (), Le Siège de l'Unesco à Paris [], Paris, Vincent Fréal, Londres, Alec Tiranti, Stuttgart, Gerd Hatje, et New York, Praeger, , 93 . . . . . ; . . . Marc Treib, Noguchi in Paris: The UNESCO Garden, San Francisco, William Stout, et Paris, UNESCO, , 147 .
Liens externes
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